‹ Recherches Biochimiques sur le Grassbacillus IIChapitre 14 sur 18 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nutrition du Bacille. — Pour la nutrition minérale du Grassbacillus II et son accroissement régulier, le phosphore, le soufre, le potassium et le magnésium sont nécessaires dans des proportions déterminées (peut-être existe-t-il dans les produits purs que nous avons employés d’autres minéraux à l’état des traces chimiquement indécelables).

Le sodium ne peut remplacer le potassium, parce que il y a par suite de cette substitution, diminution très sensible dans le poids des bacilles secs ou frais obtenus.

b) Comme aliment azoté les substances organiques telles que le citrate, le tartrate ou le succinate d’ammonium, mais surtout l’asparagine ou l’acide aspartique se sont montrées beaucoup plus favorables que les autres substances minérales essayées, c’est-à-dire: le sulfate ou l’azotate d’ammonium et l’azotate de potassium. On peut dire que ces deux derniers sels sont des poisons pour ces bacilles.

L’acide du groupement carboxyle-aminé commun à tous les acides aminés, pasaît être mieux consommé par le Grassbacillus II.

L’Urée en faibles proportions peut être un bon aliment sans toutefois donner d’abondantes récoltes, elle a une action retardatrice à la dose de 4 gr. par litre de liquide nutritif.

c) La glycérine n’est pas un aliment ternaire indispensable au bon développement du Grassbacillus IL.

Les alcols polyatomiques (érytrite, maïñnnite) les hexobioses (saccharose, lactose) sont consommés par le Grassbacillus II, tandis que le bacille tuberculeux ne les consomme qu’en très faibles quantités.

Les polysaccharides sont très peu utilisés. On peut expliquer ce phénomène par la constitution stéréochimique qui paraît jouer un rôle important dans leur valeur alimentaire; en effet. parmi les hexoses, le fructose ne produit qu’un faible développement des bacilles.

d) Avec le glucose, le développement du Grassbacillus IL est moins prononcé qu’avec la Glycérine, à équivalence d'apport de carbone.

e) Un mélange de glycérine et de glucose, à parties égales, n’est pas aussi favorable au développement de ces bacilles que la glycérine seule, mais est préférable au glucose employé seul.

f) La réaction optima du liquide nutritif dépend de l’aliment donné: ainsi l’Asparagine, aliment azoté, la culture se développe plus rapidement et plus abondamment, si la réaction initiale du milieu est acide; si la réaction initiale est neutre ou alcaline, le développement ne se montre qu'après acidification du milieu.

11. Influence de l’âge. et de la composition du milieu sur la composition chimique du bacille.

a) Au cours de son développement, le Grassbacillus IT accuse une diminution de la teneur en azote d’une part, d'autre part une augmentation de la teneur en eau, jusqu’au moment où la culture atteint son plein développement et cesse de s’accroître. À ce moment, la culture s’immerge; il y a diminution du poids du bacille qui s’hydrate; il y a autolyse et perte d’azote.

b) La teneur du bacille en matières grasses n’est pas constante; elle varie en fonction de l’aliment donné. Elevée sur des milieux glycérinés, elle diminue d’environ 50% lorsque on substitue le glucose à la glycérine (à équi-

valence de carbone). Dans le cas où la glycérine est remplacée par du glucose, à parties € égales, on trouve un taux de la matière grasse intermédiaire d’une part entre celui trouvé dans les bacilles cultivés sur les milieux glucosés et d'autre part dans les bacilles cultivés sur les milieux glycérinés.

Nous avons constaté sur les trois milieux: glycériné, glucosé, et glycériné et glucosé un taux de matières grasses inférieur à celui signalé par Lobstein dans le bacille tuberculeux.

En ce qui concerne la qualité de matières grasses nous n'avons pas observé de différences appréciables; l'indice d’iode est un peu plus élevé, quand l'aliment ternaire est la glycérine.

Le taux de l’insaponifiable est variable mais il est supérieur à celui constaté par Lobstein dans le bacille tuberculeux.

En ce qui concerne la cholestérine, ce corps n’existe qu’en quantités minimes 6,16 — 0,95 pour cent grammes de bacilles secs. Nous avons observé que le taux de la cholestérine rapporté à 100 grammes de bacilles secs est plus élevé sur le milieu glycériné et sur les milieux glycérinés-glucosés, que sur le milieu glucosé. Lobstein a fait la même constatation pour le bacille tuberculeux.

La source d'azote demeurant la même en qualité et en quantité, la nature de l'aliment hydrocarboné qui provoque une diminution du taux des matières.grasses, produit un accroissement en azote dans la teneur du Grassbacillus IT, de telle sorte que les matières grasses, les substances protéiques s’équilibrent et que leur somme demeure sensiblement la même ue que soit l’aliment ternaire utilisé.

c) La teneur du Grassbacillus IT en azote varie avec la quantité et la nature de l’aliment azoté, les autres composants demeurant les mêmes.

d) La teneur du Grassbacillus IT, en matières albuminoïdes est en fonction de l’aliment hydrocarboné donné aux bacilles.

Nous avons observé que le taux des matières albuminoïdes augmente si on remplace la moitié de la glycérine par du glucose et surtout si la totalité de la glycérine est remplacée par du glucose.

e) La teneur du bacille en matière phosphorée est très variable. Nous avons constaté que le phosphore total, le phosphore lipoïdique, le phosphore nucléinique et le phosphore minéral insoluble dépendent de la nature de l'aliment hydrocarboné; par exemple si on remplace la moitié de la glycérine par du glucose et surtout si on remplace la totalité de la glycérine par du glucose. il y a une augmentation de la teneur de tous les formes de phosphore citées ci-dessus.

En outre le taux de ces diverses formes de phosphore croît au cours du développement du Grassbacillus IT, tandis que le phosphore organique soluble et le phosphore minéral soluble diminuent avec l’âge de la culture.

Strasbourg, le 14 Juin 1930 Vu et approuvé:

Strasbourg, le 16 Juin 1930 Le Président de la Thèse, Le Doyen E. LABORDE. de la Faculté de Pharmacie F. JADIN.

Vu et permis d'imprimer :

Strasbourg, le 17 Juin 1930 Le Recteur d’Académie, Président du Conseil de l’Université, Ch. *PFISTER:

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