‹ Recherches bibliquesChapitre 6 sur 84 · Huçab a été découverte et enlevée · texte numérisé non relu

Huçab a été découverte et enlevée

Ses servantes se lamentent avec des voix de colombes, En se frappant la poitrine.

9. Ninive a les yeux comme un réservoir d'eau, Ils ne font que se sauver;

(On leur dit) : c Arrêtez- vous! >, mais personne ne se détourne.

10. Pillez l'argent, pillez l'or, Il y a des valeurs sans fin,

Des trésors de toute sorte d'effets désirables.

il. Pillage, dévastation, ravage!

Cœurs liquéfiés, flagellation de genoux.

Tremblement dans tous les reins.

Et partout des visages consternés !

12. Où est maintenant cette tanière des lions Et cette grotte aux lions adolescents ?

Où lions (et) lionnes se promenaient,

Où (se promenait) le lionceau sans être dérangé,

Le lion qui déchirait pour (nourrir) ses lionceaux,

Qui étranglait pour nourrir ses lionnes,

Qui remplissait de provisions ses cavités,

Ses -lanières de victimes déchirées?

13. Maintenant, je suis à toi (ô Ninive!), dit Yahvvé Sebaolh,

Je réduirai en fumée ta retraite.

Tes lions adultes seront anéantis par Tépée;

Je ferai disparaître du monde ta rage de faire des victimes

Et on n'entendra plus la voix de tes messagers.

COMMENTAIRE

Ce chapitre présente également des expressions obscures, ainsi que des mois insolites, mais Pinterprétalion ne me paraît pas aussi désespérée qu'on l'admet généralement. Le développement de l'idée se suit avec une aisance relative. L'ordre des versets a été troublé dans deux endroits : verset 2, qui se rapporte aux mesures que les Ninivites sont conseillés de prendre pour prévenir toute surprise de la part de l'ennemi, doit précéder la description des assiégeants qui fait l'objet du verset 4. D*àutre part, le tumulte causé par les chars ennemis dans les rues de la ville, décrit au verset 5, est forcément postérieur à la prise du mur d'enceinte dont se préoccupe le verset 5. L*ordre exact est donc 1, 3, 2, i, 6, 5, dont les deux premiers versets forment la continuation du sujet commencé dans I, 12-13, dégagés de l'intrusion du verset 14.

1. Suite du verset i, 13. Le joug de l'Assyrie une fois brisé, le poète voit arriver, de toutes les hauteurs qui les mettent rapidement en évidence, les porteurs de la bonne nouvelle vers la Palestine. D'une voix décuplée par les échos des montagnes, ils annoncent une époque de paix et engagent les Judécns à célébrer les fêtes de pèlerinage interrompues pendant l'invasion,

ainsi qu'à accomplir les vœux faits à Yahwé à Tépoque de leur asservissement. QuMIs ne croient pas que Tavènement n*est qu'un incident passager; non^ la puissance inique n'envahira plus son territoire, car elle a été complètement anéantie.

"l!2DD ^^ y^DB'D ^"^ '^ ^^^ collectif. — -^3 dW» terme religieux également fréquent dans les inscriptions votives des Phéniciens. — bv^^' ^ méchant, pervers », primitivement une épiihète de THadès : c celui qui ne fait pas remonter (bV^^^^s) ceux qui y descendent. » — Au lieu de n^2, les Septante ont vocalisé n'JS-

2. Nouvelle insistance sur les points concernant la paix et la disparition des Ninivites. La paix rétablira l'ancienne gloire des deux parties de la nation : Jacob et Israël, depuis longtemps abaissées dans le monde. La destruction de l'ennemi est irrémédiable, parce que les vainqueurs ont vidé et ravagé (la vigne; cf. Osée, x, 1) et les racines des ceps, en sorte qu'elle ne peut plus repousser. Au premier aspect, cette phrase finale peut se rattacher à Juda et à Israël, mais l'expression indéterminée Q^ppi n'y est pas favorable.

3. Annonce de l'arrivée de l'armée assaillante devant la capitale. Le poète conseille ironiquement aux Ninivites de parer au danger par des actes de courage : Les hommes qui tiennent des massues ou des marteaux pour tout briser (y>pp>

Proverbes, xxv, 18) montent devant vous (n'»is bj^), c'est le moment de mettre des gardes partout et d'explorer la route qu'ils prennent pour entrer dans la place; c'est là qu'il faut leur opposer une résistance acharnée, symbolisée par la solidité des reins (n^ariD pîn) ^^ ^^ surcroît voulu de forces

4. Les guerriers ennemis portent des boucliers teints en rouge (mj^ç) par le sang des vaincus, leurs vêtements sont

de couleur de pourpre (Q^^'jnD» dérivé de y'^h» ^ huître à pourpre •), ayant baigné dans le sang; les chars en course lancent des étincelles comme le feu des flambeaux (nnbs. ^^ n'"np'^) ; on les a équipés (ij^^n) 6" plein jour (ov^au lieu de

-^ 15 — DY»a) *ûos crainte d'être surpris par les défenseurs. En même

temps, les chevaux de monte (nitîf-jB) ont été bridés, afin de se mettre en route dans la direction de la ville. La leçon D^BTISn pour l'incompréhensible a^E^nsn ^^* donnée par les Septante. Le verbe ^^in signifie probablement <r être

bridé >; comparez nV'?Vl (^^^^^> "^» ^®)' ^ dentelle qui entoure le cou >. Dans la Miàna, mblVl <^<5signe les femmes voilées.

6. M. Wellhausen remarque justement que ce verset doit continuer la description de l'attaque, mais il renonce à traduire le commencement ainsi que la phrase finale. Toutefois, il est possible d'y voir la description de deux faits se succédant presque instantanément : un projet de défense non réalisé suivi immédiatement par la prise de l'enceinte fortifiée. Voilà comment la chose se passe : Le roi (sujet sous-entendu du verbe -tSp) invite ses guerriers (vT^K) à. repousser les enne-

mis arrivés devant la ville, mais les défenseurs, perdant courage, marchent en chancelant (anD^bns 1^2^^) ^^ ^^"^ facilement exterminés. Aussitôt les assaillants se pressent vers les murs nnoin TTTTD'^) ®^ abattent (.i2ni ^u 'i^u d^ pni^ '^^ défenseurs (•sp^fl). Cette dernière expression revient dans Ézéchiel, xxvni, 14-16.

5. Les forts pris, les chars des assaillants font leur entrée dans la ville, et, pourépouvanterles habitants, ils parcourentles rues et les places avec une rapidité vertigineuse (iV'jinnO ®" faisant un bruit étourdissant (ppE^pntî^V de pii^ptl^) et en laissant après eux une traînée de feu (a>^^^^) et un scintillement d'éclair (lire ivsfyn D^Pl^S P^^»' IVVIT b)-

7. Le sort de la ville est aussitôt partagé par le quartier qui contient le palais du roi où l'on entre par les portes dites : €c portes des canaux » (niirun nyil^); '^s occupants du palais sont désespérés (mot à mot en liquiesceiice, j^qj ^DM/i)*

8. La victoire se complète par la prise de la reine, découverte (nnVj» ^^^^ eniblôsst^ « mise à nu », W.) dans une ca-

est très vraisemblablement le nom de cette reine, corriger ^'Sn ^" IlVn • P^^cibu étant, en effet, un

assyrien, encore qu'on ne le connaisse jusqu'à comme un nom d'homme signifiant c sain, bien "Hnbv.n» " ^"^ ^ ^^^ remontée >, suppose que la rouvait dans le sous-sol du palais.

)c les Septante ntoTOD» * gémissent, se lamen-

m denunaDj ^ conduisent >. La forme piel de usitée en néo-hébreu. L'acte de se frapper la poiisi un geste de deuil (Ézéchiel, vi, 11).

comprend guère la comparaison de Ninive avec un (D'»D PD'iaD)"» '6S mots suivants j^j^n «ï^ip en

l'obscurité, et la leçon ,*po')0 que supposent les pporte pas de soulagement sensible. Les modernes PQ comme une dittographie de qi^ ^^ admettent ntre la première et la seconde phrase (W.). J'inger n'^o^D ('^ P^r '^s Septante) en wj^V» ^ ^^ Ninivites, voyant la catastrophe s'accomplir et enlamentations des dames du palais, versent des ande abondance comme si un bassin d'eau intarisnentait. Dans un cas analogue, le prophète Jéréît le soulagement de sa douleur dans le flot intarismes : n^DT mpD -^a^iri D>» >ttf«-| JD^ ^D (Jéré - ). L'expression réaliste nD"12 reste sous-enlendue : a Qui fera de ma tête (un bassin d*eau), de mes

3urant, les Ninivites (rappelés par ^^j^rù s'enfuient >lés ; on leur crie : c Arrêtez- vous! Arrêtez- vous ! >, •e eux ne détourne la tête (njSD? o"» comme on

tellement, <t le visage », V3fî)i "® regarde en ment ils sont saisis de crainte d'être pris par les

•ci peuvent maintenant piller à leur aise la résiet emporter l'or et l'argent, les objets de valeur

(n-IIDn) innombrables (piîfp p^î ^^' ^^aïè, ii, 7), la richesse abondante (^^^ i ^f- Psaumes, xlix, 18) de toute sorte d'effets désirables par leur magnificence qui s'y trouvent.

1 1 . Partout régnent main tenant le pillage, le ravage et la dévastation. Le groupe d'allitération Hj^^nÇî» nj512p-1 Hpia ^st à prendre dans le sens de substantifs abstraits et non comme attributs de Ninive; l'homogénéité avec les substantifs suivants l'exige absolument; les expressions sont imitées d'Isaïe,

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