‹ Recherches bibliquesChapitre 26 sur 84 · En ce temps-là, je vous ramènerai · texte numérisé non relu

En ce temps-là, je vous ramènerai

Au même temps, je vous réunirai ;

Car je ferai de vous un objet de renommée

Et de gloire parmi tous les peuples de la terre ;

Lorsque j'aurai accompli votre restauration

Devant vos yeux mômes. Yahwé le diti

GOBIMENTAIRE

Ce chapitre revient à Texhortation acerbe dirigée contre Jérusalem, dont la démoralisation profonde est énergiquement dépeinte dans les cinq premiers versets formant un groupe compact. Après une telle introduction véhémente, on s'attend à une répétition en termes encore plus violents du terrible châtiment annoncé précédemment à l'arrivée du jour de Yahwé, qui doit amener un massacre général du peuple et l'occupation définitive du pays par les ennemis destructeurs. Mais, parvenu à cette limite extrême, un poignant remords réagit dans l'esprit de notre prophète comme dans l'esprit de ses prédécesseurs en des situations identiques. Un frémissement intérieur éveille en lui l'idée patriotique que le zèle pour Yahwé et la morale outragée avaient refoulée pendant son discours indigné et menaçant. Israël, sa chair et son sang, Israël, le peuple rallié à Yahwé au moyen d'une alliance éternelle, ne peut et ne doit être anéanti ! La Judée, sa patrie sainte, demeure unique de Yahwé sur terre, sera-t-elle transmise à de nouveaux possesseurs qui glorifient d'autres dieux? Non, ce serait blasphémer que d'y croire. L'horreur du résultat direct finit par découvrir un biais conciliant, auquel le prophète s'attache avec toute l'ardeur de son âme déchirée. La crise passera sans conséquence radicale. Un petit reste de justes échappera, et c'est ce petit reste qui refera un peuple nouveau et digne des anciennes prévisions, restaurera les ruines et rendra au sol natal dévasté son antique fertilité. Gomment se fera le revirement dans la conduite d'Israël si profondément corrompu? En voyant que Yahwé traite encore plus durement les nations païennes à cause de leurs méfaits. Israël n'a vu, jusqu'à présent, que la destruction sporadique de quelques localités particulières, il n'en a pas tiré l'enseignement nécessaire ; la destruction en masse de plusieurs peuples iniques réunis, produira l'effet désirable, et Israël s'amendera à la dernière heure, avant que la catastrophe ne Tait emporté avec eux.

1 . Sophonie s'adresse à Jérusalem en la désignant par trois épithèles ambiguës : }r\p^r\ T^H rfyH^) HNlto ^^1- Les

Gpogle

Septante les prennent en bonne part : ce 0 ville illustre (= ,-ijeTDÎ) 6t délivrée, la colombe » (*Û -h èn^favri xaJ otto-

hhrp(ùixévn ttoXc;, in Trepcjrepa). La Yulgate fait débuter par un blâme et finir par des éloges : Vx provocatrix et redempta civitas, columbal Les modernes voient partout un blâme; Luther: a Malheur à la ville horrible, immonde et tyrannique! > {Wehe der scheusslicherij unfluhigen^ tyrannischen Stadtl). Ce sens général cadre bien avec ce qui suit, mais le détail prête au doute. ^JV» participe actif féminin de ,-|ji, se

dit aussi de Tépée (n^Sm ain» Jérémie, xlvi, 16) et ne sem-

ble pas différer du participe hiphHl HiiD' Hpto (Isaïe, xLix^ 26), € qui trompe par surprise, qui exploite par avidité ». Le sens de c souillée > pour nbî<JJ (= nSv Jj) ^^t certain ; mais celui de nXIID ^^^te douteux. On incline à « celle qui est l'objet du regard des autres > (nN"lto = nï<"ID)- ^^^^ '^ sens péjoratif, cf. Ézéchiel, xxviii, 17.

*• Vipn njrott^ «b» ^ suppléer pnrr. .

3. nriX» suppléer tpj^^ (Psaumes, civ, 21). L'antithèse ipa^ appuie la leçon massorétique yyy ; les

Septante ponctuent ^IJTi < Arabie i. On pourrait invoquer

ntJTjr 3>Jt (Jérémie, v, 5) pour corriger 31^ en nniy»

c plaine, désert > .

L'acception de t laisser un reste » pour q-|]J est avec rai-

son révoquée en doute par Wellhausen ; elle vient des Septante, qui ont probablement tablé sur la leçon y^rj^ pour î|0"i]i. Si

l'on ponctue ^til3i i^^- Nombres, xxiv, 8), on obtient le sens :

< ils (les loups) n'ont pas cassé les os au matin » avant de se dérober à la vue des hommes, parce qu'ils ont déjà tout dévoré, chair et os ; les juges, de même, ont tellement exploité le peuple qu'il ne possède plus rien.

i. Les prophètes sont des extravagants, des rôdeurs, des vagabonds (Juges, ix, 4); cf. le même reproche aux prêtres (Osée, VI, 9) et aux prophètes d'Israël (Osée, iv, 9 ; ix, 8). —

Je crois que n'nji ^^ pour n'njja» singulier mja, vocalisation analogue à ntoDn (Proverbes, ix, 1), de nODHrrf\r\ IDon- ^^ prêtres ont commis des violences (oon)

envers la loi, ont violé la loi qu'ils devaient enseigner et profané les choses saintes qu'ils devaient apprendre à respecter* (iznp ibbn^' double fonction que la Loi leur impose (Lévitique, XI, ÎO-11).

5. Dans ce verset, la justice de Yahwé est mise en opposition avec l'impudence des impies. Wellhausen y entend la marche immuable de la nature : t Yahwé accomplit ce qui lui incombe, il conduit régulièrement te cours des étoiles et le changement des saisons, donne la lumière du soleil et la pluie, etc. (Genèse, viii, 22). » Mais la localisation nsiDS»

ce au milieu d'elle (de la ville) » paraît peu favorable à l'application aux phénomènes universels. Puis, au lieu de ni2fj^> ^^^ nblV» ^^ s'attend à Qp^ 'yi \ t n'exerce pas de vengeance ».

' Si je ne m'abuse, il s'agit seulement de la protection journalière que Yahwé accorde à son prophète et proclame ainsi jour par jour son jugement, son droit de prêcher sa doctrine morale. La situation est la même que Michée, vu, 8-10, passage qui a servi de modèle au nôtre et qui est beaucoup plus développé. Remarquer les expressions parallèles : i^ y\^ niîT»

lnp^V3 ^= pnv i TW2 = nWXl' ^^^^® interprétation se recommande par sa simplicité et n'exige l'admission d'aucune glose.

La phrase négative finale ntt^ b^V V*tV t^bv ^^^^^ ^^ '^ phrase positive nt£^;i nfpnîl ^n^^N Xl.ni (Michée, vit, 10), dépasse le modèle par un pessimisme très accentué. Michée espérait encore pouvoir assister à la chute et à l'abaissement de son ennemie, c'est-à-dire de la coalition des faux prophètes contre son enseignement ; Sophonie se résigne à la persistance infinie de l'hostilité et se borne à flétrir ses adversaires comme des hommes iniques, qui ne savent pas ce que c'est que la

honte, en d'autres mots, comme des gen£ conscience.

La dépendance certaine de ce verset — ce duquel on ne donne aucune raison — à Téga 10, fournit une preuve incontestable non se quité, mais aussi de l'authenticité de Miché( set 1 0 forme partie intégrante et inséparabl démontré dans mon commentaire. L'emp nr» îTYiy mVin («rues», non acham] by IpB» ^ commander, ordonner > (befehl nullement pour une date tardive; on ne peu tention de connaître exactement Tétat du lexiq de Sophonie, comme d'ailleurs de n'importe c de son histoire : le flair personnel est toujot

6. Yahwé a déjà détruit plusieurs peupl citadelles (ddISB) restent désolées; les rues c

sont démolies (•»P3-)nn)' ^^ ^^^^^ Q"® P^ h2V ^bSD) ; '®^'^^*^ ^i''^s ^^^ ^^^ tellenieni qu'elles n'ont plus d'habitants. Le verbe p| même sens en assyrien : Kussa u$addiy a j'a (D. H. W., 563 b); en araméen, il signifie « Les doublets tyij( ^bSD ^^ 3tt^V PXD ^^"

7. Yahwé pensait que ce fait, montrant atteint durement les coupables, inspirerait ( raël (>nW ^KTn)» ^^ Q^^ celui-ci accepter hoiD ^npn) pour se corriger, afin que si pas ruinée (njlJ^D Tny nh) conformémeri ou 'n ^33 au lieu de ^jj^j^ ^3) que j*ai étab à-dire conformément à la charge que j'ai co amenés à le punir (m*!^^ ^mpB î ^f* ^^^^^ n'en a pas été ainsi : au contraire, Israël plus de zèle (iDOtt^n» ^^' Jérémie, vu, 3. vres immorales (omS^br ^3 lIT^nB^n)- ^^ mbjr ^mpB IWH Sd miyo revêt une nua d'après Wellhausen, qui fait la remarque nilil'D» ^^ ^^^^ naturellement lire avec les il ne disparaîtra jamais à ses yeux, rny

exemple dans la locution fréquente : Il ne manquera jamais un héritier à David sur son trône, ^y ^pjj = t commander, ordonner > ; Job, XXXVI, 23; II Chroniques, xxxvi, 23 ; Esdras, I, 2. » C'est sur ces citations que s'appuie la date récente du passage, traduit comme il suit : Ich dachte : nun wird aie mich doch fur chien, wird Zucht annehmen und es wird ihr nie am den Augen schwinden was ich ihr befohlen habe^ aber nur um 80 eifriger haben aie ihr verderbtes Wesen getrieben. Mais qui ne voit pas que, s'il s'agissait de commandements religieux, l'expression n disparaître r> {schwinden^ XTO) serait hors de propos, car, dans l'état de rébellion où se trouvait le peuple, les commandements divins étaient depuis longtemps négligés et violés; la situation aurait plutôt exigé la forme positive disant au contraire : c Je pensai^ qu'il accomplirait à l'avenir tout ce que je lui avais commandé » {rx^y ^mpDltt^N Vd ni£^)^^l)- L'antithèse finale, accentuant l'augmentation de la corruption après l'avertissement donné, corrobore notre manière de voir.

La dernière phrase, peignant l'entêtement des méchants, est parallèle à la fin du verset 5, mais avec une tournure positive, tandis que l'autre indiquait l'impudence de ces êtres par la négative ^.

8-20. Cette partie fait connaître comment l'obstination persistante d'Israël prendra fin et quel résultat son repentir aura surl'extensionduyahwéismeparmilesautrespeuplesdu monde. Mais voyons d'abord ce qu'en pensent les maîtres de la critique moderne. Wellhausen écrit : c Le rapport de cette pièce à la précédente est tout pareil au rapport de Michée, vu, 7 et suivants, à vn, 1-6. Le châtiment est annoncé aux païens, au lieu de l'être au Juifs. Au reproche amer, sans que le revirement soit motivé d'une manière quelconque, succèdent subitement consolation et promesse : attendez seulement au temps final messianique {wartet nur auf die messianische Endzeit) où les païens, sous lesquels vous êtes actuellement sujets aux souffrances {unter denen ihr jetzt zu leiden habt)j soient apprivoisés par des coups puissants, et les juifs impies soient séparés de la communauté. Nous avons ici, au lieu de la prophétie historique et d'origine orale, l'eschatologie dogmatique et littéraire, fondée par Ézéchiel, avec des traits fermement dé-

veloppés et valant pour tout temps. Tous les païens seront empilés (devant Jérusalem ?) et sévèrement punis, puis ils se convertiront au culte de Yahwé. En même temps, une crise intérieure se passera au milieu de la communauté théocratique et relèvera au faîte le parti des hommes pieux. La dîaspore aussi sera assemblée ; par contre, il n'est nullement parlé du retour de l'exil. Cf. Schwally, 1. c, p. 230 et suivantes. »

Ce serait raisonner d'or si la prémisse était exacte. On édicté d'autorité qu'Ézéchiel a fondé une eschatologie dogmatique inconnue de ses prédécesseurs, puis on déclare apocryphe le troisième chapitre de Sophonie, parce qu'il énonce une théorie analogue à celle d'Ézéchiel. Le procédé est très simple et d'autant plus sûr qu'il a déjà été employé avec succès dans des pièces analogues et également interpolées dans les écrits des prophètes antérieurs. Ceux qui n'ont pas une confiance excessive dans cette panacée chirurgicale, et nous sommes de ceuxlà, trouveront, au contraire, que les visions eschatologiques en cause sont communes à tous les prophètes de l'époque du schisme, qui, en les annonçant, les varient toutefois selon leur tempérament et leur imagination personnels. Sur le fond commun, Sophonie sait également tramer à sa manière; son modèle principal reste Michée, iv, 11-13. Il s'y tient si strictement qu'il croit pouvoir se passer de dire formellement quel endroit sera le théâtre du grand rassemblement des puissances païennes, ni pourquoi ces puissances seront si sévèrement punies. Pour les lecteurs de Michée, rien n'est douteux : la réunion aura lieu devant les murs de Jérusalem et dans la mauvaise intention de la ruiner de fond en comble et d'exterminer tous les habitants. Leur destruction sera alors suffisamment raolivée, non par le mérite des Judéens, ceux-ci n'en ont aucun, mais par l'acte détestable que les païens entendent accomplir en guise d'outrage à l'adresse de Yahwé, qu'ils présument être impuissant à sauver son peuple. Cette intervention aussi tangible et aussi grandiose de Yahwé au moment du péril extrême fera réfléchir les plus endurcis et les obligera à revenir vers lui humbles et mortifiés. Les versets H-13 développent amplement la nature de cette amélioration morale et son effet sur l'état politique du pays. Les versets 9-10 s'oc-

cupent ensuite de l'effet produit sur les peuples en dehors des limites étroites de la Syrie, à propos du culte de Yahwé. Ces deux groupes ont été intervertis par les anciens copistes, et de là naquit I obscurité qui s'est répandue sur la marche régulière des événements annoncés.

8. Le jugement prévu est très proche, cela ressort de l'expression i'^ «i^ri' * attendez-moi et vous verrez bientôt ce que

je ferai >, Habacuc, ii, 3; 1^*1311 est formellement expliqué P^** ir\iV ^b XD^ N3» * îl viendra sans retard ». Il y a donc lieu de s'étonner qu'un éminent connaisseur comme M. Wellhausen ait pu y trouver une idée messianique d'un avenir lointain. L'influence de i'esprit évangélique a semé des allusions messianiques partout où il n'y a que de l'actualité intéressant le sort des contemporains. L'exégèse a beaucoup souffertde.ee mysticisme à demi lucide. Si l'on maintenait au moins la leçon massorétique *iy^ ipjjp Qvb» ''^^^® ^'"^ avenir éloigné pourrait se justifier, mais, quand on admet la vocalisation «^y^

(Septante, Wellhausen), le transfèrement de la prophétie dans le vague des siècles encore invisibles comporte la pensée bizarre d'assurer l'impunité de la génération contemporaine et même de plusieurs générations suivantes, et d'augmenter ainsi l'audace des impies qui se soucient fort peu de ce qui arrivera après eux. Puis, Tidée de « prendre parti > (Partei ergreifen) dans la lutte entre Israël et les païens [in dem Streit zwischen Israël und den Heiden. W.) apparaît ici d'une manière absolument inattendue, car il n'est nullement question d'une lutte pareille. Malgré le témoignage des Septante, les mots

'IJI a^lJ ^Dià ^tÛBl^D ^D nj;b 'DIP UVb "^ sont certainement pas primitifs, et il est indispensable de lire ^Q^p Dvb •»tp3ll^P ^lyS ^^ '^ Jo"^ ^^î^ ^^ lèverai pour exposer mon jugement, ma cause »; exposition qui aboutira à la citation de8 peuples (a^ij C^DXb)®*^ des dynastes (m^'^DD V3î?b» P^"*" 'd 'VDpb)» ^^^^ de les châtier avec toute la sévérité de la justice indignée (iqj^ p^in^D "^IDJ^Î DH^bj^ IQW^)- L'eiécution sera anéantissante comme le feu dévorant (^3j<n ^nN3p WH2 ^D

11. Ce jour-là Israël aura bien (ou finale jç^ = j^î]^ au lieu de j<^; cf. Genèse, xxx,

actes de rébellion comntiis envers son Dieu. L corrigibles (nmXJ ^vb^) seront seuls retiréi des repentis (n^HplD TDX)» ^"" qu'ils ne ci autres par leur insolence (-nj^ HilS^b 'SDT

12. 11 n'y restera qu'une population pauvr bni ^3J^ fl^* s'appuiera sincèrement sur 1(

(mm DBfa iDm)-

13. Ce reste d'Israël s'abstiendra de tout n'emploiera plus le mensonge et la ruse propi et h ceux qui sont avides de richesses. Il se c ce qui est nécessaire pour vivre et pour se lo{2 1V3ni)» ^^^ craindre des tribulations éventue Les images. sont empruntées à la vie pastor paratt plus facile que celle de Tagriculteur, pas dire que le prophète désire un retour i de l'époque antérieure à la conquête du pay

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