PRÉPARATION DES PROTÉIQUES DE LA LEVURE
Il n'est pas facile, comme nous l'avons vu, de préciser dans tous ses détails le mode de synthèse des protéiques chez les plantes hétérotrophes eten particulier chez la levure. Mais, au moins, avons-nous sur ces protéiques des indications complè-
à tes? Connaissons-nous, à défaut de leur origine, leur nature,
; leur constitution, leurs propriétés? En examinant la littérature scientifique, nous allons voir qu'il n'en est rien; c'est pourquoi j'ai cru utile d'attaquer également la question par cette face.
Les premiers essais systématiques d'extraction des protéi-
ques de la levure remontent à l'année 1844 : c'est NCHLOSSBER- GER (1) qui le premier en à extrait par l'action de la potasse Ë étendue, suivie de filtration et de précipitation par l'acide sul- 1 furique, un corps contenant de 13,75 à 14 0/0 d'azote et pos- . sédant quelques-unes des réactions colorées des protéiques. à Neceu et Low, dans leurs recherches sur la composition ehi-
(4) ScuLosesencer, Liehig's Ann. d. Chemie u. Pharmazsie, 1 54, p. 193 (1844)
Pt
mique de la levure (1) extraient, soit par macération, soit par ébullition avec l'eau, des corps mal définis, paraissant appartenir au groupe des protéines simples.
Jusque-là, la teneur de la levure en protéiques est loin d'être fixée. Ainsi Payex (2) indique une teneur en matière azotée de
15 0/0 de pro-
62,73 0,0, tandis que Næceut et Lœw donnent téiques avec 2 0,0 de peptones et 4 0/0 de matières extractives (azotées ?), D'après Srurzer (3), sur une teneur de 7,776 0/0 en azote de la levure, 5,519 0/0 appartiennent aux protéines et 2,257 0/0 aux nucléines, soit un rapport de 5/7 à 2/7 environ. D'autre part, il y aurait 63,80 0/0 d'albumines et 36,10 0,0 de nucléines.
BoronxY (4), sans chercher à extraire les matières protéiques elles-mêmes, fixe la quantité d'albumine que renferme la levure à 3,50 — 5,90 0 0.
En somme, aucun des précédents auteurs n'a eu entre les mains de produits correspondant vraiment à ceux qui forment le protoplasma de la levure. I fallait la méthode de Bucaxer pour arriver à extraire le contenu cellulaire et expérimenter avec Jui. E. Bucuxen signale déjà un fait précis : c'est que le sue de presse qu'il obtient renferme « des albumines coagula- « bles comme celles des organes des animaux » (5). Mais c'est WnogLewski (6) qui extrait Le premier du sue de levure de Bucuxer des protéines. I procède par coagulations successives et obtient des corps coagulant à 41°, 51°, 56°, 59, 629 et 68° ; il montre que ces corps précipitent par saturation partielle ou totale avec Le sulfate d'ammonium ou par addition d'alcool.
Quelques annees plus tard, R: ScuRoEDbER (7) réussit, par une
(1) Neceu ct LEw, J. /. prakt. Chemie, 1 à À p. 403 (INTK), el aussi Liehigs Ann. LL A93, p. 322
(2 Pasex, Wemoires présentes par divers sarants étrangers, L. 9, p.32.
(3) Nrurzen, Zeits. physiol. Chemie, À 6, p. 572 (ANN2).
(4) Boronxy. Zeifs. f. Spiritus industrie, L A8, p. 33 (4900.
(5) E, Bueuxer, I, Becuxen et M, Hanx, Die Zymasegührung, Munchen
t Berlin, 1905 l À (6) Wuounewskti, Der, dent. Chem. Guersell Le 84, 1. 4218 (1898). (7) R° Seurœper, Beitr. 5. chem. Physiol. uw. Pathol,, 1.2, p. 389 (1902).