‹ Recherches bibliquesChapitre 55 sur 84 · tttî^, € charge, fardeau > (de j({j;3, c porte · texte numérisé non relu

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à la parole, a développé le sens de « parole ins tissement » (Proverbes, xxx, 1), et, en style relig « vision ou prophétie de malheur > (cf. Jérémie, ]

p1î?5n» P'^s correct serait ppan, confor transcription des Septante Â66axoux, A/x6axoux (1< confondu avec iiy ainsi ASSaxoufx, A/x6axov/x). hambaququ est le nom d'une plante potagère.

Les versets 2-4 contiennent une prière que adresse à Yahwé, où il se plaint de Toppression mise par le méchant sur le juste ; Tiniquité et la minent partout, le droit et la justice succomben qu'on peut douter que Yahwé gouverne le monde est le prince chaldéen, visiblement Nabuchodonos du roi égyptien Nechao, dans la bataille de Karl dateur de la nouvelle suprématie babylonienne Phénicie, y compris la Judée. Tous ces peuples peser sur eux un joug beaucoup plus lourd que ( et l'arbitraire et la rapacité des fonctionnaires d mettaient les peuples au désespoir, surtout en résistance était plus difficile à abattre. Cette pri pose un certain temps de gouvernement babylon tine, ne convient guère au contenu des vers( dépeignent le surgissement des Ghaldéens comr minant et la marche rapide et irrésistible de Vc dent, M. Giesbrechl (cité par W.) a parfaiteme incohérence, et il déduit que 5- H est un oracle visant la première apparition des Ghaldéens. Gepe

on remarque qu'aucun livre prophétique ne débute par une prière, on est conduit à conclure que le groupe 2-4 a sa place adéquate avant le verset 1 2, qui forme la suite naturelle de la prière remplissant le reste du chapitre. J'ai rétabli cet ordre dans la traduction.

5 (2). Annonce de l'apparition des Chaldéens dans les pays de l'ouest. Jusqu'à la chute de Ninive, les Ghaldéo-Babyloniens se trouvaient très opprimés sous le gouvernement despotique de l'Assyrie, qui avait de fréquents soulèvements à réprimer. Personne ne prévit que les Babyloniens, à peine délivrés du joug assyrien, deviendraient h leur tour des tyrans et des despotes^ et cependant ce prodige s'est réali9é à un degré suprême ; de là l'étonnement et la stupéfaction générale qui n'augurait rien de bon de ce nouvel empire belliqueux. L'appel "ijijT s'adresse aux Judéens, et q^^jj doit avoir

la nuance de ce ce qui se passe parmi les peuples; 9 à noter cependant que les Septante ont lu n^pj (01 xaTaypov^jTaO, « les méprisants, » visant ceux qui tiennent en mépris les prédictions prophétiques.

Lire ^inoni IHÔPriV juxtaposition énergique de deux voix du verbe non» • s'étonner; » la leçon inDHOnn» d'après Isale, XXIX, 39, n'est pas tout à fait satisfaisante, et là encore il faut corriger îiyû^j pour )^^^ et î|npm pour î|nprvv « '^ assaillants se sont arrêtés pleins d'étonnement, ils se sont divertis puis ont disparu > . Par réminiscence du mol ^yiif'] ,

les Septante ont ajouté dans notre verset xal iffoofhOnrt.

6 (3). Le sujet du verbe Q'pp est certainement Yahwé,

mais le suffixe de i;^;^ ne l'indique pas assez clairement ; je

lirais volontiers S '3,-7 13 = ni!T Hin ^D* Cf. l'explication du verset 7.

-(0» a-u propre c amer, > a ici le sens de « naturel rude,

cruel ».

Tipil» < fougueux, impétueux, insensé » (Isaïe, xxxii, i).

Je donne la préférence à la lecture ^pmD ^^ 'Omo? V^

convient moins ici : aller dans des pays lointains pour s*emparer des territoires étrangers, n'est-ce pas un acte à la fois cruel et insensé?

7 t4). Les suffixes de ^nXB^I IDBIWD ^^ rapportent à Yahwé : par l'intermédiaire du terrible Chaldéen sortira, se manifestera le jugement (= le châtiment) et la grandeur incomparable (Job, XIII, i 1 ) de Yahwé, car c'est lui qui a inspiré ridée de cette course folle et destructive au Chaldéen, quMl a choisi pour être l'instrument de sa justice,

8 (5). Les chevaux du Chaldéen, VDID» ^"^ dépeints comme féroces et plus rapides à la course que les léopards qui se jettent sur leur proie.

Plus difficile à comprendre est l'image des « loups du soir, » où le verbe nriV ^ sont plus aigus, » doit se rapporter au

mot parallèle vtSna» ^^ ^s coursiers ; » mais que signifie le mot précédent ^^ff\y dont le sens c et se multiplient d sur-

charge inutilement l'image? L*idée de corriger ujfgj^ en ^jtjf,

€ les dents, » conviendrait au contexte, mais la grande différence des lettres me fait hésiter. II me paraît vraisemblable qu'il y a une image analogue à Isaïe, v, 28, ce qui amène à voir dans ^jj'j une altération de 'iDigj = nto")3' • '^ sabots

des coursiers, j> que le poète imagine plus tranchants ou pénétrant dans les chairs que les ongles des loups. En tous cas, quoi que disent les critiques, les deux mots sont authentiques, bien que la forme primitive du premier ne soit pas encore rétablie avec certitude. Le mot ^^itnBt Q^^ commence le second hémistiche, est employé dans le sens de c cavaliers, » qui est aussi fréquent que celui de c coursiers » ou c chevaux de selle » . Les cavaliers chaldéens viennent de loin et accourent comme l'aigle qui se précipite (jjfn) pour dévorer sa proie.

9 (6). Toute cette armée vient pour commettre des actes de violence, des meurtres, des déprédations (oon» v. 3),

M. Wellhausen met un point d'interrogation après nSJD ^^

ajoute avec raison : c On conjecture la signification de a aspiration » (Streben)^ mais a l'aspiration de leur face est en de-

vant )!> donnerait ici un sens trop faible; de plus, ni qadima ni qédma ne signifient « vers le devant» (nach vom). y> Si je ne me trompe, nOJD est pour nXD^» nxp^P' de }<oj, « aspirer j) (le terrain de bataille ; Job, xxix, 24) et « aspirer ou humer de Teau » (Genèse, xxiv, 17); le sens général de ce aspiration » peut donc être maintenu à bon droit. Des deux mots suivants, HD'^lp D?T3B» '^ premier étonne par Temploî du suffixe pluriel; le singulier yl^Q cadre mieux avec le nom-

TT

bre singulier du sujet : -|^3 et î<Î3'», tandis que le second est certainement corrompu. En y reliant le o final du mot précédent, j'incline à corriger no^^p DrP3B noJD en n(«)p^ nonbo vas» ^ l'aspiration de sa face est la guerre, » c'est-àdire : Il n'aspire qu'à porter la guerre partout, naturellement pour faire de nombreux captifs et s'enrichir de leur travail et de leurs biens. La phrase suivante i^^f ^TO ^Dt^l annonce qu'il a parfaitement réussi dans ses entreprises.

1 0 (7). H se mogue autant des rois et des princes que des forteresses où ils s'imaginent pouvoir lui résister. Si la forteresse est placée sur une hauteur, il fait construire de hautes terrasses et la prend, car personne n'ose résister à son attaque. Les Babyloniens sont passés maîtres dans les travaux de terrassement. Cette description convient entièrement à l'invasion des Ghaldéens en Syrie et ne contient pas la moindre allusion à l'irruption éphémère des Scythes rapportée par Hérodote, relation qui, en ce qui concerne la Syro-Phénicie, ne repose que sur le dire des prêtres philistins (contre Ew., W. et d'autres). Jérémie les ignore également.

1 1 . L'importance de ce verset a été étrangement méconnue par la critique dominante, et, comme toujours, on l'a retranché sans scrupule, et avec lui les mots niD3 xb ^^ verset 14. Sur le sens de ce passage excommunié, W. conjecture dubitativement la correction de nn en nnS ®^ ^^ DE^M en q'b^^^,

mots qui, si j'ai bien compris, pourraient se rapporter ù la disparition soudaine des Scythes. Mais je pense comme lui sur l'insupportabilité de !|t dans le contexte.

Le sens de Tensemble dégagé ci-dessus permet déjà Tintelligence du premier hémistiche : ^n^l (pour n^n) t\bn ÎX "•35?^! : lorsque le Chaldéen vit que tout lui réussit et qu'il est

devenu maître absolu de tant de peuples et de pays, il a tout à fait perdu la tâte, comme on dit populairement; mot à mot : « alors partit son esprit (= son bon sens) et passa. » Au lieu d'agir avec réflexion et sagement, il a agi comme un insensé* En nous pénétrant de la manière de penser propre aux prophètes, nous trouvons sans peine comment le conquérant babylonien devait agir, s'il s*était donné le temps de réfléchir sur la cause cachée de sa fortune rapide et incomparable. Il aurait alors facilement trouvé qu'il n'était qu^un instrument de châtiment dans la main du Dieu suprême qui traite les peuples selon leur mérite, et avant tout son propre peuple, Israël* Cest la puissance de Yahwé qu'il devait reconnaître dans ces événements extraordinaires s'il était sage, mais, pris d'une idée folle, il ne l'a pas reconnue. Le thème de notre prophète est déjà traité par Isaïe (x, 5-H) et dans le cantique dit de Moïse (Deutéronome, xxxri, 26-30), Ce passage mérite d'être cité littéralement, parce qu'il offre la véritable portée de la pensée de Habacuc, et même le modèle dont il s'est particulièrement inspiré :

« J'avais l'intention de les anéantir.

De faire disparaître leur souvenir parmi les hommes.

Mais j'ai craint la prétention de l'ennemi;

J*ai tenu à ce que leurs adversaires ne méconnussent la vérité,

Qu'ils ne dissent : c Notre bras est superbe,

Et Yahwé n'a rien fait de tout cela. »

Car (les adversaires) sont une race privée de réflexion.

Et Tintelligence leur fait défaut.

S'ils étaient sages, ils auraient compris;

Ils auraient discerné cela dans leur propre intérêt, etc. »

Manque d'intelligence et de réflexion combiné avec une arrogance démesurée de la part de l'ennemi, appréhension douloureuse d'être anéanti de la part d'Israël, voilà les points saillants des deux passages. Il y a plus; cette dernière appré-

hension jette un jour éclatant sur le malchanceux niDJ rfb ^*

en garantit Tauthenticité. Exemple instructif de la légèreté avec laquelle les opérations chirurgicales sont mises en pratique par l'École moderne.

L*acle insensé du Ghaldéen doit donc se cacher dans Thémistiche énigmatique suivant immédiatement : ^nb ^T UftfK) in^^<S* Le verbe de la phrase se dégage presque instantanément en lisant QtS^v <c et il a fait ; » et, étant donnée la présence distincte d'un complément direct suivi d'un complément indirect contenant la signification de ce dieu, y> rhu, on est

immanquablement rappelé à la construction du verset Juges,

VIII, 33, qui porte : D^^^^<^ n^ip, bva urfy TO^Ûr^lt « («es

Sichémites) firent de Ba'^al-Berith (leur) dieu, » ce qui serait au singulier d%1^ï<^ 3 3 lb Dtî^V ^'^s* exactement la construction et le sens de l'hémistiche que nous examinons, et il devient clair que la leçon primitive ^n^K'? TTID 1^ DEPI = D%'7^î<^ Vib ^ Dt£^1> « et il fit de sa force son dieu, » en d'autres mots : il adore son dieu sous les emblèmes qui symbolisent sa force, son pouvoir sur les autres, ^nÎD répond à 'T nba d'Isaïe, x, 1 3, et à î^3^^ du Deutéronome, xxxii, 27 , comparez encore i-j> DVV1 ^flb (Deutéronome, vm, 17). Les

emblèmes de puissance tyrannique blâmés seront spécifiés au verset 16.

Ici se termine le premier oracle délivré pendant la marche des Babyloniens vers l'ouest, lorsque le bruit de leurs conquêtes rapides et sanguinaires commença à se répandre en Syrie. Habacuc prévoit les ruines qu'ils accumuleront en Judée et voit en eux le bras fustigeant de Dieu, mais il se révolte à la pensée que ce soit le plus coupable qui soit chargé de châtier celui qui l'est beaucoup moins. Ce sentiment angoissant fait l'objet de la prière 2-4 et 12-17, indûment séparée par la négligence d'un copiste.

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