‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 31 sur 74 · FAUSSES MEIIBBANBS DC PÉRICARDE · texte numérisé non relu

FAUSSES MEIIBBANBS DC PÉRICARDE

Les fausses membranes qu'on trouve sur la eéremee du cmar cm sur le péricarde occupent à peu près aussi souvent les deux feuillets; peut-être cependant le feuillet cardiaque ou viscéral en est-il plus souvent recouvert que le feuillet pariétal. La portion du péricarde qui eu* vefeppe les oreillettes, le haut du cœur, et qui se réâé* ebit sur les gros vaisseaux, est aussi fort souvent le siège de ces dépôts pseudo -membraneux, et cela se conçoit par la configuration même du péricarde. En effet, ce sac séreux est composé, pour ainsi dire, de deux cônes adossés par leur base, et le cône supérieur, répondant aux gros vaisseaux, est, dans la situation horizontale prise ordinairement par les malades, situé plus bas que Tinférieur répondant au cœur. C'est donc dans le cône supérieur que siègent les épanchements pendant que le malade est coudié; ils n'apparaissent à la partie infé^ rieure du cœur que dans la station assise ou verticale.

L*aspect des fausses membranes du péricarde est trèsvariaWe; j'insisterai principalement sur ce qu'il offre de particulier ou de spécial; les détails dans lesquels je suis déjà entré suppléeront à une description minutieuse et éviteront des répétitions inutiles.

Les fausses men^rranes récentes ont presque toiqours deux faces, l'une adhérente, l'autre libre. Au début, dles forment une couche granuleuse mince et transparente, grisâtre ou opaline, qui tranche sur le poli de la séreuse environnante, mais qui en s'épaississant prend un aspect

236 RfiCU£RGH£S GUMIQDBS ET ÂNATOMIQUES

ordinairemeDt très-remarquable. Tous les observateurs ont signalé les inégalités de la surface externe. Gorvisart l'a comparée « à la surface interne du bonnet ou second estomac du veau, sauf la profondeur de ces espèces de mailles qui, ici, était moindre ^ » Les saillies réticulées, grumeleuses, inégales, rugueuses ou aréolaires, prennent aussi la forme du gâteau de miel des abeilles, des villosites de la langue des chats, etc. M. Hope leur trouve une grande ressemblance avec le beurre mou [qui reste sur deux assiettes plates qu'on aurait séparées après les avoir pressées Tune contre l'autre.

Dans d'autres cas, on a trouvé qu'elles rappelaient les figures du fruit de l'ananas ou du pin et la graisse figée par places. Dans certaines circonstances, on remarque sur la séreuse des prolongements d'un aspect piliforme, et le cor villosum a été décrit par d'anciens auteurs.

En résumé, les figures qu'offre la surface externe des fausses membranes récentes, déposées sur le péricarde, sont celles d'alvéoles, de réticulations et de saillies irréguliëres, piliformes, villeuses, obtusément coni* ques, etc. Les moins épaisses sont très-minces, produites par un suc glutineux ou une gelée transparente parfois difficile à apercevoir; les plus épaisses sont jaunâtres, verdâtres ou rougeâtres, suivant que la sérosité, le pus ou le sang les pénètrent.

Dans les fausses membranes anciennes nous trouvons les modifications déjà observées; les saillies de la face libre

< J.-N. CoaviSART, Essai sur les maladia et les lisi<ms orgamques du cœur et des gros vaisseaux, 3* édition , p. 49, 4848.

SUR LB8 APPEGTIONS PSBUDO-MBIfBBANEUSES. 237

sont moins marquées, les adhérences celluleuses sont moins épaisses; elles sont filamenteuses ou lamelleuses et quelquefois fort étendues.

Les fausses membranes minces sont étalées et offrent un aspect blanchâtre qui leur a valu le nom de plaques laiteuses. D'autres fausses membranes affectent la forme de mamelons et d'indurations ayant de la ressemblance avec le blanc d'œuf durci, avec des granulations ou des végétations rougeâtres. Elles peuvent être composées de couches superposées ou stratifiées, semblables à celles de la plèvre; mais elles offrent plus d'inégalité à leur surface extérieure ; elles peuvent enfin circonscrire des cavités ou vacuoles pleines de liquide.

Les adhérences vascularisées et formées pjir des néomembranes se trouvent sur tous les points de la surface du péricarde; parfois elles sont généralisées à im tel point, que la cavité a disparu ; ce cas cependant est fort rare. Elles siègent souvent à la base ou à la pointe de l'organe central de la circulation. Les adhérences entre les deux feuillets de la séreuse peuvent encore être formées tantôt par un tissu mou, gélatiniforme et cependant résistant; tantôt par une lame de tissu interposé grisâtre, cartilaginiforme ou ossiforme.

Les transformations que les fausses membranes anciennes subissent sont les mêmes que celles de la plèvre. Les plaques laiteuses sont remarquables et très-visibles sur le cœur, elles renferment des granulations moléculaires et graisseuses. Les autres plaques épaisses prennent la dureté du cartilage ou des os par le dépôt de granulations moléculaires et de matière amorphe ou de

2S8 BBCHBBCBB CLimQCCS ET AMTOIlQim»

sels caledires. Les produits pse^do-Inembraneux devenus ossiformes peuvent envelopper la base du cœur à Twigine des vaisseaux et même former une coque à cet organe.

Les kysies pseudo-membraneux peuvent exister dans le péricarde; les kystes partiels y sont rares, le kyste gén^ rai prodoit les adhérences totales.

Les fausses membranes du péricarde peuvent présenter les mêmes altérations morbides que celles de la plèvre.

Les fausses membranes non suscepHbles de s^orgamser se comportent ici comme celles de la cavité pleurale. Certaines plaques laiteuses ou rugueuses sont peot-ttre formées par des coagulations fibrineuses déposées sur l« sur&ces du péricarde; elles ont été amincies par les firottements et se sont infiltrées de matières grasses.

Le Kquide renfermé dans le péricarde est de la sérosité citrine, sanguinolente, ou purulente, tenant ou non ai dissolution des caillots fibrineux.

Veooemen microscopique des fausses membranes renfermées dans le péricarde tait constater les éléments généraux et habituels déjà signalés (p. 198). Dans phisieum cas de fausses membranes aréolaires et de cor villosum, j'ai vu que la fibrine, les corps granuleux de Tinflamm*lion, les globules purulents principalement sans noyaux (leucocytes divers), et les granulations moléculaires ainsi (fue la matière amorphe, fermaient les saillies caractéristiques du cor vittosum.

Les plaques laiteuses lisses qui existent si scmvent sur le péricarde viscéral et pariétal sont formées de granulatiens moléculaires extrêmement nombreuses ; quand ces

SUE LES AFFEcnws MMHio-immàiarais. 139

plaques laiteuses sont très-anciennes, la fibrine n'y est ordinairement plus apercevsi)le ; elle a disparu par résorption. On trouve toujoiu*s du reste des matiéares grasses, des corpuseules ayant l'aspect et toutes les réactions des corps gras dans les plaques laiteuses; on y trouve aussi de la cholestérine et parfois des poussières minérales. Rokitansky a décrit le périeaxde gypaeux, c'est* à-dire incrusté de sels calcaires.

Les adhérences du cœur n'oiïrent rien de j^us spécial que celles de la plèvre au point de vue de Vexamen microscopique.

FAUS9I8 MBatAN» WtJ ffÉtlMIPII.

La séreuse péritonéale enflammée n'a plus Taspeel lisse et poli comme à l'élat sain ; elle est devenue pois-^ seuse par suite de l'apparition d'un liquide épais , trans-* patent et onctueux.

A un degré plus avancé, une portion de la séreuse, un^ wk plusieurs circonvolutions intestinales sont recouvertot d'une matière gélatineuse et moUe^ ou d'une madère jaunâtre ou blanchâtre et facile à enlever. Cette matière [est surtout abondante aux points de réunion des circonvohitiotQs et dans les endroits déclives où elle s'amasse «vee la sérosité épandiée, qui elle-même laisse déposer ées concrétions fibrineuses.

Les fausses membranes périkmiales récmtes sont par conséquent molles et gélatineuses; elles n'o&ent pas Fas^ peet lamelliforme et deux faces» dont l'une est adhérente, l'autre extérieure. Ce sont plutôt des floeotts» des

amas blanchâtres, jaunâtres et crémeux, baignés de sérosité ou de pus, et déposés entre les diverses parties du paquet intestinal ou sur les interstices des divers viscères , en un mot, sur un point quelconque de la vaste cavité du péritoine.

Leur coloration est variable suivant le liquide qui les accompagne ou la nature de la phlegmasie; elles sont hyalines ou blanchâtres, jaunâtres, verdâtres, d'un jaune foncé, rosées ou rouges.

Les fausses membranes partielles sont bien plus fréquentes que les fausses membranes généralisées dans une grande étendue de la séreuse; ces dernières causent presque toujours dans la péritonite aiguë la mort des malades. Les fausses membranes qui accompagnent la péritonite forment heureusement parfois une barrière qui isole une cause d'inflammation en la circonscrivant, telles sont les blessures, les perforations intestinales, etc.

Nous trouvons les mêmes phénomènes de succession pathologique pour les fausses membranes péritonéales anciennes que pour celles déjà étudiées. La transformation en néo-membranes s'opère de la même manière; les adhérences celluleuses s'y produisent, mais elles sont intimes ou généralement très-courtes sur le paquet intestinal, et n'offrent la forme aplatie ou rubanée que sur les viscères réunis avec le diaphragme ou sur les divers épiploons.

On trouve sur la séreuse les dépôts de matière plastique vascularisée ou non , ils produisent des taches laiteuses qui sont très-appréciables sur les viscères (foie, rate, etc.). On voit aussi des fausses membranes à feuillets super-

SUE LES AFFECTIONS PSEUDO-MÊlirBRANECSES. 2&1

posés» mais rarement libres à leur surface» plus souvent réunis à une fausse membrane voisine et de même espèce. Les surfaces inégales interceptent alors des vacuoles» des cavités plus ou moins irréguliëres.

Nous retrouvons dans le péritoine les fausses membranes qui ne s'organisent pas; elles offrent quelques particularités très-rares dans les autres séreuses et beaucoup plus fréquentes dans le péritoine. Ce sont les fausses membranes primitivement adhérentes, blanchâtres ou jaunâtres, et qui se sont détachées; on trouve au point d'attache des franges qui ont été vascularisées et qui forment des houppes. Ce sont encore les concrétions fibrineusesqui ne s'organisent jamais; j'ai rencontré une d(^ ces productions très-remarquable et libre dans la cavité péritonéale d'un phthisique; je la décrirai bientôt en parjant de l'examen microscopique. Ce sont enfin des dépôts presque toujours faiblement adhérents à la surface de la séreuse et formés par suite de l'inflammation lente causée pai* le liquide d'une ascite chronique. Toute la séreuse présente alors une teinte brunâtre ou ardoisée et p? irfois noire, disposée sur une couche uniforme.

Les granulations qui recouvrent souvent le péritoine dans une [grande étendue et qu'on a désignées sous le nom de tuberculeuses, ne sont pas de véritables fausses membranes. Je dois cependant les : mentionner. Ces productions morbides varient depuis 1 e volume d'une tête d'épingle à celui d'une lentille et pb as.

Les petits kystes^ ou plutôt les colle étions de liquide enkystées par de fausses membranes, se rencontrent dans le péritoine, et le liquide y prend au{ ;si les qualités du pua

et y forme des abcès. Mois phis souvent encore les aéhé^ renées sont étroites et simplement juxtaposées entre les circonvolutions; elles occasionnent une masse qui ressemble à ime tumeur» ou à une collection de liquide* Celte disposition est des plus remarquables *.

Il existe quelques- exemples de kyste total du péritoine ; toute la séreuse est doublée d'une lame épaisse à îsm^ face dépolie^ et on ^peut séparer cette lame du péritoine. Le calibre des intf jstinS est alors diminué ainsi que leur longueur par les Ifroncements, la rétraction du produit pseudo-membranotix, L'épiplooû revenu sur lui-même et eoiûme ra*aliné, n'est plus qu'une bande étroite disposée te long de la co^orbure de l'estomac et du côlon. Le mésefitèrè se liaccourolt et accole les inlestinà le long du vachis.

Un dernier étfitfc :dont les adhérences partielles font eômprëÈdre le mécJft nisme peut être observé dans la cavi\é péritonéale. C'est Toblitération presque totale ou métee («inplète de e ette cavité. Tous les organes qu^elle Kfaâtmutt peovettt êir «e agglutinés entre eux par des matières plastiques qui subissent diverses transformations. Ces matières sont iSà ntôt grisâtres, épaisses ou cartîlagimfermes, tantôt n«i râtres ou brunâtres et plus ou moins indurées, ou de coiw Istance grasse. On a comparé avec beaucoup de justeai ;e l'état du péritoine adhérent de t«mle8 parts à celùij, qu'aurait produit un liquide solidi-

*' Vby. les HecItercHe» i cliniques de MM. Bemutz et Ooupil sur les phlegmons péri-utérins^^ dans les Archives générales de médecine, fi* série, t. uc, 485T.

sd itt mmmom nmoo-wanMaamEs. 9&3

fiable, par exemple une matière à injection ^sartérâeUe, qtaL'vn aurait versée dans ia cavité, qui en aurait pënétfé tous les replis et qui aurait fait une masse totale. Dans cet état de réunion complète, il est exti'èmemeiit difficile, pour ne pas dire impossible^ de reconn^tre les viscères qu'on voudrait isoler,

lies fcmssês membranes pètiUméal^ anciennes forment ^n résumé des adhérences celMeuses assez courtes , vascularisées et devenues séreuses sur leurs faces; ffautres fois elles présentent plusieurs feuillets superposés par suite de nouvelles inflammations ou de nouveaux dépôts plus ou moins organisables. Des vacuoles pldncs de liquide peuvent se développer dans les fausses membranes épaisses, dans les adhérences non lamelliformes, mais polygonales, dans les magmas d'une coloration extrêmement variable, déposés entre les vides des paquets intestinaux. !1 s'ajoute, dans les concrétions plastiques, des matières qui leur donnent l'aspect cartilagineux et même, quoique rarement, ossîforme. Les fausses membranes péritonéales sont le siège du cancer, du tubercule, de la matière noire, etc.

Les fausses membranes qui ne sWganisent pas consistent en dépôts fibrineux formés dans la sérosité ou dans les autres liquides épanchés; ces dépôts fibrineux se dissolvent ou non, et dans Iç premier cas ils peuvent revêtir la surface de la séreuse de granulations et de débris caséeux, plâtreux, etc.

La ^érosid qui s'épanche dans le péritoine eirflammé se coagule très-promptement sous forme de gelée trem-

2&A lECHEBGHBS GUMIQUE8 ET ANATOMIQUES

blotaQte^ J'ai recueilli au moment de ropération des hernies cette sérosité épanchée dans le sac, et j'y ai trouvé la fibrine plus abondante que dans la sérosité retirée de la plèvre par la thoracentëse.

Les fausses membranes et les néo-meihbranes, qui presque toujours leur succèdent dans la cavité du péritoine 9 sont dans le moment voisin de leurs production très-chargées de fibrine et de corps granuleux, de globules pyoïdes (leucocytes divers), etc. Les éléments embryo-plastiques s'y développent; aussi ces fausses membranes fontrcUes rapidement adhérer les anses intestinales ou les diverses parties de la séreuse péritonéale entre elles, et opposentrclles une barrière efficace auxépanchements ou aux corps étrangers nuisibles qui arrivent dans le péritoine.

On voit très-aisément sur l'intestin grêle que la séreuse sous^acente aux fausses membranes adhère moins qu'à l'état normal à la couche de tissu musculaire qu'elle revêt. Cette séreuse en est séparée par un tissu cellulaire qui s'infiltre et qui permet alors d'enlever la séreuse. Du reste, je me suis assuré plusieurs fois que les fibres lamineuses de la séreuse enflammée étaient plus espacées, et qu'une substance grenue nouvellement déposée existait dans leur intervalle. Dans les cas de péritonite chronique, la séreuse sous-jacente aux fausses membranes est encore plus manifestement altérée. Elle est hyperlro-

* Dbiahabpb, De la présence de la fibrine dans la sérosiié extraite diàpéritoine (Archives gén. de méd., 3* série, 1. xiv, p. 474, 4842).

SUR LES AFFBCnONS PSEDDO-HEMBRAIVEnSBS. 265

phiée, elle renferme assez souvent des granules graisseux et des matières pigmentaires.

J'ai observé un exemple fort remarquable de fausse membrane non adhérente dans la cavité péritonéale et composée par une masse fibrineuse : dans le péritoine» il existait une masse pseudo-membraneuse, longue de 15 centimètres, aplatie, large de 3 centimètres, comme étranglée en quelques endroits, abords irréguliers. Cette fausse membrane était très-faiblement adhérente au péritoine pariétal et intestinal, il a sufK de la moindre traction pour Ten détacher.

Elle s'est trouvée constituée sous le microscope par de la fibrine en petites masses fibrillaires, entre-croisées dans toutes les directions et mêlées partout de fines gra* nulations moléculaires ^

FAUSSES imiBRAJtES DB LA TUNIQUE YAOIMALB.

Les fausses membranes qu'on rencontre dans la tunique vaginale sont de véritables néo-membranes anciennes, des adhérences celluleuses très-fi^quentes sur les sujets dont on fait Tautopsie pour une maladie quelconque; elles résultent d'un froissement, d'un traumatisme léger ou violent, etc.

On sait aussi combien l'hydrocèle légère est fréquente, et cette exhalation de sérosité, parfois sanguinolente dans la tunique vaginale, s'accompagne presque toujours,

* Voy. Robin et Vbedbil, Trailé de ehimie anatamiqw et physioUh gique, t. ui, p. 267, 4853, et p. 62, 497 et 233 de cet ouvrage*

2&6 mCBSRGHBS CUiaQ0BS BT AJSâTOIl]QIIE&

sauf le cas d'hydropisie passive^ d'iaflaotmatioa plasti<p8«. Plus le liquide de l'hydrocèle est chargé de âJftrme» et plui^ it peut se déposer de couches épaisses au-dessw de néomembranes déjà organisées» Mais t^a^&s que la sueeefision des néo-membranes a eu lieu par un dépôt de blastème de la séreuse vers la cavité, le dépôt de la fausse membrane sera fait sur les dernii^& couches ou même restera dans l'intérieur sous la fonnie de grwneavix flottants.

. Les fmmes mem^oM^ orgmUsobleê siègent à leur début sur un des points de la vaginale. I>ans le cas où une în* jection iodée ou vineuse a été faite pour la cure de lliydrocèle» ou bien quand un corps solide irritaEt a été laissé à demeure, il se proéuit une sécrétion plastique sur les deux feuillets dans toute leur étemdua , et la cavité disparaît par la soudure intime de ces deux feuillets séreux. L'exsudation est épaisse, gélaliniforme, crémeuse, blanchâtre ou jaunâtre. On rencontre le plus souvent les adhérencea organisées» les néo^embranes de tissu lamineux, dans le voisinage (fai bord extenie de Tépididyine où elles se présentent sous forme de bandelettes verticales plus ou moijis espacées ; ces adhérences rétrécissent quelquefois la grande ouverture que forme la séreuse pour aller sur la face inférieure de Tépididyme.

Les épaississements partiels da la vaginale par une né<Hiiembrane» déposée anciennement sur eUe, s'oèservent comme dans les autres séreuses; la face externe est libre, polie et lubrifiée; en un mot» toutes ces néo-membranes résultent évidemment d'une inflammation légère

suB LBft énmmiom raHMXHinamANBusBS. 2A7

da la laoiBS abritée des membraB^s séreuses» suivant TexpreBsioa de M. le professeur Gosselin «.

Lies fa%uses mùmï^anes épaisses m partie organisées, déposées surtout ^lar le feuillet pariétal de la vaginale, s'ob^ servent après les hydrocèles ou les hématocèles. Elles peuvent, mais bien plus rarement et par exo^ion, occuper le feuillet viscéral, c'esl-ànfire la séreuse lestioulaire. Oa ne peut nûeux les comparer qu'à une sorte d'écorce épaisse qui revêt le feuillet pariétal. Leur épaisaaïur varie suivaat le nombre des lames superposées qui les composent. De leurs deux finces, l'une adhérente, est appliquée exactement contre la séreuse, Tautre libre, est inégale, rugueuse et chagrinée, en rapport avec Tintérieur de la cavité et le liquide qui la baigne.

La face libre est recouverte de fausses membranes récentes et molles, produites par la néo-membrane sousjacente, ou au contraire couverte de caillots sanguins phis ou moins rouges ou décolorés, f)ien plus faciles à détacher que la fausse membrane oi^anisable.

Ces fausses membranes, suivit leur épaisseur acquise et leur organisation plus ou moins avancée, offrent une flexibilité complète, ou bien constituent une coque inflexible qui enveloppe le testicule. Leur transformation eartilagintforme ou chondroïde, les dépôts calcaires extrêmement épais que j'y ai vus, rendent cette enveloppe tout à fait dure et comme osseuse *•

^ Voy. ses Recherches sur Vépaississement p$eud(Hnêmbraneua) de la tmnique vaginale dans l'hydrooéU et Thématêcèle etewreon traitement, dans les Àrehives gén. de naédecine, i^ série, t. xxTn, 4854 .

* M. Vulplan a montré à la Société de fcîolegie im eieoiplQ de tomeo^

Le liquide renfermé dans des kysles presque toujours généraux ou complets à cause du peu d'étendue de la séreuse vaginale, est constitué tantôt par de la sérosité pure ou sanguinolente, tantôt par du sang nouvellement épanché ou au contraire ayant subi des altérations. Le liquide est alors couleur de chocolat, de lie devin, ou noirâtre ou verdâtre. Les lamelles de cholestérine y sont abondantes et donnent au liquide un aspect plus ou moins micacé ou pailleté.

M. le professeur Gosselin n'a point négligé Veocamen microscopique dans son remarquable travail déjà signalé. Là où l'œil nu est impuissant pour décider s'il s'agit d'une fausse membrane, d'une néo- membrane ou de la séreuse vaginale, les verres grossissants tranchent nettement la difficulté et ne laissent aucime prise au doute.

Dans les couches superposées ou stratifiées de la tunique vaginale, on trouve une matière amorphe, des fibrilles trës-reconnaissables de la fibrine, des globules de pus plus ou moins déformés (leucocytes divers), des globules rouges du sang (hématies), car très-souvent le sang a été épanché dans la séreuse et a provoqué l'exsudation plastique. Quand les productions pseudo-membraneuses sont dures, cartilaginiformes ou ossiformes, il y a des fibres lamineuses tassées, des éléments embryoplastiques et des poussières minérales produisant la calcification du tissu.

fibrineuse inlra-scrotale, à parois calcifiées, qu'il a examinée avec M. Béraud , et qui provcoait d'une ancienne hématocèle. ( Comptes ren(hs de la Société de biologie, 3* série, 1. 1 , p. 495, 4860. )

SOB LES APPIGTIOBIS PSEDDO-MfilIBlÂNEUSBS. 3&9

La séreuse est toujours recoQuaissable» après la décor^ tication des pseudo-membranes, à ses fibres lamineuses disposées en faisceaux, entre-mélées de quelques fibres dartoîques. Elle offre une plus grande quantité de matières amorphe et granuleuse qu'à Fétat normal; elle est hypertrophiée, vascularisée et ses vaisseaux se continuent manifestement avec ceux des fausses membranes placées sur elle. Le microscope ne laisse aucun doute sur ces vaisseaux sanguins qu'on voit à Tœil nu sur des pièces ayant macéré et sur des pièces desséchées. Des vaisseaux lymphatiques existent même dans ces fausses membranes, l'injection l'a démontré.

Dans le liquide récent tantôt séreux, plus souvent sanguinolent, avec des caillots fibrineux, on trouve les éléments de la fibrine et du sang épanché. Dans le liquide très^nden devenu d'un rouge foncé, brun, couleur de chocolat, noirâtre, verdâtre, etc., le microscope montre les éléments décomposés des globules rouges du sang (hématies), des poussières formées d'hématosine, des cristallisations d'hématoïdine, de la fibrine encore reconnaissable parfois, bien qu'elle soit incrustée de granulations moléculaires, enfin des matières de nature grasse, des lamelles de cholestérine, des éléments pigmentaires, etc.

PAC88BS HBMimAlf]» DB L* ARACHNOÏDE.

Les fausses membranes de Varachntiîde ont été beaucoup étudiées, et cependant on n'est point encore d'accord sur plusieurs points de leur histoire. Les difficultés

9M wmfMcsm guhiqoes eï amammoisu

vîwaeit de VûQf^ûfliîUlilé ou Ton est d'ohgeiv^p k premtoe fénoiB de leur ionBAtion et de plus de l'idée anéilé^ à l'avwee qu'elles devaient être coastituées par des produits hémon^hagiques eu provenant de Torgaitisation

U est iAfiniment probable que dans un trèft-grand i^mbre de cas, les famées membranes ara(^kfwidiennes sus- ^plible«( ê^ s'organiser en néa-me0d)ranes coinmeoie^ imftmê celles de toutes les aujUre^i séreuse eeUes de la pl^re 0ostake> piar e^ewple» 4hl di» péritoine pariéfad \ Al* moment où elles voiiat être feriaéet}, il tranMiide des vaisseaux capiUaires ^^tés UA liquide visqueux, w htofttén^ qui ûMistkiM une couehe malle, puis éeiBMoUde,. d^us laiç^dUe les vaisseaux peuv^t appacaîtare apré& qu^ le? fibres du tis«i eellulaire s'y s^roBt «Aiil|rées« h M& mtm que presque toi^oura il se pvor <taHdeskwifn<9rrbdgiQSoapî&ùres abondantes quioiidoreat le pJUsDia exsudé et (çé deiveat môme nuire à soa or^ watim, U ne partit r^uh^r des observations et des tr^vw^l^ës^stimaU^ d'ailleurs que la S([^ece possède, que les ^éo-no^embraiies ar«ebiioïdieaaes afiècteitt les dî^pûsitiod^ suivailes :

* RiLLtBTet Barthez, Traité clin, et prat, des malëdies des enfants, 2«é(iit.,t.ii, p.247, 4853.

* Cette manière de voir, qui pie parait la vraie , est soutenue par H. ViRCHOW {Verhandlungen der phys. med, Gesellsch. zu WUrzhurg, t. VII , p. 434) ; par M* Sgçuçjbb^ {Àrchiv. fur pqkth. 4iw<<?ff*»ô# t. vi , p. 464, et Gaz, hebd,^ t. vi, p. 624 , 4859). — Voy, aussi Bj^un^t, Rech. swr les néo-membranes et les kystes de l'arachnoïde (Thèses de Paris, «SB», n^ M, p. 44 et 49.)

SUR U» AfneiIQOS imSI^rVWlA^dilHSIV. Wl

ISllm siégeât fe plu» souvent wm h le^Qt pwï4ltll) 4» V%Ê9iàswïiê ; ellea soot foraiéee par ha lilfMrt^QE^ ordiuiM^ ranent coloré par eu sang et con^erva^t ky^gtowpft ««tte eodiew.

Ces néo-membraoes peuve&t eosuita être déaott^s sm un point ou sur plusieurs points de leur étendue par 4q: la sérosité ou par du sang épanché entre elles et la sw£m)0 de l'araduaKHâe. Il existe ainsi une colleotion de licpîd^ limitée par wûe fausse me«d>rane, en débet»» mm ïé vit uoe pièe» aBatoKû<}ue sujp Isbifuelle on treivaU une kmm membrane en dedans» revêtant la sére^ae» f^u^e m^ïê-^ btane produite après le déeoUeoftent de U première»

Les fausses membranes organisables peuvent se tro«» ver à la fois sur Faraohiieide pariétale et mr Varai^bnoide viscérale et entourer une ooUeetioA stftoguÎB^tofrte. J'en tt vu deux exemples. Il me s^mbUc retiomiel d'admettre alors^ lue bémonHkagie dans U eavité aiaetoeJH^ime à 1a suite de li^pieHe le sang s'est enkysté e^ pr oduij^al sut la séreuse, eAflan^mée par son eâiktaet,.unee^iid3tà»^d« Uastème.

i^ai cfu devoir entrer dans ees divecti délaite avwt de déerwe les néoHoiembfimes el les laussea pembmnes an^noIdieMies; elles sereal présenlement plue faeile» i exposer sous leur vrai jour.

Les fausses membraneê orgemisaUM. OAt souvent uae ftûble ^aisseur. lâles sont pegdant longtemps rouget très» ou jaunâtres» ou couleur de chamois» et appliquée^ sur la séreuse par leur face inférieure; leur face supérieure libre répond à la cavité ar^chnoïdienne^ cette f^ce devient par la suite extrêmement Usse et poUe^ Ce» néo-

membranes s'amincissent au point de ressembler par leur aspect à Farachnoîde qu'elles doublent; elles peuvent aussi devenir nacrées et résistantes » elles peuvent enfin sécréter au-dessus d'elles de nouvelles couches organisables, absolument comme celles de la plèvre *•

Les fausses membranes organisables, mais mélangées de beaucoup de sang, occupent une grande partie de Tarachnoïde cérébrale, et leurs limites peuvent dépasser de beaucoup celles des caillots sanguins ou du liquide séro* sanguinolent qu'elles renferment. Leurs bords sont quelquefois peu adhérents et un peu flottants. Leur couleur est d'un rouge foncé ou d'un jaune rougeâtre. Elles peuvent, comme je l'ai dit, adhérer à la fob aux deux feuillets opposés pariétal et viscéral de la séreuse; mais cette disposition est exceptionnelle.

Le liquide renfermé entre une pseudo-membrane organisable décollée et l'arachnoïde revêtue ou non d'une nouvelle couche plastique après le décollement, est formé par du sang ou de la sérosité. Ce sang, tantôt rouge et en partie coagulé» surtout à la périphérie, constitue un véritable caillot dont la forme est très-variable. Par suite de la résorption des éléments liquides, le caillot diminue de volume et devient plus dur; il forme une lame aplatie, parfois très-mince. D'autres fois le liquide varie de coloration depuis la sérosité claire jusqu'au brun couleur de chocolat; il est homogène ou au contraire coagulé en partie et grumeleux.

* Cette stratification des néo-membranes de Tarachnoïde a été constatée par BfM. Yirohow, Heschl, Schuberg , etc.

SUR LES APPECnONS PSEUDO-MEMBRANEUSES. 353

On trouve, mais rarement, le sang pur alors qu'il vient de décoller la néo-membrane ancienne non complètement adhérente.

Les fausses membranes qui ne s'organisent pas et qu'on trouve dans la cavité arachnoïdienne » proviennent de concrétions fibrineuses hémorrhagiques, de forme extrêmement variée, souvent aplaties, lamelliformes, non enveloppées de plasma et qu'on enlève avec la plus grande facilité du feuillet pariétal ou viscéral sur lequel elles sont appliquées. Ce sont encore les produits inflammatoires qu'on trouve sûr la séreuse à la suite d'une inflammation plus forte que celle qui produit les néo-membranes; par exemple chez les malades qui succombent à l'inflammation méningitique aiguë simple ou chronique et cérébro-spinale épidémique. Ces produits sont sous forme de lames plus ou moins étendues, crémeuses, blanchâtres ou jaunâtres, d'un jaune verdâlre, mêlées ou non d'un peu de sang et toujours d'une grande quantité de pus épais.

Il est hors de doute pour moi que plusieurs des néomembranes arachnoïdiennes peuvent résulter de l'inflammation méningitique franche, quand le malade est assez heureux pour y échapper.

Les éléments anatomiques que le microscope fait reconnaître dans les fausses membranes et les néo-membranes de l'arachnoïde, ne diffèrent pas de ceux des autres séreuses, leur disposition est seulement différente.

Dans les productions plastiques récentes on trouve au milieu d'une trame de fibrine dans une matière amorphe les éléments du sang épanché : des globules rouges (héma-

lies), des glokiles blancs (leucocytes fclancs du sang), des globules granuleux de rinflamination (lcfuco(jytes granuleux hypertrophiés). Les globules du pus s*y *^^*" vent également ; mais il est difficile, dans bien des iîas, de savoit s'ils viennent d'une formation purulente rtèénte, ou s'ils proviennent du sang épanché, le pense tîependant que dans certains cas ils scmt beaucoup trot) nombreux pour avoir été fournis par le sang; il y a ©u production, daùs la fausse membrane, de leucocytes purulents.

Dans la nécnnefnbrane en Voie d'accroissement ël ffdtganisation, les divers éléments du sang épanché en même temps bu avant le blastème s'altèrent|et se dissocient; des ncfyâux , puis des fibres embryo-plastiques apparaissent, les fibres lamineuses se forment, les vaisseaux s'y distribuent, ïl n'y à rien là d'insolite, excepté la coloration d'un rouge de rouille,^ puis d'un jaune chamois, offerte par la décomposition de ces globules sanguins qui laissent échapper leur hématosine, et par les matières grasses qui se déposent dans les fausses membranes.

Dans les kystes, on trouve le sang caillé ou coagulé avec ses éléments caractéristiques : fibrine, globules rouges et blancs. Suivant l'ancienneté de l'épanchement, le sang coagulé en lames plus ou moins étendues se décolore de l'extérieur à Tintérieur du caillot, et il offre, successivement, des teintes diverses, une plus grande cohésion tet une plus grande résistance à la traction ou à Técrasemerit.

La cavité du kyste peut renfermer un liquide tantôt transparent, tantôt opalin, dans lequel le microscope fait voir

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éen globales roag^ «In siftfig (héfmMies), des globuklï purulents surtout de la variété pyoïde (leucocytcii ^t^ noyaux), des corps granuleux de rinflamttiatibn. Les Bandes bruns *el ooulew de diocolal (jtltetil iéi botpH^ eales sâiBguins altérés ou des débHs de ces globules, ék lliématosiiie, des matières graisses et granuletises.

Dani^ là matière crémeuse et ptA-uk^té de la ménlbgltë aiguë franche ou de la méningite épidéihlcïue, la fibrifiie et les gldbules purulents et graAuleu:^ de rinfisdnitiation aboqotdea^t. Ces globules offreiat tantôt des noyaux et tatitôln'en offrent pas après Taction de Tacide acétique.

La séreuse est manifeiMement épaissie et ecdhymosée ^më tiH ttès-grand nombre de Cas. Legendre, MM. M^- Ik* «ftarthfez ont nbtê cette particularité sur le feuiïïêft viscéral. Le mictoséopfe montre que les fibfes laminètiiséS hnM; écartées et qu'une matière granulettsë s^est déposée dans lefur intervalle.

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