‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 62 sur 74 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Stematlte merevrfelle «Tee fa««ses aienbranes.

(Hôpital de Bon-Secours, salle Saint-Louis, n® 21 , service de M. Béhier.)

G...., Charles, forgeron, né à Valenciennes, entré le 16 juin 1851, sorti le 18. — Ce malade, d'une constitution athlétique et de l'apparence la plus vigoureuse, est entré après la visite du matin. Je le trouve assis dans son lit, ayant devant lui un crachoir, aux trois quarts rempli de salive ; sa bouche est entr'ouverte et il s'en écoule continuellement de la salive filante. Il répond affirmativement, mais avec difficulté, aux questions que je lui adresse pour savoir s'il a employé du mercure ; il a une très-grande fétidité de l'haleine liée à son ptyalisme mercurieL

Ce malade m'apprend que, paur se débarrasser d'un mal de gorge, qu'un médecin lui a dit être syphilitique, et d'une éruption cutanée, il a fait, depuis plus d'une semaine, des frictions avec l'onguent napolitain sous les aisselles et à la partie interne des cuisses.

On ne peut voir le pharynx, car le malade a de la peine

à écarter les mâchoires ; la région parotidienne est gonflée et un peu douloureuse des deux côtés du cou, ainsi que les glandes sous-maxillaires. Il existe sur le front, sur le cuir chevelu et sur les membres, des manjucs non équivoques d'une syphilide papuleuse reposant sur des taches d'un rouge cuivré; plusieurs de ces taches sont disposées en cercles plus ou moins réguliers.

Les gencives sont boursouflées et couvertes de plaques grisâtres. La plupart d'entre elles reposent sur des exulcérations ou des ulcérations véritables de la muqueuse, car, en quelques endroits les fausses membranes sont détachées et flottent dans la salive, et on voit l'ulcération à bords élevés, à contours rougeâtres qu'elles recouvraient. Cependant, en d'autres endroits, la muqueuse est rouge, non excoriée, recouverte d'un léger enduit couenneux qui, enlevé, ne laisse pas d'exulcérations.

La muqueuse buccale que je parviens à apercevoir, est d'un rouge terne ; le liséré dentaire est d'un rouge violacé ; les joues portent l'empreinte des dents ; la langue est épaissie et sa pointe offre des ulcérations manifestes.

84 pulsations fortes et régulières. Respiration libre. Anorexie ; constipation depuis trois jours. Insomnie. Je donne un gargarisme avec l'alun.

Examen de fausses membranes minces et d'autres détachées et flottant dans la salive. Les productions couenneuses m'ont présenté : de la matière amorphe et parfois de la fibrine sous forme de fibrilles ; des globules de pus et pyoïdes, des corps granuleux de l'inflammation; des globules rouges du $ang altérés et presque mécouDaksables.

17 juin. — Nuit presque sans sommeil. Même étal qu'hier, toutefois salivation peut-être un peu moindre.

P. Gargarisme avec eau d'orge 420 grammes et sous-acétate de plomb 40 grammes ; cautérisations au nitrate d'argent; eau de Sedlitz; bouillons.

18 juin. — Le malade est mieux, mais il a injurié, hier, l'infirmier de la salle ; on est obligé de lui donner son exeat et de l'envoyer à l'hôpital du Midi.

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