Ainsi périssent tous tes ennemis, ô Yahwé
Et que tes amis ressemblent au Soleil lorsqu'il brille de toute sa splendeur!
Le chant de Débora date d'environ 1 70 ans après la mort de Josué; son témoignage au sujet de l'état politique et religieux du peuple conquérant a donc pour nous la plus haute importance. Quelques remarques à ce sujet ne paraîtront pas superflues.
Bien qu'au point de vue politique les tribus fussent tout à fait indépendantes les unes des autres, elles eurent la conscience de former une seule nation sous le nom de Benê Israël ou Israël tout court. Leur lien national consistait dans le culte du Dieu Yahwé, à qui on attribuait le fait d'avoir marché dans la direction du Sinaï, en faisant trembler le ciel, la terre et les montagnes, etleSinaïen particulier. Le poète, qui mentionne ces légendes, ne se donne même pas la peine de dire quel endroit a été le point de départ de ce voyage extraordinaire, ni en compagnie de qui le voyage a été accompli. Des poètes plus récents, qui ont partiellement emprunté ce passage, n'ont pas manqué d'indiquer qu'il s'agit de la sortie d'Egypte par Israël (Ps., Lxviïi, 8) et de la scène législative sur le Sinaï. Débora a donc supposé que tout Israël comprendrait ses paroles malgré leur concision excessive. Pour nous, cela signifie que les récits du Pentateuque relatifs à la sortie d'Egypte et au séjour du désert formaient alors des légendes populaires répandues chez toutes les tribus. Quant à la division territoriale, nous la trouvons identique à celle qui est donnée dans la source dite sacerdotale. De plus, les Rahélides, Éphraïm, Manassé et Benjamin envoient des troupes auxiliaires aux tribus de Zabulon etNephtali, dont la première est léaïde, l'autre rahélide secondaire, tandis que les tribus rahélide secondaire et léaïde pure Dan et Aser, qui demeuraient en voisinage du champ de bataille, sont restées chez elles. L'intérêt local déterminait tout dans cette occurrence comme dans beaucoup de cas analogues. Des traits distinctifs entre ces deux divisions dont l'une, selon certains critiques, n'aurait jamais été en Egypte, n'existaient paé, et notre poète atteste la vanité de cette hypothèse.
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