‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 92 sur 140 · CorniU, EinleitunÇy etc., p · texte numérisé non relu

CorniU, EinleitunÇy etc., p

méens et Philistins), la désolation du reste est aussi complète que la destruction des villes (lire qi-jj; pour Q^it) infâmes (Sodome et Gomorrhe); Sion ressemble à une hutte de garde champêtre, à une ville assiégée où tous les maux s* accumulent, et encore cette conservation n'est-elle due qu'à la bonté de Yahwé! > Impossible d'imaginer un meilleur accord.

Les questions préliminaires tranchées, nous passons à notre étude comparée.

Le groupe 2-4 est ainsi conçu :

Écoutez, ô cieux, prête l'oreille, ô terre.

Car Yahwé parle.

J'ai élevé, fait grandir des enfants Qui se sont révoltés contre moi !

Le bœuf connaît son propriétaire, L'âne au râtelier ^ (connaît) son maître ; Israël ne connaît pas, Mon peuple ne réfléchit point.

O peuple pécheur, nation chargée de crimes, Race de malfaiteurs, enfants vicieux; Ils ont abandonné Yahwé, rejeté le saint d'Israël;

Ils sont retournés en arrière ^î

Peu de remarques sont nécessaires. Yahwé s'indigne de voir les enfants qu'il a élevés et soignés pousser leur ingratitude au point de se révolter contre lui. La comparaison avec les animaux domestiques rend cette idée encore plus saisissante : il ne s'agit pas de la conception insignifiante et plate que les animaux connaissent leur maître, tandis qu'Israël ne sait pas à qui il appartient (Yahves Volk benimmt sich als wûste es nicht wem es gehôrt, Duhm), il s'agit du sentiment de la reconnaissance qui anime les bestiaux envers leur maître de sorte qu'ils se tiennent prêts à exécuter sa volonté; Israël est ingrat et ne réfléchit pas à son devoir envers Yahwé, Les excla-

1. DHK <loit être relié à lioni ; cf. «jv-^ «ipa (I Rois^ v, 3).

2. Je fais remarquer ici une fois pour toutes que je ne trouve pas dans Isaïe la versification rigoureuse qui sert de prétexte à M. Duhm pour supprimer les*mots ou les phrases qui gênent son système.

méprisé le Saint d'Israël au lieu de le consulter et de lui obéir et d'attendre avec modération et confiance l'exécution de son plan universel > (Sie haben verachtet den Heiligen Israels statt seinen Mund zu befragen (c. 30, 1 f.) und ihm zu gehorchen, die Ausfûhrung seines Weltplans in Seibstbescheidung und Vertrauen zu erwarten) introduit un sujet absolument étranger à notre chapitre, où il n'y a pas un mot qui indique la recherche d'une puissance païenne comme au ch. XXX. Il n'y est question que de la désolation du pays et des vraies mesures à prendre pour sauver le petit reste du peuple afin de recommencer une vie nationale plus glorieuse.

B.-id.

Au sujet de l'expression isaïque ^ma^n UTlp» * '^ saint d'Israël », M, Duhm est d'avis qu'elle signifie «la divinité cultuellement adorée par Israël >; c sacrés sont les objets qui servent au culte : effets, actes, personnes. Autels, habits de service, onguents ne comportent pas les attributs : justes, fidèles ou miséricordieux, parce que des qualités personnelles ne peuvent pas être reportées à des choses, mais il y a (en parole) des dieux nouveaux, sacrés, faits de bois, etc. Le médium de ce report est l'objet du culte, la forme de l'apparition plus ou moins sensuelle de la divinité : l'image, le symbole, le bétyle, etc. Naturellement Isaïe ne pense plus à pareilles choses; il y met son profond respect, la terreur religieuse qui le remplit dans la proximité de Dieu ». Je pense aussi que les notions de sainteté que l'homme â pu avoir a l'époque de la pierre polie s'étaient bien raffinées à l'époque historique longtemps avant Isaïe. En assyrien qadishtu sem-^ ble signifier c jeune épouse >, puis c hiérodule > (niî^np)» comparez l'expression populaire « épouse de Dieu x> pour € sœur, nonne > . Le sens historique de ^y^p est donc chez

les Sémites primitivement un synonyme de ^^2 ^^^^ ®^ ^^" gnification fondamentale d' c époux >, mais avec la nuance du consentement mutuel des parties. De là les verbes btjP» ^inp^y Wnpnn» Q^î expriment l'idée de c vouer, consacrer,

ainsi que les substantifs actuaire ». Osée (ii, 18-lî iwé sous le titre de n^;; ^^2 (cf. BaXïîv dans les Pk

le synonyme ^\ir^n ; Isaïe t à la locution populaire ma 01 ^ff^p qui désigne l'uni( itractants. Déjà chez les 1 ipnDabsn» inscription d ceux qui enfreignent les reçues; chez les prophèt( ase de la religion et de la r e infraction commise par m dieu est assimilée à un dté de niit? • prostituée )

point, Isaïe marche ég 1 comparant Tétat religieu s le présent, il s'écrie dou

fidèle est-elle devenue ui MiltbnnM» V. 21). Jer ment M. Duhm, tout en rec ée à Osée, peut affirmer er lure différente en s'applic d de vue Tépithète n^DX!

lexion avec la magistrature jée la métaphore « prosti l'un usage courant (II Roi \n origine dans la littératu ov, 15-16; Lévitique,

G. —ie.

re phrase du verset 9 offre, i 210 DDÊSnO d'après Duhiï OSnOD? ^^ comme la destr mir été détruites dans Tant

16; Ézéchiel, xxvi, 19), qui sont Sodome et Gomorrhe, sans compter les deux autres, Adma et Seboïm, qui sont déjà nommées par Osée (xi, 8). Les critiques modernes ne nient pas que la source de cette tradition soit le récit de la Genèse, xix, 1 -29, mais ils se consolent avec l'idée que cette péricope appartient au document yahwéiste, qui est d'après eux de quelques années plus ancien qu'Isaîe. Ils ont seulement la malchance d'oublier que le terme nDfinO» Q^^ désigfie uniquement cette destruction, figure dans Amos, iv, 11, associé àQ^nbX' ^^^^ comme dans notre passage il y a m^ (ou Q^-))^) nDBHDD sans intervention de Qinbx» ^' ^^^ vraisemblable qu'Isaîe a été influencé surtout par le Deutéronome, xxix, 22, où se trouve la même construction. De deux choses l'une, ou l'emploi des noms divins est aléatoire, ou le chapitre xxix du Deutéronome était déjà répandu à l'époque d'Isaïe, les critiques feront leur choix comme ils voudront; quant à nous, nous admettrons les deux faits jusqu'à preuve du contraire.

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