‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 102 sur 140 · Qui est Taveugle, si ce n*est mon serviteur · texte numérisé non relu

Qui est Taveugle, si ce n*est mon serviteur

Qui est le sourd, si ce n'est le messager que j'ai délégué? Y a-t-il quelqu'un d'aussi aveugle que le « parfait »?

seul, tout en étant obligé de reconnaître l'exactitude dans les pièces qu'il veut bien attribuer au contemporain d'Èzéchias, en fait fi en ce qui concerne les discours de l'Isaïe exilique. Sa psychologie est intransigeante sur ce chapitre. Elle sait que ces derniers discours ont été prononcés dans Tordre qui leur a été assigné dans le recueil existant. Elle envisage les énonciations de ce prophète comme les articles de foi systématiquement coordonnés d'un catéchisme du meilleur aloi. Aussi ne doit-on pas s*étonner d'entendre M. Duhm déclarer que tout ce passage ne peut pas appartenir à Isaïe II ; son argumentation est des plus curieuses :

a Si le texte est exact, alors Israël est envisagé comme le représentant de Dieu dans le monde, qui possède la parole de Yahwé et peut la transmettre à d'autres {und weiter zu gehen vermagyC. xLiv, 26 ; cf. xlii, 6). Mais alors, toute cette exposition du serviteur de Yahwé est le contre-pied absolu (dos direkte Wiederspiel) de 1-4, et Deutéro-Isaïe doit être le plus singulier auteur du monde, en faisant dans le même contexte des énonciations si contradictoires sur le même sujet, sans indiquer par une seule syllabe ou par une différence quelconque dans le temps des verbes que, comme le veulent les exégètes, il pense une fois à une entité empirique, une autre fois à une entité idéale ; ici au temps présent, là au temps futur, pendant que, partout ailleurs, il distingue avec une clarté suffisante entre les choses antérieures, présentes et futures. >

Malheureusement, la base de cette argumentation est purement imaginaire. Il ne s'agit pas de deux entités réelle et idéale, présente et future, mais d'une seule, réelle et présente; la situation seule a changé. Au début de sa vocation, Isaïe II ayant affaire à une communauté indifférente, lui dit de dures vérités. Lorsqu'un groupe de fidèles décidés et actifs fut formé, le prophète adoucissant le ton, le regarda comme le vrai Israël chargé de la double mission de propager la connaissance de Yahwé parmi les mécréants nationaux et étrangers, et de créer un mouvement nationaliste pour accomplir le retour dans la patrie, où la propagande religieuse s'effectuera avec les plus grandes facilités. La prétendue contradiction n'existe donc pas, et Topératioft chirurgicale à laquelle M. Duhm soumet le pas-

Que (les témoins) écoutent leur dire Et qu41s disent : « C'est vrai 1 •

10. Vous êtes mes témoins, dit Yahwé, Ainsi que mon serviteur que j'ai élu,

Afin que vous me croyiez en (toute) connaissance,

Que vous soyez convaincus que moi seul j'existe présentement.

Qu'aucun dieu n'a été formé avant moi,

Et qu'il n'y en aura pas après moi.

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