‹ Recherches chimiques sur les quinquinasChapitre 3 sur 10 · VI · texte numérisé non relu

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gomme : cette partie de notre analyse coïncide parfaitement avec celle de ce savant.

§ 26. L’eau froide n’ayant plus aucune action sur le quinquina , nous avons fait agir l’eau bouillante sur cette écorce, et nous avons obtenu des décoctions légèrement colorées et presque sans saveur. Ces dépoctions , transparentes à chaud , se troublaient par le refroidissement y chauffées , elles reprenaient leur transparence. Par l’addition de l’iode , ces liqueurs devenaient bleues ; mais bientôt cette couleur disparaissait pour faire place à une teinte brune : l’alcool formait, sans ces mêmes liqueurs, un précipité brun, et le sulfate de fer un précipité brun-» verdâtre -, dans ce cas , la liqueur surnageante prenait une teinte d’un beau vert. Ces phénomènes indiquaient éyL demment la présence de l’amidon et du tannin, et croit , d’après les expériences de ÎVI. Vauquelin et de Thomson , qûe le tannin et l’amidon mis en présence peuvent s’unir en formant une combinaison beaucoup plus soluble à chaud qu’à froid.

Pour donner à cette conjectnre line entière certitude, nous avons combiné à l’amidon la matière colorante rouçe soluble du quinquina, qui, sans l’influence d’un acide, fait fonction de tannin. îSous avons également combiné à de l’amidon du tannin de noix de galle , et nous avons obtenu des précipités analogues à ceux que nous examinons. Ces précipités se comportaient de même avec l’iode et l’alcool ; dissous à chaud , ils précipitaient le fer de ses solutions. La couleur des précipités fournis par le fer variait seulement suivant l’espèce de matières tannantes. Ces précipités se redissolvaient aussi lorsque la température delà liqueur était élevée à ôo d. au-dessus d<a fcéro.

§27. Après avoir épuisé l’action de l’eau bouillante sur le quinquina , nous avons mis ce résidu dans de l’a~ eide nitrique étendu. Les liqueurs ne se sont pas sensible* meut colorées , cependant elles donnaient quelques flocons lorsqu’on les saturait avec des sous-carbonates de potasse ^ces flocons étaient solubles dans l’eau bouillante, et devenaient bleus par l’iode, caractère de l’amidon, qui déjà avait été signalé dans le quinquina par M. Lauber.

Nous n’avons pu constater dans le quinquina la présence du sucre. Cependant les eaux-mères de kinate de chaux avaient unç odeur marquée de mélasse , qui nous fait soupçonner la présence du sucre incristallisable. Nous ivosons pas cependant nous prononcer à cet égard.

§ 28. Le quinquina , .après ces divers traitemens, n’é- ^^plus^que du bois 5 incinéré, il fournissait quelque» traces^ci une cendre formée de carbonate de chaux.

Le quinquina non traité par l’alcool ot l’eau fournit des cendres un peu plus volumineuses , mais de même nature. On n’y signale aucune trace de sulfates et d’hydrochlorates alcalins.

§ 29. Le quinquina gris est donc composé :

i°. De la cinchonine unie à l’acide kiuique ;

2°. De matière grasse verte ;

3°. De matière colorante rouge très-peu soluble ;

4°. De matière colorante rouge soluble (tannin);

5°. De matière colorante jaune,*

6°. De kinate de chaux :

rjO. Dégommé;

8°. D’amidou :

9°. De ligneux.

Nous allons maintenant reprendre en particulier les diverses substances trouvées dans le quinquina pour établir les faits qui sont relatifs à chacune d’elles , et qui n’ont pu être rapportés dans l’exposé de l’analyse de cette «écorce. Nous ne nous occuperons cependant plus de la dn* chouine, qui a déjà été l’objet d’un chapitre de ce Més «noire. Nous n’aUrous rien non plus à idire sifr la gomme * l’amidon et le ligneux du quinquina, parce que ces substances «'offrent rien de particulier, , ;

Ve la Matière grasse verte du quinquina gris .

§ 3o. Cette matière avait été obtenue à Tétât de pureté par M. Lauber, pharmacien en chef des armées. Il T$ retirée du quinquina, eu traitant le quinquina gris par l’éther sulfurique, Il en a décrit les propriétés avec soin. Cette substance est verte, soluble dans l’alcool bouillant, $’en précipite par le refroidissement ; elle est trçs-soluble dan$ l’éther sulfurique, même à froid. Les alcalis fixes la saponisent. M. Lauber parle de son acreté ; cependant, quand elle vient d’être extraite et quelle estbien purifiée, elle ne nous a pas paru avoir de saveur bien marquée j du reste, la matière grasse du quinquina gris se rapproche 'beaucoup de la matière grasse que nous avons trouvée dans plusieurs végétaux, et particulièrement dans Tipçca^ çuanha , et n’a de particulier que sa teinte verte, Peut-être çette couleur est-elle due à un peu de chlorophylle. Nous, verrons par la suite que la matière grasse de quelques autres quinquinas n’a pas cette couleur verte, et cepen-r dant ne diffère de la matière grasse du quinquina grispav; aucune propriété saillant,c\

jp ' ' <( 3i5 )

I JPe /a Matière colorante rouge insoluble du

quinquina gris .

§ 3ï. Indépendamment des procédés que nous avons indiqués pour obtenir la matière (colorante rouge insoluble, ou plutôt peu soluble du quinquina gris ( voyez § ïj pt § 2 1 ) , il s’en présente un autre que nous regardons comme plus avantageux , quand on a pour but l’extrao lion de cette matière, et non l’analyse du quinquina. •

11 faut prendre l’extrait alcoolique de quinquina gris»* pt le faire bouillir dans de 1 eau légèrement aiguisée d’aeide hydrochlorique. On renouvelle plusieurs fois cette opération qu’on termine par quelques lavages à l’eau distillée bouillante. On enlève par ce moyen la cinclionine ^ la gomme , la matière colorante rouge soluble, la matière colorante jaune; la matière rouge insoluble reste avec dè Ja matière grasse ; on enlève celle-ci par de l’éther.

L’eau aiguisée d’acide dépouille plus facilement la matière rouge insoluble du quinquina des substances qui lui sont étrangères. On peut donc employer moins d’ébullitiori.

et de lavages : c’est en cela que consiste l’avantage du procédé. On peut ensuite extraire facilement la cinchonine contenue dans les liqueurs acides. — Dans ce traitement ^ on dissout toujours un peu de matière colorante à la

faveur de l’acide ; mais cette voie est inévitable quand 04 veut obtenir cette substance à l’état de pureté.

§ $2. La matière rouge insoluble est insipide, ino-r dore, d’une couleur rouge-brune ; l’alcoolla dissout en gradde proportion , suttôut à chaud, L’éther et l’eau ont très-peu d’action sur elle, cependant l’eau bouillante eri (iissout une petite' quantité.; Les raides favorisent sa di$so-

lution dans l’eau j l’acide acétique concentré la dissout instantanément ; mais , par l’addition d’une masse d eau , la plus grande partie se précipite. Cette substance n’a nullement, soit seule , soit sous l'influence d’un acide, la propriété de précipiter la colle animale , mais elle précipite l’émétique.

La propriété la plus importante (le cette matière consiste dans la manière dont elle se comporte avec les alcalis.

§ 33. Lorsqu’on la met en contact avec une solution de potasse ou de soude, elle s’y dissout en communiquant amç liqueurs une couleur rouge -brune très-intense. Si on ajoute alors un acide en quantité suffisante pour saturer l’alcali , la matière colorante se précipite en grande par-* tic. Dans cet état, elle a acquis la propriété de précipiter la colle animale^ lorsqu’on y ajoute un peu d’acide, elle précipite aussi l’émétique, mais moins abondamment.

La potasse, en dissolvant la matière colorante, lui fait donc subir quelque modification , puisqu’elle lui fait

acquérir une propriété. qu’elle n’avait pas auparavant, celle de précipiter la gélatine.

Lorsqu’on chauffe la matière rouge avec une solution de potasse et de soude , elle prend la propriété de précipiter la colle, propriété qu’elle avait acquise par sa dissolution à froid dans les mêmes alcalis. Il parait donc qu’à chaud , la potasse et la soude exercent une trop grande action sur la matière rouge , et la dénaturent. En effet , si on ajoute uu acide , le précipité qui se forme est moins abondant, et on retrouve une matière jaune dans les liqueurs. D’un autre côté, ou peut s’assurer que les alcalis moins forts que la potasse et la soude , savoir , l’ammouiaque , la baryte et la chaux , changent aussi U

matière rouge du quinquina en matière tannante ) mais ici, au lieu d’éviter l’action du calorique , il faut y avoir recours pour imprimer à la matière colorante rouge la

vertu tannante.

La magnésie , substance encore moins alcaline que les précédentes , peut se combiner avec la matière colorante *, mais ne la modifie pas en matière tannante. Cette combinai** ion peut être considérée comme une laque magnésienne» lorsqu’on vient à dissoudre cette laque dans un acide , la dissolution ne jouit pas de la propriété de précipiter la colle animale.

L’alumine se comporte comme la magnésie avec la matière rouge , et forme une laque assez belle.

La cinchouine semble aviver sa couleur, mais ne la convertit pas en matière tannante.

L’oxide de plomb paraît agir sur cette substance à la manière d’un alcali assez puissant j car si on dissout la matière colorante rouge dans l’acide acétique , et si on la précipite par le sous- carbonate de plomb, on obtient une combinaison insoluble dont on peut séparer le

plomb par l’hydrogène sulfuré. La matière colorante peut être enlevée intacte par l’alcool 5 mais alors elle a acquis la propriété tannante. u ^ 1

La matière colorante rouge ou rosée de M. Lauber nous paraît être la matière colorante rouge modifiée par la potasse , puisque ce chimiste fait usage de cet agent pour l’obtenir. \ ' '

Le rouge cinchonique de M. Reuss nous paraît se rapprocher beaucoup dé notre matière lorsqu’il a été bien dépouillé du principe amer. M. Reuss assure qu’il ne précipite pas la gélatine , et il eu décrit assez exactement

Jes propriétés , qui Raccordent avec celles de notre stance, I^ous croyons donc devoir les regarder comme identiques , e* nipuf o’hésitqns pas à adopter le nom de rouge cinchonique , qui peut convenir tant qu’on

jj’put'a paSj.Upuyt^Jle meme principe dans des végétaux d’un autre geqrfr, j

{Lq, s vit p aiéCàhipr prochain),

m Extrait des Séances de V Académie royale

des Sciences .

Séance du lundi % octobre 1820.

Le Ministre de l’Intérieur adresse à l’Académie l’or-

donnance par laquelle Sa Majesté approuve la nomination de M. Gauss à la place d’associé étranger yacaqte par la mort de sir Joseph Panhs.

M. Alleuet envoie ^n Mémoire sur un instrument pro pre à remédie^ V incontinence d'urine. Ce Mémoire sera examiné.

M. Fohman dépose un écrit intitulé : Résultats de quelques expériences sur les vaisseaux chylifères ; des commissaires seront chargés d’en rendre compte à l'Aca¬

démie.

M. G epÆV oy-Sa i n t-Hi 1 a ire Mémoire intitulé :

Observations pathologiques sur le crâne humain

M. Dupin lit ensuite u \\ filé moire sur les progrès de r état saurai re de la flotte britannique .

M, Coquebert de Montbret rend compte des observations quib avait faites à Londres pour déterminer le

o SUITE

Des Recherches chimiques sur les Quinquinas .

Par MM. Pelletier et Càventou.

De la Matière colorante rouge soluble ( matière

tannante ).

§ 35. La matière colorante rouge soluble du quinquina gris , obtenue par les procédés que nous avons rapportés (§ 21 et 25), jouit de toutes les propriétés qu’accordent au tannin les» chimistes qui admettent encore l’existence de ce dernier principe. Elle est d’un rouge brunâtre , se dissout dans l’eau et l’alcool , a une saveur acerbe , se combine avec les oxides métalliques , précipite en vert foncé les dissolutions ferrugineuses à la manière du- tannin du cachou et de la gomme kino. Elle précipite abontfamhient la colle animale, fait dans la solution d’amidon un précipité qui se redissout à 5od* au-dessus de zéro, et perd, par l’addition d’une base sali fiable, la propriété de faire des précipités dans les solutions de ces dernières substances. * > .

§ 36. On ne peut se refuser à admettre une grande analogie entre la matière tannante du quinquina et le rouge cinchonique modifié parla potasse 5 la différence qu’on remarque entre ces deux matières consiste principalement dans le moindre degré de solubilité du rouge* cinchonique modifié. 11 ne serait donc pas étonnant que* la matière tannante du quinquina gris ne fût une modification naturelle du rouge cinchonique j cela expli-.

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