INTRODUCTION
Le GRASS-BACILLUS se trouve dans la poussière sèche des herbes, dans celle des greniers à fourrage — Moœller a obtenu (1898) des cultures de ce bacille en ensemençant de la poussière de foine sur des plaques de gélatine.
Ces bacilles se présentent sous la forme de bâtonnets de 1à 5 x de long, sur 0,2 à 0,4 u de largeur.
Ils sont souvent légèrement courbés et sont fréquemment accolés en y. Dans les cultures sur milieux solides, on trouve facilement des formes ramifiées ou des éléments renflés en massue. Les cultures dans le lait montrent des formes coccotrix. Dans les jeunes cultures or trouve facilement des bâtonnets nettement mobiles. Le Grass-Bacillus est un acido-résistant qui peut être mis en évidence par un frotis de coloration d’après la méthode de Ziehl-Nielsen. Il se colore par la méthode de Gram. Comme le bacille de Koch, il résiste bien à la décoloration par les acides et l’alcool fort. C’est là aussi pour lui un caractère spécifique et toujours héréditaire. La forme change un peu avec la composition du milieu. On peut dire qu’il se modifie avec la nature des hydrates de carbone. Les cultures sont faciles à obtenir et se développent surtout bien entre 36°—37°, moins vite à la température du laboratoire soit 18° à 20°.
Dans la Gélose Glycérinée. — Le développement est très abondant à 37°. Après deux jours Mœæller trouve des petites colonies en forme de gouttelettes d’eau qui ne tardent pas à fusionner pour donner un revêtement jaunâtre.
ER
Dans le liquide sous-jacent, qui reste toujours limpide, se forment des grumaux d’un blanc jaunâtre qui se déposent à un moment donné .
Dans la gélatine. — En 4-5 jours, vers 20°, on a une culture assez abondante blanc-grisâtre ou un peu jau-
nâtre. La gélatine n’est pas liquifiée.
Dans le sérum coagulé, la culture est blanc grisâtre
et reste assez faible.
Dans la pomme de terre glycérinée. — À 37°, la cul-
ture est rapide et abondante; c’est un épais revêtement blanchâtre, humide; dans le liquide situé au-dessous du revêtement, il se forme un voile blanc, épais, plissé.
Dans le bouillon glycériné, il se forme un voile
grisätre ou un peu jaunâtre, qui se fragmente facilement. Le liquide reste clair et ne possède aucune odeur.
Dans le lait, le développement est très rapide; la ré-
action devient assez vite acide. Il se forme à la surface une pellicule fragile, le liquide prend une teinte brunâtre et ne se coagule pas. L’inoculation intrapéritoneale de ce liquide tue le cobaye au bout de 4—6 semaines, avec des cultures dans le lait le délai n’est que de dix à vingt jours. Les résultats obtenus sont très semblables à ceux que donne le Grass-Bacillus 1%. Le Grass-Bacillus II paraît cependant moins virulent.
Freymuth dit avoir obtenu avec ce dernier une véritable maladie avec production de tubercules. Le même auteur a observé chez les animaux à sang froid: grenouilles, crapauds, lézards, des lésions très semblables à celles qu'y produisent le bacille aviaire et le bacille
pisciaire.
Si au point de vue bactériologique, le Grass-Bacillus II a été étudié avec soïn, il n’a fait l’objet d’aucune re-
cherech chimique.
Me plaçant donc surtout sur le terrain biologique, J'ai cultivé le bacille sur des milieux chimiquement définis aussi simples que possible — d’ailleurs, sans qu'aucun
T0 on
d'eux fut nécessairement le milieu optimum. J’ai étudié l’utilisation par le Grass-Bacillus II de diverses matières azotées ainsi que celle des hydrates de carbone. J'ai étudié aussi les variations des matières grasses du Grass-Bacillus II, après culture sur des milieux différents: Glycérine, Glucose, Glycérine et Glucose, en vue de déterminer si les corps gras formés par ce bacille varient en qualité et en quantité.
J’ai recherché en outre les variations des matières alluminoïdes et phosphorées après culture sur les mêmes milieux: Glycerine, Glucose, et Glycerine et Glucose.
Ce travail est divisé en 2 chapitres:
1) Dans le premier chapitre j’ai étudié la culture de Grass-Bacillus 11 sur des milieux chimiques définis au point de vue du rendement, en fonctions de diverses alimentations: azotée, ternaire et aussi linfluence de réaction du milieu sur le développement de la culture.
Le chapitre IT° est consacré à l’étude de la composition chimique du Grass-Bacillus et aux variations de cette composition sous l’influence des milieux nutritifs et de l’âge des cultures.
Ces recherches ont été effectuées dans le laboratoire de Chimie Orgunique et Biologique de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. Avant de les exposer nous voulons exprimer à notre maître, Monsieur le Professeur E. Laborde, qui a bien voulu nous donner le sujet de cette thèse, notre respectueuse gratitude pour lintérêt avec lequel il a guidé notre travail, ses précieux conseils, ses encouragements et aussi l’'empressement avec lequel il a mis à notre disposition tous les appareils et produits nécessaires. Nous conserverons un bon souvenir du temps passé dans son laboratoire. Qu'il veuille bien recevoir ici l'hommage de notre reconnaissance.
C’est pour nous un devoir bien agréable à remplir que celui d'exprimer à Monsieur le Doyen Jadin tous nos sentiments de respectueuse reconnaissance pour
l'accueil si aimable que nous avons reçu de lui et pour l'honneur qu’il nous fait d'accepter de faire partie du Jury de cette thèse. Nous en garderons un souvenir durable.
Nous prions aussi M. le Professeur E. Lobstein d’agréer nos plus vifs remerciements pour l'intérêt qu’il n’a cessé de nous témoigner au cours de ce travail et qu’il veut bien nous continuer en acceptant de faire partie du Jury de notre thèse.
Nous remercions Monsieur le Professeur À. Sartory, Professeur de Bactériologie et de Cryptogamie qui a bien voulu mettre à notre disposition les appareils nécessaires à la culture des bacilles qui ont servi à nos expériences. Nos remerciements s’adressent aussi aux collaborateurs du Professeur Sartory, MM. R. Sartory, Chargé de cours et Mayer, Assistant qui ont bien voulu contrôler, pendant la durée de notre travail la pureté des cultures de nos bacilles.
Nous adressons également tous nos sentiments de gratitude à M. le Professeur E. Terroine qui nous a fait bénéficier largement de sa grande expérience dans le dosage si délicat et si précis des corps gras.
Nous remercions très cordialement M. Bonnet, Dr. ès-Sciences, chargé du cours de Physique Biologique de la Faculté des Sciences de Strasbourg, qui a bien voulu nous aider de ses précieux conseils au cours de nos recherches.