‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennesChapitre 17 sur 50 · RUINES DANS LA VALLÉE DE KRANIA · texte numérisé non relu

RUINES DANS LA VALLÉE DE KRANIA

Loverdos : » Les murs trouvés sous terre au S. de la colline (3) ne doivent pas être très anciens. Ce sont de grands blocs de tuf rectangulaires, joints sans ciment, en partie travaillés d'une façon grossière , et qui semblent pris d'une autre construction. Ils forment deux rangées distantes d'environ 4 pieds, et l'espace intermédiaire est divisé par des blocs d'égale grandeur en autant de caissons remplis de terre.

» Il semble donc qu'à l'époque romaine les habitants de Krané, n'ayant plus rien à craindre des habitants de Samé , transportèrent leur ville dans la plaine , où l'on voit encore des fragments de colonnes et de chapiteaux, et des fondements de diverses constructions faites à la chaux. Ils transformèrent ensuite en fort la partie de l'ancienne ville située sur la colline qui pouvait servir

(1) Quoique l'emploi de la construction polygonale soit en général un signe d'antiquité, on en rencontre cependant aussi des exemples à des époques où la construction rectangulaire était connue depuis longtemps. En Asie-Mineure, la construction polygonale resta en usage jusque sous l'époque chrétienne (v. Unger). Ce mode de construction a aussi été employé parfois de nos jours, par exemple dans les murs de défense élevés sur les côtes de la mer du Nord.

(2) Il paraît que certains paysans grecs d'aujourd'hui croient que les blocs énormes dont se composent les murs pélasgiques ne sont pas d'un seul morceau, mais que les anciens Grecs connaissaient une eau merveilleuse qui avait la propriété de coller si bien les pierres que les joints n'étaient plus visibles.

(3) Je ne sais de quels murs Loverdos veut parler.

à défendre la plaine; on voit encore les murs de ce fort, construits également à la chaux (1).

» A différentes époques on a trouvé à Krané des statues de marbre mutilées, des pierres gravées et des camées, des lampes de terre cuite, des vases lacrimatoires en verre opaque , des miroirs d'acier, des monnaies grecques ou romaines, d'argent ou de cuivre.

» Au N. de Krané , dans un terrain au bord de la mer, à l'endroit appelé xoXo'wai; (2), on voit les restes d'une longue construction, avec des piliers quadrangulaires , faits à la chaux, qui servait sans doute de chantier de construction pour les vaisseaux. «

M. Kharalambos Yennatas Tsimaratos, qui demeure à Haya Thekla (presqu'île de Paliki), possède un plan manuscrit (à l'échelle de OmlS pour 100 pieds vénitiens), fait, dit-il, par un ingénieur anglais , et représentant des restes antiques (peut-être les restes d'un môle?) qu'on voyait autrefois au pied des collines de Krané (3). Ces restes antiques n'existent plus aujourd'hui; on en a pris les pierres pour construire le tribunal d'Argostoli. Sur le plan, il y a une note indiquant que les murs qui y sont représentés étaient faits de grands blocs rectangulaires « hauts de 8 à 10 pieds (4). »

Les vestiges antiques qu'on trouve actuellement dans la vallée de Krania sont de peu d'importance.

Au S.-E. de la lagune de Kotavos, si l'on suit la vallée parallèlement à la chaîne de collines où sont les ruines de Krané , on rencontre bientôt , à peu de distance de ces collines , sur les bords d'un petit ruisseau, les fondements d'un mur épais d'environ 1 pied Va et fait de grands blocs de tuf rectangulaires, unis au moyen de chaux très dure. Un de ces blocs est creusé de façon à former une sorte de cheminée. Tout près de là, sur la surface supérieure d'un autre reste de mur, parallèle au précédent , on remarque deux rigoles, remplies aujourd'hui de terre, l'une toute petite, l'autre de près d'un demi-pied de largeur.

Le premier de ces deux murs est conservé sur une longueur d'en-

(1) Ce sont les murs conservés sur la colline E.

(2) On n'a pas pu sur les lieux m'indiquer cet endroit.

(3) M. Tsimaratos n'a pas pu me dire exactement à quel endroit.

(4) Plusieurs personnes m'ont assuré que, dans le terrain plat qui est au delà de la lagune de Kotavos, on avait trouvé dans la terre des fers qui avaient dû servir à attacher des bateaux.

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