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Il est à remarquer, en eftet, que si l'on peut admettre chez certaines plantes vertes et dans certains cas une synthèse des acides aminés par l'intermédiaire de lacide cyanhydrique, démontrée d’ailleurs par les recherches de Treug (1), cette hypothèse est plus difficilement soutenable chez les végétaux sans chlorophylle, ou ce corps n’a pas encore été constaté. On ne connaît pas de bactériés qui produisent de l'acide cyanhydrique, et les glucosides qui dérivent de ce produit n’existent pas chez les champignons, bien que ceux-ci semblent particulièrement aptes à sécréter les ferments hydrolysant ces mêmes glucosides.
Un grand nombre de végétaux hétérotrophes empruntent leur azote à des produits organiques plus ou moins complexes, depuis les amides voisines des sels ammoniacaux, jusqu'aux protéiques les plus compliqués, en passant par les peptides et les acides aminés. On trouve généralement que les aliments complexes sont simplifiés par le jeu de ferments appropriés, de telle sorte que les protéiques, par exemple, sont ramenés aux acides aminés qui les constituent. Dans bien des cas, le mécanisme, simplificateur est encore inconnu (utilisation des alcaloïdes, des noyaux hétérocycliques, etc.).
Quoi qu'il en soit, beaucoup de plantes, en consommant les protéiques, ne s’arrêtent pas au stade acide aminé, mais vont d'emblée jusqu’à l’ammoniaque : c’est le cas de lAspergillus niger, étudié par Burkewirsca (2), et de nombreuses bactéries. On peut facilement faire pousser des moisissures sur des milieux contenant des acides aminés ou des peptides comme unique source d'azote ; l'Asp. niger pousse très bien sur de tels substratums. Il forme ses protéiques indépendamment de l’aliment azoté fourni, c'est-à-dire que leur composition n'est pas influencée par la nature de Pacide aminé fourni ainsi que l'ont montré ABDERHALDEN et Rona (3). Il parait évident que dans ce
(1) Treus, Ann. Jardin bot. Buitensorg, t. 43, p. 1 (1895) ; tbid., 2e sér., t. 4, p. 86 (4905). ;
(2) Burkewirseu, Jahrb. f. wissenschaftl. Botanik,t.38, p. 147 (1903). (3) Agperkazoen et Rona, Zeits. physiol. Chemie, t. 46, p. 179 (1905).
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cas l'azote de l'acide aminé est détaché sous forme d'ammoniaque. Dans le cas des peptides, il y a hydrolyse préalable, puis en général « désamination ». La levure n’agit pas autrement lorsque l'azote lui est fourni sous forme d'acides aminés ; le mécanisme est peut-être un peu plus compliqué, il y a rupture du chaînon terminal et formation d'un alcool contenant un chainon carboné en moins, mais en fin de compte on aboutit encore à une désamination (1).
Si on généralise, on voit qu'une conelusion — possible, mais non nécessaire — peut être tirée de ce qui précède : c’est qu'un corps azoté donné paraîtra un aliment d'autant meilleur qu'il fournira plus facilement son azote à l’état d'ammoniaque (sous réserve, bien entendu, qu'il ne se forme pas en même temps de produits toxiques ou capables de gêner l'assimilation de l'ammoniaque). Cette désamination préalable des corps azotés plus ou moins complexes fournis au végétal, avant toute utilisation de l'azote, nous ramène aux deux cas 4 et-b (voir plus haut, p. 12).
Nxçez1 pensait que la constitution chimique des aliments joue un grand rôle dans leur faculté d’assimilation par les plantes (2), mais cette constitution n'a pas, d’après ce qui précède, l’importance qu'il lui supposait, au moins pour les aliments azotés (3).
En résumé, il faudrait donc admettre que chez les végétaux hélérotrophes, l'assimilation de l'azote, que celui-ei soit donné sous forme minérale (sels ammoniacaux, nitrates) ou organique (protéiques, peptides, acides aminés, amides, amines, noyaux divers), revient loujours en définitive à une formation préalable d'ammoniaque, qui se fire ensuite sur le sucre où un de ses produits de transformation.
Cette conclusion est sans doute valable dans la plupart des cas, Mais il est bien probable qu'il y a, comme chez les plantes autotrophes, plusieurs modalités dont certaines nous sont
; (1) F. Enruicn, Zeits. d. Ver. d. deut. Zuckerind., t. 55, p, 339 (1905), (2) Næcerr, Botan. Mittheil., t. 3, p.395 (1879). (3) Josr, loc. cit., p. 180,
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encore inconnues. Autrement, nous ne comprendrions pas pourquoi certains organismes préfèrent les nitrates aux sels ammoniacaux (A/ternaria tenuis, Mucor racemosus, Aspergillus glaucus, Bacillus pyocyaneus) (4). D'autre part, si les nitrates Sont toujours réduits au préalable à l’état d'ammoniaque, il faut admettre que cette réduction est possible à B. coli et B. subtilis en présence de glucose et non en présence de glycérine, puisque, d’après A. Fiscner, ces bactéries utilisent les nitrates en présence du sucre et ne peuvent utiliser que les sels ammoniacaux en présence de glycérine (2).
Je tiens à remercier M. A. Fervsaca de l'accueil bienveillant qu'il a réservé à mon travail, dont la première partie a été faite dans son laboratoire de l’Institut Pasteur. Je remercie également ma dévouée collaboratrice, Mme $S. KoLopzirssKA, qui m'a aidé de son habileté et de son travail minutieux et assidu dans l’exécution de la seconde partie.
Je désire exprimer à M. le D' Roux, Directeur de l'Institut Pasteur, et à M. Vazzery-Ranor, toute ma reconnaissance pour l'intérêt qu'ils ont porté à mes recherches.
J'ai trouvé auprès de M. Houar»n, Professeur à la Faculté des Sciences de Caen, l'accueil Le plus cordial; je lui en exprime ici tous mes remerciements.
(1) Josr, loc. cit., p. 181. ù (2) A. Fiscner, Vorlesungen über Bakterien, Léna 1897, p. 53.