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Du Quinquina gris (cinchona condaminea).
§ 4* Notre premier but ayant été d’éxa miner lâ tière cristallisable indiquée par M. Goraès dans le quîfli quina gris, matière non) mée cinchonin par ceiautéir’ nous avons du chercher à nous la procurer *, à cèl eflVt^ nous avons suivi le procédé de M. Gomès , tel’ijii’i! esl rapporté par M, Lauber, qui eti avait eu conïmunicàiloh par l’entre/nsie de M. VaUquelin , ët tel qu’il1 èéïïetnté dans le Traité cle Chiinié'd&Mi Thenàrd*. Nous' citerons textuellement ce passage :
« Le procédé consiste a laver successivement avec de » l’eau distillée l’extrait alcoolique de quinquina., et à » séparer par ce lavage la substance rouge insoluble , » qu’il considère comme le principe extractif Il réunit » et évapore à siccité les vapeurs aqueuses } il lave eq-, » suite le second extrait avec de l’eau saturée de potasse, j> qui entraîne, selon lui, le reste de l’extractif, et tout « le cinchonin sur le papier employé à filtrer les lf- » queurs. Enfin x il purifie ce cinchonin en lç faisant » dissoudre dans de l’alcool -, et en le précipitant dq » sa dissolution par de l’e^u distillée , il se réunit en » petits cristaux, et il est parfaitement pur.. Ce pro- » .cédé se réduit donc , en dernière analyse , à traiter )> l’extrait alcoolique par l’eau et la potasse, en re- » gardant comme extractif tout ce que l’eau n’a pas dis- » sous , et tout ce qui a été dissous par la potasse. »
Nous remarquerons ici que la substance obtenue n’est
pas entièrement pure, et quelle contient une matière grasse. Cette matière n’en masque cependant pas entièrement les caractères. On peut déjà s’apercevoir qu’elle jouit des propriétés alcalines. Cette remarque n’a pas échappé à la sagacité de M. Houtou- Labillardière neveu, Ce j|pne chimiste, préparant du cinchonin pour Upe leçon de M. Thénard, fut frappé de l’analogie que la cj.nçhppine avait aveç les alcalis végétaux déjà connus , ce qvij^éiîjdt, conforme à nos observations : ses occupations P^rlfpwl?ères ne lui ont point permis d’entreprendre un $ur ce sujet, et Jui-même nous a. engagés à cpnpnqe^ nos recherches, ;Nous n’çn devons pas moins reçonnpjtr/î, ici la justesse de ses, observations.
Procédé pour obtenir le Cinchonin .
§ 5. Voici la méihode que nous avons cru d’abord devoir employer pour nous procurer la cinchonine à l’état de purelé.
Nous avons traité à chaud 2 kilogrammes de quinquina gris concassé par 6 kilogrammes d’alcool fort -, nous avons répété quatre fois cette opération 5 les teintures alcooliques ont été réunies et distillées pour retirer tout l’alcool. Nous avons eu soin d’y ajouter 2 kilogrammes d’eau distillée , afin que la matière dissoute dans l’alcool fut garantie de l’action immédiate du calorique après la séparation de l'alcool. Cette substance , reçue sur un filtre qui donne passage à la liqueur aquensc , était d’une couleur rougeâtre , d’apparence résineuse -, dans cét état , elle fut lavée sur le filtre même , avec*de l’eau légèrement alcalis ée par de la potasse. La liqueur qui était passée à travers le filtre servit de première eau de lavage, après avoir été préalablement alcalisée ; après plusieurs jourà
de lavage, les liqueurs alcalines passant limpides et Sans couleur, la matière restée sur le filtre fut lavée avec une masse assez considérable d’eau distillée,- elle était alors d’un blanc verdâtre très-fusible , soluble dans l’alèool , et donnait des cristaux : c’était le cinchonin du docteur Gomès -/elle avait, dans cét état, quelques caractères des substances résineuses -, mais, en la dissolvant dans un ‘acide très-étendu d’eau , elle abandonnait une quantité considérable de matière grasse d’une couleur Verte qui avait tous les caractères de la matière grasse vef te obtenue pour la première fois par M. Lauber, en faisant immédiatement agir l’éther sulfurique sur le quinquina.
• iv * ' é
Nous remarquerons ici que si on employait un acide trop concentré, une grande quantité de matière grasse resterait en dissolution dans la liqueur, et; le cipclionin qu’on en retirerait postérieurement s’en trouverait souillé.
La liqueur aride (c’est l’acide hydro-çliloriquc que nous employions) était d’un jaune doré. (Evaporée, elle donnait des cristaux solubles dans l’alcool et dans l’eau. Sa saveur était très-amère j elle précipitait abondamment p/ir les solutions alcalines., les gallates, les oxalates alcalins y lais* saut des précipités solubles dans l’alcool , etc. Sans nous arrêter davantage à ces propriétés , que nous ne pouvions expliquer dans le moment , nous avons traité In dissor Jutioo par de Ja magnésie bicu pure et à l’aide d’une légère chaleur : le mélange a été alors jeté sur un filtre après son entier refroidissement, et le précipité magné* sien a été lavé avec de l’eau. Les premières eaux die lavage étaient jaunes ; elles ont ûui par être incolores. Le pré*cipité magnésien , suffisamment lavé et desséché au bainmarie , a été traité à trois reprises par de l’alcool 4 4 oV Les liqueurs alcooliques , très-amères , légèrement jaunâtres , ont donné, par évaporation , des cristaux cq aiguilles d’un blanc sale. Ces cristaux, redis$qus dans de l’alcool, et remis à cristalliser, ont dapuétune malièvp cristalline très-blanche et brillante. Dn peut aussi obteuif des cristaux très- blancs en les lavant à froid avec un peq d’éther sulfurique. Ces .cristaux sont de la cinchonino très-puLrç. '
Pour conserver l’hannonie de la nomenclature , il fait lait changer le nom de ci/ichonin en celui de cinçhoniuc,
puisque les Lises salifiablcs organiques déjà connues put
une terminaison de ce gem% : par respect pour les droits de M. Gomès ,. nous n’avions pas fait ce changement lors de la lecture de notre Mémoire a l'Académie *, mais MM. Vauquelin , Thénard et Déyeux , commissaires de cette société , ont passé par-dessus cette coi/ sidération.
De la Cinchonine.
§ 6. La cinchonine obtenue par évaporation Iciitede la solution alcoolique, se présente eu aiguilles jpiisjnar» tiques déliées , dont on ne peut déterminer 1^ formai /crifir talline. Par évaporation plus rapide, elle se dépose eu plaques blanches translucides ,, cristallines , réfractant la lumière.
La cinchonine est très-peu soluble dans l’eau 5 elle demande deux mille cinq cents fois son poids d’eau bouillante pour se dissoudre: par le refroidissement, laliqueur devient légèrement opaline , ce qui prouve que la, çtnchonine est encore moins soluble à froid.
La ciucbonine a une saveur .amère particulière, j mai# cette saveur est longue à se développer , et a p,eud’jolpusite en raison de l’insolubilité de cette substance ; elle se développe dans la cinchonine rendue soluble par son union avec les acides; elfe est alors très-amère, #typ? tique et persistante, eu toqt semblable à celle d’une forte décoction de quinquina , à cela près qu’elle est moins astringente, l’astringence du quinquina étant particulièrement due à un autre principe. La cinchonine , exposée à l’air, ne s’altère pas : cependant, à la longue, elle absorbe de l’acide carbonique, et quand qq Ja dissout dans une liqueur aci.de , elle produit uuç légère effervescence.
>■ Exposée à l’action du calorique dans des vaisseaux le** més , elle ne se fond pas avatjt de se décomposer. Le* produits quelle fournit paï la distillation à feu nu stuu ceux que produisent en général les matières végétait’* non azotées ; distillée avec de l’oxide de cuivre dan* m\ appareil convenable, elle ne fournit que de l’eau et de l’acide carbonique. Elle est donc composée d’oxigène , d’hydrogène et 4e carbone en certain rapport , et l’azottj n’eutre pas dans sa composition : brûlée par le nitram d’ammoniaque , elle ne laisse aucune trace de matière* minérales , alcalines ou terreuses.
La cinchonine est très-soluble dans l’alcool , surtout à l’aide de la chaleur ; une solution alcoolique , saturée a la température de l’ébullition , cristallise par le refroidi*» sement ; les solutions alcooliques de la cinchonine *om très -amères , ce qui prouve encore que le peu d’amer-* tume de la cinchonine pure provient de sop insolubilité.
La cinchonine se dissout dans l’éther : cependant tdl© y est beaucoup moins soluble que dans l’alcool , surtout à froid ; elle se dissout aussi , quoiqu’on très-petit* Quantité , , dans .les huiles fixes ou volatiles, du moiu* dans l’huile de térébenthine. Ces dissolutions sont amè* rcs. L’huile de térébenthine , saturée de cinchonine à une température élevée , l’abandonne en grande partie, sous forme cristalline, par le refroidissement relie ne se dépose pas de ses dissolutions dans les huiles fixes.
§ 7. Nous allons maintenant considérer la cinchonine sous le point de vue de l’alcalinité que nous lui avoiu reconnue. La cinchonine ramène au bleu le tournesol rougi par un acide *, elle s’unit à tous les acides, et parait former des combinaisons neutres et sans aucune action
*ur l« tournesol, avec les acides minéraux les plus énergique*. Ces combinaisons se présentent sous des aspects éitléreus, et ont des proportions constantes. Nous parle-2 py »)5 de chacune en particulier. ' *
La cinchoniue ne s’unit pas aux corps combustibles j ui à celles de leurs combinaisons avec l’oxigène qui uc sont pas acides. Lorsqu’on traite dè la cincbonine par de l’iode avec l’intermède de l’eau , l’iode est changé en acide iodique et hydriodique , qui restent combinés jvec la cinchonine à l’état de sel neutre. Tant que les liqueurs sont chaudes , elles restent transparentes $ mais , par le refroidissement , il se précipite une poudre blanche qui est un mélange d’iodate pt d’bydrjodate de cinchonine , puisqu’on versant dessus de l’ajcidp sulfurique , il sti fait sur-le-champ un dégagement d’iode très-marqué. Ce mode d’action de l’iode sur une substance végétale soupçonnée alcaline nous paraît' une des preuves les plus fortes à dorme? en faveur de l’o^isjionce réelle de l’alcalinité i il peut faire distinguer le$ aiçalja yégéjau* Jp quelques autrq$ $HMnnces ' qu’on. ppurraU rega rdejç çoinme alcalines, eu ;rie considérant que la propriété quelles pourraient avoir de s, e dissoudre dans les açides» Liïs alcalis qui ne forment que des spU arid-es doivent * cntre.autres épreuves , être soumis à celle-ci. ,\iiZ
Du Sulfate de çinçhpftim
£ 8. L’acide sulfupique s’unit à la cincbonine, et forme avec cette base un sel neutre très-soluble. Ce sel peut l’obtenir facilement cristallisé : les cristaux paraissent être dos prismes à quatre pans , dont deux plus larges j
ils sont terminés par pua. face inclinée. Ces cristaux , quelquefois très-déliés, se réunissent, ordinairement en faisceaux : ils sont un peu luisans, llexibles, etleur saveur esj très-amère. Ce sel est soluble dans l’alcool -, il ne se dissout pas dans l’éther. Exposé à l'action de la cliar]eur, il se fond comme de la cire à. une température peu supérieure à, celle de l’eau bouillant^ Un degré de chaleur plus élcy ée Je décompose.
"Nous l’avons soumis à l’analyse d’après la méthode que, nous avons avons exposée dans notre Mémoire sur la Strychnine , et en employant toutes les précautions nécessaires , il nous a donné les résultats suivans :
Cinchonine j ' "100; -
. * “ 1 Acide sulfurique , i3,oaio;
• i .Qu J . ■ t ; / ' o'f *»»>•• ••**01 ù.; ^ î * » ,
Acide sulfurique , 100 j » .
Cinchonine , 768,0646.
Si, d’après cette analyse , nous calculons le poids de
la molécule dé cinchonine , nous trouverons qu’il est
de 38,488 , le poids de la’moléculë d’oxigène étant pris pour unité. Nous rappellerons ici 'que M. Thomson, ayant calculé' le poids de la molécule des alcalis organiques découverts à cette époque , a trouvé les nombres
suivans : - * '
Morphine , /[Oyi5o ;
Picrotoxine, " 4^»000 i Strychnine , ;
Drucine , 5i,5oo.
Il résulterait de ces considérations que la cinchonine serait l’alcali qui aurait le plus de capacité, puis vien-î
■draient la morphine et le picrotoxine. N$us observeront cependant que si le poids de la molécule de picrotoxînè a été calculé d’après • l'analyse de sou sulfate, ce sel étant toujours avec excès d’acide, son nombre' proportionhel est peut-être un peu trop faible. En général, il est difficile d’établir d’une manière rigoureuse le nombre proportionnel des alcalis qui saturent imparfaitement les .acides : c’est ce qui fajl que, .dans notre Mémoire sur J’analyse des plantes dp la famille des colchiques y nous n’avons pas cru devoir donner celui de La vératrine.
L’acide sulfurique ne paraît pas former avec la ciuchor nine de sur-.sel ; les cristaux obtenus d’une solution de einchoninc dans un excès d’acide sulfurique ne différaient pas sensiblement de ceux obtenus d’une solution neutre ; ils pouvaient d’ailleurs être dépouillés de leur
excès d’acide par des cristallisations subséquentes/ *
De V Hydre chlorate de einchoninc,
§9. L’acide hydroclilorique forme avec la cincho^ jiiue un sel neutre et très-soluble. Ce sel peut cepeu* danl cristalliser; ses cristaux se présentent en aiguilles réunies : il est impossible d’en déterminer exactement la forme. L’hydrochloraie de cinchouine est soluble dans l’alcool; l’éther sulfurique n’en dissout que des traces. Il se fond à une température inférieure à celle de beau bouillante, et; par conséquent moins forte que /celle à laquelle le sulfate de cinçhonine entre en fusion.
L’hydrochlorate de cinchonUie est composé, d’après Ja moyenne de plusieurs analyses , de :
Cinçhonine, 100;
Acide hydrochlorique , • 9,o35.
( 3oo )
D'un autre côté , si nous calculons l’analyse de l'hydrechlorate en faisant usage du nombre équivalent de eii»çhouine trouvée par ^analyse du sulfate, nous aurou»;
Cinchonine, 1005
Acide hydrochlorique , 8,901-,
quantités très-rapprochées de celles trouvées par l’aru. lyse directe. IN ous adôpterons de préférence ce dernier résultat pour la composition de l’hydroclilorate de cio* ebonine, parce que l’analyse de Thydrochlorate ne nousparait pas pouvoir être faite avec autant de précision qu*. celle du sulfate. *
, if « ’ •
Pu Nitrate de cinchoniue.
§ 10. Pour préparer le nitrate de cinchonine, il fQU| employer de l’acide nitrique très-étendu -, car l’acide nitrique concentré réagit sur les élcmens de la cincltoiwne. Si on convertit celui-ci en matières amères et tan- Hautes , on peut obtenir un nitrate de cinchonine neutre. Lorsque la solution est assez concentrée, soit à -chaud soit à froid , ufte portion du nitrate se sépare en gouttelettes d’appafence oléagineuse , et qui , à une basse température, ressemblent à de la ciiie^ Ce caractère distingue éminemment lu cinchonine des autres alcalis organiques étudiés jusqu’ici. 11 dijlére aussi des nitrate» do strychnine, de morphine et de hruchie, en ce qu’il jte devient pas rouge par un excès d’acide nitrique.
L’analyse directe du nitrate de la cinchonine n’a pas été faite } mais comme ce sel est neutre, an peut l’établir par le calcul ; on, aura alors les résultats suivaus :
( 3 'oi )
Cinchonine , . 100,000 ;
Acide nitrique , 17,594»
Vy.i
JS*;
Du Phosphate de cinchonine.
j U. Le phosphate de cinchonine est très^soiuble et Jillicilement cristallisable ; il ne donne môme que des ,udiutens de cristaux : le plus souvent il se dessèche m ns cristalliser , et.se présente sous forme de plaques
n sus parentes* »
De V Arséniate de cinchonine ,
Ç i,a< L’acide arsénique forme avec la cinchonine un sel* neutre très-soluble, cristallisant trèsniilFicilcmenU
flous n’avons préparé ce sel que pour donner un exem-
pie de l’union de la cinchonine avec un acide métal*
lique. 11 n’est pas douteux que ce sel ne soit vénéneux comme tous les arséniates.
De V Acétate de cinchonine,
§ i3. L’acide acétique dissout la çin,choninc ; la liqueur est toujours $cid^ malgré l’pxeès de là cinchonine (ju’ou pourrait avoir employé , et qui salons se déposerait au fond du liquide. Cet acétate par évaporation, à un
certain degré d’évaporation, laisse déposer sur lui , par refroidissement, une substance saline sous forme de petits grains ou de paillettes translucides. Ces petits crisuux lavés ne sont plus acides; mais aussi ne sont-ils que peu solubles. * Leur solution dans l’eau , aiguisée d’un pau* d’acide et évaporée1 lentement ou spontanément à *
|É» ( 3os )
siccité, donne une masse d’apparence gommeuse. Celte' masse, traitée par un peu d’eau froide, se dissout en partie. Ou obtient un acétate acide, et de l’acétate neutre reste au fond de la liqueur. On conçoit qu’un grand excès d’acide détermiue l’entière dissolution. /
De VQxalale de cinchomnp.
§ i4* L’acide oxalique forme avec lia cinchonine* un $el neutre, très-peu soluble à froid lorsqu'il n’est pas avec excès d’acide. On peut très-facilement avoir l’oxalate de cinchoniue en versant de l’oxalate d’ammoniaque dans un sel de cinchonine neutre et soluble. Il se forme sur-le-champ un prétipité blanc qu’on pourrait prendre pour de l’oxalate de chaux en raison de son insolubilité dans l’eau froide ; mais l’eau bouillante en dissout des quantités très-sensibles. L’acide oxalique en excès se redissout facilement; enfin il est très -soluble dans l’alcool, surtout à chaud : une partie s’en précipite par le refroidissement.
Du Tarlrate de cinchonine.
§ i5. L’acide tartrique forme avec la cinchonine 11a sel peu soluble. Les tartrates alcalins précipitent aussi les sels solubles de cinchoniuev Le ta r traie de la cinchonine n’est cependant pas aussi insoluble que l’oxalatçv .
Du Gaîlate de cinchonine .
^,16. L’acide gallique forme avec la cinchonine un sel neutre peu soluble à froid : ce sel est plus soluble à chaud. Pa£ le refroidissement, les liqueurs qui en
c ontiennent en solution se troublent et' deviennent laiteuses; niais, au bout de quelques heures, elles s’éclaircissent, et ou trouve le gallate de cinchonine précipité sous forme de petits cristaux grenus, translucides, attachés aux parois du vase.
Il paraît certain que c’est à l’acide gallique que la teinture de noix de galle doit la propriété de précipiter les décoctions, de quinquina ; dans ce cas, l’acide gallique s’unit à la cinchonine et forme un gallate insc* lubie. Mous reviendrons plus laçd sur cet objet. j-
§ 17. Après avoir constaté dans le quinquina l’existence de la cinchonine 5 après avoir pi ouvé qu’il jouis-, sait des. propriétés alcalines et qu’on devait le consi.* deier comme une base saliliable organique ; après en avoir examiné les propriétés, principalement sous ce der? mer point de vue , il, restait encore beaucoup de chose® a éclaircir dans l’histoire du quinquina ; nous devions rechercher, par exemple, à quel acide la. cinchonine est unie, comment elle réagit, dm moins chimiquement, sur les autres principes immédiats qui, dans le quinquina, hu sont associés. If fallait déterminer si c’était la cinclionjne qui donne exclusivement aux bonnes espèces de quinquina, et particulièrement au quinquina gris, propriété de précipiter par la noix de galle • si , dans ce cas , c’était l’acide gallique ou le tannin qui agit sur lui, / la cinchonine ne précipitant ni par l’émétique ni par il gélatine ; il fallait rechercher quelles, étaient, dans le quinquina, les substances qui jouissaient de ces propriétés, et quelles étaient leurs relations avec la éinchonme : cest ainsi que, de considérations en considé^ • rations, nous avons été conduits à nous occuper d’une
nouvelle analyse du quinquina basée sut la présence et l’influence de la matière alcaline qui existe dans celte écorce. Voici comme nous avons procédé : V
Hk • , . ,
Analyse du quinquina gris.
§ 18. Nous avons soumis* a l’action de l’alcool fort et bouillant une quantité donnée de quinquina gris réduit
en poudré : les premières teintures furent «amères et très''
colorées; l’alcool n’ayant plus d’action sur le résidu, nous avons réuni les teintures alcooliques, et les avons distillées au bain-marie, après y avoir préalablement ajouté ^ d eau distillée. L’alcool séparé, nous1 avons trouvé a la surface de la liqueur aqueuse refroidie une couche de matière grasse verte que’ nous avons mise à part pour la purifier et l’examiner ultérieurement.
La liqueur que surnageait la matière grasse' était louche et très-amère ; elle recouvrait un précipité abondamment formé par la matière connue sous le nom de résine de quinquina. : c’était aussi une portion de la môme substance qui rendait trouble la liqueür aqueuse. Cette matière, obtenue par filtration , était très-amère. La liqueur, filtrée, jouissait aussi d’une grande amertume; elle précipitait abondamment la colle , l’értiétique et la teinture de noix de galle. Nous reviendrons plus bas sur celte liqueur.
La matière résineuse } traitée par Peau bouillante , s’y dissolvait en partie; par le refroidissement, il se formait un précipité de matière résinoïde , et la liqueur filiiée ressemblait a celle dont nous venons de fairemention , mais était moins amère et moins chargée de substances solubles. ;
Par une suite de traitement avec l’eau bouillante et de -filtration après refroidissement, nous avons obtenu une matière rougeâtre briquetée, n’ayant plus de saveur ni d’astringence, se dissolvant en très-petite quantité Hans l’eau bouillante , s’en séparant en grande partie par le refroidissement. Ces dissolutions * n’avaient pas do saveur très-sensible , elles ne précipitaient plus par la noix de galle ni parla gélatine ; mais elles troublaient sensiblement la dissolution d’émétique. C’est celte substance rouge insipide que nous regardons comme le principe colorant du quinquina : noua consacrerons un chapitré à l’examen de ses propriétés,
c '§ 19- Les liqueurs chargées des principes solubles de la matière résinoide du quinquina gris ont été réunies et évaporées avec soin jusqu’au ^ de leur volume; dans cet état , elles se sont troublées par refroidissement , et ont laissé une matière rougeâtre qui, purifiée, ‘était la matière colorante rouge dont nous venons de parler. Séparées de celte matière, les liqueurs ont donné par l’évaporation un bel extrait de quinquina, qui se redissout dans l’eau froide en abandonnant seulement quelques flocons de matière rouge. Comme il serait impossible de pouvoir assurer qu’à l’aide de dissolutions et
d’évaporations répétées on pût séparer toute la matière
rouge sans altérer les autres substances qui l’accompagnent , il faut avoir recours à d’autres moyens. Rappelons d’abord que ces liqueurs précipitent la colle animale, la teinture de noix de galle et l’émétique; qu’elles sont- légèrement acides et très-amères ; observons même que* tout le principe amer du quinquina doit être rassemblé dans ces liqueurs , puisque la partie du quint. xy. 20
quma sur laquelle l’alcool n’a plus d’aclion est presque insipide et nullement amère , et que la matière rouge insoluble dans l’eau , mais soluble daps l’alçool, est éga, lement privée d’amertume. A cette époque de l’analysq et après beaucoup de tàtonnemens qu’il est inutile dp rapporter, nous avons cru devoir traiter les liqueurs par de la magnésie très-pure et en grand (excès , à 1 aide dt l’ébullition prolongée a« moins pendant quinze minutes, On reconnaît qu’on a employé assez de magnésie lors, qu’après le temps prescrit pour l’ébullition , la liqueur (iliréç a perdu toute sa couleur rouge, et n’a plus qu'un# teinte jaune plus ou moins jaune', on ne la filtre cependant
qu’après son
entier refroidissement} elle passe très-claire,
d’on bçauNjaunev et est légèrement W<sre. Noos diron* par la suite pourquoi l’on est obligé c}. employer UO
excès de magnésie.
Si maintenant on essaie la liqueur filtrée par les trois réçsctijs précités , ou trouve qu’elle a perdu la propriété de précipiter la colle animale et l’émétique \ elle trouble à peine la décoction 4e Uoix <*e galle V d’où l’on peut conclure que les principes qui, dans le quinquina, prén cipitent la gélatine, l’émétique et la noix de galle > sont, restés fixes dans la magnésie en totalité en ce qui con-. cerne les principes qui peuvent précipiter les deux pre-* miers de ces réactifs,' et en grande partie pou? ce qui, regarde la substance qui précipite par bt noix de galle. Si on évaporé maintenant celle liqueur en consistance de sirpp clair, et qu’on 1 abandonna a cllc-mcme pendant^ plusieurs jours, elle se prendra en un magma grenu : eu traitant ce magma par de 1 alcool très-fort , on obtient un sel presque blanc et sans amGrtume , le principe co—
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• ( 3ûÿ )
iorant jaque qui raccompagnait étant également soluble dans l’eau et l'alcool qui dissout aussi le principe am<er, qui n’est autre chose que de la cinclionine enlevée pat les eaux de lavage. En évaporant la teinture alcoolique àsiccité, traitant le résidu par de l'éther, et abandonnant celui-ci à une évaporation lente au moyen d’un vase à ouverture très-étroite, la majeure partie de la cinchoniué se précipite, tandis que l’éther non encore évaporé retient la matière jaune. . . ,
Le sel blanc purifié par l’alcool est très-soluble dan* l’eau, difficilement criHallisablq } sa saveur est fraîche et un peu amère. Une portion soumise a quelque* épreuves ^chimiques s?e$t comportée de la manière suxt vante : exposé a l’action du feu, il se noircit, répand une odeur de caramel, et finit par laisser de la magnésien 11 ne précipite aucun mwate ni sulfate métallique ^ il est décomposé par la potasse, qui en sépare de la raag* n^sie. Il parait enfin résulter de l unjon.de la magnésie avec 1 acide, qui, dans le quinquina, sature la cincho* ni ne. Quelle était la nature de cet acide ? La propriété qu’il avait de former avec la magnésie un sel soluble, et de ne point précipiter les solutions métalliques, nous fit conjecturer qu’il pouvait être lucide Unique déjà dé*couvert par M. Vauquelin dans le quinquina , once savant l’a trouvé combiné à la chaux ; l’obtention de cet acide a confirmé notre soupçon.
Tour le séparer de la magnésie, nous avons décomposé le sel magnésien par de la chaux ; la liqueur, filtrée et séparée de l’excès de chaux par l’acide carbonique , a été évaporée et abandonnée jusqu’à cristallisation. Gn a obtenu un sel qui avait tous les caractères du kinate de
chaux j nous avons décomposé ce sel par l’acide o*a* lique mis en juste proportion, et par évaporation nous avons obtenu un acide qui avait tous les caractères de l’acide kinique. En le redissolvant dans de l’alcool , il se dépose des flocons qui ne sont autre chose que de la gomme. Nous reviendrons plus bas sur cet acide. ,
§ 20. Revenons maintenant au précipité magnésien que nous avons abandonné pour nous occuper de la liqueur qui s’en était séparée. Ce précipité , parfaitement lavé et desséché au bain-marie , a été traité à plusieurs reprises par de l’alcool fort*, ces divers traitemens lui ont enlevé toute son amertume. Los solutions alcooliques distillées, et sur la fin évaporées lentement , ont donné une matière cristalline d’une couleur verdâtre. Cette matière, lavée avec un peu d’éther , est devenue blanche et a offert tous les caractères de la cinchonine \ dissoute, elle précipitait abondamment par la teinture de noix de galle , mais n’avait aucune action sur la colle et l’én|étique. Les substances qui ont de l’action sur ces deuj réactifs sont donc encore restées dans la magnésie.
§ 21. Le précipité magnésien, n’abandonnant plui rien à l’eau ni à l’alceol, a été traité par de l’acide aeé tique étendu : aussitôt la liqueur acide s’est fortemeni colorée en rouge brun. En renouvelant l’action de l’acide étendu, on arrive à un point où l’on n’a plus qu’une matière d’un rouge terne sur laquelle l’acide étendu n’a plus d’action sensible. v
Les liqueurs acides colorées contiennent les dissolutions de l’acétate de magnésie et une matière colorante soluble. Cette matière a la propriété de précipiter trèssensiblement l’émétique et abondamment la gélatine ani-
male. Cependant , une remarque imporlantc est que cette matière ne précipite la gélatine que sous l’inHuepce d’un acide libre. En effet , si on sature l’excès d’acide par une basé quelconque , ou si on avait traité par l’acide acétique,' une masse de précipité magnésien telle que l’acide fût entièrement saturé par de la magnésie, alors on n’aurait pas de précipité par la gélatine.
Si on voulait séparer celte matière Colorante rouge du sel magnésien , il faudrait la précipiter par de l’acétate de plomb, laver le précipité et le décomposervpar l’hydrogène sulfuré : en évaporant la liqueur filtrée, on obtiendrait la matière colorante dépouillée de magijésie ; mais elle contiendrait un peu d’acide acétique. C’est à celle matière, que nous étudierons spécialement, que le quinquina doit sa propriété de précipiter la gélatine , lorsque l’acide que le quinquina contient naturellement en excès n’a pas été saturé par une base sali fiable.
§ 22. La partie du précipité magnésien qui ne s’était pas dissoute dans l’acide acétique faible a été traitée par l’acide acétique concentré ; il s’y est dissous entièrement } mais en ajoutant de l’eau dans la liqueur , il s’est fait un précipité abondant qui , recueilli , lavé d’abord à L’eau froide, puis à l’eau bouillante, perdit totalement son acidité , et se présentait avec tous les caractères de la matière rouge insoluble dont nous avons parlé. Cette substance., redissoute dans l’acide acétique , jouit de la propriété de précipiter l'émétique, mais ne précipite pas la colle. La liqueur dont nous ayons précipité cette substance en retenait encore une partie dissoute à la faveur de l’acétate de magnésie. Cette même liqueur précipitait abondamment l’émétique, et très-peu la
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colle ; peut-être devait-elle cette dernière propriété, qu'elle n’avait que faiblement, à une certaine quantité de matière colorante soluble quelle aurait retenue, et qui aurait pu échapper à l’action de l’acide acétique faible.
La magnésie qu’on fait agir sur la matière résineuse du quinquina se combine donc avec (jleux matières colorantes rouges. L’une*, soluble, d’un ronge brun, peut précipiter la colle animale et l’émétique lorsqu’elle est sous l’influence d’un acide; l’autre, rouge, insoluble, et ne précipitant pas la colle, même sous l’influence d’un acide, mais conservant la propriété de précipiter l’émétique. \ " J
Ces observations expliquent comment certains quinquinas précipitent l’émétiqiie sans1 précipiter la colle, Comme l’a remarqué M. Vauquclin.
Nous examinerons, dans dos chapitres particuliers, les propriétés de ces deux matières, et nous ferons voir qu’elles ne sont, en dernier résultat , qu’une même substance diversement modifiée. ,
§ ad. La matière résinoide du quinquina gris , c’est-à-<
dire , l’ensemble de toutes les parties solubles dans l’ai— pool , est donc composée des principes suivans ;
i°. Une matière grasse verle.
a“. De la cinchonine ;
3°. De l’acide kiuique ;
4°. De la gomme eu "petite quantité; ^
Nous nous proposons du punu dp ce$ substances dàua
5°. Une matière colorante rouge soluble ;
0°. Une matière colorants insoluble ;
7°. Une matière colorante jaune.
dire quelques mots dp clia».
Jps paragrapues particuliers ;
tnais , dans ee moment , nous croyons devoir continuel» notre analyse . %
§ 2/jé Apr^ avoir examiné la partie du quinquina soluble dans Talcool , il nous reste à nous occuper de la partie insoluble dans ce menstrue. Nous la traiterons, successivement par l’eau ffoiçle , l’eau bouillante , les acides çt le feu,
§ 2 5, Lorsque l’on met le quinquina épuisé par } alcool en macération dans l’eau froide, pu oh^P1) f. f ,f# bout de quelque .temps, une liqueur d’un jaupe pu? geâtre ; cette liqueur est acide au tournesol , ttps-pejyi amère, assez astringente par la concentration 5 elle acquiert la propriété de précipiter la colle et l’émétique* Evaporée avec soin en consistance d’extrait , la pHÙtjé 9 soluble dans l’eau , a été traitée pat* de l’alcool*, Ja £uU? stance susceptible de précipiter la çolle et l’émétique p été obtenue par l'évaporation des liqueurs alcooliques , elle avait tous les caractères de la matière colorante rçugu soluble lorsqu’elle est sous TinHueuce d’un ait* libre ; c’est aussi cette matière que plusieurs chimistes , qui sp sont occupés de l’analysp du quinquina , put désigné^ sous le nom de tannin .
La matière insoluble dans d’alcool étant un mélange de kinate de chaux et de matière gommeuse, ou peut eu re* tirer ;le kinate de chaux par cristallisation, ou mieux: en» core mettre l’acide kinique à nu et le séparer de i* gomme, cqmnm nous l'avons dit . à la lin du 1 ^‘paragraphe de ce^MémPU'et
C’est dans Je produit dd quinquina traité par ‘Peati que- M* Vauquelin fa prouvé le ^kinat'e de chaux mélangé de