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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Le livre de Nahum, ayant pour objet un événement essentiellement étranger à la Judée, ne donne lieu qu'à peu d'observations d'ordre historico-raligieux. A ce point de vue, Nahum reconnaît l'ingérence absolue de Yahwc dans l'histoire de tous les peuples de la terre. De même qu'Amos et Michée, il prédit la chute de Ninive comme une juste punition des blasphèmes proférés à son adresse par les orgueilleux stratèges assyriens. Pareil à Isaïe, il voit dans TAssyrie le fléau dont Yahwé se sert pour punir les peuples démoralisés, spécialement le peuple d'Israël ; l'arrogance des vainqueurs est hautement blâmable et demande un châtiment sévère. Un progrès de la pensée religieuse entre Amos et Nahum demeure imperceptible.

Pour ce qui concerne le rapport de Nahum avec la littérature antérieure à Amos, on peut d'abord affirmer qu'il connaissait le Décalogue dont il emprunte les termes caractéristiques : D^ax 7-i«' nw*» ià npn et xap (xiap) bx- Au

Lévilique, xix, 18, il a emprunté la combinaison -ijû^ji QpiJ. Enfin, la locution -j^j j^^^ vient très vraisemblablement de

TtyD Ife^J^ (Genèse, xviii, 21). On en peut conclure que, dans son temps, le Pentateuque faisait l'objet des études prophétiques.

Pour déterminer la date du livre de Nahum, il y a un point de repère dans la mention faite iif, 8, de la destruction de Thèbes par un ennemi anonyme, que les inscriptions assyriennes nous indiquent comme étant le roi Assurbanipal. La confirmation de cette donnée biblique par les documents authentiques de TAssyrie a désagréablement surpris l'école grafienne qui avait grande envie de déclarer le livre de Nahum comme un produit postexilique. A ce sujet, il me paraît utile de faire connaître la remarque de M, Eb. Schrader :

c Le passage vis-à-vis duquel les exégètes se trouvaient long-

tempo embarrassés, à tel point qu*on le tenait pour une inler* prétation postérieure et qu'on voulait le rayer comme tel, reçoit un jour insoupçonné par les inscriptions assyriennes. Gelles-ci relatent la destruction de la Thèbes égyptienne d'une manière très précise. D'après leur récit, c'était Assurbanipal, le fils et successeur d'Assarhaddon, qui fit subir ce sort à Thèbes dans sa seconde expédition dirigée contre Urdamani, c'est^à-^dire Rud-Âmon^ successeur de Tirhaqa» La relation de l'assyrieti concorde complètement aveo la description (Schilderung) du prophète, et comme on n'a nulle autre part ailleurs connaissance d'une autre destruction de Thèbes qui puisse en» trer en ligne de compte, il ne peut désormais subsister de doute sur ce fait que Nahum menace l'Assyrien d'un sort pareil à celui qu'il a lui-môme infligé à la capitale égyptienne. Même le temps où cet événement s'est passé, et partant indirectement le temps de Nahum, se laisse d'après cela déterminer avec assez de précision» De l'exposition d'Assurbanipal, il ressort que sa seconde expédition contre l'Egypte, pendant laquelle Thèbes subit cette catastrophe, eut lieu aussitôt après la mort de Tirhaka. Maintenant, étant donné que, selon les stèles d'Apis, Tir« haka mourut dans l'an 664, la seconde expédition égyptienne d'Assurbanipal, en vue ici, a peut être eu lieu l'année suivante, mais que la destruction de No-Amon était encore fraîche dans la mémoire du prophète et de ses contemporains; l'an 660 peut ainsi être à peu près la date à laquelle Nahum proféra sa parole prophétique contre Ninive. Qu'un prophète, t même après quelques périodes décennales >, ait fait allusion à cet événement comme généralement connu et se présentant vivement devant ses yeux, cela a peu de vraisemblance; tl s'agit bien ici d'un événement affectant seulement un peuple étranger et non pas directement le peuple même auquel le prophète adresse la parole. > (KAT., 2, p. 450 et suiv.).

A cela, M, Wellhausen répond comme il suit î « Après tout il n'est pourtant pas établi que Thèbes a été détruite en 660 environ par les Assyriens ; en revanche, contre ridée que Nahum avait en vue justement cette destruction, se présentent deux difficultés très sérieuses que Schrader n'a pas prises en considération et encore moins invalidées. Si le pro-

phète pense ici à la destruction de Thèbes par mêmes, comment peut-il adresser cette interroge € Es-tu meilleure que No-Amon? d. A cela, Nin répondre à bon droit (mit Fug und Recht) î « î car c'est à cause de moi que No^Amon a succomb l'an 660, on n'entrevoit pas pour Ninive un da celui qui est supposé aux chapitres i-ii^ il n'est n( paru alors et n'a pas non plus menacé. Pour un daire, Schrader perd de vue la chose principale, ceci que l'événement auquel il fait allusion ni, i être vieux de quelques dizaines d'années, mais d du temps du prophète* S'il avait donc débuté (a temps du premier ou du second siège de Ninive il peut difficilement se rapporter à une destructl qui a eu lieu (rente ou cinquante ans auparavai

Il me semble que les conséquences ont été de trop forcées. D'abord la révolte des Mèdes contn a abouti à l'attaque contre Ninive, a dû mettre temps pour s'organiser clandestinement à Tini assyriens; un travail sourd de dix ans n'est cer exagéré. Combien a duré l'intervalle qui sépare finitive avec l'Assyrie de l'agression hostile conti sonne ne saurait le dire. Maintenant, qu'y a-t-i naire que, informé de la levée de boucliers qui longue main chez les peuples d'Orient contre assyrien, Nahum ait prévu et prédit la chute de 11 gouvernement ennemi de son peuple?

Quant à l'interrogation adressée à Ninive, Nah fort peu de ce que celle-ci pourrait lui répondre : i pitale a été détruite, une autre aura le même soi de la catastrophe ne l'intéressent ni dans Tun, i cas. Si quelqu'un insistait pour demander le nom d il aurait invariablement répondu : Yahwé! les hi que les instruments de ses ordres. Nahum a don vingt ou même trente ans après la destruction No-Amon et en conserver fraîchement le souveni événement qui n'avait son pareil jusqu'alors dai du monde.

Le Prophète Sophonie.

L'histoire n'a rien conservé sur la biograpliie de ce prophète, dont la généalogie est donnée au verset 1 jusqu'à la quatrième génération. Le même passage nous apprend aussi qu'il a prophétisé pendant le règne du roi Josias; il était donc contemporain de Jérémie et a probablement commencé sa prédication quelques années avant celui-ci. Il semble avoir été originaire de Jérusalem.

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