Corriger v^y T3?p-1 en rfy^ T3pn
8. L'insertion, d'ailleurs peu justifiée, îonDW» calque une forme évidemment fausse (Isale, x, 13).
j se supporte aussi bien que niptt^J^ j^îqC^*^' il n'est nullement nécessaire de supprimer y-).
pour niVp ®s^ d^ssez séduisant; j'ai corrigé
i brisé t.
•hrase constitue l'exclamation des témoins incarmatériaux des édifices (voir mon commentaire), a.s la suite des paroles du prophète.
t de 13 a et de 14 en entier manque de toutfonirset 13 a sa place après verset 19 et le verset U 20. Seulement, au lieu de ij^x» *! f^i^t Mre ps; n taire, tion sans nécessité de Tiisy ®" H^D^î cf. Michée,
mie, m, 25 ; Psaumes, cxl, 10. — Pour la leo , voyez commentaire. — Le faible qû» au lieu de
itant plus inutile que le rapport du verbe nD3
constate dans Malachie, ii, 16.
3ulation ethno-psychique, qui voit dans ce verset m mal comprise des mœurs grecques relatives à ;é des hétaïres ivres de vins capiteux qu'on leur Je grands cratères, ainsi que l'intention erronée Habacuc à Alexandre de ridiculiser ses compaiteurs les plus fidèles, atteste que l'art de faire meau par le trou d'une aiguille n'est pas encore les corrections des critiques n'aboutissent qu'à seule modification indispensable est celle de lire (cf. Psaumes, lxxv, 9) au lieu de nnon nspp» on admet la nature dittographique du n dans le — Le rapport du début du verset suivant ri^jiJf forme ^']^p W^y^p IDm)» affaiblirait le sens des
I, et, par surcroît, annoncerait la niaiserie que les ssaient de leur nudité.
voir refoulé les deux premiers mots de ce verset au int. M, Dubm en mutile le restant pour l'amour de
son hypo thèse. Ti^nç est changé en ^j^jp, comme synonyme de
non (V- 1 3) ; avant, bivni^^* ^J^"^ ^Vini ^* rnrr pp^. dis»
abrégé en ^jyQ, sans nous dire par quel miracle la cruche
s'est métamorphosée en coupe. Le premier hémistische voudrait dire : Bois toi-même de ta cruche, et sois étourdi et laisse voir le prépuce! {Trink du selber ans deinem Eimer, uni tautnle und zeige die Vorhautl). Chose curieuse, M. Duhm possède le secret d'enivrer, jusqu'à suprême indécence, Alexandre et ses plastiques hétaïres, sans verser une goutte de vin dans leurs cratères, car dans les deux strophes qui font, d'après lui, la description de l'orgie, le mot p^ fait absolument
défaut. Et sait-on pourquoi Habacuc trouve ridicule cet étalage de la nudité humaine? C'est, nous dit M. Duhm, que les Sémitesj et tout spécialement le Juif, sont incapables de comprendre l'Européen (Die semitischen Anschauungen und Sitten machten es ihm unmôglich den Europâ^er %u verstehen). J'en tire deux conclusions : 1° que nos ancêtres Adam et Eve, qui portaient le costume des hétaïres ivres et des lutteurs du gymnase, comprenaient admirablement le génie grec, je me trompe, le génie de l'Européen, car on peut être Cimbre, Goth ou Sarmate, sans jamais cesser d'être Grec ; S* que les Européens modernes qui tiennent absolument à habiller les Niam- Niam et lesWedda, ont joliment dégénéré : Apollon ne les reconnaît plus. Détournons les yeux de ce spectacle affligeant et contentons-nous de remarquer que l'expression des Septante : Kal StadokevBnu xal (jehOnriy représente probablement deux variantes synonymes pour Tunique Sivni» '^ P^r eux '^^iny, (JoàîvoiievoL =**7^T (Zacharie, xii, 2).
18-20. Ces versets, qui forment la conclusion et le nœud •de toute la vision, ont'été étrangement méconnus et déclarés interpolation ; les prétextes allégués sont si futiles que nous pouvons les passer sous silence. Voir le commentaire.
m. En se prononçant, contrairement à ses prédécesseurs, en faveur de l'appartenance de ce chapitre au reste du livre de Habacuc, M. Duhm se distingue encore de ces exégètes par le souci de nous avoir clairement désigné l'auteur de la crise qui a
provoqué l'anxiété du prophète, ainsi que la description relative à ses procédés politiques et à ses mœurs personnelles. lia ainsi donné satisfaction à la demande que j'ai adressée plus haut à Wellhausen de nous avoir laissés dans le terme vague et illusoire € crise finale, x> au lieu de dire franchement qu'il s'agissait d'Antochius Épiphane, car l'idée ne nous est pas venue qu'on puisse appliquer cette vision à l'expédition d'Alexandre; et, malgré les efforts du savant professeur de Bâle pour faire cette adaptation, nous ne saurons nous y rallier. Les motifs du désaccord apparaîtront dans tout leur relief dans l'interprétation de ce chapitre, et d'autant plus clairement que nous tablons tous deux sur la même base d'authenticité.
1 . A la possibilité que la suscription ait été ajoutée par un chantre liturgique, j'ai ajouté celle que le prophète l'ait mise lui-même, comme marque de pouvoir servir dans la liturgie du temple; il n'y a même rien qui empêche de supposer que Habacuc ait appartenu à cette catégorie de lévites. Outre cela, il faut tenir compte de la juste observation de M. Duhm : « La circonstance que la signification des termes techniques musicaux ait pu être perdue et devenir, comme il semble, pas parfaitement connue, même des juifs d'Egypte, est bien une preuve de la grande différence entre la musique du temple et le chant de la synagogue et dans la maison » {Dass die Bedeu" tung der musikalischenJtermini technici verlorengehenkonnte, auch^ wie es scheint, den âgyptischen Juden nicht volkommen bekannt war, ist wohl ein Beweis fur den possen Unterschied %wischen der Tempelmusik und dem Gesang in Synagoge und Ham). Il serait intéressant de connaître exactement I époque à laquelle cette interruption de la tradition liturgique a eu exactement lieu, et pour la retrouver nous sommes de nouveau appelés à choisir entre deux époques pendant lesquelles l'interruption a pu se réaliser, savoir : Texil et l'installation du culte grec au temple sous Antiochus Épiphane, car Alexandre n'a pas touché Jérusalem sur son passage et l'irruption brutale de Ptolémée Lagus dans le temple n'a duré que quelques heures. Mais étant avéré que la traduction grecque du psautier est, sans aucun doute, antérieure aux luttes ma* chabéennes, on est obligé d'admettre la première hypoth^e.
Mais alors, ceux qui placent aux temps tardifs la composition des psaumes qui sont pourvus desdites suscriptions techniques auront à expliquer pourquoi les scribes postérieurs les en ont affublés. Est-ce pour faire croire à leur antiquité? On verra tantôt qu'une pareille solution répugne également à M. Duhm. 2. Dans ce verset-strophe, j'ai la surprise agréahie de me trouver à l'unisson avec M. D. sur deux points de vue généraux, où je me savais isolé jusqu'ici. D'une part, j'ai rompu avec la tradition qui voit, dans l'objet de ^nyot^» ^I^m un rappel à un ancien événement, savoir l'histoire de l'Exode, et j'ai montré qu'il s'agit uniquement de l'annonciation de la crise actuelle. M. Duhm a la même conviction qu'il gagne par des raisons analogues aux miennes. D'autre part, des arguments presque identiques nous ont indépendamment fait rejeter la manie, si dominante dans la critique moderne, de mettre dans la bouche de la communauté les confessions et prières individuelles des psaumes. Le savant critique le dit aussi franchement que moi-même, et le lecteur trouvera certainement un haut intérêt dans l'exposé suivant : a Encore plus étonnante est l'interprétation si délectée dans le temps récent : La communauté ^ qui se sentit sous la colère de Dieu, a aperçu des signes évidents que le « temps du salut » était proche. » Car, outre que Ton reste entièrement dans la non-clarté sur la qualité de ces signes évidents et sur la manière dont la communauté les aurait aperçus, la ce communauté » est un simple don fait au texte par l'exégète : pas une lettre n'y fait appel, même en n'insistant pas sur le fait qu'elle aurait dû convenablement y être introduite en prenant la parole. On ne voit guère, si une pareille interprétation est permise, pourquoi elle n'est pas substituée à chaque ce moi » partout; si elle a un abdomen qui tremble, des os où entre la carie (v. 16), elle peut aussi au chapitre i, 2, se plaindre, et au chapitre ii, 1 , se placer en vigie. On ne voit même pas pourquoi on a surtout besoin de se tourmenter avec des tentatives d'explications, si on a à sa disposition un génie si amicalement serviable, qui accourt aussitôt qu'on désire et répand un brouillard bienfaisant sur tous les traits concrets et sur tous les détails difficiles. » De ma part, j'ai réitéré d'innombrables fois les mêmes protesta*
lions dans mes écrits, et tout récemment encore j'ai dit {Revue sémitique, octobre 1906, p. 334) : « Il est vrai que la sentence magique : ce La communauté parle » sait messianiser jusqu'à la fille de Tyr qui, parée de tous ses atours, se tient coquettement dans Tatlente que son seigneur et maître, vaincu par le coup de foudre, l'amène dans l'intérieur embaumé du harem (Psaumes, xl, 10-16). J'admire ces darsânfm de l'aggadamodernCy mais je maintiens mon avis bourgeois. » Nonobstant, notre entente non préméditée sur les trois principes fondamentaux, savoir : l'unité du livre, le caractère individuel des traits de la description et l'actualité de la crise et de la prièred'en voir bientôt la fin par l'intervention toute-puissante de Yahwé, la question de date a regreltablement produit entre nous une dissension iiiconciliable qui rejaillit sur l'interprétation des principaux passages de ce chapitre. Le désir de rétablir une métrique régulière, et qui me paraît prématuré dans l'état acuel, a encore augmenté l'intensité de la discorde.
Les verbes "^nvot!^ ^^ ^Oî^T ^^^ repris au verset 16 a, sous la forme ^j^a îJTni ^nVOtt^î ^' "'^^^ ^^^^ P^ possible de corriger ^n^X"! (^O^ verbe qui ne saurait d'ailleurs s'appliquer à un acte futur. — D'autre part, le verbe î)-]in s'appliquant exclusivement à un objet doué de vie ou indispensable à la vie iVlh îjn)' oblige à voir dans "[^^3» ^^^ "^® action d'extase, mais l'image idéalisée d'Israël (cf. Isaïe, xlv, 1 1 ; xix, 25) ; et il s'ensuit nécessairement que la phrase n^^^fn cm ÎJ13 ^^^^
partie intégrante du verset. L'élimination, par cause de métrique, est donc insoutenable, et eqcore moins par la raison que « le prophète ne peut pas désirer que Yahwé pense à la pitié pendant la parousie par laquelle il détruira le peuple ennemi j> {Der Prophet kann nicht wûnschen dass Jahve bei der ParusiSy durch die er dos feindliche Volk vemichten wirdj an Erbar^ mung denke). D. s'objecte lui-même que Habacuc est pris de frayeur, mais il se contente de remarquer que la frayeur dont il parle au verset 1 6 ne vient pas de la peur d'être enveloppé dans la catastrophe, mais à la suite du frémissement causé par la chose vue, comme chez le voyant d^Isaïe, xxi, 1 et suivants^
et par les effets de la catalepsie » (Der Schrecken^ von dem er V. 16 sprichty stammt nicht etwa ans der Futchtj in die Katastropheverwickelt zu werden, sondern ans der erschûtte* rung ùber dus Gesehene wie bei dem Seher von les. 21 ff. und ans den Nachwirkungen der Katalepse). D'autres penseront, au contraire, qu'une vision dans laquelle Yahwé, en attitude de guerrier formidable, accourt pour abattre l'ennemi orgueilleux et dévastateur des peuples, n'est pas du tout de nature à laisser longtemps une impression à faire trembler le voyant et surtout à faire entrer la ce pourriture dans ses os » (3pl ^Dîfj^3)- l^'action du ^p^ est l'anéantissement douloureux et définitif des forces corporelles (Osée, v, 12, passim). Nous reviendrons à ce sujet au verset 16; pour le moment, il suffit de signaler l'impossibilité de penser que le gros chagrin du prophète puisse venir exclusivement d'un sentiment de pitié pour l'envahisseur, qui ne connaît pas la pitié envers ses victimes.
M. Duhm a été conduit dans cette impasse par suite de sa correction de^nxn^ 6^ ^n^N"l» c^ Q"^ l'û obligé à considérer toute la pièce 3-16 comme la description d'actes vus dans l'extase. Mais la première phrase : c Yahwé vint de Téman, le saint (vint) du mont Pharan, » s'y oppose absolument. Un extatique voit Dieu se tenant debout ou étant assis dans certains lieux, mais ne désigne jamais le nom propre du lieu d'où il partit ; une indication vague, telles que a du ciel, ^ c de loin, » a de la route, t c de l'orient, » et d'autres expressions analogues, suffit d'ordinaire. La nomination précise de Têmân et du mont Pharan caractérise une parousie réelle, et une parousie accomplie dans cette région éloignée du sud ne peut être que celle du Sinaï à l'époque de l'Exode, que chantent tant de poètes hébreux et presque de la façon de Habacuc. Qu'il s'agisse effectivement de l'ancienne histoire, cela se confirme par la mention du peuple de Midian, qui habitait alors près du Sinaï (Exode, II, 15; m, 1); au temps d'Alexandre, la tribu de Midian était depuis longtemps disparue*, ainsi que les w^^ "^
on» qui furent exterminés par les Siméonites pendant le règne
1. La mention do Midian dans Isaîe, LX, 6, est empruntée à la Genèse.
d'Ézéchias (I Chroniques, m, 39-41). Et qu'ont à faire la mer et les fleuves dans cette nuarche de Yahwé du Sinaï en Palestine, qui traverse des régions privées de courants d'eaux pernoanents? De ces deux questions préalables, M. Duhm ne s'est posé que la dernière, et l'on verra plus loin dans quelles con* jectures aériennes il a été entraîné pour trouver une issue. Parmi les innovations lexicographiques, notons la thèse inexpliquable selon laquelle la forme ni^K ^^^^^^ ^^^ imitée de l'arabe ilâhu pour la première fois par Tauteur de Job, afin de n'avoir point à mettre dans la bouche d'un Iduméen le nona de Yahwé. Il a oublié que l'ara méen xnbx» ^^^ seulement manque de synonymes, mais se constate déjà dans les inscriptions de Panammou, qui sont du viii* siècle avant l'ère vulgaire. A propos de p^n, il paraît certain qu'une ville de ce
nom n'a existé qu'au sud-est de l'Idumée et nullement dans la région entre la Palestine et le mont Sinaï. La dislance du Sinaï-Horeb jusqu'à Qâdêè est de onze jours de marche (Deutéronome, i, 2); cela exclut la possibilité de le situer au voisinage de cette localité; quanta la distance de Gosen au Sinaï, elle n'est donnée nulle part, car la demande d'aller trois jours dans le désert pour accomplir un rite de sacrifices (Exode, VIII, 23) ne vise pas nécessairement le mont Sinaï, et il y avait un intérêt particulier à ne pas donner à Pharaon la distance précise qui était beaucoup plus considérable. Enfin, l'estimalion à quarante jours de marche pour aller de Bersabée au Horeb, et pour retourner à Samarie après quelques jours d'attente sur la montagne sacrée, n'est pas trop exagérée, mais oblige toujours à rejeter la localisation du Sinaï en proximité de la frontière méridionale de Judée. — L'inopportunité de inVnn» « louange, » a été sentie aussi par M. D., qui y obvie
en se tenant au sens primitif de ^^n> ^^ briller, resplendir, i» tandis que moi j'ai proposé la lecture 'mmn» • ^^ magnificence ».
4. La leçon massorétique rpnn IMO rUJI ne demande aucun changement. Cf. le commentaire. Je n'accepte donc pas la lecture ijnnn IMQ ^^ J® proteste contre le rejet de p^an DEh
•|iy, pris pour une glose àQij-jp, et traduit : « Expression violante pour sa force » {Verhûllender Ausdruck fur seine St&rke). C'est du pur arbitraire. Quant à i^ iTD» M. D. suit Terre-
ment de ses prédécesseurs.
5. Correction de Ti'lô'»! en "lyo^T ; assez vraisemblable. — Contre la lecture D'ï-iv IH^V *^ '^^^ d® U^*\3i 11^1» on peut faire valoir le fait que -inn» « dénouer, défaire un nœiid, > s'applique mieux à une ligue (mjx) qu'à des masses de rochers. — Le rejet de tabiy niD^bn comme glose et le transftrement de «j^ après le second a'^p^y ne sont pas admissibles. Cf. le commentaire.
7-8. Malheureuse combinaison des deux vei-sets en une strophe incohérente : tentes et mer. Les bouts de ces versets sont déclarés gloses postérieures. La première, rétablie ^n^NI pX nnn (P^^^ pj.^), est traduite : t Sous Héliopolis, je les
ai vus (les Kuàanites) i {Lnter Heliupolis habe ich sie gesehen {die Kusehanleuté)y et en voici le commentaire : <t Je tiendrais cette phrase pour une annotation aux tentes de Kuéan. Le scribe serait alors peut-être un juif égyptien, ou du moins un juif qui avait fait un voyage en Egypte et a vu une fois camper des bédouins de la tribu de Kuèan hors les portes d'Héliopolis. Des bédouins arabes traversent notoirement ce» contrées depuis les temps les plus anciens. On a joint ici une annotation de ce genre, parce que le nom de Kuéan ne se présente nulle part ailleurs. Au reste, ce n'est pas la seule annotation de caractère tout personnel dans l'Ancien Testament. Comparez par exemple Psaumes, xl, 7-9, et Jérémie, xxxi, 26 » {Und {ich) wûrde diesen Satz fur eine Beischrift %u den Zelten Kuschans halten. Der Schreiber ware alsdann vielleicht ein à,gyptischer JudCy der eine Reise nach Mgypten gemacht hat. und er hàtte einmal Beduinen vom Stamme Ku^chan ausserhalb der Tore von Heliupolis lagern sehen. Bekanntlich ziehen arabische Beduinen in jenem Gebiet seit den altesten Zeiten bis heute ein und ans. Eine Beischrift dieser Art war hier angebiacht weileben Kuschan sonst nicht vorkommt. Uebrigens ist dies die
einzige Beischrift von gan% persônlichen Charakter im Allen Testament). (Vrgl. z. B. zuPs.,40, 7-9 oderzu Jer., 31-26.) Frappé de la nouveauté de l'observation, j'ai examiné les renvois précités; malheureusement, je n'y ai rien trouvé de ces notes préconisées : Psaumes, xl, 7, j'ai repoussé depuis des années la conjecture de Graetz, que les mots -|yyD "inp étaient
une glose explicative de a'^a'iîjin (Recherches bibliques, III, p. \'i^ = Revue sémitique, 1896, p. 29); Jérémie, xxxi,21, l'expression r[12ro yiîT mx J^lî ^^^ '^ complément direct du trop concis ^XX^'* Ti^S DX '*nj^"lî')> ^^ l'association de mx ^^ Tlûrt^^ naturelle chez un peuple agriculteur, est des plus fréquentes dans la Bible. Pour que je m'incline, il me faut des appuis plus solides.
Il y a plus. L'infortuné verset 8, auquel par le futile prétexte de dittographie, mais en réalité par une cause soi-disant impérieuse de métrique, on a arraché le premier hémistiche ,«Ti,-Tï nnn D'*"ini3n» ^^^ encore condamné à porter la chemise de force que la mythomanie moderne a imposée aux figures bibliques, en forme d'hyperboles corsées, par quelques mages panbabylonistes. M. Duhm sent comme fout le monde le non-sens d'accommoder la scène de la terreur de l'océan et des flots, si pompeusement décrite dans les versets 8, 9, 1 0, 1 4, 1 5, avec la marche de Yahwé du Sinaî en Judée, mais au lieu de renoncer à la fausse voie qu'il suit en voyant dans cette marche un fait actuel, il se contente d'interpréter la description comme l'expression d'idées mythologiques provenant de sources babyloniennes. Nous protestons sans cesse contre ces fausses idées qui menacent le bon sens historique, et cependant, pour couper les ailes de ce canard qui joue audacieusement à l'aigle, je me vois, avec un profond regret, obligé de reproduire les expressions mêmes du savant critique, dans lesquelles la thèse alexandrine s'enfonce d'une manière incroyable dans un abîme fantasmagorique entièrement étranger aux écrivains bibliques. Je traduis littéralement :
« Il ne reste, ce me semble, qu'à voir dans 8 a une locution demi-mythique (me halbmytische Redeweise zu sehen),sa,mT une allusion au combat de Yahwé avec les puissances chao-
tiques de$ temps primordiaux (odif Jahves Kampf mit den chaotischen Mâchten der Urzeit)^ qui voulaient détruire à nouveau son œuvre, la terre qui vient d'être créée {die sein Wei% die eben geschaffene Erde^ wieder zerstôren wolUen)^ et avaient dû être domptées par lui. Ces puissances hostiles sont nommées tantôt « flots > tantôt « mer » (Isaïe, u, 9 ; Job, XXXVIII et suivants; Psaumes, xciii, 3; lxxxix, 10 et suivante; civ, 6 et suivants, etc.). Contre ces puissances, Yahwé s'est construit le ciel comme une forte citadelle {als feste Burg ; Psaumes, viii, 3); malgré cela, ils menacent toujours la création de Yahwé {trotzdem bedrohen aie doch immer Jahves Schôpfung)y Psaumes, xlviii, 3 èl suivants, tellement qu'il est obligé de les faire surveiller par une garde (von einer Wache), et chaque orage sert à maintenir dans la peur les universels assaillants souterrains du temps primordial {die unterirdischen Weltstiirmer der Vorzeit in Furcht zu erhalten)^ Job, vu, 12. Notre auteur ne doit pas encore penser à la théorie postérieure que, peu avant la fin dernière, toutes les puissances antidiluviennes sortiront encore une fois [noch eimal loskommen) et tenteront une dernière attaque acharnée contre le monde de Dieu {und einen lezten rasenden Versuch aufdie Welt Gottes versuchen) ; il suffit d'admettre qu'il lui planait devant Tesprit quelque chose comme le passage d'Isaïe, li, 9 : oc Réveille-toi, bras de Yahwé, comme au temps primordial, lorsque tu as vaincu le Chaos et fait sécher les eaux de l'antique abîme > (Rege dich Arm Jahves y wie in die Urzeit als du das Chaos besiegtest und die Wasser der Urtiefe trocknen liessest). II veut donc dire : Ton apparition d'à présent {dein jetziges Auftreten) est si effrayante et si puissante comme si tu voulais suivre ta parole prophétique (dein Prophetenwort folgen), et broyer d'une seule fois l'ennemi de toi et des tiens : tu te mets en campagne contre Alexandre {du ziehesl gegen Alexander zu Feld) comme contre les assaillants du temps primordial, (li^te gegen die Stiirmer der Urzeit), voici pourquoi s'effraye la nature (v. 6) et pourquoi tremblent les lentes de ceux qui habitent autour de la montagne de Dieu {darum erschrickt die Natur und zitteim die Zelte der Umwohner des Gottesberges) (v. 7). Certes, cette exposition (Ausfiihrung) semble plus rhé-
torique et être plutôt un artifice poétique pour peindre les terreurs de la théophanie que comme nne idée religieuse quipa* raissait être importante au prophète {Allerdings scheint dkêe Ausfûhrung mehr rhetorischer Art und mehr ein poetisch^ Kunstgriff die Schrecken der Théophanie zu malen, aU ein dem Propheten wichtiger religiôser Gedanke zu sein), car plus bas, Q'^nn apparaît dans une même série avec le soleil et
la lune, sans rien trahir de leur caractère demi-mythique {ohne etwas von ihrem halbmythischen Charakler zu verratm); V. 10, 11. 1
Rarement on a vu des efforts aussi considérables dépensés en pure perte pour adapter un texte à une idée préconçue qui n*y va point. Pauvre texte, ton lit de Procuste est bien bizarre!
Du reste, autant de considérations, autant d* erreurs ; il est facile de le démontrer.
1. Le pseudo-mythe du combat livré par Yahwé contre l'abîme, au moment de la création, provient de certaines aggadoth talmudiques qui l'ont tiré, non d'une légende populaire, mais par voie de déduction interprétative, précisément des passages cités ci-dessus, et encore ne parlent-elles que du génie de la mer nommé Rahab (;3m)» ^^^ ^^^ ^"^ parce qu*il voulait inonder le continent, et c'est aux miasmes du cadavre de Rahab qu'elles attribuent les nausées dont les voyageurs sur mer ont à souffrir. Il s'agit là d'un fonctionnaire ayant désobéi à l'ordre du maître et nullement d'une puissance spirituelle hostile à Dieu. Personne n'a le droit de travestir les allégories exégétiques des aggadistes en mythes préhistoriques pour s'en servir dans l'interprétation des prophètes; une pareille confusion est la négation même de la science.
Voyons maintenant la valeur intrinsèque de ces citations :
a) Isaïe, lï, 9-10 :« Réveille-toi, réveille-toi, revêts-toi de puissance, bras de Yahwé ; réveille-toi comme au jour do Tantiquité, aux siècles reculés ! N'€st-ce pas toi qui as frappé le monstre (;3rTl)> abattu le crocodile (pî^)? N'est-ce pas toi qui as fais sécher la mer, les eaux du grand abîme, qui as fait, des profondeurs de la mer, une route pour laisser passer les délivrés? » On quelconque peut voir qu'il s'agit du passage de la mer Rouge
a pi^d«^(^ par Israël, pendant que l'Égyptien ennemi, figuré par les épithètes rahab, « orgueil, » et tannin, « crocodile » (animal particulier à TÉgypte), fut brisé et anéanti. Naturellement, quand on supprime la phrase finale et décisive relative au sèchement de la mer pour la faire traverser par Israël, délivré de Tesclavage (Q^VlXil)' ^" peut donner libre carrière à la fantaisie pour tout le reste, mais une pareille opération est-elle permise?
b) Job, XXXVIII, 8 : c (Lors de la création), j'ai barré de portes (= de barres) l'Océan quand il sortit impétueusement de Tabîme (onno pour nmo)? en le revêtissant de nuées et
en l'enveloppant de brouillard, je lui ai imposé (n'^^Xl P^^''
liaB^Nl) ^^ borne et j'ai mis des verrous et des barres ; et j'ai dit :
Tu iras jusqu'ici et ici se brisera Torgueil (nxi|152^^ P^^^ n^E^
ÎWJSl) ^e ^^ vagues. » Dieu a limité le domaine de la mer par
une barrière (de sable) (Jérémie, v, 22) qu'elle ne peut franchir ; pas un mot de puissances démoniaques ennemies du créateur. Notons que la légende rabbinique précitée est précisément déduite de cette description ; la critique moderne imite singulièrement le procédé rabbinique jadis tant décrié.
c) Psaumes, xciii, 3-4 : «Les fleuves ont élevé, ô Yahwé! les fleuves ont élevé leur voix. — Que les fleuves élèvent leur bruit; plus que le bruit des grandes eaux, les vagues puissantes de la mer, Yahwé dans le ciel est puissant. > Les fleuves et la mer, qui remplissent l'air de leur bruit, représentent les ennemis rageurs d'Israël. Cf. Psaumes, gxliv, 7. Pas l'ombre d'un mythe.
d) Psaumes, lxxxix, 10-11 : « Tu domines l'impétuosité de la mer; lorsque ses vagues mugissent, tu les calmes; tuas abattu comme un cadavre l'Orgueil ; par ton bras puissant, tu as dispersé tes ennemis. » Orgueil (rahab) est Tépithète de la puissance égyptienne (Isaïe, xxx, 7) ; les ennemis de Yahwé sont, comme partout ailleurs, les ennemis d'Israël.
e) Psaumes, civ, 6-9 : a Tu as couvert l'abîme (de nuées) comme d'un vêtement; les eaux se tenaient sur les montagnes, elles s'enfuirent sur ton grondement, elle coururent (effrayées)
de réclat de ton tonnerre ; elles gravirent les montagnes, descendirent les vallées jusqu'au lieu que tu leur as destiné. > A la création, l'abîme couvrait le globe terrestre; Dieu, par sa parole énergique, figurée par la voix du tonnerre, fit découler les eaux dans des réservoirs formés par les mers (Genèse, i, 9-10, combiné avec Job, xxxvin, 8-11).
Toujours rien que des figures réalistes.
2. Encore plus suspecte est l'affirmation que Yahwé s'est construit un fort dans le ciel contre les puissances chaotiques. Le verset Psaumes, viii, 3, est uil bloc erratique qui ne se rattache à rien dans ce psaume, et appartient primitivement au psaume vu, à la suite du verset 7, où, ayant demandé à Yahwé d'exercer la justice contre les méchants, conformément à sa promesse (n^^iv DSBlb)? '^ po^^^ développe cette idée en disant: € Même par la bouche d'enfants à la mamelle (hyperbole peignant l'universalité de la croyance), tu as destiné (ta) puissance (ty THIS^) à écraser ('nvob P^^*" ÎVO*?) ^^^ adversaires, à anéantir l'ennemi et le vindicatif (v. 8), et (maintenait que) la multitude des nations t'entoure ("i^DIDn D^DXb rnj?l)> ^" montes (n'^^VI P^"^ n^bvi) ^^ ^*^' (^^ '^^^ ^® '^ punir)! (v. 10). Reviens donc, ô Yahwé, et juge (p^i pour r>yi) les
peuples, etc. p (Revue sémitique, 1894, p. 5-8). Les modifications sont si peu nombreuses et si insignifiantes, qu'elles ne peuvent rencontrer aucune objection. Ne possédant [pas le commentaire de M. Duhm sur les Psaumes, j'ignore comment il réussit à rattacher ce verset à la place qu'il occupe dans le texte reçu, mais l'erreur théorique est irrévocablement prouvée par rvo*^, qui a le sens de « pour, en faveur, 3d jamais celui
de « contre, en opposition de, » de sorte qu'il ne saurait s'agir de la création du ciel pour repousser les ennemis. Les métaphores du bouleversement des montagnes et des nues (Psaumes, XLVi, 2-6) sont expliquées immédiatement après par le soulèvement des peuples et la chute des royaumes (i^D D^U IDH niD^Dû)- Quand Job, vu, 12, demande : t Suis-jc la mer ou un crocodile que tu m'imposes une garde? » il ne sort pas delà réalité : la garde de la mer, savoir le cercle de sable qui Tem-
pêche de déborder, a été mentionnée ci-dessus ; d'autre part, quand on tient un crocodile captif, on l'enchaîne ou on le met dans une cage de fer, de crainte qu'en s'échappant il ne blesse quelqu*un. Pour ce qui concerne enfin la prétention que le tonnerre sert à faire peur aux assaillante souterrains, il n'y en a pas une ombre de vestige dans Job, xxvi, 5, où d'ailleurs le groupe des versets suivants est irrémédiablement corrompu et inintelligible. Une nouvelle mythologie doit être établie sur une base moins vacillante.
8 bc-d a été rattaché au verset 9 par des raisons métriques que je récuse comme entachées d'arbitraire. De plus, je ne me fais pas une idée claire de la phrase allemande : Denn deine Rosse bestiegst du^ Dein Wagensitz erdrôntôy c car tu montas sur tes coursiers; ton siège de char grinça ou craqua ». D'abord, à mon avis, l'énorme poids de Yahwé a pu faire ployer les genoux des coursiers qui le portaient alternativement, mais n'a pas dû faire craquer le siège vide du char. Au reste, ni cette phrase ni le verset suivant n'exigent le plus petit changement. Cf. mon commentaire.
9 c. Rattachement injustifiable de celte phrase au groupe suivant, lequel, après une manipulation adroite, donne la strophe à bâiller que voici : Land spaltete sich zu Strômen^ dich sahn die Wasser], bebten, die Wolken regneten Regen (niV DIT î|D"lh P^^^ 12y W^D dit)» ^ donnerten Ozeane
(mVip nbinn lira po«r V'pip mnn jnj), « 'e soi se fendit
en fleuves, les eaux te virent, tremblèrent, les nuées firent pleuvoir la pluie, les océans tonnèrent ». Une question : Les eaux des ruisseaux et des wadis ont-elles attendu que les eaux souterraines viennent les renforcer pour se mettre à trembler? Et pourquoi n'ont-elles pas imité les eaux des nuées, qui, loin de trembler, sont tombées dru sur le char divin et sur Yahwé ménnie, au point de le mouiller jusqu'aux os? Passons. Pour le sens réel, voir mon commentaire.
\\. Avec les mots vjyj î)n^*i> D^"l (^- ^^^^) etiyjjBf, le premier mot de verset 1 1 , on a construit la phrase iniîDI t£to2^nE^3> « et le soleil oublia son orient » {Vnd Sonne ver^
len Aufgang.) Ce phénomène est expliqué comme il suit : leur s'est involontairement présenté l'orage comme un icturne qui se prolonge cependant après cela durant le les étoiles n'osent pas sortir, le soleil, qui est ordinaîre- )oussé à parcourir sa voie, oublie son devoir dans Padon pleine de terreur de la scène grandiose de la théo- I, et la lune reste dans son habitation que nous aurons à ler au delà de l'horizon, dans le ciel, et ne luit pas non {Der Verfasser hat sich unwillkiïrlich dos Gewitter als chtliches vorgestellt, dos sich dann aber in den Tag zieht; die Gestirne wagen sich nicht hervor^ die , die es sonst dr'àngt ihre Bahn zu durchlaufen^ ver-in schreckenerfullter Bewunderung der grossartigen der Theophanie ihre Pflic t, und derMond bleibtin sethausung^ die wir uns jenseits des Horizôntes im Eim- ; denken haben werden, leuchtet also auch nicht). Si le L oublié Torient, ce qui, dans l'occurrence, est en somme ble, l'oubli commis par Habacuc h l'égard des étoiles eaucoup moins quand il s'agit d'un voyage de nuit, car arque de M. D., que ces petites flammes n'ont pas osé itrer, vient quelque peu trop tard. Est-il encore permis lemander comment le savant critique sait que Tauteur a lé involontairement cette expédition nocturne, qui se ge jusqu'au grand jour? La lenteur de la marche divine éconcerte aussi pas mal. YaHwé, qui n'a pas de trains ;ages derrière lui, a mis du temps pour aller à la rende l'arrogant Macédonien qui menace l'existence de son élu. Le soleil, qui pendant douze heures avait oublié t, a fait en quelques minutes avant le jour la longue élaissée, et Yahwé n'a pas pu hâter ses pas ! Telles sont stions qui m'obsèdent; pourrais-je avoir une réponse?
Pas de remarque^ sur y-)x nyvr?» di^l lecture y-|y me
encore très vraisemblable, nw» co^ï^ï^e son synonyme
îst à la fois neutre et actif; dans ce dernier cas, il régit
lement l'accusatif.
L'emploi verbal du nom y^^ n'est pas plus eztraordi-
— 447 ~ naîre que celui de nT3nDn HX VW^b (Nombres, x, 2). Du reste, les infinitifs nx TOnxb' HKtV «n'iX mn> n^jt^ÈT? (Deutéronome, i, 87) sont de vrais noms.
L'extase présente le dénouement de la crise; tel est l'avis de M. Duhmqui laisse libre de trouver, dansle pluriel de (jj^nnC^Xli) n>^j,« avec colère, tu foules les peuples, » tantôt une généralisation poétique du singulier, l'envahisseur Alexandre, tantôt une allusion à ses alliés les peuples sauvages qui ont fait irruption de Cappadoce {die wilden Vôlker die ans ^çjj hervorgebrochen
sind)^ et encore à tous les autres peuples qui sont pleins d'hostilité contre le peuple de Dieu. Il laisse enfin la possibilité que « Habacuc a vu planer devant lui quelque chose de ce qu'on nomme autrement le jugement universel; la catastrophe prophétisée concerne au fond tous les peuples, bien que tous ne soient ni jugés ni punis. En effet, la prophétie et l'apocalyptique, depuis Isaïe jusqu'au dernier pseudo-épigraphe, ont régulièrement le jugement universel Ainsi planent ici également des idées eschatologiques sur les considérations que notre prophète -consacre aux débuts de la puissance universelle des Grecs Pourquoi Yahwé est-il oc sorti »? Pour apporter du secours au peuple du prophète ou plutôt à son propre peuple; c'est pourquoi il foula tout ce qui lui tomba sous les yeux! Son courroux et sa colère ne concernèrent pas autant la corruption générale de l'humanité, que l'oppresseur des siens » {In der Tat hat die Prophétie und die Apokaîyptik^ von lesaia bis auf das letzte Pseudepigraphon regelm^sig dos Endgericht, die entscheidende Krisis derWeltgeschichte..... Sa schwebt wohl auch hier der eschatologische Gedanke ûber den BetrachtungeUy die unser Prophet den Anfkngen
der griechischen Weltmacht widtnet Warum ist Jahve
€ ausgezogen d? Um vor allen Dingen dem Volk des Prophe-ten, vielmehr seinem eigenen Volke Rettung zu bringen V. 13**. Darum zertrat er was ihm vor augen kami Sein Grimm und Zomgaltnicht sowohl der allgemeinen Ver der btheit der Menschen^ als dem Bedrânger der Seinigen). Tout cela est bel et bien in abstractOy mais les esprits sobres demanderont néanmoins comment un tel apparat belliqueux
et de tels actes de sévérité peuvent être dirigés contre un envahisseur qui n'a jamais fait mine de mettre en péril l'autonoraie de la Judée et de sa religion? La question est d'autant
^ plus urgente, que les Juifs n'avaient pas beaucoup à se louer
de la dernière phase du régime perse, comme le montre Tagisse-
^ ment de Bagosès, malgré les exagérations qu'il peut y avoir.
^^- Yahwé ne sortit pas seulement pour sauver son peuple (px j^ghj)
ngy), mais, ainsi qu'il est tout de suite expliqué, pour sauver son oint (nn^itfo nx J^tt^b)- Q^'^^ n'entende pas nnj/o comme une épithète religieuse d'Israël, il en résulterait néanmoins que les intérêts du peuple et du yahwéisme étaient alorsen même temps en jeu; comment adapter cela à ce que l'histoire fait présumer sur les relations d'Alexandre avec la Judée? Comme précaution littéraire, M. Duhm s'exprime de manière à nous laisser le choix de voir dans le rr^^fo un roi, et de placer la prophétie de Habacuc deux siècles avant (au temps des rois), ou deux siècles après Alexandre (au temps de Jannée!); il dem.eure positif que tous les efforts du commentateur tendent uniquement à représenter Habacuc comme contenoporain d'Alexandre. Aussi cherche-t-il à écarter la difficulté historique : tt Si Alexandre a jamais visité le grand prêtre Jaddua, alors Habacuc n'a déjà pas vécu lors de cette visite, ou bien la visite a été d'une manière toute différente de ce que Josèpbe l'a décrite i {Wenn Alexander ûberhaupt den Hohenprieêier Jaddua besucht hat^ so hat entweder Habakuk es noch nicht erlebt oder dieser ist ganz anderer Art gewesen als Josephus ihn derstellt).
L'histoire doit donc reculer devant les spéculations exégétiques! ce car, ajoute M. D., suivant chapitre i, 10, les rois et les chefs des peuples sont l'objet de railleries de la part du troubleur de l'univers j> {Nach C. i, 10, sindja die Kônige und VolksMupter fiXr den Weltstwmer nur ein Spott). De mieux en mieux!
13 bc. Cette moitié du verset 13 se joint au verset 14 pour former la dixième strophe, suivant M. Duhm, qui, en ce qui concerne 1 3 bcy accepte la leçon massorétique. Mais ses vues interprétatives diffèrent de toutes celles qui ont été admises
jusqu'à présent. Il traduit «g^^ n'3D B'i^l nvriD • « Tu
^TT ••• t:-t
broyas le sonimel de la maison du méchant » {Du zerscheUtest des Frevlers Hamfirst), au lieu de c Tu broyas le chef de la maison (ou de la famille) du méchant », et il invoque l'image analogue de Thémistiche suivant. On peut penser autrement; car si le terme ^^q*» s'applique souvent à un édifice, le
parallèle '^ifn^ ne s'adapte qu'à des personnes : p'^a "INîV»
a cou d'une maison », est inouï en hébreu. Par contre, *î^d>,
c base », s'emploie bien en parlant des personnes : par exemple, Proverbes, x, 25, « le juste est une base éternelle » ; cf. Job, IV, 1 8, Cela nous dispense de suivre les autres considérations de l'auteur, qui n'a pas songé à ponctuer n^ny , pa-
rallèle à nïflID» *^ '^^^ ^^ nTIV- D'ailleurs, la traduction
c aufreissend den Boden manneshoch » (en déchirant le sol à la hauteur d'homme), satisfera bien peu d'hébraïsants. Puis, on ignore définitivement à quelle maison construite par Alexandre, le prophète fait allusion. Plus malmené est le verset 14, matériellement et théoriquement : matériellement, en détachant du texte les deux derniers hémistiches, comme des interpolations tardives, et en créant des expressions contraires au génie hébreu ; théoriquement, en attribuant au prophète ridée absurde que Yahwé s'acharnera personnellement contre Alexandre, afin de sauver un peuple, son peuple Israël, qui ne peut lui reprocher aucun acte hostile. Après avoir pris d'abord {2^)^-) dans le sens de c sommet, faîte », il traduit dans le deuxième hémistiche ^Bfxi (pour '^s/xi) ^190S I^^pi par Durehbohrstet sein Haupt mit dem Speer, « tu transperças sa tête avec la lance »; la suite arrangée : ^ învb^ lîlS» comment peut-elle signifier : Ihm wurden versprengt seine Fûhrefj « ses conducteurs lui furent dispersés »? nips "^
signifie pas < conducteurs > , et ceux-ci qu'ont-ils à faire dans cette bagarre? Au moyen d'insignifiantes modifications de quatre lettres seulement, le verset devient on ne peut plus clair. Le prophète, après avoir décrit la scène de TExode, prie Dieu qu'elle soit renouvelée dans le temps présent :
« Transperce avec ton bâton (?j1gp5 n^p} PO"r WDD nSjJi) la tête de ces impertinents (tv^Ô pour ^ng) qui se ruent pour me disperser, (eux) dont la joie particulière est (^^ onv^bv pour Toj y) de dévorer le pauvre en cachette, » Voir le commentaire. Une prière est inéluctable à cause du titre de nS&n
(m, 4 ), et oii la trouvera-t*on a ce n'est dans les versets 1 1-1 S ? 15, Péniblement associés par M. Duhm au verset 16, dans le seul but de former une strophe, ces versets hurlent ensemble dans la traduction : Du statnpfest ins Meer seine Rosse ^ in den Schlatnm der vielen Wasser I Ich hôrf es^ da bebte mein Leib, es gellten beim Schall meine Lippen^ € tu foulas dans la mer ses coursiers, dans la vase des eaux abondantes! Tai entendu cela, alors mon corps trembla, mes lèvres frémirent au bruit ». Le tremblement paraît avoir été une condition vitale pour l'infortuné Habacuc : il tremble quand Dieu prépare ses armes contre l'assaillant d'Israël et il tremble encore plus fort quand Dieu jette cet assaillant dans la mer! Je me trompe, la crise du tremblement, arrivée au comble, ne concerne que la perte des chevaux noyés ! Puis, par une dérogation de la physiologie humaine, Habacuc entend ce que tout le monde voit : û en^ tend s'écrouler la maison du méchant, entend se disperser les alliés de celui-ci, et entend encore les coursiers refoulés dans la mer. Dans une vision, le service de la vue n'est cependant pas tout à fait négligeable, surtout quand on admet, comme le pense M. D. au verset 2, m, la lecture in>j(-|» au lieu de nn^T^, et
quand on annonce que les fondements ont été mis à nu {'wie er dos Fundament entblôsst). Il est vrai, le commentaire trouve dans y\p^ un indice que le bouleversement a été effectué par un coup de tonnerre tombé sous la maison ; mais tout de même, pour s'apercevoir du trou béant, il faut recourir à la vue et l'ouïe seule ne suffit pas. M. D. est d'ailleurs du même avis lorsquif commente la chute des chevaux : « Au bruit mes lèvres tremblèrent jt ne signifiera autre chose que ceci : au moment où le voyant vit l'armée ennemie se précipiter dans la mer avec un bruit extraordinaire, il poussa un haut cri. Il ne pensa pas en ce moment que c'étaient les ennemis iniques qui lurent ainsi
horriblement détruits; e'étaient, malgré tout, des hommes. C'est de la même manière que la plus grande horreur saisit Tauteur d'Isale, xxxi et suivants, sur la soudaine catastrophe deBabeU bien que Babel ait oc foulé » son peuple » (<r Aufdem Schall gellten meine lippen » wird nieht anderes bedeutenals dass der Seher in dem Augenblick wo er dos feindliche Heer mit ungeheurem Getôse ins Meer sturzen sah, einen gellenden Schrei ausstiess. Er dachte in diesem aufregenden Moment nicht daranj dass es die zuchtlosen Feinde \^aren^ die so furchtbar untergingen ; es waren doeh eben Menschen, Ebenso ergreift den Verfasservon les. 2\ ff. dos starkste Entsetzen ûber die plôtzliche Katastrophe Babels^ obM^ohl Babel sein Volk « gedroschen » /lo^)/ Dans toute cette exposition, le savant critique emploie le verbe sehen, « voir >, pas une fois le verbe hôretij ce entendre d. Curieuse est la remarque suivante : Gerade der Schrei icheint auch die kataleptische Erstarrung aufzuhebeny ce Juste le cri semble mettre fin à la paralysie > ; le mot^p a donc une double portée^ car il désigne à la fois le bruit produit par la chute des chevaux dans la nier et le cri d'angoisse poussé par le prophète dans son sommeil cataleptique : d'une pierre deux coups î
16 c-f. Alexandre a la tête fracassée, la cavalerie macédonienne est noyée et enfouie dans la vase du fond de la mer, maw le prophète sorti du cauchemar, — il est vrai sans nous le dire, — continue à trembler et sent même ses os rongés par la carie, un peu par Faction réflexe de la vision terrifiante et beaucoup par un noble élan de pitié pour le lion mourant. < La vue des cadavres ennemis n^a jamais diverti le peuple d'Israël (Deutéronome, xxi, 22-23; Josué, viii, 29 ; x, 27), et les cris déchiraûta des agonisants et des fugitifs leur ont souvent fait verserde»lannesamères(Isaïe,xvi, 5,9-11; Jérémi«,xLVii, 6; xuxvl 1 ypaisim)3tf cela est exact et fort beau, mais qu'un voyant soit si atterfé sur le sort d'un ennemi qu'il a vu disparaître en rêve, voilà ce que l'éloquence la plus captivante ne réussira jamais à me faire croire. Je me borne donc à en faire honneur aux sentiments du savant commentateur, mais je me tiens au texte qui dit tout autre chose. Déjà en lisant la phrase alle^ mande : Ich sêufz' ob der Nothzeitj die nun dem Volk kammu
das uns befehdetj t je soupire (niXN P^^^ mjK) ^ cause du temps de déiresse qui vient maintenant au peuple qui nous fait la guerre i, on est choqué par les deux périphrases trop inadéquates : « jour de détresse t (Nothzeit), au lieu de oc destruction, anéantissement t {Vernichtung^ Verchwinden) et € le peuple qui nous fait la guerre > (das Volk das uns befehdety au lieu de « nos ennemis > (unsere Feinde). Plus inacceptable est encore le texte hébreu remanié avec ses deux solécismes : 1"* n-|iyj^ jj-|i aussi peu permis que t'^y^ jj-m pour
^bn ûion ou s nian; 2^ uvb ni^vb p^^^ uvb k^S;
3"* U^b P^^^ y^Mib ou KSV^» b'^n!?? '* Macédoine est loin de la Palestine.
17-19. Inutiie maintenant de perdre un mot pour combattre la séparation admise pour ces deux strophes par M. Duhm. Voir mon commentaire. J'ajoute seulement que la description de la terrible famine par Habacuc est, en effet, contemporaine de l'arrivée de l'armée chaldéenne en Syrie, et qu'elle a été aussi l'objet d'une description terrifiante par Jérémie (chap. xiv) ; les mots ^niJ^JDS riïjb (P^uï* nMOb) ^^nt partie intégrante du verset.
Résumons-nous en un mot : la thèse alexandrine ne tient pas debout, malgré notre profond respect pour la vigueur et la science de son auteur.
Le Livre d'Obadia.
La prophétie d'Obadia est une annonciation de destruction contre le peuple d'Édom, qui avait pris une part active à la ruine du royaume judéen au temps de Nabuchodonosor. Obadia avait assisté à cet acte cruel, et, conformément à la croyance générale qui considère comme des frères les ancêtres d'Édom et de Juda, savoir Ésaû et Jacob-Israël, il le stigmatise comme un fratricide impardonnable. Écrivant en exil, il espère que pendant cet intervalle Édom sera anéanti, et qu'au retour dans la Palestine les Judéens rapatriés occuperont l'Idumée pour leur
compte j de sorte que le règne de Yahwé en acquerra un nouveau lustre.
1 . Vision d'Obadia. — Ainsi dit le Seigneur Yahwé au sujet d'Édom. —
Une annonce nous est venue de la part de Yahwé, Des messagers sont envoyés parmi les peuples : Levez- vous, levons-nous contre (Édom), pour (lui) faire la guerre !
2. Voici, je t'ai rendu petit parmi les peuples; Tu es bien vil.