‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 101 sur 140 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

Description de la mission du serviteur de Yahwé. Comme dans le passage précédent, ce groupe forme la suite de ladé-

forcément la conclusion que le prophètq pense, non à latota-, lité des exilés parmi lesquels se trouvaient précisément cei € aveugles » et ces « sourds > (18) dans le cçeur de qui le souvenir de l'ancienne pq^trie avait déjà disparu (lxv, H), mais aux fidèles partisans dq prophète qui collaboraient avec lui à la mission d'encourager les défaillants et de les ramener à l'idée de la restauration. C'est ce noyau d'élite, voué (î§ cœur et d'âme à la cause sacrée de la oatrie, que le prophète entend représenter personnellement afin de lui faire mieu)^ sentir sa glorieuse vocation, Joignant la douceur (2) à l'ejf-r trêoie innocence (3 a), ce parti prophétique est destiné à porter aux païens le flambeau de la loi el de Injustice et à devenir ainsi le trait d'union de tous les peuples (1 , 4, 6), transforma-? tjon ardemment désirée (pnv3 H^DNlp) P^^ Yahwé le créî^t teur du monde et l'inspirateur du genre humain (5), Tout s'enchaîne et s'explique mutuellement dans cette description, où le brillant avenir n'est au fond qu'un nnoyen d'action sur l'esprit des contemporains.

Y a4-il cependant quelque raison critique de mettre en. doute l'unité de notre pièce? M. Puhm le croit; résunions son argumentation ;

€ Les poésies du '^è^d Yahwe frappent d'abord par leur style, leur langage tranquille, et par le rythme des vers et des strophes. Elles se rapprochent beaucoup de celles d'içalfe ttx mais n'ont que des rapports partiels avec leur entouragei et leur enlèvement ne créerait pas de lacune. L'idée du servi'? teur de Yahwé n'est pas la même chez les deux auteurs» Chez Isaïe 11, ce serviteur, Israël tel qu'il est, est élu, protégé et réserva pour un brillant avenir, mais actuellement aveugle et sourd, captif et pillé, un ver, méprisé par }es païens, plein (Je péchés. JjC héros de ces poésies est, au contraire, p^cé yis-hn vis du peuple, innocent, disciple de Yahwé, qui Téclaire jour par jour, appelé h une mission auprès du peuple, et ne fait pa? entendre sa voix dans la rue, tout à l'opposé (ie celui du Deutéro^ Isaïe, qui crie volontiers très haut et convoque tout Je monde à se prononcer hautement. Il souffre copime un Jérémie pu un, Job, par les injures çjes infidèles, par la lèpre dopt Yahwé l'a affligé, n}ajg non par des oppresseurs étrangers, comme c'est

dont elle était alors la langue maternelle, n*a pas été mise en circulation, peut-être même pas mise par écrit, avant la destruction du temple. Le prosélytisme littéraire est d* ailleurs une idée creuse dépourvue de toute réalité. Le docteur zélé qui voulait convertir les païens à la religion juive était forcément obligé de crier, de blâmer, de parler haut dans les réunions et sur les places publiques, voire de faire des voyages lointains (Matthieu, xxiii, 15), c'est-à-dire de faire précisément le contraire de ce que M. l>uhm trouve dans xuii, 2-3. A ce propos, ce savant aurait pu s'informer auprès des Sociétés bibliques modernes si elles ont fait un seul converti parmi ceux à qui on avait distribué le Nouveau Testament, sans discussions et instructions préliminaires. Le héros de notre poème n*est donc pas un missionnaire taciturne qui convertit les païens par la seule explication du code divin, moyen que les apôtres et Jésus lui-même n'ont employé que lorsque les miracles préalables avaient déjà accompli leur effet sur l'esprit de leurs auditeurs. La situation change entièrement, si le ""Ebed Yahwé personnifie le vrai Israël, aujourd'hui captif méprisé, demain peuple fort et glorieux. Lui, produit d'un miracle incomparable, n'aura plus besoin de fournir de nouveaux miracles pour exercer sa mission monothéiste avec la tranquillité d'ânïe que. donne la certitude du succès complet. Tout en restant en place, il convertira le monde; au besoin le monde ira chez Iui(Isaïe, II, 2-5) pour recevoir sa doctrine {ibidem^ 3) si impatiemment désirée (xui, 4). Bien entendu, la mission étrangère suppose la réussite préliminaire auprès de ses propres nationaux à demi païens ou inertes, dont le retour en Palestine est la condition indispensable (7).

xLii, 18-25,

Exposé indigné de Tentêtement aveugle du serviteur de Yahwé, qui reste impassible devant les châtiments que Dieu lui inflige dans le but de l'amener au bien :

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