‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 32 sur 74 · FAUSSES MEMBRANES DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

FAUSSES MEMBRANES DES ARTICULATIONS

Les fausset inembranes que ton trouve dans les àfticuh" tiùns atteintes d'inflammation aiguë ou chronique, se rapprochent de celles que nous avons déjà décrites ; maîà elles présefntent quelques particularités qui ont été parfaitement exposées par M. le dôcteut Richet dans èôh mémoire sur les tumeurs blanches*. Seâ expériences, que hous avons répétées en partie, tious paraissent de nature à faire comprendre parfaitement les phénomèbës

* Mémoirei de V Académie de médi^cïne, t. XVii> pc89, Ï4> etc.^ rtôlt.

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inflammatoires avec sécrétion plastique dans les articulations.

Les pseudo-membranes sont déposées sur la séreuse articulaire vivement injectée jusqu'au pourtour des cartilages; la séreuse a perdu son poli; elle est devenue grenue et granuleuse. Ces fausses membranes revêtent la forme lamelleuse ou floconneuse; leur coloration est blanchâtre ou jaunâtre.

Les granulations y les saillies mamelonnées et fongueuses de la synoviale sont dues à la fausse membrane déposée sur la séreuse bien plus qu'à la séreuse ellemême. Elles peuvent être rapidement vascularisées et offrir alors, par production nouvelle de blastème» un aspect stratifié ; la dernière couche non encore organisée est celle qu'on détache le plus facilement.

Dans la dernière période de son organisation, la néomembrane superficielle se cicatrise à la manière de la surface d'une plaie, et la guérison s'établit avec raideur articulaire. Plusieurs points contigus ont pu se souder ensemble, souvent sans que les cartilages soient malades; les cartilages ont pu être recouverts par les prolongements psudo-membraneux, mais ils sont intacts audessous.

Ces divers caractères que présentent, dans la synovite, les fausses membranes organisables sont bien différentes des végétations fongueuses articulaires.

Les fausses membranes non organisables résultent soit de la chute d'une fausse membrane primitivement adhérente et forment à l'extrémité du pédicule une sorte de corps frangé» soit des coagulations produites spontanément

SUR LES AFFECTIONS PSEUDO-IIEMBRANEtJSES. 257

dans le liquide qui remplit rarticulalion. Dans les gaines synoviales*, dans les coulisses tendineuses, on trouve les phénomènes de Tinflammation plastique des séreuses articulaires, et il peut en résulter la production de corps oriziformes^ hordéi formes. Cette variété de corps étrangers, que j*ai vu extraire de l'articulation du genou par M. le professeur Velpeau, se rencontre dans la plupart des articulations et des gaines tendineuses. Les corps hordéiformes reconnaissent très-souvent pour causes l'inflammation suivie d'épanchement plastique et la solidification des éléments coagulables du sang.

Le liquide qui se produit avec les fausses membranes dans les articulations, est de la sérosité primitivement fluide, mais parfois teinte de sang et roussâtre. Elle devient ensuite plus épaisse et filante. Dès le troisième jour, sur un animal dont l'articulation est ouverte, on trouve de la sérosité louche et il y a production ultérieure d'un pus verdâtre et crémeux.

La séreuse synoviale s'injecte au plus haut point pendant la période aiguë de l'inflammation ; elle est d'abord d'un rouge vif avec des points plus foncés formant des papilles vasculaires. Plus tard la membrane synoviale s'épaissit et autour d'elle le tissu cellulaire peut prendre cet aspect qu'on a appelé lardacé; mais le tissu lardacé se montre bien plus souvent dans les tumeurs blanches après la synovite fongueuse qu'après la synovite pseudomembraneuse franche.

* P.-E. BiDARD^ De la synovite tendineuse chronique ou fongus des gaines synoviales (Thèses de Paris, 1858, n® 96, p. 40),

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Vexamen microscopique des fausses membranes articulaires adhérentes ou flottantes n'offre rien que nous ne connaissions déjà : fibrine, globules de pus et d'exsudatîon. Les coagulations fibrineuses du liquide épanché dans Tarticulation ont beaucoup de ressemblance avec im coagulum fibrineux sanguin décoloré.

La séreuse épaissie renferme entre les fibres du tissu lamineux qui la constituent à Tétat normal, une substance amorphe parsemée de granulations et, de plus, des éléments embryo-plastiques ou fibro-plastiques de formation nouvelle.

Le tissu épaissi et lardacé^ blanc ou jaunâtre, qui entoure l'articulation dans les tumeurs blanches et qui est exsudé autour de la jointure malade, est formé de tissu lamineux, d'éléments embryo-plastiques ou fibro-plastiques (noyaux et corps fusiformes). Il est imbibé d'une substance amorphe, épaisse ou molle, parfois gluante. Dans les endroits jaunâtres, il existe des gouttelettes graisseuses. Je dois noter que la vascularisation de ce tissu est ordinairement peu prononcée.

Les corps hordéiformes sont constitués par la fibrine encore reconnaissable ou par des débris de fongosités formées d'un tissu cellulaire à fibres lamineuses serrées. Ces corps se nourrissent par imbition à la manière des cartilages *.

^ De fausses membranes ont été signalées par tous les ophlbalmologistes dans les cavités de Vceil. Elles y sont adhérentes ou libres ; elles sont organisâmes ou non et forment des lames étalées ou des flocons et des grumeaux. A la suite de Tiritis, la partie antérieure de Tins et surtout Touyerture pupillaire devieiment viUeuses ou tomenteuBes. D'autres

APPENDICE. FAUSSES MEMBRANES ET COAGULATIONS SANGUINES DANS LE COEUR ET LES VAISSEAUX.

Les fausses membranes qui se forment dans rintérieur des vaisseaux sanguins, sur leur membrane interne^ sont plus rares qu*on ne l'admet généralement. Je vais les examiner dans le cœur, les artères et les veines, et je les ferai suivre de la description des coagulations sanguines vasculaires.

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