Au lieu de nîSp
^yriv auroO liniJ-itùO-ç == Quid etiim prodest hominij si mundum universum lucretuTj animœ vero suce detnmenlum patiatur. Il s'agit ici du dommage mystique (les châtiments dans Tenfer qui attendent Thomme avide des biens de ce monde); un enfant comprendra que de pareilles croyances ne peuvent avoir aucun emploi dans une lutte politique de nos jours, et à plus forte raison à l'époque prophétique où cette croyance eschatologique n'existait même pas chez les yahwéistes. Ladite remarque ne sert donc qu'à annoncer urbi et orbi la prééminence du Nouveau Testament sur l'Ancien, et pour cela toutes les occasions sont bonnes! Dernier point : Dans l'hébreu de l'époque de Jésus, le dicton précité serait qj^ uinb lb V^V HD
WBjb i^T) ibD obi^rn b^ nx ^b rop^ ^^ l'expression «^n
*lt£fB3 resterait absolument hors cadre.
Troisième couplet : 1 2-11 .
là. Un autre poète s'en prend aux vastes et somptueuses constructions que le Ghaldéen élève (n33» pis) dans sa résidence au moyen du butin fait sur les hommes assassinés (D^DIS) ^^ ^^^^ '®s rançons qu'il s'est fait injustement payer
(nb^v?)-
11. Ces édifices ont été construits en pierres et en bois (précieux), comme c'est l'habitude des grands souverains; or, les pierres crieront tout haut l'iniquité du constructeur et les éclats détachés des boiseries répéteront à l'unisson ses crimes. Cette admirable apostrophe, pénétrée des plus hauts principes moraux, a été presque négligée par W., qui ne s'occupe que de la question de savoir si le mot d^bj (si fréquent dans le Tal-
mud) a été exactement transmis. Puis si, selon son habitude, le savant critique avait pensé à l'usage qui en a été fait dans Luc, XIX, 40, le piétisme zélateur se serait vu enrichi d'une autre preuve de la supériorité évangéliqueS
1. Luc, XIX, 38-40 : « Lorsque Jésus fit son entrée dans Jérusalem, les disciples criaient : Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur! Que la paix soit dans le ciel et la gloire au plus haut des cieux. Alors quelques-uns des pharisiens qui étaient parmi le peuple lui dirent : Maître, faites taire vos disciples. Il leur répondit : Je vous déclare que, si ceuxci se taisent, les pierres même crieront. »
Le placement du verset 12 avant le verset 1 1 me paraît amplement justifié par le sens excellent du petit couplet qui a sa raison en lui-même. Avec les deux versets suivants, le verset 1 2 n'a aucune liaison. Les critiques se sont efforcés de la deviner, mais avec quel succès? La manie de Témiettement n'y perd naturellement pas son rôle : € Le Chaldéen construit sa ville avec du sang. Mais c'est inutilement qu'il force les nations à se tourmenter pour lui ; il travaille pour le feu dans lequel Babel sera anéantie. Le royaume du monde s'affaisse lorsque la majesté de Yahwé et de son royaume fait son apparition > {mit Blut haut der Chaldaer seine Stadt. Aber vergeblich ist es, das8 er die Nationen zwingt sich fur ihn zu qu'âlen; sie arbei-ten fur dos Feuer, worin Babel aufgehen wird. DasReich der Yielt bricht zusammen^ wenn die Herrlichkeit Jahves und seines Reiches erscheint). L'interprétation messiano-midrachique est parfaite; malheureusement : T il n'y a pas, dans le texte, un seul mot de V apparition de Yahwé ou de son royaume ; il s'agit uniquement de la reconnaissance de la gloire de Yahwé par les nations du monde (nyib ymîl NbOH 'D mrr mSD nx) ; 2* D'^D]; lyj^'» "« P®"^ pas signifier « sont forcés à se tourmenter et à travailler pour l'ennemi, > mais au contraire « se tourmentent et travaillent à leur propre profit, » de façon que leur insuccès final leur causerait de la peine, tandis que, dans le premier cas, ils en ressentiraient plutôt une grande joie; 3* les mots, 13 a, niNnV H^ÎV n«D njH whîl semblent constituer, nous dit-on, un bloc errant d'utilité bien douteuse. En attendant, la méthode chirurgicale vient à propos pour écarter tous les embarras : € Que ces versets se dirigent aussi contre la puissance mondaine des païens, cela ne saurait être mis en doute, mais plutôt l'idée qu'ils proviennent de Habacuc. Ils sont composés de Michée, m, 10, Jérémie, lï, 58, Isaïe, XI, 9. Il a même l'air comme si le verset 14 était directement une citation : Est-ce que l'énoncé Jérémie, li, 58, ne provient pas de Yahwé Sebaoth ? k) (dass auch dièse verse gegen die heidnische Weltmacht gerichtet sind, làsst sich nichtbezwei" feln; wohl aber dass sie von Habakuk herriihren. Sie sind 'nemlich zusammen gesetzt aus Micha^ 3, 10; Hier.^ 51, 58. IsUy 11, 9. £5 scheint sogar als ob v. M^ gradezu ein Citât.
set : (n rUhrt nicht von Jahve Sebaoth die Aussage Hier. y SI, 58, her? > Les emprunts d' auteur à auteur n^ont pas grande signification, et l'on en trouve de nombreux exemples. Quanta la dernière remarque, elle sert à constater comment un savant sérieux, poussé par un préjugé, peut glisser dans la plaisas* terie. Passons.
Quatrième couplet : 1 5-1 7.
Il a pour sujet la peinture incisive de la félonie du tyran. Le poète l'avait, dès le début, qualifié de traître (^ jja, v. 5) et
la raison se comprend facilement. Comme toutes les puissances naissantes, Tempire néo-babylonien ou chaldéen a dû chercher à encourager les peuples vassaux de TAssyrie à se révolter et à former avec lui une coalition d'États confédérés contre l'ennemi commun. L'ambassade envoyée par Herodachbalaadan {Marduk'abal^iddin)^ le deuxième prédécesseur de Nabuchodonosor, à Ézéchias, avait déjà ce but et le prophète Isale n'en a auguré rien de bon (Il Rois, xx, 18). Nabuchodonosor a certainement suivi la même politique envers tous les peuples de Touest aussi longtemps qu'il avait besoin de leur concours; puis, quand il crut pouvoir se passer d'eux, il les obligea à devenir ses vassaux : on conçoit ainsi Tftpreté de la rage sourde de ces peuples contre le tyran félon qui a manqué à sa parole.
15 a. S'ouvre également par >^|>), exclamation qui, dans toute la série, pourrait être rendue par c fi ! ô vilain ! ». — Le y^ est l'ancien allié. — Lire TjntDH ftDD» ' ^^ '* ^*^^^ ^ coupe de ta colère, » au lieu de nnOPI nSDS (W.)-
"ISï^^^l est trop court pour former seul un hémistiche; il
faut répéter nptfi^ : c 0 toi qui abreuves tes amis du calice de ta rage, qui (les) abreuves et même (les) enivres, etc. » — OmiyO» n^ÎGUx DiT^j^tD (Nahum, m, 5 ; W.).
lO^an exprime le plaisir de voir se prolonger la confusion des vaincus.
1 6. « Le passé ny^tî^ n'est pas possible dans ce début de verset, 7> dit M. Wellhausen , jene sais pour quelle raison ; j'en reparle* rai ci-après. En tout cas, j'hésite à croire avec lui que les trois mots •nSSto pbî? nj^afef» précédés du 1 conversif, soient en place à
la fin du verset comme correction de nTi33 bj? pbp^PV Un moment j'ai pensé de changer nystî^ ®n nnV ysfe^.» « rassasie-toi maintenant de honte au lieu de gloire > (cf. le cascon^ traire dans -rnOPI nSDD P^"'* "inon ^DD)j ^^^^ Tinconvénient est dans la construction des mots suivants. A mon sentie ment, nî^jo ne peut signifier que c loin d'honneur, » mais
nullement « au lieu d'honneur > {du wirst dkh sâttigen an Schmach statt an Ehre. Vf.). Et comme le sens possible < honte, loin d'honneur » ne cadre point avec la nature de l'ensemble, j'incHne à proposer la leçon lajp p^p nyDlîf
qui se relie à souhait au nnjj qj nriE^ Q^^ ^^^^ : ce Tu es (=;
tu dois déjà être) rassasié de contempler la honte de l'honorable (= celui qui mérite d'être' honoré et respecté; Isaïe, LViii, 13), (maintenant) bois toi aussi (du calice de Yahwé) et perds tes sens, n
nten constate le fait que le calice lui est présenté. — On
comprend couramment, sous 'pj^ p^'» Di3» '^ coupe que Yahwé
tient dans la main droite {der Kelch in der Rechten Jahves; W.); je m'attendais plutôt à l'emploi moins emphatique de',-p *j^ (Jérémie, xxv; 15; Li, 7); la lecture 'pp pn p»)^, a calice du
vin de Yahwé, » savoir du vin de sa colère, se conforme mieux à l'usage (Jérémie, ibidem).
Après pVp^pv il faut sous-entendre nOD**» • couvrira, se po^se^a sur, » verbe employé immédiatement au verset suivant. — t'I^P^Î?' ^ opprobre, ignominie, » pour rt^p^p, de bbpï € être léger, méprisé, » forme assez rare, de sorte que la leçon r^p\ ^p1 (pour ji{^p), « et du vomissement (cf. !|ip!); Jérémie, xxv, 27) et de Tignominie, » n'est pas exclue.
17. Ce déshonneur extrême, tu l'as bien mérité; les actes d'iniquité que tuas exercés contre le Liban (emblème de la Syro-Phénicie, y compris la Palestine) te couvriront, c'est-àdire tomberont sur toi. L'image de l'attentat contre le Liban est complétée par le parallélisme jn^n^ ntoPD 1^1 qu'on tra-
duit € et le rapt des animaux t'effrayera > (?jnH^ P^^^ Tinin- |
telligible tn^n*»» Septante, irro>î<jet <Te. W.) (die Vemiehtung der
Thiere wird dich ûberfallen). Cependant, le verbe nm ^^^'' !
vient difficilement à Tassocialion avec ,103, dont le véritable j
synonyme est ,-jgjn. On lirait volontiers 7[^jy^ intonaiûrv^et i
le ravage de ses animaux (= les habitants de la Syrie) t'enveveloppera » . Mais une autre conjecture doit encore être prise en I
considération, c'est de mieux respecter la forme massorétique au moyen de la légère modification y^^ni imbnSl lÙ^V ^ (^^^ riniquité contre le Liban te couvrira, ainsi que le rapt de ses \
animaux domestiqués et des animaux libres ; )> le tout dépen- !
drait du verbe çtjp^^; le mot^n^m, rapporté au Liban, revient
Isaïe, XL, 1 6.
Le petit poème se termine par la même phrase justiciers que le premier (v, 8); c'est une sorte de refrain qui a dû être souvent employée dans les apostrophes populaires.
Cinquième couplet : 19, 18.
Le début v\t^ montre que le verset 1 9 doit être placé avant 18. Ce cinquième et dernier couplet exprime exclusivement la folie de Pidolâtrie dominant aussi bien chez le vainqueur que chez les peuples vaincus, à Texception d'Israël dont le dieu unique, Yahwé, réside dans le temple de Jérusalem.
Le prophétisme, ne reconnaissant pas l'existence d'un autre être divin en dehors de Yahwé, regarde les simulacres des dieux païens comme de la matière ouvragée, mais essentiellement inanimée. Ces simulacres sont le plus souvent faits de bois ou de pierres, et celui qui les invoque dit bêtement au morceau de bois : « Lève-toi! » ou à la pierre : « Éveille-toi! pour venir à mon aide- » Le poète ajoute : € Est ce que ce simulacre peut te renseigner sur ton sort {^^ j^^-^=S xinn)?
Ne vois-tu pas qu'il est enveloppé ou revêtu d'or et d'argent, mais ne possède pas le plus faible esprit (nn '';?3l? >• tÈ^sn»
littéralement ce pris dans, > correspond à l'expression allemande c eingefasst j>. En talmudique, qqh signifie à la fois € prendre > et « comprendre, contenir »• 1 8. Le poète monothéiste demande ensuite quel profit le pro-
priétaire a pu tirer de l'image sculptée par son artiste (^-|>^), et pourvue d'une plaque de métal précieux (nDipo) ^^ ^^ ''appareil de faux oracle (^piy miDl)» visiblement l'éphod ou le pectoral contenant les sorts et souvent aussi les teraphîmou figurines magiques. On peut aussi, en suivant les Septante (ctriatxev), vocaliser Y\^ et sous-entendre le sujet (unn ^"
^) ; le sens restera le même et le premier hémistiche sera allégé d'un mot.
L'obscurité de là phrase suivante se répercute dans les traductions : (( Que son statuaire se confie en cela et fait des idoles muettes! y> (dass sein Bildner darauf sich verlàsst und stumme Gôtzen machti) De plus, le verbe nD3 étant toujours intransitif, il ne peut avoir ^-|>fi pour complément direct. Nous
sommes donc obligés de corriger, d'après les Septante (inl rb iriaafia), ^Sv ^T^^ 6" iiy^ bV' ^ ^"^ l'artiste ait eu assez de confiance dans son œuvre artistique pour faire des idoles muettes, y> partant incapables de prédire l'avenir.
13. Contrairement à l'impuissance absolue des idoles, Yahwé dirige l'histoire du monde. A coup sûr, ces événements si graves (nsrfy pour -j^pj) proviennent de Yahwé Sebaoth.
C'est lui qui les a amenés de sa seule volonté, et les peuples s'efforceront et se fatigueront en vain (pjjj i*|t^ = p^-| ^^3, au
lieu de u^v ^^3) de l'empêcher. La. faute ufjj ^*j3 pour 1^3
px si frappante, se répétant dans Jérémie, li, 58, a induit
l'École moderne dans des considérations bien étonnantes dont il a été déjà question plus haut. On peut supposer, tout au plus, que Jérémie, d'après son habitude, a délibérément modifié px en B^jj, afin de le rapportera l'incendie dont il venait de parler, mais le terme parallèle, pi^ enlève tout doute sur l'originalité deHabacuc, n, 13.
Conclusion : 14, 20.
14. Pendant qu'il agit si énergiquemeot sur l'évolution du genre humain, Yahwé réside d'une manière permanente dans
int de Jérusalem ; Tunivers entier garde le silence levant lui (V3D0)«
siccord universel viendra de ce que les habitants
Te parviendront à atteindre une connaissance de
immense que les eaux qui couvrent l'Océan.
il faut ajouter j^^, mot qui se trouve dans Isale,
il a été emprunté par Habacuc.
iclusion sacramentelle des prophètes : les convuliies ont toujours pour but final la démonstration ice des dieux païens et la domination exclusive du ins le monde, but religieux et moral par excel-
GHAPITRB m
lu prophète Habacuc. — Sur àigionoth.
j'ai entepdu ton annonce, (et) je suis saisi de
3 ton œuvre (= Israël) au milieu de (ces) années ; ie (ces) années, fais savoir (aux hommes) ) dans la colère, tu penses à la pitié !
* * it (jadis) du sud;
int) du mont Pharan ;
couvrit le ciel,
Bmplit la terre ;
let brilla comme la lumière,
(jaillirent) de ses nuées
duva) la retraite de sa puissance.
* * lui marcha la peste,
suivit ses pas;
i-t-il, la terre s'ébranla ;
[ regard, il désagrégea les nations;
éternels volèrent en éclats,
B primordiales s'affaissèrent,
éternelles (furent) à lui.