‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 50 sur 74 · I. Traitefnent médical · texte numérisé non relu

I. Traitefnent médical

Le traitement médical doit être fait avec mesure et en vue de la possibilité de l'intervention chirurgicale. Il est par conséquent très-important de ne point affaiblir le ma-' lade et de prendre en considération de premier ordre la période à laquelle le croup est arrivé {voy. p. 406). C'est dans la première et la deuxième période que le traitement médical a le moins de chances d'insuccès, la troisième étant, en quelque sorte, la période chirurgicale.

Soit que la diphthérie du larynx ait débuté par une angine pseudo-membraneuse, soit que les accidents laryngés soient primitifs, il faut combattre le croup dès l'apparition

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des premiers symptômes et, en même temps que le mal local, traiter la maladie générale.

MM. Rilliet et Barthez ont tracé en cinq articles ou |Tropositions la conduite à tenir dans les cas de croup; on consultera avec fruit leur ouvrage*. Pour nous qui ne donnons ici qu'un résumé du traitement, nous rapporterons à trois indications principales les divers moyens qui vont être examinés.

1** Provoquer l'expulsion des fausses membranes et favoriser leur dissociation et leur destruction ;

2* S'opposer à leur production ultérieure et limiter leur extension ;

3* Obtenir l'arrivée de l'air extérieur dans les poumons quand l'asphyxie croupale est imminente.

Les soins hygiéniques doivent constamment préoccuper le médecin, car, sans eux, la médication la mieux ordonnée pourrait échouer. La diète ne sera prescrite que si la fièvre est intense, mais, dans le plus grand nombre des cas, on permettra une alimentation réparatrice. La médication interne sera suspendue quelque temps avant Tingestion des aliments et pendant la digestion. Le lieu où le malade se trouve placé sera très-aéré et modérément chauffé".

Emploi des topiques, cautérisation laryngée. Les topiques liquides caustiques ou styptiques portés au bout d'une baleine terminée par une éponge, ont été popularisés par

* Traité cUn. et prat, des maladies des enfants f 1. 1 , p. 304 et 305, ,' * RiLUiT et Barthez y loe. eU.^ p. 349.

MM. Bretonneau et Trousseau. Il faut placer l'éponge, imbibée modérément du liquide, sous l'épiglotte, et l'exprimer légèrement. Les caustiques employés de préférence sont l'acide chlorbydrique pur ou étendu, une solution concentrée de nitrate d'argent dans trois fois son poids d'eau distillée, ou plus étendue avec :

Ifi Eau distillée 30 grammes.

Nitrate d'argent 4 à 6 —

On a renoncé généralement à l'acide sulfurique, au nitrate acide de mercure, au fer rouge, etc.

Les topiques pulvérulents (poudre d'alun, de calomcl, chlorure de chaux, etc.) peuvent être aspirés, ou insufflés, ou projetés au moyen de l'appareil pulvérisateur de l'eau de M. Sales-Girons. Les topiques gazeux (vapeurs d'acide chlorbydrique et de chlore) peuvent être aspirés ou insufflés, mais leur usage est bien moins important que celui des topiques liquides ou pulvérulents.

L'emploi du tannin et de l'alun comme topiques, au moyen du cathétérisme du larynx, suivant le procédé de M. Loiseau (de Montmartre), a produit de bons résultats, quoiqu'il n'ait pas réalisé toutes les espérances de son auteur ^ L'action du tannin est évidente et favorable % mais l'amélioration générale est loin de suivre toujours celle de l'état local.

VomitifSy purgatifs, kermès. Les vomitifs ont été administrés, dans un très-grand nombre de cas, avec une in-

* E. Baiithez, Rapport sur le traitement de V angine couenneuse et du croup par le procédé de M. Loiseau de Montmartre, ( Bull, de la Société médicale des hôpitaux de Paris, t. iv, p. 475 et suiv., 4860.)

• E. Barthez, loc. cit. y p. 479, note.

conleslable utilité, en faisant rejeter au malade les fausses membranes décollées, ou bien, peut-être, en produisant dans l'économie une secousse qui favorise le détachement des fausses membranes ^

La plupart des auteurs qui ont écrit sur le croup ont vanté l'action des vomitifs, et très-souvent ils constituent la partie véritablement efficace de plusieurs traitements institués contre la diphthérie du larynx.

Mais le choix du vomitif n'est pas indifférent. Il faut choisir celui qui, en agissant presque exclusivement sur l'estomac, ne détermine que rarement la diarrhée et la prostration des forces et qui peut être le plus impunément renouvelé. L'ipécacuanha réunit surtout ces qualités et c'est aujourd'hui presque le seul en usage à l'hôpital des Enfants^

V Ipécacuanha en poudre. . . 0,75, 1 gr. à 4 gr. 50

Soit seul, soit avec addition de :

Tartre stibié 0,05

Dans un julep de . . . . 60 à 420 gr.

A prendre par cuillerées de quart d'heure en quart d'heure.

L'utilité de l'ipécacuanha a été reconnue. Cependant, je ne pense pas qu'on doive adopter l'opinion exclusive de M. Millard, qui rejette absolument le tartre stibié comme provoquant des phénomènes graves et cholérifor-

* Un des travaux les plus récents sur l'action des vomitifs dans le croupy est celui de M. Quissag (Montpellier médical, t. iv, p. 427 et suiv.). On remarquera que Thonorable auteur n'est pas trèsp-hardi dans leur emploi.

* A. Millard, De la trachéotomie dans le cas de croup (Thèses de Paris, 4858, n» 270, p. 63).

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mes. Le tartre stibié offre l'avantage d*agir par petites doses» mais il faut surveiller son action et ne le donner qu'à des malades vigoureux.

Après ces deux vomitifs principaux» viennent le sulfate de cuivre et de zinc.

On avait attribué au premier une sorte de vertu spécifique que malheureusement il ne possède pas. Il agit comme vomitif et doit être employé comme tel :

V Sulfate de cuivre 0,20 à 0,50

Eau 60 grammes.

Sirop simple 30 — (Trousseau.)

A faire pi^endre à un enfant en quatre fois, de dix en dix minutes.

Le polygala sénéga est à peu près tombé en désuétude ; il a une action non point spécifique, mais bien vomitive et purgative. Il agissait surtout en favorisant l'expulsion des fausses membranes.

'](^ Polygala sénéga 45 grammes.

Eau 240

Faites bouillir jusqu*à réduction à 420 gr. ( J. Arghbr.) Donnez par cuillerées à café toutes les heures.

OU bien :

V Polygala sénéga pulv. . 0,20 gr. j ^^ ^^^ ^^^^ ^^^ Eau 4 )

A la suite des vomitifs qui, par les secousses qu'ils impriment à l'organisme, peuvent détacher où entraîner les fausses membranes , on peut placer les stemulatoires , inusités aujourd'hui, mais auxquels on avait attribué quelques guérisons.

L'action des purgatifs a paru plutôt nuisible qu'utile dans le croup diphthérique grave. On pourrait cependant

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ne pas négliger ce nu)yen qui, dans les cas légers, produit une révulsion utile. Les lavements vinaigrés ont été vantés par Autenrieth.

Le kermès paraît utile à MM. Rilliet et Barthez après l'action des vomitifs*.

np Julep 60 grammes.

Kermès 0,5 àO,40 centig.

Par cuillerées à café d'heure en heure.

Révulsifs, vésicatairesy etc. Les révulsifs employés sur le cou ou loin du siège du mal ont compté de nombreux partisans. M. Bretonneau voulait une révulsion plutôt rubéfiante que vésicante.

Les sinapismes, les pédiluves sinapisés ont rendu des services, mais surtout à la première période. MM. Rilliet et Barthez citent le fait d'une guérison inespérée par suite de l'enveloppement du malade dans un drap trempé dans une forte infusion de moutarde*. Marteau de Grandvilliers louait beaucoup l'emploi des ventouses ; je n'ai vu ce moyen indiqué par aucun auteur depuis lui.

Les vésicatoires paraissent devoir être absolument proscrits. Ils n'agissent qu'en dénudant le derme, et ils exposent à tous les accidents de la diphthérie cutanée qui vient épuiser les forces du malade; ils sont rejetés à l'hôpital des Enfants*.

La révulsion intestinale modérée a aidé peut-être a quelques succès.

* Rilliet et Barthez, toc. dU, p. 320. , ' Loc. ctï., p. 348.

* A. MiLLARD, loc. eit^ p. 53.

Chlorate de potasse et de soude^ brome. Le chlorate de potasse que nous avons trouvé si efficace contre la stomatite ulcéro-mcmbraneuse, et que M. Blache a remis en honneur S ne paraît pas devoir être aussi utile dans la vraie diphthérie. Mais si le chlorate de potasse n'a pas répondu à toutes les espérances que l'on avait conçues à son égard dans le traitement du croup, ce n'en est pas moins un médicament non dangereux, et qu'on peut employer comme adjuvant dans les cas de moj^enne intensité. Je l'ai fait moi-môme (p. 386), en accordant la première place à la médication topique.

V Julep 90 grammes.

Chlorate de potasse. . . 4 à 4 grammes pour un enfant, et 4 à 8 — pour un adulte.

M. Noël Guéneau de Mussy a eu la pensée de recourir au chlorate de soude S qui est d'une administration beaucoup plus commode que celle du chlorate de potasse. Ce dernier sel est peu soluble tandis que le chlorate de soude est doué d'une très-grande solubilité. Il serait facile de donner, sous un petit volume, des doses concentrées de chlorate de soude, dont le goût est d'ailleurs moins désagréable que celui du chlorate de potasse.

* Voy, IsAMBERT , Études chimiques, physiologiques et cliniques sur remploi thérapeutique du chlorate de potasse spécialement dans les affections diphthcriques (Thèses de Paris, 4856, n" 88).

L'iodate de potasse a été essayé par MM. Demarquay et Guslin dans la diphthérie, la stomatite mercurielle, etc. [Gaz, hebd.^ t. v, p. 537, 4858).

* Journal de pharmacie et de chimie j t. xxxiii, p. 76, 4868, et Gaz. /ie6(i., t. V, p. 577, 4858.

MM. Guéneau de Mussy et E. Barthez ont reconnu que l'action dissolvante du chlorate de soude sur le^ fausses membranes est très-marquée.

Le brome et le bromure de potassium ont été fort vantés* par M. Ozanam, qui a administré Teau bromurée de lia manière suivante :

V Potion gommeuse 150 grammes.

Eau bromurée ou bromure de potassium. 0,05 à 0,50 centig.

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