‹ Recherches bibliquesChapitre 56 sur 84 · Le passé du verbe >nyï|2^ oblige à voir dans ;^^^ iy · texte numérisé non relu

Le passé du verbe >nyï|2^ oblige à voir dans ;^^^ iy

a jusqu'à quand? », le complément direct. C'est une exclama-

tion que pousse à hauts cris tout souffrant exaspéré de la Ion-* gae durée de son mal. Dans rhémistiche suivant^ le mot njt^n»

€ violence! », est également le complément du verbe p^îx,

« je crie a violence! », sous-entendu c est partout, » ce qui remet bien en place le complément indirecj; tt^Sx-

3* fâ^an» 'îr® fâ^^lK *^®® nob «ous-entendu : t Pourquoi me fais-tu voir Tiniquité et pourquoi dois-je contempler la perversité? et (pourquoi) le pillage et la violence sont^ild devant mes yeux?

Couper ainsi la phrase suivante : Les querelles naissent (partout) ^i-^ i;t^^, et les disputes se lèvent jjj^ji (pour xtST»)»

La présence des Babyloniens a provoqué de graves querelles entre les partis politiques, et les prophètes en avaient beaucoup i souffrir.

4. Par suite de ces scissions, l'enseignement prophétique perd son efficacité (nnn jnsh) ^t lés jugements ne fonctionnent déjà plus depuis longtemps (nxjb)» ^^^» ®" voyant que le méchant extermine (nn5D P^**'* *l'»npD) '® j^**^» '^ }^S^' ment du monde devient nécessairement inexact (mot à mot : € sort un jugement tortu »). Ce faux jugement consiste dans la pensée que Yahwé ne fait aucune distinction entre le juste et le méchant, voire même favorise plutôt le méchant; cf. Jéré* mie, XII, 1; Malachie, ii, 17; m, 14-15. Le terme p^^y,

c juste, > désigne ici celui qui est relativement plus juste ou plus vertueux que son meurtrier, et s'applique indifféremment à tous les individus ou peuples victimes du régime babylonien; le poète a soin de l'indiquer lui-même au verset 13«

12. Suite de la prière; pour la bien saisir, il faut corriger le mot D*1pp> Q^î ^'^ aucune portée ici, en nnno, a miséricordieux, » et alors la supplique nî)D3 iih ^^^ admirablement en

situation. Plus qu'à tous les autres peuples, le régime babylonien menaçait de devenir fatal à Israël. Déjà extrêmement réduite par les dévastations assyriennes et la victoire égyptienne (II Rois, XXlii, 89-35), la petite Judée menaçait de sombrer et de disparaître du rang des nations, comme naguère le royaume éphraï-

mite. L'effusion du prophète reflète bien îe triste état de son peuple en suppliant : N'es-tu pas miséricordieux, ô Yahwé, mon Dieu saint, ah ! ne nous fais pas mourir (littéralement : a que nous ne mourions point ! d). Nous savons bien que tu le sers du Chaldéen pour exercer ton jugement et qu'il est entre tes mains l'épée (-|î|>f, a lame d'épée >; Psaumes, lxxxix, 43) qui châtie les coupables, mais ne permets pas qu'il nous extermine!

13. Jusqu'à présent nous savions que tes yeux sont trop purs pour supporter la vue du mal, que ton regard se révolte en apercevant l'iniquité, comment peux-tu regarder favorablement les traîtres à la morale et garder le silence en voyant que l'impie dévore ceux qui valent beaucoup mieux que lui?

14. Au lieu d'arrêter le méchant par un ordre foudroyant, tu réduis le genre humain à l'état des poissons de la mer, qui sont livrés à l'arbitraire des pêcheurs, et même à l'état des reptiles du sol que tout le monde écrase sans qu'ils puissent organiser leur défense sous l'égide d'une direction régulière (^BntD)-

15. Développement de l'image relative à la pêche des poissons. Le suffixe de ,-7^5 se rapporte à m^ et nbVH =

nSyn- ^' prend tout un à un avec l'hameçon et des masses

ensemble avec diverses sortes de filets (ain» n"IDDD)> ^^> s'étant assuré une domination incontestée, il exulte de joie (b^J^I noiîr»)» allusion à ses railleries à Tégard des rois et de leurs forteresses (v. 10).

16. L'autre conséquence de ses victoires stupéfiantes est qu'il voue à ses instruments de pêche, rets, filets, c'est-à-dire aux armes qui lui ont procuré la toute-puissance sur tant de peuples, un culte régulier avec sacrifices et encens comme à une divinité suprême. C'est le développement de Tidée présentée au verset corrigé 1 1 d%i^î<^ Y\^ ^ Dfe^V ^^ c^"*® des armes de guerre par les Assyro-Babyloniens a été, depuis les dernières découvertes, constaté par des scènes gravées, d'une authenticité indiscutable, et, de telle façon, il est inutile de rappeler l'habitude analogue chez les Scythes, comme on l'a fait jusqu'à présent.

La raison de ce culte est présentée comme résultat de pur égoïsme : c'est que les armes lui procurent des rations grasses et des mets succulents, tandis que, s'il était resté tranquille chez lui, il aurait dû se contenter de faire de maigres repas.

1 7. Corrections inévitables : 'y^^in P^^^ toin ^' iliT P^^^ ^jinV, moins décisive est celle de oSvn P^^^ Q bVH (Giesebrecht, Wellhausen), parce que la formule interrogative est d'ordinaire Q^y^,"!; puis^ l'emploi de Q^y fait supposer l'établissement depuis quelques temps du régime babylonien, accompagné d'exactions et de massacres en Judée, événements dont il n'existe aucune trace dans la description précédente. Il me parait peu vraisemblable que notre prophète fut témoin de tels attentats contre ses compatriotes sans gémir et sans pousser la moindre plainte. Les cris déchirants de Jérémie devant le spectacle des malheurs de son peuple (Jérémie, iv, 31 ; viii, 81-23, passim) ne laissent aucun doute à cet égard, et le silence de Habacuc ne peut s'expliquer qu'en supposant que sa prédiction eut lieu à un moment où l'armée babylonienne, tout en marchant dans la direction de la Judée, se trouvait encore passablement loin de ses frontières, et occupée à soumettre les peuples de la Mésopotamie ou de la Syrie septentrionale. Le danger était imminent, mais on ne sentait pas encore l'épée du potentat s'abattre sur la gorge, et un vague espoir subsistait encore que quelque obstacle imprévu l'empêcherait de réaliser son projet, entre autres l'apparition d'une armée égyptienne en Cœlésyrie, ce qui était toujours le rêve des Judéens. Ces considérations littéraires m'obligent à conserver le mot ^yj^ et à corriger j^ en^Jj, c va-t-il donc dégainer son épée contre

tout? ]>; savoir contre tous les peuples qu'il trouvera sur sa route. Syriens, Phéniciens, Judéens, Égyptiens, peuples qui, dans tous les cas, valent mieux que lui. L'hémistiche suivant c et tuera-t-il continuellement des nations sans pitié? » confirme cette interprétation par l'emploi du terme général qV')]|,

qui comprend eu même temps la nation judéenne. Enfin, le fait que notre prophète espérait que l'armée babylonienne

'uite par une coalition des peuples encore non enta- Ite de II, 7*8. Voir le commentaire.

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