‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 41 sur 140 · Les bénédictions de ton père dépassent les biens des · texte numérisé non relu

Les bénédictions de ton père dépassent les biens des

montagnes indestructibles, Vont au-delà des produits désirables des collines éternelles; Qu'elles se posent sur la tête de Joseph, Sur le son)nf)et du prince de ses frères !

Benjamin (ressemblera à) un loup rapace,

27. Le matin il dévorera la proie, Le soir il distribuera le butin.

28. Toutes ces paroles font allusion aux douze tribus d'Israël. C'est ce que leur père leur dit en les bénissant chacun selon la bénédiction qui leur convenait.

29. (Puis) il leur fit la recommandation suivante : Je serai bientôt réuni aux miens S enterrez-moi à côté de mes ancêtres dans la grotte d'Éphron THétéen,

30. Dans la grotte qui est dans le champ de Makpêla, situé devant Mamrè, dans le pays de Chanaan, champ qu'Abraham acheta à Éphron l'Hétéen pour en faire un lieu de sépulture.

31. Là, on enterra Abraham et sa femme Sara; là on enterra Isaac et sa femme Rébecca ; là j'ai (aussi) enterré Léa.

32. L'acquisition du champ et de la grotte qu'il contient a été confirmée par les fils de Hêt.

33. Jacob ayant terminé ses recommandations à ses fils, rentra ses pieds dans le lit, empira et fut réuni aux siens.

Chap. L, 1 . Joseph se jeta sur la figure de son père, versa des larmes et l'embrassa.

2. Il donna ordre aux médecins, ses serviteurs, d'embaumer son père, et les médecins embaumèrent le corps d'Israël.

3. Après quarante jours, la durée régulière de l'embaumement, les Égyptiens le pleurèrent pendant soixante-dix jours.

4. Lorsque les pleurs furent écoulés, Joseph parla aux familiers de Pharaon et leur dit : Si j'ai trouvé grâce à vos yeux, veuillez informer Pharaon en lui parlant (en mon nom) :

5. Mon père m'a adjuré en disant : Voici, je vais mourir; enterre-moi dans le tombeau que je me suis fait creuser dans le

1 . C'est-à-dire, à mes ancêtres qui sont déjà couchés au Seol.

pays de Chanaan. Maintenant, permets que j'aille y enterrer mon père ; je retournerai aussitôt.

6. Pharaon fit dire à Joseph : Va enterrer ton père comme il t'a adjuré.

7. Joseph partit pour enterrer son père, accompagné de tous les serviteurs de Pharaon, les anciens de sa maison et tous les anciens du pays d'Egypte^

8. Ainsi que de tous les familiers de Joseph, de ses frères et de son père, qui ne laissèrent dans le pays de Goàen que leurs petits enfants avec leur menu et leur gros bétail.

9. Il était aussi accompagné de chars de guerre et de cavaliers, au point de former une troupe nombreuse.

10. En arrivant à Goren-hââtâd, qui est en deçà du Jourdain, ils lui firent une grande et très imposante cérémonie de deuil, et (Joseph) fit à son père un deuil pendant sept jours.

H . Les habitants chananéens du pays, voyant la cérémonie funèbre de Garen-hââtâd, se dirent : C'est un grand deuil pour l'Egypte ; à cause de cela, on nomma cet endroit Abêl-Mi§raïm ; c'est celui qui est situé en deçà du Jourdain,

12. Les enfants (de Jacob) agirent exactement comme il le leur avait ordonné.

. 1 3. Ils le portèrent dans le pays de Chanaan et l'enterrèrent dans la grotte du champ de Makpêla, champ qu'Abraham avait acheté à Éphron THétéen, devant Mamrê.

14. Joseph, après avoir enterré son père, retourna en Egypte, avec ses frèreset tous ceux qui s^étaient joints au convoi.

15. Lorsque les frères virent que leur père était mort, ils se dirent : Si Joseph nous garde rancune, il nous rendra tout le mal que nous lui avons fait.

16. Ils firent dire à Joseph par des intermédiaires: Ton père a exprimé un désir avant sa mort, en ces termes :

1 7. Dites ainsi à Joseph : Je te prie, daigne pardonner les méfaits divers commis par tes frères qui ont mal agi à ton égard ; pardonne (te dis-je) le crime des serviteurs du Dieu de ton père. Joseph se mit à pleurer lorsqu'ils lui parlèrent de la sorte.

18. (Puis) les frères allèrent eux-mêmes, se jetèrent à terre devant lui et dirent : Nous sommes prêts à être les esclaves.

19. Joseph leur dit : Ne redoutez rien, car je crains (?) Élohîm.

SlO. Vous avez pensé me faire du mal, mais c'est Ëlohlm qui a tout combiné pour le bien, au point de rendre possible ce qui se passe à présent, afin de conserver la vie d'an peuple nombreux.

21 • Maintenant, ne soyez pas inquiets, je vous nourrirai ainsi que vos enfants. (Ainsi) il les consola et chercha à les calmer.

2S. Joseph demeura en Egypte avec la famille de son père ; il vécut cent dix ans.

SIS. Joseph vit des enfants d'Éphraïm de la troisième génération; de même les fils de Makir, fils de Manassé, furent élevés sur les genoux de Joseph.

24. Joseph dit à ses frères : Je vais bientôt mourir, mais Élohîm se souviendra de vous et vous ramènera de ce pays au pays qu'il a promis sous serment à Abraham, à Isaac et à Jacob.

25. Il adjura les enfants d'Israël en disant : Lorsque l^lohîm se souviendra de vous, vous emporterez d'ici mes ossements avec vous.

26. Joseph mourut à l'âge de cent dix ans; on l'embauma et on le mit dans une bière en Egypte.

Histoire dlsaac

(Genèse, xxv, 19-xxviii, 9).

L'histoire d'Isaac présente plusieurs traits analogues à celle d'Abraham. Isaac etRébecca, comme Abraham et Sara, sont stérilesetdéguisent comme eux leur mariagequandiisse trouvent forcés par la famine de résider hors de la Palestine. Cependant, à !a différence de Sara, Rébecca devient mère de deux jumeaux dans sa jeunesse. Les deux frères, Jacob et Ésaû, se combattent l'un Tautre depuis leur naissance; et le cadet réussit plus lard à obtenir les droitsd'aînesse en exploitant l'insouciance de son frère plus fort que lui. L'instinct populaire assure partout la victoire aux nains intelligents dans leur lutte contre les géants brutaux. Dans ces rivalités entre frères, Isaac penche du côté du plus fort, tandis que Rébecca favorise plutôt les efforts audacieux du plus faible. C'est un trait psychologique qui s'explique facilement : la femme, étant elle-même plus faible que l'homme, sait mieux apprécier les vraies qualités de ses enfants, et elle se sent plus heureuse de voir dans le plus doué d'entre eux un reflet fidèle de sa propre supériorité.

OBSERVATIONS EXÉGÉTIQUES

Verset 19. Toutes les expressions de ce verset, sauf les noms propres, sont imitées de xi, 27, et, dans les deux cas, elles forment l'introduction à l'histoire d'une ère nouvelle au début de laquelle la famille unique se divise en deux branches habitant chacune un territoire différent.

Verset 20. Exposé de détails particuliers, parmi lesquels ceux qui sont relatifs à l'âge d'Isaac lors de son mariage avec Rébecca et à la désignation du lieu de la naissance de cette dernière par q-^^ pQ complètent à ce sujet les données antérieures.

Verset 21 . La stérilité de Rébecca cesse par suite de la prière, comme celle de la famille d'Abimélec (xx, 1 7). — Au lieu du verbe ordinaire ^^anH' ''siuteur fait usage du verbe rare

Verset 22. 1VV"IH^V hitpaêl de yy)^ t courir ». Les enfants s'agitaient violemment et causaient d'horribles douleurs à leur mère.

"^DiN nt nob' ^ sous-entendre niH» Rébecca voit dans cette agitation excessive le prélude d'un avortement; elle exprime ses regrets en disant que, dans ce cas, il aurait mieux valu pour elle ne point devenir enceinte, et elle va consulter l'oracle de Yahwé que Tauteur suppose avoir existé dans le pays* Je traiterai plus loin la question de savoir où cet oracle était situé.

Verset 23. L'oracle lui explique la cause de ses souffrances inusitées : elle porte dans ses entrailles deux enfants destinés à devenir deux peuples rivaux, où cependant le cadet l'emportera souvent sur l'aîné. La forme de Toracle est poétique et so compose de deux distiques à parallélisme.

Verset 25. ^i^û^x, allusion préalable à la désignation de U)1ii (v. Xxx). Au lieu de lyjj; rmx» * manteau de poil *| on est tenté de lire y^2^ rmn (Josué, vu, 21) ; cependant la comparaison avec xxvii, 1 1 semble militer en faveur de la leçon reçue qui revient dans Zacharie, xiii, 4. Dans l'esprit de l'auteur, le nom ^tî^j^, de rW)ff « faire, fabriquer », fait allusion à l'étoffe fabriquée de la rmx-

Verset 26. Le cadet sort en tenant le talon de son aîné, ce qui est un pronostic de rivalité et de domination. — A la naissance dtô ees enfants Isaac avait soixante ans; sa stérilité avait donc duré vingt ans.

Verset 28. Isaac aimait Ésaû parce qu*i! parlait toujours de chasse, y^^^ yi^^, ce qui annonçait chez lui le courage et la décision.

Verset 30. j^j ^JD^i^Sl' expression populaire au lieu de Hi ^ibO«ni comparez j<3 >rN>Ojn (xxiv, 17).

Verset 31 . dt»3» « en ce moment » ; dans cet adverbe le mot m^ exprime l'idée vague d'une durée très courte.

Chapitre xxvi, 1 . Par Tincidente : t outre la première famine qui eut lieu du temps d* Abraham >, l'auteur indique J

expressément qu'il ne confond pas Taventure d'Isaac à Gerar l5

avec celle qui arriva h Abraham dans cette ville et au temps du même roi.

La dernière phrase de ce verset, qui interrompt la narration, doit être reportée au commencement du verset 6 dont la trop grande brièveté trahit déjà son état imparfait.

Verset 2. Au sujet de Texpression y'^^ *IDK"liyx» v. xxii, 2.

Verset 4. Résumé de la bénédiction xxii, 1 7, 1 8.

Verset 5. Le début est identique à celui de xxîi, 18 ft.

Verset 7. Si l'on veut conserver la forme ^iJirP JS» î' f^"* supposer la chute des mots -ijjx "^D ? autrement on lira jg irUTT^* Isaac n'avait rien è craindre du côté du roi qui était trop vieux pour penser à un nouveau mariage, mais le danger pouvait lui venir de la part des habitants de la ville.

Verset 15. Les Philistins obstruaient les puits creusés par Abraham, afin d'en effacer l'origine. Le silence d'Abimélec montre bien qu'il ne se souciait plus de l'alliance conclue avec Abraham.

Verset 16. Abimélec, pris de jalousie, finit par expulser Isaac de son pays : les derniers liens de l'ancienne alliance sont ainsi entièi'ement rompus.

Versets 17-22. Pourtant Isaac ne se retire que malgré lui et en essayant de mettre à profit les anciens puits, mais il ne réussit qu'en s'éloignant considérai)lement du centre de l'allié oublieux de son père*

Le renouvellement des anciens noms donnés par Abraham aux puits qu'il avait creusés en Philistie avait pour but de marquerles droitsd'Isaac à leur possession; comparez ii, 20, 23; IV, 1,25.

Versets 19-22. Les noms ptt^^, « dispute >, et hîfâtîf» « contestation » présentent une sorte de protestation contre la rapacité des Philistins ; le troisième nom ntani ^jo^te à cette idée celle de la satisfaction d'avoir enfin trouvé un terrain où sa famille pourra se développer librement.

Verset 23. La ville de Bersabée ne faisant plus partie de la Philistie, Isaac y remonte afin d'être mieux à l'abri des Philistins dont il vient d'éprouver la jalousie.

Verset 24. La nuit même de son arrivée, Isaac est favorisé par une apparition divine qui le rassure contre l'agression de ses adversaires; XTn"bX> comparez xv, 1.

Verset 25. Isaac, suivant l'usage de son père, construit un autel sur le lieu de la théophanie et y proclame le nom de Yahwé ; et ce n'est qu'après avoir reçu de Dieu la promesse de protection qu'il y établit ses tentes et fait creuser un puits par ses serviteurs.

Verset 26. Abimélec, roi deGerar, reconnaissant l'inconvénient d'avoir un chef nomade si puissant dans le voisinage de son pays^ se rend lui-même auprès de ce dernier afin de se réconcilier avec lui. Il est escorté de son ancien généralissime Phichol, qui l'avait déjà accompagné auprès d'Abraham, et d'un de ses amis intimes du nom de nîtlN*

Verset 27. Isaac leur reproche les actes d'hostilité dont il a été victime et leur demande la raison de leur visite si inattendue.

Verset 28. Leur réponse relève la prospérité peu ordinaire d'Isaac dans laquelle ils voient l'indice d'une protection particulière de Yahwé à son égard, et ils expriment le désir de fairetivec lui une alliance affirmée par un serment.

Verset 29. Ils avouent qu'ils veulent éviter son hostilité et font valoir en leur faveur qu'ils se sont toujours gardés de s'atta-

quer à lui et que, même en le renvoyant de chez eux, ils l'ont traité avec une urbanité toute particulière.

Verset 30. Ces explications plaisent à Isaac, qui consent à faire oublier les anciennes querelles et invite ses hôtes philistins à un repas de famille en signe de réconciliation.

Verset 31 . Le lendemain, Talliance est conclue par serment et les hôtes partent contents pour leur pays!

Versets 32-33. Le même jour Isaac est informé que ses serviteurs ont réussi k trouver de Teau dans le puits qu'ils commençaient à creuser, et, pour perpétuer le souvenir de la visite de ses nouveaux amis, il nomme ce puits nVDtt^* Ce nom,

d'après la ponctuation massorétique, signifie c sept », nom de nombre saint chez les Sémites et faisant allusion à la sainteté des serments faits ce jour. Il se peut pourtant que la leçon primitive ait été nVStt'» • serment » . L'auteur ajoute que le nom

J73tt^ 1X3 tire son origine de ce mot. Sur cette ville, voyez plus loin.

Verset 34. Les deux femmes d'Ésaû sont l'une et l'autre des Hétéennes, visiblement originaires d'Hébron, ville qui appartenait à la tribut de Hêt (xxiii, 3).

Le nom n^TIH^ ^^ ^^^^^ P*^ ^^^ ^^ miiT» ^^^^^ représente le patronymique du nom géographique ^771, ville qui appar-

tenait plus tard à la tribu de Dan (Jôsué, xxix, 45), aujourd'hui Yehudiya*

Verset 35. n^n mb» • amertume d'esprit 1, c'est-à-dire un objet de chagrin, à cause de leur origine chananéenne, en contradiction de la défense faite par Abraham à ses descendants d'épouser des femmes du pays. Ce sentiment est encore plus clairement exprimé dans xxvii, 46.

Chapitre xxvii, verset 1 . Le second yl^^^ est une dittographie du premier et doit être négligé.

Verset 2. A noter la particule de politesse j^jj mise dans les paroles qu'Isaac adresse h Ésaû et Rébecca à Jacob (cf. xxvi,â) ,

Verset 3. Le sens de ^j^^jn est obscur ; la traduction c objet suspendu » {dos Gehange^ Dillmann), c'est-à-dire le car-

quois que le chasseur suspend à l'épaule, laisse à côté Tobjet indispensable pour farcher, les flèches. Peut-être sommes-iioua en effet en présence d'une altération de Tj^^fn» * ^^^ flèches >.

Verset 4. ^nSHN "llî^ND» • comme je les aime >; le narrateur suppose qu'Ésaû savait quels morceaux du gibier son père préférait. — ^g^jjj ?ID"ûn ^st plus affectueux que le simple

Verset 5. La dislocation de ce verset est évidente : h première proposition formait primitivement un verset à part qui avait sa place avant v. 6, tandis que la seconde, constituant également un verset séparé, formait la suite naturelle du verset 4. — Après le mot jj^ianb ^' manque le complément vsxb que les Septante ont conservé, mais en sacrifiant x^^nb»

Verset 8. Le mot ^^p^ paraît être une superfétation troublante due à l'extrême fréquence de la locution ^^pj VtS^*

Verset 9. Rébecca veut préparer deux agneaux afin d'imiter le gibier qu'on présente à table en grosses tranches avant de le découper et de distribuer les portions aux invités. La myopie extrême d'Isaac favorisait bien cette supercherie féminine.

Verset 10. ^^^^ "IDJ^D ; le relatif -|;tfj< se joint souvent aux conjonctions causales : -^^j/j^ î^ob' "ll^t? \V^f ^*^-

Versets 11-13. Jacob craint que son père ne le maudisse pour s'être moqué de lui, ynj^DDS» "^" P^^^ l'avoir trompé, parce que le désir de la part d un fils de s'assurer à tout prix la bénédiction de son père doit être d'autant plus agréable à ce dernier que ce fils a moins joui de son affection, comme c'était le cas de Jacob. Rébecca le tranquillise en disant que la malédiction retomberait sur elle qui lui a ordonné d'agir ainsi. En vérité, elle savait quTsaac était incapable de maudire un de ses enfants, ' même dans un moment de colère.

Versets 21 -23. Ce passage n'est pas en situation. La précaution de s'assurer de l'identité du porteur par l'attouchement est plus naturelle peu de temps avant de prononcer la bénédiction, c'est-à-dire après avoir pris le repas. Il convient donc de le placer avant le verset 26-27 a, qui relate la résultat du baiser de Jacob qui a fait disparaître 1» dernière oinbrç 4e

doute dans l'esprit d'Isaac. Quant m verbe ^ns^a^l Q^i ter* mine le verset, il pourrait stricteraeht signifier t il se décida à le bénir > , mais on peut aussi le regarder comme une superfétation causée par Terreur d'un scribe qui croyait être déjà arrivé à la fin de 87 a. Dans Tune ou l'autre de ces alternatives, la verbe en question n'a aucune importance au point de vue de la critique du texte.

Verset 27. Le caractère de la dernière phrase de ce verset a été souvent méconnu ; les anciens ont cru reconnaître dans ces paroles d'Isaac un simple compliment à. l'adresse du faux Ésaû pour la bonne odeur de ses vêtements, mais les roots TÛN^I inD"Q''1 indiquent avec certitude que ce qui suit fait déjà partie de la bénédiction. On se rend ainsi parfaitement compte de l'emploi de la conjonction en tôte du verbe fn»^ au verset

suivant et qui devait être tn^ si la bénédiction ne faisait que commencer. Le contexte gagne en limpidité quand on ajoute à ni-| le suffixe de la seconde personne du singulier : t Regarde, ton odeur (qn^l)» à mon fils, est pareille à la bonne odeur

d'un champ béni par Yahwé. Donc, qu'Élohîm te donne de la rosée du ciel >, etc. La chute du sufiixe a déjà été constatée à propos de ^i>^ (v. 26).

Verset 28. A ponctuer ^3p0O, comme l'exige la comparai-' son avec ^^{j ; le singulier est mjy , non mtiyo l '^ t^^^^ ^^^^ il s'agit est naturellement la Palestine. — ^^33, a chef, commandant > , mot rare au masculin qui revient au verset 37.

Verset 30. L'une des deux premières phrases présente la variante de l'autre et une seule est primitive. Je ne pense pas que ce détail insignifiant, savoir qu'Esaù retourna de la chasse lorsque Isaac avait fini de bénir Jacob, avait besoin d'être mieux précisé par la remarque que ce retour eut lieu lorsque Jacob était à peine sorti de chez son père. L'affirmation contraire de certains exégèles manque de toute vraisemblance.

Verset 33 • En apprenant qu'il avait donné sa bénédiction à un autre qu'à Ésau, Isaao est pris momentanément d'une grande terreur par suite de l'idée que l'usurpateur pouvait être un

étranger ou un de ses esclaves ; quelques instants après il finit par se persuader que le coup a été fait par son cadet.

Onesthabituellementd'avisquerexclamationsetermineparle "^^MnDlSXI ^^ Q^^ '^ phrase suivante rprP"Tii3 UJi ^^^ "'^^ remarque secondaire en faveur de l'usurpateur qui restera irrévocablement béni. Avec le texte massorétique il est en effet difficile de comprendre d'une manière différente. II y a cependant deux difficultés selon moi insurmontables. D'abord, après la vive indignation qu'il vient de ressentir, Isaac ou tout autre à sa place n'aurait ni si vite, ni si catégoriquement changé de ton en faveur de l'escroc : c'est un trait psychologiquement improbable qui n'a pas pu échapper au narrateur. En second lieu, si l'essentiel était la confirmation de la t)énédiction reçue, il faudrait n-i^jo au lieu de «^^-j^ qui exprime un

état naturel d'honnêteté, de justice ou de prospérité, sans l'idée d'une augmentation soudaine et imprévue, d'une bénédiction particulière. En troisième lieu enfin, le mot ^bû^^ du verset suivant à lieu d'étonner: on s'attend à^j^^y^ ^pp^. Ces considérations m'obligent à partager l'opinion de Hitzig et Geiger qui ponctuent rry^ q;» ^nDlSNI ^^ r^P^rtent le mot n%T» corrigé en ^jji^, au commencement du verset suivant. Seulement la leçon reçue n'est nullement une correction consciente, comme Geiger tendait à le croire ; l'irrévocabilité des bénédictions, comme celle des malédictions, va de soi dans l'esprit populaire (cf. Nombres, xxii, 6) et n'avait pas besoin d'être mise subrepticement dans notre passage. J'ajoute que l'objection de Delitzsch, acceptée par Dillmann, savoir que la phrase serait trop courte pour cela, ne porte pas. Ces mots ne veulent pas dire c et je l'ai effectivement béni {ich habe ihn auch wirklich gesegnet) », mais simplement < et aussi je l'ai béni >; comparez pj^j; qjj tjVj;x (xlvi, 4), cet aussi je t'en ferai remonter >.

Verset 36. Pour l'interprétation de ce verset, voyez le commentaire de Dillmann.

Verset 37. Il me paraît impossible de donner à la préposition 23 un sens privatif (Tuch, Delitzsch et autres). Lldumée abon-

dait en champs cultivés et en vignobles (Nombres, xx, 1 7) ; l'aridité de ce pays n'est constatée qu'à l'époque grécoromaine, où les Nabatéens nomades s'étaient substitués aux anciens Iduméens. Des wadis fertiles sont aujourd'hui même signalés par les voyageurs.

Verset 40. n^nn "lyin bV» ^ ^^ vivras par ton épée > veut dire : Tu seras toujours prêt à guerroyer avec les peuples voisins (Nombres, xx, 1 8), formant ainsi un pendant d'Ismaêl. L'auteur a surtout en vue les nombreuses déprédations cornmises par les Iduméens dans le sud do la Judée. Édom sera pourtant asservi par Jacob-Israël, jusqu'au moment où celui-ci deviendra trop tyrannique.

Le verbe n^ip forme sans aucun doute l'abréviation de in^tl^a l^in» * lorsque tu auras des plaintes », savoir, contre ton frère; comparez no^HNI ^n^tS^ T1X (Psaumes, lv, 3).

Chapitre xxviii, 2. Le terme géographique q-)j< pg se trouve déjà dans xxv, 20.

Verset 5. Le verbe •j^'ï^ est une dittographie du même mot qui figure au verset 7, verset qui a du reste sa place marquée immédiatement après celui-ci. La désignation de Rébecca par IB^VI 3Pi^^ 3î< ^^^^ ^ relier ce passage au récit suivant qui s'occupe surtout d'Ésaû.

Verset 6. ^nx 1D123» « en le bénissant >, sous-entendu : •n^, « encore, de nouveau >, fait allusion à la bénédiction des versets 3-4, tandis que le précédent -j-q rappelle le -j"i:a'>^ du verset 1 .

Verset 7. L'obéissance de Jacob envers ses parents rehausse davantage l'inconvenance d'Ésaû qui osa contrevenir à une tradition de famille en épousant des filles de Ghanaan.

Verset 9. Ésaû cherche à se réconcilier avec ses parents en épousant une fille de son oncle Ismaël, mais sans se séparer de ses premières femmes, ce qui fait que sa lignée est loin de représenter une race aussi pure que celle de son frère Jacob.

Par la remarque que la troisième épouse d'Ésaû était la sœur de Nebayot, l'auteur a voulu indiquer que cette femme descendait de l'épouse libre d'Ismaêl qui était d'origine égyptienne (xxi^ 21).

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