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querait comment quelques espèces de quinquina précipitent l’émétique sans précipiter la colle ; mais ici nous entrerions clans les hypothèses, et nous voulons nous borner aux faits.
§ 3^. Nous pourrions terminer ici ce qui regarde la matière tannante du qufnquina , mais cet objet se rattachant à un point de chimie générale , l’existence du tannin, nous ne voulons passer sous silence aucune observation. Nous avions remarqué une ditïérence dans la manière dont agissent sur les sels de fer le tannin naturel du quinquina et le rouge cinchonique modifié par un alcali : le premier précipite le sulfate de fer en vert, et la liqueur surnageante est verdâtre; le second^ forme un précipité brun, et la liqueur surnageante est brune. Mais on sait quen admettant le tannin comme principe immédiat des végétaux , on est obligé de reconnaître plusieurs variétés de tannin qui diffèrent principalement paj? les teintes des précipités qu’ils font dans le' » sulfate de fer. Ainsi , le tannin de la noix de galle précipite le fer en noir bleuâtre, celui du cachou en vert, etc. D’ailleurs, si l’on extrait par des procédés entièrement semblables la matière tannante de diverses espèces de quinquina, on voit que ces matières précipitent diversement le sulfata de fer : celui du quinquina jaune fait un précipité brun-noirâtre, et celui du quinquina rouge un précipité brun-rougeâtre. Le rouge cinchonique du quinquina rouge traité par de la chaux, puis rendu libre par un acide en excès , précipite alors le sulfate de 1er en vert.
Nous avons dit que la potasse enlevait à cliaud à la matière tannante artificielle la propriété de précipiter la
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g^latjne sous linflueucc d’un acide : nous nous sommes également assurés que la potasse agissait de même sur Je tannin naturel du quinquina, et sur celui' de la noix de galle. JEn ellet, si on met de la potasse dans une infusion de noix de galle à froid , et qu’ensuite ori sature la potasse par un acide, la propriété tannante n’est pas déliai te ; mais si on fait bouillir les liqueurs pen-
dant quelque temps, l’addition d’un acide ne rétablit plus la propriété tannante.
Il suit de ces faits, que non-seulement on peut consî* dérer les tannins comme des substances composées et variables, provenant de l’union d’une matière végétale avec un acide , opinion déjà avancée par M. Clievreul et soutenue par l’un de nous (1) , mais qu’on peut encore établir que certaines substances végétais non susceptibles de s’unir directement aux acides pour former d< s matières tannantes acquièrent cette propriété par suite de la réaction de quelques bases salifiables, et dounent alors lieu à des tannins artificiels qui diffèrent selon
la matière végétale et l’acide dont ils sont formés.
- De la Matière jaune du quinquina gris .
§ 38. La matière colorante jaune du quinquina gris obtenue parle procédé indiqué précédemment, ne doit pas cire confondue avec ce que plusieurs auteurs ont nommé matière jaune , matière jaune amèi'e du quinquina. Dans ces corps, la matière colorante jaune était associée à d’autres substances, particulièrement à des sel»
(1) M. Pelletier, Annales de Chimie .
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fie cinchonine. La matière jaune que nous signalons ic^ est une véritable matière colorapte ; elle n’a pas de saveur très- marquée j elle est soluble dans l’eau, l’alcool et même l’éther 5 elle est précipitée parle sous-acétate de plomb : ce sol peut fournir le moyen de la séparer entièrement de la cinchonine. Elle ne précipite ni la colle, ni l’émétique , ni la noix de galle*, elle n’iest pas fixée par la magnésie , mais elle paraît avoir quelque affinité avec l’alumine : cette substance ne jouant pas un gran,d rôle daus le quinquina , nous ne nous y arrêterons pas davantage.
De V Acide k inique.
§ 3c). L acide kinique , découvert dans le quinquina par M. Vauquelin , peut être retiré du kinate de chaux, en suivant le procédé indiqué par ce savant. On peut aussi le séparer de la cinchonine par le procédé que nous avons indiqué (§ 19). M. Vauquelin a fait voir que cet acide différait de tous les acides connus par les propriétés suivantes : il est très-soluble , et cependant il peut cristalliser ^ sa saveur est très-acide, légèrement amère 5 ses. •
sels terreux et alcalins sont solubles et cristallisables ; il
11e précipite point les sels de plomb, de mercure ni d’argent j il forme avec. la chaux un sel qui cristallise en lames rhomboïdales. A ces détails , nous n’ajouterons que quelques faits qui nous sont particuliers. Nous croyons qu’gn doit signaler sa saveur comme purement acide* l’amertume qu’il a, dans quelques circonstances , ne provient que d’un peu de cinchonine qu’il retient alors. L’acide kinique et les kinates alcalins n’ont précipité aucune de* solutions métalliques dans lesquelles nous le#
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voiis versés : cependant il faut en excepter le sous-acélale le plomb 5 car, lorsqu’on verse de l’acide kinique dan*
:e sel , il se forme un précipité blanc qui n’est autre ju’un sous-kinate de plomb, et le sous-acétate de plomb jst converti en acétate neutre.
Une propriété singulière de l’acide kinique est de ournir par l’action du feu un acide pyrogéné cristalli- >able : caractère qui rapproche l’acide kinique des acides mucique, tartrique et soi bique. En effet, si on soumet l’acide kinique à l’action de la chaleur dans des vaisseaux distillatoir^s , on voit 1 acide se boursouiïler , noircir et répandre une fumée blanche et piquante ; il passe un liquide brun, huileux, très-acide } quelques
cristaux se manifestent au col de la cornue $ les cristaux
ont été redissous, et la liqueur, distillée , filtrée à travers du coton mouillé pour retenir l’huile, a été soumise a une évaporation lente. A un certain degré de concentration et par le refroidissement , il s’est formé des cristallisations en lioupes et à rayons divergens : ces cristaux sont l’acide pyro- kinique.
De V Acide pyro kinique.
§ 4°. L’acide pyro-kinique est très-soluble dans l’eau et l’alcool -, il est sans odeur -, il paraît devoir être blanc puisqu’il se dépouille de plus en plus de sa couleur par des cristallisations répétées. 11 forme des sels solubles avec les alcalis, la baryte et la chaux •, il précipite légèrement l’acétate de plomb et le nitrate d’argent. Il diffère essentiellement de l’acide kinique et des autres acides connus , par la propriété qu’il ^ de former un précipité
d’un très-beau vert dans le deuto^sulfate de fer. 11 eg't inutile de remarquer qu’il ne précipite ni l'émétique u\ la colle, et qu’ainsi on ne peut supposer que les précU pilés verts qu’il fait dans les sels de fer sont dus à une matière tannante : du reste, cet acide est tellement sensible à la présence du fer, qu’il prend une couleur verte lorsqu’on l’unit à de la chaux ou de la bar) te qui cqu^ tiennent des traces de ce métal,
Nouveau procédé pour l'extraction de la cinclionine,
§ 4 L'analyse du quinquina gris et l’examen que nous avons fait de ses principes constituans nous ont suggéré, pour l’extraction de la cinclionine, un procédé plus avantageux que celui indiqué dans le commencement de ce Mémoire. Ce procédé consiste à prendre do l’extrait alcoolique de quinquina gris , et à le traiter à chaud pap de l’eau aiguisée d’acide bydrochlorique, L’acide dissout la cinclionine et la sépare :du rouge cinchonique et de la, matière grasse; ou traite la liqueur par de la magnésie en excès; cette base s’empare de l’acide bydrochlorique, et retient le rouge cinchonique qui aurait pu êlre dissous à l’aide d’un excès d’acide bydrochlorique. Ou lave alors le précipité magnésien ; on le fait sécher au bain-marie , et ou le traite par l’a U cool, qui dissout la cinchouine. Ou peut alors obtenir la cinclionine par l'évaporation de l’alcool.
Quelquefois la cinclionine retient un peu de ma* tière grasse : cela a lieu surtout quand on n’a pas assez, étendu l’acide bydrochlorique. On peut aussi employer, l’éther, ou mieux encore redissoudre la cinclionine dans
l e Taq4e hydroclilorique faible , et la reprendre par U i magnésie et l’alcool.
i Ce procédé est avantageux en ce que le traitement de i a matière résinoïde du quinquina par la potasse est ort dilficile à ell'ectuer ; car, si la solution de potasse, est rès- étendue , il faut un temps très-long pour enlever oui le rouge cinchonique, et si la solution de potasse 3St concentrée , on perce toujours les ii lires.
On peut aussi employer avec avautago 1 acétate 4I® plomb pour la purification de la cinchonine \ nous nous> en sommes servis dans le traitement de plusieurs eauxmères très-colorées , et dans lesquelles il y avait encore de la cinchonine. L’acétate de, plomb, et surtout le sousacétate, précipite la matière grasse et les matières colorantes du quinquina , en laissant, la cinchonine dans la liqueur à l’état d’acétate. Cependant nous nous sommes aperçus,que les précipités entraînaient un peu de cinchonine, surtout lorsqu’on employait le sous-acétate de plomb. Ce procédé nous sera très-utile, par la suite, dans l’analyse de certains quinquinas peu riches en cinchonine.
§ f\‘Â. ÎJpus avons , dans plusieurs occasions , insisté sur la nécessité où l’on était, pour obtenir la cinchonine , d’employer la magnésie en excès. En eüet, si on n ajoutait pas un excès de magnésie, il en résulterait deux inçonvéniens le premier serait qu en traitant le précipité magnésien par de l’alcool , on dissoudrait du rouge cinclionique en même temps que la cinchonine , et alors on aurait une matière très-impure. Le second inconvénient se présenterait dans le lavage du précipité magnésien pa* l’eau i lavage qui a pour but d’enlever le kinate de niag-
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nésie ou Thydrochloratc , quand on emploie 1 acide hydrochlorique : dans l’un et Paître cas , si on n’avait pas mis un excès de magnésie , ces eaux de lavage dissoudraient du rouge cinchonique qui entraînerait de la cin-
clionine avec lui , le tout en pure perte. Dans ce cas, les eaux de lavage , au lieu d être jaunes , sont rouges ; elles se troublent bientôt. Il se forme à 'leur surface des pellicules insolubles, etc. Les acides, en très-petites quantités, déterminent un précipité rougeâtre dans ces liqueuis ; le chlore fait le même effet; un excès de ces corps redissout Je précipité. Pendant quelque temps, nous n’avons su à quoi attribuer la formation de ces pellicules ; elles nous rappelaient cet extrait oxigéné dont il était si souvent fait mention dans l’analyse des végétaux , à l’époque du renouvellement de la théorie chimique. Nous avons même cru un instant que l’oxigène de 1 air contribuait à la formation de ces pellicules ; mais les ayant vu se former sous des cloches remplies de gaz hydrogène et d’acide carbonique, ainsi que dans des vaisseaux fermés, nous avons abandonné cette opinion ; nous croyons plutôt que le kinate de magnésie ou l’hydrochlorate qui se trouve dans la liqueur est peu- à peu décomposé par la cinchoninc, à la faveur de l'excès de ma¬
tière colorante. En eifet, si on examine les pellicules qui se forment , on trouve qu’elles sont formées de magnésie et de matière colorante rouge. Or, la magnésie était combinée à un acide, et formait un sel soluble; la cinchonine était libre ou faiblement urne à la matière colo¬
rante ; la réaction a donc pu avoir lieu en vertu d’une sorte d’aihnité double , ou plutôt en raison de l'attraction de
cohésion qui tend à réunir entre elles les substances dont
a combinaison est insoluble, comme M. Berthoilçt l’a démontré en thèse générale.
j C’est à des réactions analogues qu’on doit souvent attribuer les précipitations qu’on remarque dans les décoctions des matières végétales.
Examen chimique du quinquina jaune ( cinchona
cordifolia ). ,
Extraction de la matière alcaline .
§ 43. La meilleure manière d’examiner les diverses espèces de quinquina consiste à les considérer sous les memes rapports , et , autant que possible , à les traiter par les mêmes méthodes. M. Yauqueiinnous avait déjà donné l’exemple de cette marche dans l’examen qu’il fît , il y a quelques années , d’un grand nombre d’écorces de ce genre. Nous avons donc pensé qu’il fallait, avant tout, nous assurer si la cinchonine existait dans le quinquina jaune , si elle pouvait ê^re obtenue par les méthodes employées pour l’extraire du quinquina gris , et si elle était identique dans ces deux écorces, Nous avons donc préparé des teintures de quinquina jaune, pour en extraire la matière résinoïde : celle-ci , traitée par 1$ potasse, a laissé une substance jaunâtre qui s est dissoute, en grande partie , < dans de l’acide hydrochlorique étendu d’eau , en abandonnant une matière grasse qui 11e dilïé^ rait de celle du quinquina gris que par sa couleur jaune. La liqueur acide était colorée en jaune, elle avait une très^forte amertume , et ressemblait beaucoup à
une (lissoluliou hydro-chlorique de cinchonine. Dans -cet état, nous y avons ajouté de la magnésie en quanthé plus que suffisante pour s’emparer de l’acide hydroch io ri que. La liqueur s’est, en grande partie , décolorée. Le précipité magnésien $ été lavé , desséché au bain- / marie et traité par l’alcool.
Les liqueurs alcooliques ont été d’abord distillées , puis abandonnées à une évaporation lente ; nous nous attendions alors à avoir une belle cristallisation do cinchonine : quelle a été notre surprise de n obtenir qu’une substance jaunâtre transparente et nullement cristalline !
La substance obtenue devait être, selon nous, de la cinchonine, mêlée de quelque matière étrangère et pair ticulicre au quinquina jaune : tous nos soins se sont donc portes à séparer de la cinchonine prétendue la matière étrangère que nous supposions devoir y être unie ; la dissolution dans de nouvelles quantités d’acide ne nous a rien offert de particulier : seulement on séparait quelquefois un peu de matière grasse , encore cela n’avait-il lieu que dans le cas où la substance soluble dans l’acide hydro-chlorique avait été dissoute par un acide trop concentré , parce que , dans ce cas , un peu de matière grasse avait été entraiué. Supposant la présence d’une matière colorante jaune , nous a vous eu recours au sous? acétate de plomb. La petite quantité de précipité ob-r tenu par ce moyen U a pas répondu à notre attente, et celte prétendue cinchonine s’est encore présentée $ous forme de plaques non cristallisées. Sachant enfin que l’élber ue dissolvait la cinchonine que dans certaines limites, nous ayons recouru à cet agent, mai*
notre substance s’y est dissoute entièrement , aven la plus grande facilité, et par l’évaporation lente de l'éther, nous n’avons obtenu aucune marque de cristaUisaliop. Enfin, ayant dissous notre matière dans de l’acide acétique, nous y avons versé de i’oxalate d’ammoniaque ; suv*lechamp il s’est formé un précipité d’un blanc éclatant qu’on aurait pris pour de l’oxalate de chaux , s’il ü’eût été soluble dans l’alcool. Ce précipité, traité par de la magnésie , et depuis par de l’alcool , a encore fourni une substance non cristallisée. Enfin, chose remarquable] celte matière, ainsi traitée, se dissolvait dans tous les acides (quelques-uns seulement devant être en excès) , et formait des sels très -blancs qui semblaient .être • plus facilement cristallisables que les sels de cinchouiuc, dont ils ditféraicut aussi par la forme et l’aspect, C’est ainsi que, par la force des choses, nous avons été amenés à considérer la matière amère du quinquina jaune comme une base salifiable particulière et différente de la cin-r chonine. Nous déclarons en même temps que ce n’est qu’après de mures réflexions , par suite de nombreux essais , et après avoir fait un grand nombre de sels , que nous nous sommes décidés à distinguer l’alcali du quinquina jaune de celui du quinquina gris } jmais ce qui nous a surtout déterminés à foire cette distinction, c’est l’existence simultanée de ces deux substances dans quel* ques espèces de quinquina, et la possibilité de les séparer l’une de l’autre. En effet , si la matière amère du quim quina jaune n’était que de la cinchonine unie à uuc autre substance,1 comment pourr&il-on séparer la cinchonine pure de la cinchonine impure lorsqu’elles seraient réunies ? Autant dire qu’on pourrait en morne temps purifier
et ne pas purifier la cinchonine des matières dont elle serait souillée. Si l’examen que nous allons faire de l’alcali du quinquina jaune nous prouve qu’il diffère essentiellement delà cinchonine, le meme examen nous fera reconnaître dans ces deux matières beaucoup de propriétés analogues. C’est ainsi que, dans les propriétés médicales du quinquina jaune et du quinquina gris, on trouve une grande analogie , mais non une identité parfaite -, en sorte que, dans certaines maladies, le quinquina gris est employé avec avantage , tandis que, âaus d’autres cas, le quinquina jaune est justement préconisé. Comme, dans un travail de quelque étendue , nous sommes obligés de désigner l’alcali du quinquina jaune sans employer de périphrases j comme , d’ailleurs , cette substance, bien caractérisée , mérite aussi-bien un nom particulier que sa congénère dans le quinquina gris , nous avons cru devoir la nommer quinine, pour la distinguer de la cinchonine par un nom qui indique également son origine.
De la Quinine.
§ 44- 0° peut obtenir la quinine du quinquina jaune en employant les divers procédés que nous avons indiqués pour l’extraction de la cinchonipcj dans le cas d’un mélange naturel ou artiliciel de cinchonine et de quinine ^ la cristallisation et l’éth^feourraient servir à sé- * ® %
parer ces deux matières. La différence de solubilité de quelques-unes de k^rs combinaisons salines pourrait aussi, comme nous le (lirons par la suite, donner des moyens d’opérer leur séparation.
La quinine ne cristallise jamais. Desséchée et privée
entièrement d’humidité , elle se présente sous forme de
^«poreuse d'unJiWc sale ; elle est «*-,» ..«e dans l’eau ; l’eau bouillante u’eu dissout qu’envtrou o,oo5 ; l’eau froide en dissout encore moins ; malgré son peu de solubilité, celle matière est très-amère; on ne peut non plus lui refuser une certaine allume pour 1 eau; car lorsqu’on évapore une solution de quinine dans de l’alcool non absolu , elle relient de l’eau avec force ; d’où il résulte une sorte d’hydrate transparent, fusible à 901 ; tandis que , dépouillée d’eau par une chaleur longtemps continuée, la quinine perd de sa solubilité,. . et se présente sous forme d’une masse poreuse , au lieu de s’offrir avec l’apparence de la cire fondue ou dun vernis desséché.
L’alcool dissout pès-facileinent la quinine. Celte sub- . stance est beaucoup plus soluble que la cinclionine I dans l’éther sulfurique; elle se dissout aussi, mais en petite quantité , dans les huiles fixes et volatiles.
La quinine, exposée à l’air, n’éprouve aucune alteration ; elle ne paraît pas même attirer sensiblement l’acide carbonique. Elle se décompose par l’action du feu , et , comme la cinclionine , donne les produits des matières végétales non azotées ; elle- se comporte aussi comme la cinclionine avec le deutoxide de cuivie.
La quinine ne s’unit pas au soufre ni au .carbone ; elle convertit l’iode, à l’aide de l’eau, en acide hydpodique et en acide iodique. L’hydriodate et l’iodatc soqt moins solubles que les mêmes sels à base de cinclionine. La quinine rétablit la couleur bleue du tournesol rougi par un acide; elle s’unit elle-même aux acides qu elle sature, et forme des sels généralement moins solubles et plus facilement
eristallisables que ceux de cincbonine ; ces sels ont tous un aspect nacré qui les distingue. Dfous allons les examiner en particulier.
Du Sulfate de quinine.
§ 45* L acide sulfurique dissout la quinine, et forme avec cette base un sel neutre qui! cristallise très-facilement. Il se présente sous forme d’aiguilles ou de lames tres-étroites , allongées , nacrées et légèrement fjexibies, ressemblant a iki 1 amiante. Ces aiguilles s’entrelacent ou plutôt se groupent en mamelons étoilés. Ce sel est ' Peu soluble à froid , si <?e n’est dans un excès d’acide. J1 est beaucoup plus soluble à chaud , et cristallise par i efroidissement. Il diffère, par son aspect , du sulfate de cincbonine. Celui-ci est forme de lames plus dures , plus consistantes, plus régulières , et est moins amer, ♦quoique plus soluble.
Le sulfate de quinine se fond aussi plus facilement à la chaleur 5 il prend, quand il est fondu, l’aspect de la cire; il est très-soluble dans ,1’alcool ; l’éther n’en dissout que de" petites quantités.
Les acides gallique , tartrique et oxalique font des précipités dans les solutions un peu concentrées du sulfate de quinine. Ce sel est décomposé par les alcalis fixes et 1 ammoniaque j la quinine se précipite en flocons très-blancs. j mais, parla pression, ces flocons se réunissent en une masse grisâtre. v
La moyenne de plusieurs analyses a donné, pour la composition du sulfate de quinine :
Quinine, *ioo;
Acide sulfurique , 10.914.