IV. — Animaux des diverses classes
2 U. La respiration des animaux des diverses classes dans une atmosphère renfermant deux oli trois fois plus d’oxygène que l’air normal, ne présente aucune différence avec celle qui s’exécute dans notre atmosphère terrestre. La consommation d’oxygène est la même; le rapport entre l’oxygène contenu dans l’acide carbonique et l’oxygène total consommé ne subit pas de changement sensible 5 la proportion de gaz azote exhalé est la même ^ enfin les animaux ne paraissent j)as s’apercevoir qu’ils se trouvent dans une atmosphère différente de leur atmosphère ordinaire.
22^. La respiration des animaux, dans une atmosphère où l’hydrogène remplace en grande partie l’azote de notre atmosphère terrestre, diffère aussi très-peu de celle qui a lieu dans l’air normal. On remarque seulement une plus grande consommation d’oxygène, ce que nous avons^attribué à une plus grande activité que prend la respiration afin de compenser le plus grand refroidissement que l’animal éprouve au contact du gaz hydrogène.
Vous sommes loin de prétendie que notre travail présente une étude complète du phénomène de la respiration^
nous nous estimerons heureux si nous avons réussi à en établir les principaux faits, et si nos méthodes peuvent être de quelque utilité aux physiologistes qui, par leurs connaissances spéciales, seront plus aptes que nous à étendre ces recherches.
Nous avons cherché à mettre les animaux, autant que possible, dans les conditions de leur vie habituelle : nous pensons y avoir réussi. Cependant on nous objectera, peutêtre , que , pour maintenir l’air de notre cloche dans les conditions normales , il ne suffit pas d’absorber l’acide carbonique produit et de remplacer l’oxygène consommé; qu’il faut encore absorber les miasmes qui se dégagent du corps de l’animal, et que l’on regarde généralement comme pouvant exercer une influence très-nuisible sur sa santé, bien que leur quantité soit ordinairement trop petite pour pou-' voir être reconnue par l’analyse chimique. Sans nier l’existence de ces miasmes, nous pensons qu’on en exagère beaucoup les effets. Ainsi , pendant l’hiver, les moutons restent enfermés dans des bergeries que , dans beaucoup de pays, on maintient aussi closes que possible. Lorsqu’on y entre le matin, l’atmosphère est tellement puante, que l’homme qui n’en a pas l’habitude ne peut y séjourner quelques minutes sans se trouver incommodé ; et , cependant, les animaux ne paraissent pas en éprouver d’effets fâcheux. Au reste, nous pouvons certifier que, dans aucune des expériences où l’animal était soumis à un régime convenable, nous n’avons pu reconnaître chez lui des signes de malaise, même après un séjour de plusieurs jours; il prenait sa nourriture avec le même appétit que lorsqu’il se trouvait à l’air libre , et , au sortir de l’appareil , il reprenait immédiatement ses habitudes ordinaires. Le même animal a souvent subi un grand nombre d’expériences, et sa santé n’en a jamais paru altérée; quelques-uns des animaux sur lesquels nous avons opéré, vivaient encore plusieurs années après.
Ou remarquera dans notre travail deux lacunes regrettables : il y manque des expériences sur la respiration des poissons , et des expériences sur la respiration de l’homme. Nous n’avons pas entrepris d’expériences sur les poissons , parce que nous savions que M. Valenciennes s’occupait de cette étude ; quant à la respiration de l’homme , notre intention était de nous en occuper d’une manière toute spéciale. Nous nous proposions de l’étudier, non-seulement sur l’homme sain, soumis à divers régimes d’alimentation, à l’état de repos ou à l’état de travail, mais encore sur des sujets affectés de diverses maladies , et nous espérions pouvoir nous associer, pour cette importante étude , l’un des habiles médecins des grands hôpitaux de Paris. Malheureusement, le nouvel appareil qui devait servir pour ces recherches, à cause des conditions spéciales auxquelles il devait satisfaire, exigeait des sommes beaucoup plus considérables que celles dont nous pouvions disposer, et nous fûmes obligés de renoncer à notre projet.
L’étude de la respiration de l’homme, dans ses divers états pathologiques, nous paraît un des sujets les plus dignes d’occuper les hommes qui se vouent à l’art de guérir; elle peut donner un diagnostic précieux pour un grand nombre de maladies, et rendre plus évidentes les révolutions qui surviennent dans l’économie. Les beaux résultats obtenus dans ces dernières années par Finhalation de l’éther et du chloroforme, en montrant la rapidité avec laquelle l’absorption se fait par la voie aérienne, font pressentir qu’on parviendra à administrer, avec succès, des médicaments gazeux, dont l’action à petite dose, mais longtemps prolongée , peut être efficace dans le traitement de beaucoup de maladies qui ont résisté aux médications ordinaires. Nos vœux seraient accomplis, si notre travail provoquait ces études qui peuvent être d’une si haute importance pour l’humanité.
. DEi'SINÉ ET GRAVÉ l'AH E W'EMISEM
■/-yW.-.,- y,. :r\w,r. .un. ,:/,u//,-^ ,S4,,/ .
■ /Vy
ryC^r
V’ZZZ />/ Z'^' ,)ZZZ' zvz
e ^ isa /•
»’ ( Vu//f^(^
0//li