‹ Recherches bibliquesChapitre 83 sur 84 · GOMMENT LE MONDE FUT PEUPLÉ · texte numérisé non relu

GOMMENT LE MONDE FUT PEUPLÉ

{Légende Efik.)

<K Âbasi se leva, s'assit là, fit toutes les choses supéri les choses inférieures, l'eau, la forêt, la rivière, les soui

les bêtes de la forêt; il fit toute espèce de choses diuis le monde entier* Il ne fit pas Thomme ; tous les hommes habitaient en haut avec AbasL A ce moment aucun homme n'existait dans le monde; il n'y avait que les bêtes de la forêt , les poissons qui vivent dans Feau, les oiseaux que nous voyons voler dans Pair et beaucoup d'autres êtres qu'il ne paraît pas nécessaire d'énumérer, mais Thomme n'existait pas dans le monde : tous les hommes habitaient en exil avec Abasi dans sa ville; quand Abasi s'asseyait et mangeait, ils se joignaient à lui et Atal prononçait ces parôles.^

«: A la fin, Ataï l'appela, il répondit et elle lui dit : ft La situation telle qu'elle est n'est pas très bonne ; tu possèdes la terre qui existe ici ; tu possèdes le ciel qu'ils habitent; tu as fait un endroit entier pour y rester» et si tu n'y places pas d'homme, ce n'est pas bien. Cherche un moyen de placer l'homme sur la terre pour qu'il y demeure et qu'il allume du feu, de façon que le ciel soit chaud, car le froid y est coo* sidérable parce qu'il n'existe pas de feu sur la terre \ »

Abasîf le dieu céleste des Efik, crée toutes les choses qui existent dans l'univers^ en haut et en bas. Dans le monde infé* rieur, il fait apparaître les sources, les rivières, les forêts et les . bêtes qui les peuplent, à l'exception de l'espèce humainQ qu'il retint auprès de lui dans le ciel en prenant ses repas avec eux. La captivité était enviable, mais le fait de vivre ail* leurs que sur la terre leur donna l'apparence d'exilés. La déesse Atal trouva moyen d'arranger les choses selon le désir des hommes. Elle fit comprendre à son époux que la situatioo doit être modifiée dans leur propre intérêt. Il y a bien des êtres vivants sur la terre, mais aucun d'eux ne sait allumer du feu, et comme la chaleur ne monte pas vers le ciel, celui-ci est trop froid pour qu'on y soit à son aise. Lorsque les hommes seront établis sur la terre, ils allumeront du feu partout et la quantité de chaleur que le ciel en recevra le chauffera au point d'en rendre le séjour agréable. Abasi, par complaisance pour sa frileuse compagne, relâcha les hommes et les expédia sur la terre.

i. René Btm^t, ibidem, p. 223-224.

Le dieu de h petite tribu des Efik est as$ez puiesaot pour créer Tunivera dan» toute aou immensité infinie aiosi que l'eo* çeœlDie de» ^trea iuorgaoiques et organiques de ia terre «

Les Ëfik ont^-ils attendu Tingérence de je ne eaie quête Proto-Babylooiei^ dans leurs affaires pour se faire une idée de Tunivers et pour en attribuer la création à leur nùnuscule Abasi? Mais, dès le monaentqu^on remplace Abasi par Yahvé et Efik par Israël, cette ingérence devient une condition india-' pensable, et on nous le dit pertinemment au nom d'une pay<chologie infaillible I

Enfin, contrairement au Yahwé selon les critiques, qui tient absolunoent & ce que l'homme soit idiot, le bon Abasi trouve naturel qu'il puisse lui rendre service par son aptitude i. allumer du feu sur la terre. En fait de psychologie populaire, on fera bien de se laisser guider par le conteur Efik.

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