II. — GÉPHALONIE
viron 30 pas; au delà on peut en suivre encore le prolongement, dont on rencontre çà et là des traces dans la terre. A quelque distance , ces traces sont coupées par les traces d'un autre mur , perpendiculaire au premier et se dirigeant vers la colline de Krané. Au pied même de cette colline , on voit en plusieurs endroits une quantité de gros blocs de tuf taillés. C'est de ce côté qu'est le terrain de M. Kondomikhalos, où l'on a trouvé un grand nombre de monnaies (1). Dans ce terrain est aussi un puits antique creusé dans le roc.
Tombeaux. — Au S.-E. des collines qui portent l'enceinte fortifiée de Krané est un ravin , au delà duquel s'élève une autre colline. Sur la pente 0. de cette colline, à une faible hauteur au-dessus de la vallée, il y a un endroit nommé Dhrakospilia (caverne du géant). On y voit les restes de plusieurs chambres funéraires. L'une d'entre elles est parfaitement conservée. C'est une chambre rectangulaire, de hauteur d'homme, taillée dans le roc, à plafond plat, avec une porte tournée vers l'O. Dans le sol de cette chambre , à droite en entrant , on aperçoit une cavité rectangulaire , assez grande pour recevoir un corps ; vers la gauche , le sol n'est pas à découvert ; il est caché par des pierres. — A droite et à gauche de cette chambre il y avait des chambres semblables , aujourd'hui ruinées. De celle de droite il ne reste que le mur de gauche et celui du fond. Sur ce dernier est gravée une inscription, qui est trop effacée et placée trop haut pour que je l'aie pu lire ; j'ai cru distinguer les lettres suivantes, mais je ne puis garantir l'exactitude de ma lecture :
KXa.... y«... 0(70
Cette inscription doit être celle qui est publiée dans le C. I. G., 1930 e. Addenda (2). — De la chambre de gauche, il reste la paroi
(1) En tout un millier, selon M. Antoine Migliaressi, qui croit se rappeler que c'étaient des monnaies de Krané, de Pronnoi, de Leucade, d'Athènes, d'Égine, de Corinthe.
(2) KXauSia 'Ova(T((ioto Ny) | (timtovi \>.i\vt\ç \ xa'pe. d'après une copie de Forchhammer. 'OvaCTt[i.oio a été changé par B5ckh ; d'autre part NricrtwTou me paraît suspect (cf. ce que j'ai dit plus haut, p. 12, du passage de T.-Live, 38, 28, 6). Je serais tenté de supposer qu'il y a une inexactitude de lecture, sous laquelle se cache peut-être l'ethnique de Ilpwvrido; (?).
du fond et celles de droite et de gauche ; on voit également une fosse rectangulaire dans le sol.
Une autre fosse semblable se trouve à quelques pas en avant des trois chambres, un peu plus bas ; elle est taillée dans le rocher, à ciel découvert.
Ces différentes tombes contenaient des ossements.
Dans la partie S.-O. de la vallée de Krania, on a aussi trouvé des tombeaux. Loverdos parle de » différentes tombes ouvertes, faites de tuf , situées sur la route du monastère de Saint-André , et de catacombes, profondes d'un pas et demi, découvertes sur la route de Livatho. On y a trouvé , dit-il , des os humains , un crâne de cheval , une lame d'épée en cuivre, courte, à deux tranchants et avec une pointe. «
Voici ce que j'ai vu par moi-même :
Si l'on sort d'Argostoli par la route qui suit l'O. de la vallée de Krania, on rencontre à peu de distance, là où la route commence à monter, un endroit où l'on remarque, à droite et à gauche, des traces de fosses rectangulaires taillées dans le roc , qui ont été détruites lors de la construction de la route.
Des restes plus importants se voient plus au S.-E., dans la même direction , derrière le village de Mazarakata , situé sur le plateau de Livatho. L'endroit s'appelle 'ç t^ (xviijAaTa. Au-dessous de la route, à gauche en sortant du village, on aperçoit un espace à peu près circulaire, d'une vingtaine de pas de diamètre, découvert, entouré par des parois de tuf taillées de main d'homme. Au fond de cet espace s'ouvre dans le tuf une chambre rectangulaire de plus de 2"" de haut, de 7 à 8 pas de long sur 3 à 4 de large. L'une des parois contient une petite niche en plein cintre , très grossièrement exécutée. Deux portes enferme d'arc surhaussé font communiquer cette chambre avec l'espace circulaire découvert ; une troisième donne accès , de l'autre côté , à un couloir taillé dans le tuf, qui monte et conduit au dehors du massif de rochers. Un peu en avant de cette même chambre , on voit un autre couloir parallèle à celui dont il vient d'être question , également taillé dans le roc et faisant communiquer également l'espace circulaire avec l'extérieur. Près de là , il y a peut-être sous les rochers encore une autre chambre, dont l'entrée serait obstruée ; du moins, à un certain endroit, l'on voit , à fleur de terre, une ouverture, qui en est peut-être la porte. A l'entrée de l'espace circulaire , on remarque dans le sol plusieurs fosses rectangulaires qui y sont creusées. Enfin, à côté de la chambre qui est conservée , la muraille de tuf présente des cavités où il est facile de reconnaître
des traces de niches aujourd'hui détruites. Tout l'espace circulaire qui est maintenant à découvert semble avoir été couvert autrefois et partagé en plusieurs chambres; M. Antoine Migliaressi, avec qui j'ai été voir ces tombeaux, m'a assuré qu'il en était encore ainsi il y a une vingtaine d'années.
Autres endroits du territoire de Krané où l'on a trouvé des traces
d'antiquités.
Au delà du fort Saint-Georges, près de la route de Kateleo, sur une petite colline appelée KoXujjltoç , on a découvert , au dire de M. Antoine Migliaressi , des tombeaux , des restes de constructions, des morceaux de terre cuite.
A Lakithres, près de Phokata (Livatho) , on a trouvé des monnaies (1).
En face d'Argostoli , au delà du pont qui traverse la lagune , à Drapano, on a découvert, dans le cimetière grec, un pavé en mosaïque (avec dessins d'ornement) , aujourd'hui détruit. Dans le même endroit on aurait trouvé encore , d'après ce qu'on m'a dit : deux statues en marbre ( « deux apôtres » ) , qui auraient été envoyées à Athènes ; des monnaies byzantines ; des os enterrés sous deux tuiles inclinées et appuyées l'une contre l'autre ; des fondements de constructions à la chaux. D'après la tradition locale, ce seraient les ruines du monastère de S. Niccolo di Drapano.
Près de la côte S. du district de Livatho, au S.-O. du cap Liakas, est un petit îlot rocheux , appelé Dhia. Selon la « tradition » , fondée sans doute uniquement sur la ressemblance des noms, il y aurait eu là un temple de Zeus. Il existe sur eet îlot un petit monastère , mais on n'y voit aucun reste antique (2) , d'après ce que j'ai entendu dire.
§ 9. — INSCRIPTIONS DE KRANÉ.
1 . La plus intéressante est l'inscription archaïque publiée dans
(1) Une quarantaine, selon M. Antoine Migliaressi, qui croit se rappeler que c'étaient des monnaies de Paie , de Pronnoi , d'Athènes , de Philippe et d'Alc<andre.
(2) Selon M. Tsitselis , des restes antiques douteux (xa{ ttvaç àjttpiPoXou Ictop(aç Ttéxpaç). Il ajoute que le peuple appelle le monastère actuel i\ Ttavayta xoû Aiôç ou ri xupà àç' ta Aîa. Je doute qu'il y ait rien à conclure de ces dénominations.
le C. I. G., n" 1928. M. Kharalambos Tsimaratos dit qu'elle a été trouvée vers 1829; il m'en a montré une copie, qui est évidemment celle de Grawfurd , que Bôckh a eue à sa disposition (1).