‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 51 sur 74 · OZANAM · texte numérisé non relu

OZANAM

M. le docteur Zimmermann* attache la plus grande importance à l'emploi de l'eau iodurée et bromurée de Heilbrunn (source Adélaïde). Il la donne comme médicament et comme boisson. Il fait usage extérieurement d'une teinture d'iode iodo-bromurée qu'il applique avec un pinceau autour du cou au début de l'angine couenneuse, de deux en deux heures ou de trois en trois heures.

Eau d'Adélaïde, n'» 2.

Bicarbonate de soude saturé. . . . 40 grammes.

Sel marin. 40 —

lodurc de potassium 3 —

Bromure de potassium 0,75

Eau filtrée 4000 —

« Comptes rendus hebdom, de TAcaà,de$ sciences, t. xlii, p. 4044, 4856. — Mémoire sur Vaction curaiive et prophylactique du hrôme contre Us affections pseudo-membraneuses, in-S*», 4859.

« W. ZiMMERMANN, U angine couenneuse et le croup, in-8^, 4 SCO. Les guérisons par l'eau d'Adélaïde me paraissent avoir besoin de confirmation, mais je regrette de n'avoir reçu qu'au dernier moment le mémoire de M. Zimmermann, qui renferme beaucoup de faits.

Teinture d*iode iodo-bromurée.

Iode pur. . 42 grammeâ.

Alcool rectifié à 95* 425 —

lodure de potassium 4 —

Bromure de potassium 2 —

Eau distillée 45 —

Mercuriaux. Les préparations mercurielles ont été données dans le croup et les raanifestalions diphthériques, parce qu'on leur attribuait la propriété de diminuer la plasticité du sang et de favoriser l'absorption des produits plastiques. On a employé le calomel soit seul, ou bien (et plus souvent) en même temps qu'on faisait des frictions avec l'onguent napolitain, ou bien encore associé à l'alun.

M. Trousseau avait dit, en 1836 : « Je n'hésite pas à proclamer que la médication mercurielle ne nuit guère moins au succès de l'opération que les émissions sanguines. » L'honorable professeur n'est plus aujourd'hui si opposé au calomel, et il le donne quelquefois, mais avec de grandes précautions.

M. Millard dit que ce moyen (le calomel) « si pompeusement vanté autrefois, a perdu tout crédit à l'hôpital des Enfants. »

Il me semble, en envisageant sans idée préconçue les faits dans lesquels la médication mercurielle a été mise en usage, que le calomel peut rendre des services s'il est convenablement employé et si on a soin de ne pas laisser s'établir une salivation intense.

* A. MuxABD, Thèse citée y p. 52.

sua LES ArF£CTI01«S PSfiUDO-MEHURANEUSES. /iOi

M. Miquel d'Amboise donne le ealomel et Talun alternés, de deux en deux heures, par paquets de 0,10 centigrammes incorporés dans du miel, et il a obtenu des succès* dans lesquels Talun doit être compté pour une bonne part.

On peut encore donner toutes les heures une cuillerée des deux mixtures suivantes, Tune alternant ainsi avec l'autre et chacune se trouvant administrée toutes les deu-^, heures. ,

4<» ifL Alun 40 grammei.

Miel dO —

%^ TP^ Calomel 4 gramme.

Miel 30 —

Par demi-cuillerée ou par cuillerée à café toutes les deux heures*.

Les frictions avec Tonguent napolitain, sur les côtés du cou ou les aines, faites plusieurs fois et au début de Taffection, à la première période, n'auraient d'utilité réelle, que si elles ne provoquaient pas la salivation, et dans les cas où le calomel ne pourrait être administré. Dans ces circonstances, MM. Rilliet et Barthez' n'hésitent pas à les prescrire.

Sulfure de potasse^ sels alcalins, eau froide. Le sulfure de potasse a été tour à tour prôné et décrié. Son administration ne peut pas être suivie de véritables accidents

* i.-F. Miquel (d'Amboise), De la diphthérite, lettre adressée à Messieurs de la Société médicale d'Indre-et-Loire, etc., p. 20, 32, 484$.

' E. MoTNiER, /oc. cit., p. 45 et 46.

> UiLLiBT et Babtbbz, loc. eU.i p. 3^4, 5** et 6^.

A02 RECaSKCBES CUNIQUES BT ANâTDlilQiUES

entre des mains exercées. C'est un médicament fréquem* ment employé à Genève.

Tfi' Foîedesouft^ 0,05 à 40centig.

À prendre toutes les deux heures, soit en poudre , j^it dans un loocb. ( RiLLiBT et Barthbz.)

Les sels alcalins» parmi lesquels nous citerons les souscarbonates d'ammoniaque, le chlorhydrate d'ammoniaque, le bicarbonate de soude, le bicarbonate de potasse, le chlorure de soude, Teau de Vichy, etc., ont été préconisés comme des antiplastiques, comme diffluents du sang et s'opposant à la formation des fausses membranes.

Je crois qu'il ne faut pas fonder sur leur emploi trop d'espérances ; ils ne peuvent avoir d'utilité que dans quelques cas déterminés et assez légers.

Les affusions froides, l'emploi iniw et eocira de l'eau ont, dit-on, procuré des succès dans des cas désespérés.

Émissions sanguines. Tai rejeté, en dernier lieu, l'emploi des émissions sanguines. Aujourd'hui que la diphthérie est rigoureusement étudiée, il est certain que cette affection spécifique ne peut être guérie par le moyen qui réussit dans les inflammations franches, par les émissions sanguines générales ou locales, par les sangsues, qu'on a tant préconisées cependant contre le croup. La confiance exagérée que quelques praticiens ont conservée pour les émissions sanguines, provient de ce qu'ils ont regardé comme identiques toijftes les affections croupales quelle que soit leur nature. MM. Bretonneau et Trousseau ont montré le danger et l'inutilité des émissions sanguines. M. Millard, écho de Topinion générale à l'hô-

SUR LES AFFECTIONS Pfi1fM<-MBItB«A]teifSES. 603

pital des Enfants, « les aeoaMe» ainsi que les vésicatoires, de malédîetiofifi. » MM. Rilliet et Barthez» MM. Dubourg (de Mannande)» Bouillon-Lagrange» ete.» ne leur trouvent qu'une utilité limitée. (Voy. p. 889.)

Le traitement général par remploi des toniques et d'une alimentation réparatrice est des plus importants; Les toniques tels que le quinquina sous ses préparaiHons diversesi, le sulfote de quinine» le café» les préparations ferrugineuses (wy. p. 891) doivent ae jamais ètee négfigés. n faut soutenir le malade malgré f inappétence et le refus des aliments.

En résumé» le traitement médical le plus approprié au croup diphthérique nous paraît être, pour Tétat local , remploi des topiques» caustiques et astringents ; pour Tétat générd» si utile à relever» l'empiol des toniques et ralimentation.

Les moyens divers de traitement que nous avons énumérés ne doivent être considérés que comme des adjuvants.

IL Traitement chirurgical.

Je suis de ceux qui pensent que la trachéotomie est d'une incontestable utilité dans le traitement du croup diphthérique. Les faits me paraissent avoir victorieusement répondu à Topinion contraire ; les débats qui ont eu lieu à l'Académie de médecine et à la Société médicale des hôpitaux, au sujet de cette précieuse ressource pour remédier à l'asphyxie croupale laryngée, ont tranché la question en faveur de la trachéotomie.

/iOà RECHERCHES CLINIQUES ET ANATOM.'QVI S

Cathétè'isme du larynx et tubage de la glotte. Il a été proposé pour venir en aide à la médication topique et pour suppléer ou pour éviter la trachéotomie, deux moyens empruntés à la chirurgie dont je ne dirai que peu de mots : ce sont le cathétérisme du larynx et le tubage de la glotte *.

Le cathétérisme du larynx au moyen d'une baleine terminée par une éponge, moyen employé par Green (de New-York) est moins parfait que celui qui a été imaginé par Dieffenbach et par M. Loiseau (de Montmartre). Ce dernier, au moyen d'un anneau métallique protégeant les deux premières phalanges de l'index gauche, fait pénétrer ce doigt jusqu'à ce qu'il ait relevé Tépiglotte du malade. L'autre main au moyen d'une cuvette métallique placée au bout d'une tige et remplie de nitrate d'argent, ou bien au moyen d'un tube creux, cautérise ou fait pénétrer dans le laiynx des substances astringentes en poudre. Il a pu encore détacher les fausses membranc5> et les extraire avec des pinces ou des curettes appropriées.

Les procédés de M. Loiseau (de Montmartre) ne doivent pas être rejetés, car ils peuvent rendre des services

* Tay. dans le Bulletin de VAatdémie de médecine les communications et les lectures de MM. Loiseau, Bouchut, etc., et les Rapports de M. Trousseau (à partir du 47 mars 4857 jusqu'au Î5 janvier 4859, jour de clôture de la discussion sur le second rapport, dont la lecture avait commencé le % novembre 4858).

Voy. dans les Comptes rendus hebdomadaires de V Académie de» sciences les lectures et les communications faites à partir du 8 mars 4 857 sur le cathétérisme du larynx, sur le tubage de la glotte, la mortalité du croup, sur l'anesthésie et Taibuçiinurie diphthériques, etc.

en permettant de porter des médicaments jusque dans le larynx et la trachée ^

Le tubage de la glotte que M/Bouchut a présenté à l'Académie de médecine et à Tlnstitut, et pour lequel il a combattu devant la Société médicale des hèpitauxS n'a encore rallié que peu de sympathies '.

Trachéotomie. Les indications et les contre-indications de la trachéotomie, se trouvent dans la plupart des ouvrages sur les maladies des enfants, entre autres dans Texcellent livre de MM. Rilliet et Barthez (t, I, p. 337).

Je tiens cependant à rapporter ici les recherches que M. le docteur E. Barthez vient de faire paraître sur les Bésultats comparés du traitement du crouppar la trachéotomie et par les moyens médicaux pendant les années 1854 à 1858* ; recherches pleines d'actualité, et témoignant d'un esprit observateur et consciencieux.

Je les ferai suivre des principaux détails de l'opération que j'emprunterai à la Thèse de M. le docteur Millard et au Compte rendu de M. le docteur Moynier. On aura ainsi l'état actuel de la trachéotomie à l'hôpital des Enfants et à l'Hôtel-Dieu.

M. Barthez établit avec un grand soin {lac. dt., p. 760) les caractères du croup diphthérique simple et du croup

* Voy. lo Rapport de M. E. Barthez dans le Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris (t. nr, p. 475 et suiv., 4860),

* Voij. le Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris, t. iv, p. 437 à 222, <859.

s Voy. les conclusions delà discussion, lac. cil. y p. 222. « Gazette hebdomadaire de méd. et de chir,, t. vi , u"' 48, 49 et 50,

&M nCMEMCmtM CUHIQVBS IT ÂnAÎOMJQClS

infectieux. I) énumère les symptômes^ qui témoignent de

l'empoisonnement diphthérique généràlidé , soit qu'ils apparaissent à l'état isolé ou qu'ils soient réunis. Il signale aussi un fait important» c'est que bien souvent les signes infectieux généraux ne surviennent que dans le cours de la maladie, à la seconde ou à la troisième période. Il tient compte des phénomènes d'intoxication, avant ou après la trachéotomie.

L'indication principale de la trachéotomie ne varie pas. Si le malade s'asphyxie, il faut opérer, mais l'on doit se tenir en garde contre l'intoxication qui pourra se révéler peu après l'opération (p. 761).

Le point capital, le nœud de la question pratique, consiste à reconnaître l'intoxication apparente. Sur 55 malades qui l'ont présentée, M. Barthez compte? guérisons; sur 64 malades placés dans des conditions contraires, il a obtenu 27 guérisons.

L'honorable auteur distingue très-soigneusement les périodes du croup» Il les établit ainsi :

Première période. Elle commence au moment de l'apparition des symptômes laryngés (que le croup ait commencé par le pharynx ou le larynx) ; elle est marquée par de l'enrouement, de la toux rauque ou stridente, du bruit particulier et perceptible à distance produit par le passage difficile de l'air à travers la glotte, etc* (p. 761).

Deuxième période. Le premier accès de sufTocation indique le début de la seconde période. Dans les cas rares où ce symptôme spasmodique manque, la diphthérie s'établit et s'âccroft graduellement, mais avec plus ou moins de rapidité ; alors le passage de la première à la

sut LES AFFECnaffS PSeCDO-MEMBIIANPtTSBS. 407

deuxième période est mal tranehé et seulement marqué par rétablissement d'une dyspnée continue, symptôme qui établit TexisteDce de la deuxième période.

Troisième période. C'est la dyspnée continue, avec commencement d'asphyxie, qui a servi à M. Barthez pour caractériser la troisième période : lèvres violettes, teinte du visage et de la peau pâle et grise ou violette ; voix et toux éteintes, accès de suffocation presque continus; orthopnée presque incessante ou bien le malade tombe dans la résolution sans cesser de s'asphyxier. A ce moment, il est arrivé à la fin de la troisième période, la mort peut survenir très-rapidement (toc. ct7., p. 761)*

A ces périodes qui représentent le degré de dyspnée et d'asphyxie croupales, il faut joindre l'intoxication qui suit sa marche particulière (p. 762). La grande difficulté est de faire la part des symptômes de l'intoxication et des sjrmptômes d'asphyxie. C'est à ces derniers seulement que la trachéotomie peut remédier.

M. Barthez a vu que le croup diphthérique ne dépasse pas quelquefois la première période. Pendant celle-ci, il se borne aux soins médicaux et n'opère pas. Il a vu, quoique exceptionnellement {loc. cit., appendice, p. 794), des enfants intoxiqués guérir à la première période. Ils guérissent généralement quand l'intoxication ne s'est pas montrée (p. 774 et 794).

A la deuxième période, le croup diphthérique peut assez souvent être guéri par les moyens médicaux (p. 774). Mais il ne faut point repousser l'opération, car le croup traité médicalement est loin de s'arrêter au début de la troisième période; au contraire, lorsqu'on

hO% REGHEUCHBS CLINfQUBS ET ÂNlTOMfQUES

opère, on supprime cette troisième période si souvent mortelle.

M. Barthez conclut : l"" que, dans la seconde période du croup, la trachéotomie réussit et a plus de chances de succès que le traitement médical, s'il y a intoxication apparente, même chez les enfants de 2 ans et que, au contraire, si l'intoxication n'est pas apparente, Tavantage reste au traitement médical, surtout pour les enfants les plus jeunes.

2* Si le croup est infectieux, il est préférable d'opérer dans la seconde période, quel que soit l'âge de l'enfant; que, si le croup n'est pas évidemment infectieux, il est convenable d'essayer le traitement médical, et d'attendre, pour opérer, la fin de cette seconde période, surtout si l'enfant est jeune (p. T75).

Le croup ne peut guérir que très-exceptionnellement à la troisième période par les moyens médicaux; M. Barthez a toujours opéré, et il a obtenu des succès qui, pour être rares, n'en sont pas moins importants (p. 792). Il n'a vu guérir aucun des malades avec intoxication antérieure à l'opération, et la conclusion générale (p. 795) est que, plus l'opération est tardive et moins sont grandes les chances de guérison, surtout lorsque les symptômes d'intoxication sont évidents.

Trachéotomie, précautions à prendre et manuel opératoire. Avoir le soin d'opérer, en étant très-éclairé par la lumière du jour, n'opérer à la lumière artificielle qu'avec obligation absolue. L'opérateur doit être placé à droite du malade.

Placer le malade sur un matelas étroit, de manière que l'opérateur et l'aide ne soient pas éloignés l'un de l'autre, les

SUR LES AFP£CTIOIfS PSBUDC^JiEIIBaANIUSES. A09

épaules doivent reposer sur uo coussin solide de façon à ce que le cou soit bien tendu et que la trachée soit saillante.

Explorer avec soin la région du cou et déterminer exactement la place du cartilage cricolde.

L'opérateur ne saurait apporter trop d'attention à ne pas s'écarter de la ligne médiane. L'incision de la peau doit commencer au niveau du bord supérieur du cartilage cricoîde, elle sera plus tdt trop longue que trop courte sans descendre néanmoins sur la fourchette sternale.

Tant qu'il n'y a pas de veines ouvertes on doit procéder lentement. On ne lie point les veines, on les comprime avec les doigts, l'ouverture de la trachée est le meilleur hémoslatique.

L'opérateur ne doit, le plus ordinairement, intéresser que la trachée en se rapprochant le plus possible du cartilage cricoîde ; la trachée doit être sentie avec le doigt, puis dénudée avec le bistouri avant d'être incisée. On doit faire ime incision de 1 centimètre et demi au moins; puis on place le dilatateur.

Si l'hémorrhagie continue après l'ouverture de la trachée, on se hâtera de mettre la canule, sans cela on laisse le dilatateur en place; on fait asseoir le malade, on tâche de favoriser l'expulsion du sang et des fausses membranes en saisissant ces dernières avec des pinces, si elles se présentent à l'ouverture de la trachée ou au fond de la plaie.

On introduira la plus forte canule possible.

Les soins consécutifs sont des plus importants. A Texemple de M. Millard» nous les divisons en soins locaux , donnés à la plaie de la trachée, et en soins généraux donnés à Talimentation, au régime et à Thygiëne du malade.

MO KfiCraiCBBS CLimQCTES IT ANATQIIIQUES

Soins locaux. Pour favoriser renlèvement des mncosites et le nettoiement de la <^nule, on ne fera usage que de canules doubles.

Le cou doit être constamment entouré d'une cravate destinée à entretenir une atmosphère humide et tiède au-devant de la canule ou de la plaie. M. Trousseau se sert de cravates en toile, renfermant dans leur épaisseur de la flanelle, et ces cravates doivent envelopper le cou en descendant jusque sur le haut de la poitrine et remontant sur le menton de façon que l'air ne traverse plus cette cravate, mais arrive par les côtés du cou. Les anneaux , en saillie, de la canule interne écartent assez la cravate pour assurer l'arrivée de l'air.

La canule devra toujours être munie d'une rondelle de taffetas ciré. Quel que soit l'état de la plaie, elle doit être cautérisée avec le nitrate d'argent pendant lés trois ou quatre premiers jours. Ce traitement préventif des accidents sur la plaie est d'une importance majeure.

L'écouvillonncment est proscrit. Les instillations ne sont pas utiles (Thèse citée, p. 75). Je ne partage pas entièrement l'opinion de M. Millard et je n'hésiterais pas à instiller soit de l'eau pure et tiède, soit une faible dissolution de chlorate de soude, à l'exemple de M. Barthez. Ces instillations, dans certains cas, hie paraissent utiles pour aider à la sortie des fausses membranes.

La canule doit être changée vingt-quatre heures au plus tard après l'opération et souvent plus tôt. Quelquefois la canule enlevée permet le rejet par la plaie de fausses membranes qui ne sortiraient pas si elle était en place. On aura soin d'éviter la compression de la mu-

SUR LES AFFBCnONS P8E0DO-lfEllBRAlfE0SES. &11

queuse trachéenne par une canule trop peu courbée; on préviendra ainsi des ulcérations dangereuses*.

Il faut maintenir la plaie dans un grand état de propreté, et réprimer les végétations avec le crayon de nitrate d'argent; au contraire, si la plaie est blafarde et grisâtre, il faul Texciter, au moyen de lotions, avec une décoction de ratanhia, de jus de citron, etc.

Une fois l'opération finie, on ne s'occupe plus ordinairement de la pharyngite primitive, à moins de symptômes spéciaux présentés dans cette région*

Soins généraux. L'alimentation des opérés de la trachéotomie pour le croup diphthérique doit être extrêmement importante aux yeux du médecin. M. le professeur Trousseau a beaucoup insisté sur l'alimentation réconfortante. Au besoin, il faut recourir à la contrainte quand l'enfant refuse de manger et même ne pas négliger l'emploi d'une sonde œsophagienne quand le croup s'accompagne de paralysie du voile du palais ou du pharynx.

Dans les premiers jours de ropération,lclait, les jaunes d'œufs, les potages, la crème, conviennent chez les enfants; plus tard, les œufs, le poisson, les viandes diverses peuvent être données au goût du malade. Il est indispensable de faire prendre des aliments plutôt demi-solides que liquides à cause de l'entrée facile de ceux-ci dans le larynx.

En même temps que l'alimentation, le médecin surveillera la médication qu'il croira la plus propre à relever

* H. RoGBR, Archiv, gén, de médecine, 5* série; t. xiv, p. 194 et 20S, 4B59.

/il 2 BECHERGRES CLINIQUES ET ANATOMfQUES

l'état général ou à le maintenir, c'est ainsi que le sirop, l'extrait mou de quinquina , les préparations de fer, le chlorate de potasse, peuvent être utilisés.

La température de la chambre de l'opéré sera surveillée avec soin et maintenue de 14 à 17 degrés. On évitera avec une prudence excessive toute cause de refroidissement.

L'ablation de la canule se fera le plus tôt possible.' Mais on ne peut déterminer à l'avance l'époque où on pourra la retirer ; on procédera en tâtonnant pour savoir si l'enfant peut respirer librement sans elle.

Diphihérie oAMile, eorysa diphibériqae. Le COryza diphthérique est rarement primitif. Souvent il est secondaire et lié à une diphthérie de la pire espèce. La diphthérie nasale est une des formes les plus graves, une de celles qui témoignent le plus de l'état général ou infectieux. La diphthérie nasale d'abord limitée en apparence s'accompagne bientôt d'accidents adynamiques.

Le traitement consiste à débarrasser les fosses nasales des productions qui gênent la respiration, à changer le mode de l'inflammation spécifique et à l'empêcher de s'étendre au loin.

On absterge le liquide qui s'écoule des fosses nasales, puis on injecte des liquides cathérétiques : solution de nitrate d'argent*, de sulfate de cuivre, de tannin, de perchlorure de fer, eau alunée, etc. On peut encore, avec un pinceau, porter les liquides dans les fosses nasales.

Je n'hésiterais pas à prescrire le chlorate de soude ou le chlorate de chaux dissous dans l'eau distillée.

* Votj, un exemple de guérison, 1*"^ fait, p. 325.

On peut employer aussi les topiques pulvérulents, la poudre d'alun et de tannin, le chlorate de potasse pulvérisé, soit en insufflations, soit au moyen de l'appareil pulvérisateur de l'eau de M, Sales-Girons.

On peut encore enduire le dessous du nez d'une pommade pour en empêcher l'excoriation, ainsi que celle des lèvres, par les liquides sanieux qui s'écoulent. On-peut faire pénétrer dans l'intérieur des narines une pommade au calomel , au précipité rouge, etc.

Dipliihérie pAlpébrale et oenUire. Le traitement opposé à cette forme très-redoutable et très-maligne de la diphthérie a consisté en des cautérisations avec le nitrate d'argent, et en lavages à grande eau. La vue a été perdue ou très-conipromise dans la majorité des cas.

Dlphibérle génitale et anale. Les SOlns de propreté les plus minutieux et les cautérisations les plus énergiques des surfaces couenneuses avec la solution de nitrate d'argent, de sulfate de cuivre, de perchlorurc de fer, etc., n'ont pas toujours triomphé des accidents consécutifs à l'empoisonnement général diphthérique, mais ils débarrassent les malades des symptômes locaux.

On peut encore recouvrir les surfaces envahies avec une couche épaisse de poudre de quinquina, de poudre d'alun, de calomel. On emploiera les pommades de calomel, de précipité rouge, de tannin ou de ratanhia, et les solutions de chlorate de potasse ou de soude.

L'éponge imbibée d'eau chlorurée suivant Te procédé de M. le docteur Hervieux et maintenue sur les parties malades devrait être essayée. {Voy. p. il 1.)

hik REGH£BCBES CLINIQUES ET ANATOMIQUES

Dipiiiliérto eau»ée. La dipbthérie souB ce{\e forme particulière est limitée à la peau » ou» au contraire, die est généralisée sur les muqueuses et sur le tégument externe. Dans ce dernier cas, les moyens les plus éoer^ giques échouent très-souvent contre un empoisonnement qui a envahi Téconomie tout entière, et que caractérise l'anéantissement des forces.

Les fausses membranes peu épaisses et paraissant lo^ calisées peuvent être avantageusement combattues par l'alun en poudre, par les solutions ou les pommades que j'ai indiquées précédemment. Le crayon de sulfate de cuivre agit très-bien sur les fausses membranes minces.

M. le professeur Trousseau cautérise énergiquement les fausses membranes épaisses, une ou deux fois par jour, avec le crayon de nitrate d'argent, et dans les régions où se trouvent les plis du tégument, il se sert d*une solution concentrée de ce sel. Le perchlorure de fer concentré n'a pas produit d'aussi bons résultats que le nitrate.

S'il y a autour de la plaie une vive rougeur inflammatoire, on la combattra par un cataplasme émollient.

M. le docteur Hervieux a préconisé l'emploi d'une éponge trempée dans l'eau chlorurée (une partie de chlorure de chaux liquide pour six parties d'eau) recouverte d'une toile cirée pour empêcher l'évaporation. On renouvelle l'éponge quatre à cinq fois par Jour. M. Hervieux se loue beaucoup de cette pratique*.

Les manifestations cutanées de la diphthà'le se sont

' E. Hebvieux, Thèse pour Vagrégation, 4860, p. 64 et 65.

SUfi LES AlfECIlOKS P8E0D(Mii£MBRAMEU6£S. &iS

rapidement modifiées ^ pois guéries, avec les lotions d^eau bromo-iodurée , d'^ès M. le dodeur Zimmermann^

Paraljnile ifphtMrifiie. Les deux indications principales consistent, dans la paralysie dipiilhériqne :

!• A combattre Tétat local ;

2* A rétablir la constitution. L'état général est bien plus important à considérer que la faiblesse musculaire ou que Tétât locale

En première ligne, par conséquent, on doit placer la médication tonique et reconstituante , les préparations de quinquina; le vin de quinquina à la dose de 50 à 100 grammes, et l'extrait à la dose de 1 à 4 grammes. On peut encore donner la poudre de quinquina jaune royal dans du café.

Les martiaux sont très-utiles; M. Trousseau emploie souvent le sirop suivant, dont il fait prendre deux cuillerées chaque jour * :

Tfi Citrate de fer ^ grammes.

Ammoniaque liquide 20 •—

Eau 50 —

Chauffez jusqu'à ce qu'il ne se dé\eloppe plus de vapeurs ammoniacales.

Ajoutez :

Sirop simple 950 grammes.

Et mélangez exactement. ( Trousseau.)

* W.ZiMiiERMANN, V angine couenneuse et le croup, in-S**, p.90, 4860.

* Voy. E. MoTNnBy Compte rendu des faits de diphthérie, etc., p. 77 etsuiv. — V.-P.-A. Maingault, Z)e la paralysie dipbthérique, in-8«, p. 429 etsuiv., 4860.

* E. MoTiNiER , loc. cit.j p. 77.

Le perchlorure de fer est administré à la dose de 2 à 8 grammes dans un julep ; le sirop de perchlorure, à la dose de 40 grammes pour une journée-

Les amers aident au rétablissement en réveillant l'activité des fonctions assimilatrices.

La strychnine excite Tappétit et réveille la conUactilité musculaire. M. Trousseau en formule l'emploi de la manière suivante :

V Sulfate de 8tr)xhDine 0,05 centig.

Sirop simple 4 00 grammes.

Dix grammes de sirop renfermant 5 millig. de Eulfale de strychnine. — On peut le doser ainsi et donner 4 à 3 centig. en 24 heures.

M. Trousseau donne aussi la teinture de noix vomique à la dose que voici :

V Teinture de noix vomique. . . 5*à 40 gouttes. Â prendre pendant la journée dans un julep ou du sirop-

Les bains toniques» les bains de mer, l'hydrothérapie, ont rendu de grands services dans la paralysie diphlhérique* Leur action est encore aidée par une alimentation substantielle et l'exercice au grand air.

Les frictions stimulantes sèches ou avec un Uniment alcoolique et aromatique et surtout l'électricité méthodiquement employée senties meilleurs moyens pour trailer l'état local.

MUGVBT.

Le muguet est, comme nous l'avons dit, lié à un état local ou lié à un état général grave et souvent cachectique de l'organisme.

SUR LES AFFECTIONS PSEUDO-JiBMBRANEUSES. 417

Les iadications du muguet léger des enfants sont :

1"* D'éloigner les causes qui ont donné naissance à la production du muguet;

2^ De faire usage de lotions adoucissante et de collutoires;

3** De ne point enlever les productions du muguet;

4* D'insister sur le choix d'une bonne nourrice, d'une alimentation réparatrice et bien surveillée.

A. Dans le muguet simple , les collutoires seront simplement mucilagineux avec la décoction de graine de lin, etc., ou bien composés de :

7fi Décoction de guimauve.

, mêlez par parties égaler.

— desauge. . . . (

Le collutoire borate que nous avons employé chez les malades dont les observations sont rapportées dans la deuxième partie, était composé presque toujours de-:

Tfi Miel rosat

Sous-borato de soude.

I parties égales.

D'autres fois, et en particulier chez la malade de l'Observation IX, il était composé de la manière suivante :

"^^ Décoction de graine de lin. . . . 100 grammes.

Miel rosat 60 —

Borax 20 —

M. Gubler adopte la formule que voici * :

nf Eau 200 grammes.

Borax 46 — *

Essence de menthe 40 gouttes.

* Mémoitei de l'Académie de médecine, t. xxu, p. 44o, 4858.

Pour combattre les productions du muguet sur le mamelon des nourrices, le même auteur prescrit :

V Eau 200 grammes.

Bicarbonate de soude 20 —

Laudanum de Sydenhdm 4 —

L'eau de Vichy, employée en boisson ou en gargarisme, nettoie très-bien la cavité buccale des productions légères du muguet.

Valleix, guidé par ses idées sur le muguet, qui, d'après lui , n'était que l'épiphénomène d'une entérite spéciale, insistait sur les lavements opiacés et sur le laudanum de Sydenham donné aux petits malades jusqu'à produire le narcotisme *.

V Eau de guimauve. . . Q. S. pour 4/4 de lavement. Amidon SI grammes.

Laudanum de Sydenham. 4 goutte.

Donner le lavement matin et soir.

Dans un cas grave, Valleix n'hésitait pas à doubler la dose du laudanum.

M. Seux préfère l'alun en poudre à tous les autres moyens. Il le porte dans la bouche, et le fait même parvenir par insufflation jusque dans la gorge deux fois par jour.

Dans les cas de muguet avec entérite, il baigne tous les jours les petits malades ; il leur fait donner les lavements amidonnés et poser sur le ventre des cataplasmes de farine de graine de lin. Dans les cas rebelles, il pres-

» Guide du médecin-praUcien, t. n, p. 249, 4853.

SUR LES AFFECTIONS PSEUDO-MEBfBRAFfEUSES. 619

crit dctix fois par jonrune cniHerée à café de sirop dîacode ou le sons-nitrate de bismuth à la dose de 10 à 20 centigrammes *.

On a opposé au muguet localisé une médication bien différente de la médication alcaline, aujourd'hui en faveur, par exemple : les acides végétaux et l'acide sulfurique étendus, Facide chlorhydrique pur ou mélangé au miel par parties égales, et surtovl le nitrate d'argent en crayon ou en solution de la manière suivante :

7^ Eau distillée 3 à 40 grammes.

Nitrate d'argent I — (Tboussbau.)

On peut employer de même, en collutoire et au moyen d'un pinceau, les sulfates de zinc, de cuivre, etc. Ces agents substitutifs énergiques réussissent dans le muguet simple, mais les moyens les plus doux nous paraissent les plus convenables.

B. Les indications du muguet qui traduit un état général grave ne sont autres que celles de cet état.

Les moyens adjuvants consistent dans les collutoires et des gargarismes, surtout à réaction alcaline.

C'est dans le muguet avec entérite que les narcotiques, et le laudanum en particulier, avaient réussi entre les mains de Valleix. On devra les employer dans des cas pareils.

L'eau de riz, la décoction blanche , les décoctions de quinquina et de gentiane, le sous-nitrate de bismuth, ont été prescrits dans le muguet des phthisiques.

^ Recherches sur les maladies des enfants nouveau-nés, p. 946, 4855.

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Le gargarisme suivant a été spécialement opposé à cette espèce de muguet, par Wendt, qui unissait le borax à la sauge et à la myrrhe.

% Eau de sauge 60 grammes.

Miel 30 —

Borax 8 —

Teinture de myrrhe 3 —

Tous ces moyens sont inefficaces si on ne parvient pas à améliorer l'état général.

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