c^SS 'ïï^^<l '» cf. Exode, xxxiv, 6 ; Nombres, xiv
On traduit communément n3"'^nil par c grand par la force,
de grande force » (von grosser Kraft. W.); je doute fort qu'une qu ilification aussi matérielle puisse cadrer dans une série de qualités psychiques telles que la longanimité et Timplacabilitc finale. Du reste, la composition n^ ^^^ ne revient nulle part ailleurs, et l'expression courante pour « de grande force » est nÎ3 31» et bien qu'on dise '^y^^ ns» ^^ composé
substautival pj^ 'j^jj semble hors d'usage. Je me permets d*en conclure que nîj ^15 exprime l'idée de la force morale à aller au delà de l'indulgence, idée exprimée dans la prière de Moïse : '»J^x pD NJ bl-3'» nn^l (Nombres, xiv, 17), « que le Seigneur manifeste maintenant son extrême force morale (= générosité) ! » Dans cette nuance, n3 ^H est à peu près synonyme avec •iQn 21« Voyez les conclusions générales.
npr xb ripyiy i^ot à mot : « et absoudre il n'absout pas >; malgré sa générosité extrême, il n'absout pas entièrement le coupable, car ce serait contraire à sa qualité de juge impartial, qui exige que tout crime soit puni. La formule a sa source dans le Décalogue (Exode, xx, 5) et est passée de là chez Nahum et Jérémie, xxx, 1 1 , et XLVi, 28.
La coordination ^^^W^ HBID ^^ trouve déjà dans Isaïe, XXIX, 6; dans Job, xxxviii, 1, la manifestation de Yahwé a aussi lieu au milieu de l'ouragan, nii^DH ID*
L'image qui représente la nuée comme la poussière soulevée par les pieds de Yahwé, vbjl p2X» constitue la tournure religieuse d'un rapprochement des nuées et la poussière fine
qui réside dans pnE^ ou Q^priE^» • région des nuages, ciel », signifiant primitivement « poussière >, d'où pntt^, c réduire
en poussière fine, broyer », néo-héb. (( moudre ».
4. Lire au passé ^yjj, c s'il gronde », au lieu de ^yîj (W.),
leçon reçue déjà par les Septante et maintenue par la Vulgate; la particule conditionnelle D}j5 oiMT), « lorsque », est omise,
comme c'est souvent aussi le cas en assyrien. — int2^2'1 = iniÉQ^V — Psr îlîDî ^' ^^^^ comprendre la montagne principale de cette province, savoir lemontIIauran(j-nn, Ézéchiel, XLVii, 18); fy^yy désigne spécialement le mont Hermon, pro-
longemenl de TAnti-Liban.
5. Les images de ce verset sont empruntées aux prophètes antérieurs (Amos, vin, 8;ix, 5; Michée, i, 4); l'expression yiHTl Xtîfni comprend la môme idée que mxo nn^VI r6D (Amos, IX, 5).
Le «I de ^^ni vient de la répétition involontaire du ^ final
du mot précédent, V3ÔD-
6. Devant la colère divine tout disparaît. Le sens primitif de QW paraît signifier c gronder, réprimander, injurier »; il forme parallélisme avec n2D» ^ maudire » (Nombres, xxiii, 8). En arat>e, nyt ayant perdu l'idée de violence, signifie seulement c annoncer, raconter », et le même phénomène eut lieu en assyrien pour le verbe qabû, qui exprime couramment l'idée de c parler, dire ».
Dans la suite, on est frappé par deux images incohérentes : le verbe t fondre » (nDFlj) ^^ convient pas au feu, et le verbe f être broyé > (ivnj) ^^ convient pas à a par lui » {•T3ÎDD)» " faut probablement lire le premier nnVJ» ^^ ^^^^ allumé, brûlé », et le second îj^nj» ^^ ^^ liquéfient >.
7. Une expression telle que c Yahwé est bon pour abri, ou refuge » (îWdS) soulève de sérieuses difficultés. Mieux les Septante roî^ {jnofiévovdtv avrov = V^pV « P^ur ceux qui
l'attendent avec fermeté »; cf. Lamentations, m, 2o.
^•fp, (( il connaît >, a ici un sens de faveur; cf. Psaumes, 1,6.
8. -j^y t\\Q^i « flot débordant > (cf. Isale, viiî, 8), symbolise l'ennemi envahissant.
La leçon massorétique nû1î5û produit l'image singulière
« anéantir un emplacement »; les Septante offrent TDDIpnD» (( ceux qui s'élèvent contre lui, ses adversaires » {robç êireyetpo/utevou; i.oL\ rovç èyOpov^ aùroO) et le rattachent à V2'*i<V ftinsi :
(( ses adversaires et ses ennemis, les ténèbres les chassent d. Il vaut mieux conserver sur ce dernier point la coupure massorétique. Il est difficile de se prononcer. Peut-être doit-on corriger HDIpD ^" ni3^33 ^^* 3 DX» '^ complément qui suit tW^ nbs é^^"'' toujours précédé de la préposition 3 ou
nK (Jérémie, xxx, \ 1 , Xlvi, 28 ; Ézéchiel, xn, 13); ce serait une mention opportune du nom de cette ville au cours de ce chapitre. Sous VS'^IX' '® P^^*^ entend les Ninivites et les Assyriens en général.
9. f Qu'inventez -vous contre Yahwé (= contre son pouple)? » Cf. V. 1 1 . Inutile de combiner une nouvelle machination, Yahwé est déjà en voie d'accomplir votre anéantissement. Après nw^f suppléer q^^, q^^ ou DDnX- — La catastrophe (mv) ^^ l'Assyrie ne s'accomplira pas en deux fois (D^çya)» elle atteindra son point culminant en une seule fois.
10. Ce verset compte parmi les plus difficiles de la Bible. Énumérons les principales tentatives faites pour l'expliquer :
a) Traduction courante : « Car ils sont comme (ou ils seront (consumés) comme) des épines entrelacées (qi^D TV ^3 D^D2D)' ^^ lorsqu'ils seront enivrés de leur boisson eni^rranle (= de leur vin), ils seront consumés comme de la paille sèche pleine (x^Dt^'?'» ^T>2 ibjN)- ^ ^^ images d'épines entrelacées et de buveurs ivres hurlent ensemble ; il est impossible d'attribuer à Pécrivain une pareille insipidité. On peut y ajouter deux obstacles matériels : la préposition •ly ne si-
goifie jamais « comme », et l'adjectif j^'jq, « plein », ne con-
vient guère à une paille sèche (jj^^^ ET?)-
b) Les Septante ont suivi une voie très différente dans la majorité du verset : "Ort îo)ç QeijlÛIov «Ùtwv yeptjùiOridOVTaij è>ç (rfiU
€ car jusqu*à leur base ils seront abandonnés à l'aridité, comme le fragon entrelacé ils seront mangés, et (ils seront) comme la paille pleine de siccité ». Ils ont donc lu : T mio^, « leur base », au lieu de q^tD^ ^^ épines >; V D'ïi^ÎV ^^ Q>3-in, a abandonnés ou desséchés », au lieu de Qi^ap, « entrelacés»; 3^Qn"l(?)> ^ palmier épineux, fragon », au lieu de qxhDD (^^^^ l) ' ^^ D'^DSD» ^^ entrelacés », au lieu de 3^X12D> ^ ^^^^^ ^^» ^^ ibOX^ ^^ seront mangés », au lieu de ibSK» • ^"* ^^ consumés »; 6° tygS « sécheresse, siccité », au lieu de jj^t, a sec ». En totalité :
B^PPI iSps: (?t3>)?pp (?) Dm5 D^3"1Q DI'ID^ "IV '3
c) La Pesitta a également trouvé moyen d'êlre originale. Elle
a : ibsxi pn pnnvnai pnno p»T3D^Vb XDijr "'îd»
Kntt^^a^ «n3n vb^nXl? ^^ ^^^> jusqu'à leurs commandeurs sont des rebelles et s'enivrent de leur ivresse, et ils ont mangé et se sont remplis de paille sèche ». Ce non-sens repose sur la lecture :
Vy>] ^b^Ki D>x5b Dxnç?-i (?) b^aiD Dnn.ty ny ^5
d) Le retour à la leçon hébraïque est réalisé par la Viilgate : a Quia sîcut spinœ se invicem complectuntur, sic (n?) convi-
vîum eorum pariter potantium, consumentur quasi stipula ariditate plena. »
e) Luther fait de tout le verset une seule comparaison dont rapodose est formée par le verset suivant : « Car de même que lorsque les épines s'entrelacent en croissant et sont dans la meilleure sève, sont brûlées comme de la paille toute sèche
ne, etc.) » (Denn gleich als wenn die Dornen so noeh in r wachsen und im besten Saft sindy verbrannt werden z diirres Stroh {also, u. s. w.).
îUhausen ne traduit que les deux mots 5^3'» Tffp'^ ^^ î «bo» corrigé en x^n» hu verset 1 1 . Le commentaire
II paraît être dit ici que Ninive, malgré ses fortificaabordables, serait consumée par le feu comme de la ;che. Une explication en détail du texte partiellement )u ne réussit pas. »
lilieu de ce désarroi, une nouvelle tentative semble ur- Partant du fait que ^y ne peut livrer la particule com-
I claire exigée par la présence de 3 dans les membres se suivants, je trouve cette particule dans le nj initial
négligeant ce n et le premier n du mot suivant, j'injorriger le groupe n>iDli^D ^" D^lVlVS^ • comme ères », pluriel de nV^V' ^^"' constaté jusqu'ici. L*ad- 32D' ^^ entrelacés », marque bien la croissance dé-
(^e et enchevêtrée de ces acanthes poussant isolément s terrains arides (Jérémie, xvir, 6).
bis entré dans cette voie, on pressent aussitôt que la lison ne saurait contenir que des matières synonymes int douées d'une combustibilité rapide. Dès lors, on est k lire, au lieu de l'hétérogène a'»K12D DfcODDV *^®^ ère modification, Q^j^^jp D^NJDDV ^ ^^ comme des ; enchevêtrés ». q^j^jd est le pluriel de ri3D ^^ lom d*un rocher; 1 Samuel, xiv, 4) et s'emploie dans la Miàna; la forme féminine nWD figure
un nom de ville (Esdras, 11, 35). Enfin, le participe ^3D» ^' nX13D' Q"^ ^^ P^^^ vouloir dire autre chose
nlortillé, enchevêtré », fonctionne en guise d'un nom le (riMatpn» Néhémie, xi, 9). L'éthiopien sanffa et
i, « être d'accord, concorder >, part vraisemblable- 3 la conception matérielle de « s'entrelacer, s'enche-
Le verbe ^^3J(' ^^ plutôt la forme pausale •V'jnx» ^^ ^^P" porte aux ennemis, notamment les Ninivites.
Wy 2^pD doit présenter une nouvelle comparaison; il est donc impossible d'en retirer le mot ^^q : le membre de
phrase serait trop court. Mais comment l'expliquer? Je suis porté à y voir l'abréviation de [gfjx [pu^J^p : « (ils ont été consumés par une flamme de feu >. Cf. Isaïe, v, 24.
11. De Ninive sortit celui qui combinait le mal contre Yahwé, allusion évidente à Sennachérib, qui se vantait de prendre Jérusalem, afin de prouver que Yahwé est aussi impuissant que les divinités des autres peuples subjugués par lui. (Isaïe, X, 10-11). Il se faisait en même temps un conseiller perfide, en invitant Ézéchias à se rendre sans attendre le secours de Yahwé {ibidem, xxxvi, 14-20). Ces paroles blaspiiématoires avaient profondément blessé le sentiment national, et Nahum se le rappelle avec une amëre indignation. Il faut être singulièrement disposé pour demander à un peuple presque entièrement anéanti de s'attendrir à la vue du c lion mourant > (Die Frage ob die Judàer gegen den sterbenden Lôwen noch solche Gefiihle haben konnten lasst sich dreist bejahen). Que ceux qui, après deux mille ans de vengeance, ne peuvent oublier un meurtre judiciaire d'un individu décidé à mourir, et qui n'est même pas de leur race, jettent la pierre aux Judéens!
A propos des vers suivants, M. Wellhausen déclare avec raison : d Dans les versets à nombres pairs, la parole s'adresse à Assur ou à Ninive ; dans ceux à nombres impairs, elle s* adresse à Juda ou à Sion. Ce changement de verset à verset est insupportable. Le contexte qui est représenté par i, 12, 14; ir, 2 et suiv.y est interrompu par i, 13; ii, 1,3. » Il conclut : « Ces versets sont interpolés. » {Dièse Verse sind eingeschoben.). Nous connaissons de longue date cette opération radicale; inutile de nous récrier. Le mal n'est pourtant pas aussi incurable qu'on fait mine de le croire ; la moitié en disparaît déjà, en plaçant v. 1 4 avant v. 1 3, comme je l'ai fait dans la traduction, et le destinataire devient le même qu'au verset H, sa-
Usur, ainsi que l'indique la forme masculine des suffixes verbe.
(14). niVI (conserver le y, contre W.), Yahwé donnera
rdres à ton sujet, prendra des mesures à ce que de ton nom e ceux qui portent ton nom), il ne soit plus semé afin ne puisse repousser (= pour qu'ils ne paraissent plus) la série des peuples.
m à remarquer sur la phrase suivante, mettant dans la ie de Yahwé l'annonce qu'il détruira lui«4nôme les stai masques des divinités adorées dans les temples assy- Pour l'idée, cf. Exode, xii, 12.
sens deiniap D^ii^X' ^^ J® placerai ton tombeau », ne în à l'esprit s'il n'y a pas de complément à sa suite. On )t un sens excellent en ponctuant q^îî^X' ^^ J® dévasterai
imbeau, car tu a^^ été un vil, une personne de bas inscts et méprisable qui ne mérite pas d'avoir une sépulture able », menace qui s'adresse aussi au roi de Babel dans xiii, 1 8-20. Le mortprivéde sépulture, selon les croyances aires, erre sans repos, et pour se sustenter est obligé de irrir d'immondices et de boire Teau la plus sale. L'ad- ^p, dans le sens de « vil, déshonoré, méprisable », est
gmment employé dans le néo-hébreu de la Miéna.
ec cette terrible prévision se termine l'allocution prophéà l'Assyrie ; celle des versets i, 12-13 et ii, 1-2, s'adresse [ement à Juda pour lui annoncer la délivrance du joug de ppresseur.
. Si puissants et nombreux que soient les Assyriens, ils
paîtront totalement. Tel est le sens manifeste de la pre-
phrase, où la repétition de p^ se supporte assez bien. La
difficulté réside dans la nécessité d'attribuer à Q^g^ le
]c c puissant > ; cependant la nuance de (( robuste, bien nt, indemne > fait assez comprendre l'état jusqu'alors îible de la puissance ninivite. — i^^^jj, nif^al de f»
j) qui est à la fois transitif (Nombres, xi, 31) et intran-
sitif (Psaumes, xc, 1 0). — Lire ^^yy) ou ^ni^VI ^" ''^^^ ^^ ^'""
gulicr -layv
^I^J^ 13VX i<b "ïïn^VV '^^ suffixes féminins se rapportent iodubitablement à Juda=:Sion, mais la locution <( et (si) je t*ai puni, je ne te punirai plus », laisse beaucoup à désirer. Mieux vaudrait le substantif rjnijy (Psaumes, cxxxn,1) : « et
tes souffrances, je ne le les infligerai plus ». 11 s*agit naturellement des souffrances que Juda essuyait durant la suprématie assyrienne, considérée comme un fléau dans la main de Yahwé (Isaïe, x, 5-6).
13. ^rildby ^^ fâb» • barre du joug », forme masculine du fréquent HDb» Hfâlb- ^^^^^ barre est attachée par des liens
OU cordes (nVipb) Q^'*' f^^t retirer ou arracher pour rendre libre le mouvement du cou.