OBSERVATION XIX
lM*-HieHil»rattM die la plèTre; enphyièHie; ■lAladite •rganlqoe ém ecear.
( Hôpital Sainte-Marguerile, salle Saint-Augustin, n* 6, service de M. Marrolte. )
/î..,., Jean-François 9 33 ans^ garçon de bureau, né à B$^ sançon , entré le T juin 1852 , mort le 19 juin. — Malade d'une taille moyenne, d'une constitution ordinaire, mais amaigri et affecté d'un essoufflement habituel ; il a été militaire, puis il a exercé l'état de menuisier; il a été obligé de le quitter parce qu'il le trouvait trop pénible; il est maintenant garçon de bureau dans une administration de chemin de fer.
Avec les maladies du premier âge et deux gonorrhées contractées pendant qu'il était au service, il se rappelle très-bien qu'il a eu une pleurésie et une « inflammation d'entrailles » qu'il caractérise mal. 11 a toujours eu de Tessoufflement, « de la peine à avoir son haleine. » Pendant son enfance, il courait moins bien et moins longtemps que les autres enfants de son âge; pendant qu'il était au service il ne pouvait pas faire le gymnase comme ses camarades; enfin, maintenant, lorsqu'il marche vite ou qu'il monte un escalier, il est obligé de s'arrêter tiès- 30uvent pour respirer. Il a éprouvé pendant la nuit, à
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plusieurs reprises différentes, des accès de suffocation. Pas d'anlécédenls de luberculisalion pulmonaire chez ce malade ou dans sa famille, pas de crachement de sang, de diarrhée, de sueurs nocturnes. Palpitations du cœur; toux; quelquefois il éprouve de très-violents maux de tète. Il a toujours été maigre, cependant depuis quelque temps il s'aperçoit qu'il maigrit davantage. Depuis huit jours, il souffre dans la poilrine et il a perdu l'appétit.
7 juin. Visite du soir. Figure amaigrie, un peu cyanosée, lèvres bleuâtres, visage congestionné. Respiration difficile, accompagnée d'un sifflement qui s'entend à distance. Peau assez chaude. Langue sale, blanchâtre, pas de douleurs épigastriques ni abdominales, selles régu^ lières. Toux suivie de l'expuilion de crachats aérés. Cé^ pbalalgie, pas de trouble des sen$.
Poitrine bombée en avant, creux sous-claviculaire presque effacé ; en arrière, aspect normal, omoplates appliquées contre le thorax, sonorité sensiblement exagérée des deux côtés. L'auscultation fait percevoir un grand nombre de râles sibilants, de piaulements, de rhonchus sonores. Toux et voix s'entendant faiblement, mais sans altération. Vibration égale des deux côtés.
100 pulsations, pouls petit. L'auscultation du cœur ne
fournit pas de renseignements précis à cause des râles
pectoraux qui masquent les bruits ; cependant, l'aspect
du malade et la petitesse du pouls indiquent une léfion
cardiaque auriculo-ventriculaire.
P. Julep avec extrait de belladone 0.05 et sirop diacode 20 grammes.
8 juin. —Nuit très-mauvaise, insomnie, étoufferaents.
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Uinterne de garde est appelé; il prescrit des sinapismes aux jambes et un julep éthéré qui amène du calme.
Visite du ma^m. Constatation et confirmation des signes notés hier. Dyspnée toujours considérable, crachoir rempli de salive filante recouverte d'une nappe mousseuse. 104 pulsations, le pouls toujours petit, à battements irréguliers. Langue sale, anorexie.
Tisane pectorale sucrée 2 pots. Julep avec ipéca 4 gramme et tartre stibié 0,40 centigrammes.
Visite du soir. Vomissements très-abondants, le malade est très-fatigué, il n'a pris que les deux tiers de sa potion.
9 juin. —96 pulsations; vomissements très-considérables de matières glaireuses et spumeuses, soulagement marqué , moins de râles sonores et de piaulements dans a poitrine; on constate une matilé précordiale peu étendue et un rsouffle assez fort qui paraît exister au premier temps et à la pointe.
Pectorale ; julep diacodé; î pilules de digitale de 0,05. 10 juin. — 92 pulsations, sommeil pendant la nuit; respiration plus facile, rhonchusdans la poitrine, mais en moindre quantité; on entend distinctement un souffle au premier temps du cœur vers la pointe, et le second bruit lui-même n*est pas nettement frappé. Ces bruits ne sont pas éclatants.
Bouillon.
Pendant quatre jours le malade va bien.
14 juin. Visite du soir. Le malade est plus oppressé que de coutume. Pouls plus précipité, à 104, irrégulier; rhonchus très-nombreux'ronflants et sibilants, pas de diminution de la sonorité thoracique.
15 juin. — 100 pulsations. Insomnie, congestion du visage comme aux premiers jours de l'arrivée du malade ; crachats très-abondants et aérés. On constate pour la première fois Texistence d'une tumeur qui fait saillie sous les fausses côtes vers l'épigastre, plus à droite qu'à gauche, et qui n'existait pas lors de l'arrivée du malade.
Quatre sangsues à Tanus ; 30 centigr. de calomel en 6 doses. Le soir, la dyspnée est extrême. Sept évacuations ont eu lieu après quatre doses de calomel.
16 juin. — Nuit mauvaise. La tumeur épigastrique paraît encore avoir augmenté de volume. Battements épigastriques Irès-forts, irréguliers. Matité précordiale considérable. Poitrine très-sonore partout ; le son clair s'entend trèS'bas en arrière. Un peu d'enflure des jambes et de bouffissure de la face. Crachats moins abondants.
Saignée d'une palette; julep avec oxyde blanc d'antimoine 2 grammes ; 2 pilules de digitale.
Visite du soir. Le malade va un peu mieux que le matin ; battements du cœur toujours très-irréguliers, mais plus forts; crachats abondants, quelques stries de sang; pas de couenne inflammatoire sur la saignée.
17 juin. — Nuit assez calme, pouls toujours extrêmement irrégulier, incalculable. Orthopnée, le malade est assis sur son lit et il étouffe à tout instant, anxiété extrême; il réclame des aliments et veut sortir.
Deux bouillons.
18 juin. — Déplus en plus mal. Diarrhée survenue pendant la nuit.
Julep et aliments suspendus, 3 pilules de digitale.
19 juin. — Nuit très-mauvaise. Dévoiement considé-
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rable ; anhélation continuelle; pouls incalculable. La tumeur épigaslrique est restée stalionnaire.
Le malade, après une longue agonie, meurt à cinq heures du soir en conservant toute sa connaissance.
Autopsie le 21 juin, 39 heures après la mort; temps frais et pluvieux. — Rigidité cadavérique forte. Tumeur épigastrique appréciable comme pendant la vie, poitrine sonore. La plaque sterno-costale est enlevée pourvoir les rapports des viscères : les poumons descendent fort bas, repoussent le diaphragme et ne s'affaissent qu'imparfaitement. Le cœur est recouvert en partie, le foie très-considérable, placé horizontalement, forme la saillie remarquée pendant la vie. Tissu du foie congestionné, maïs sans apoplexie.
Cavité thoradque. Adhérences pleurales toembraniformes, situées sur les côtés et à la base, du côté droit principalement. La plus grande occupe une étendue ayant cinq centimètres de longueur; les autres, plus petites, sont disséminées à la partie supérieure du lobe inférieur et dans le lobe moyen. Elles forment des lames étendues de la plèvre costale à la plèvre pulmonaire. L'une de ces lames est percée de trous inégalement espacés ; une autre s'est dédoublée et sa base offre deux points d'attache distincts. Ces adhérences sont lisses à leur surface et très-polies. Je m'assure, en les regardant à contre jour, qu'elles renferment des vaisseaux sanguins dans leur intérieur.
Uexamen microscopiqm m'a montré qu'elles sont composées : de fibres du tissu cellulaire, onduleuses, pâlissant et devenant diffluéntes par Taction de Faclde âcé-
tique et de fibres dartoïques fort contournées et peu attaquées par l'acide acétique. (PI. V, fig. 4.)
Le poumon droit offre qualre noyaux apoplectiques peu considérables. Les endroits où le sang s^est épanché sont tous d'une couleur lie de vin, durs et granuleux à la coupe; le tissu pulmonaire environnant paraît sain, à peine congestionné. La partie postérieure des deux poumons est le siège d'une congestion hypostatique ; la trachée et les bronches sont rougeâtres et ont du mucus épais sur leurs parois. Pas de tubercules aucune part.
Cœur volumineux , parois amincies et non en rapport avf c la dilatation des cavités. Cavités droites pleines de sang noir et coagulé. Cavités gauches, avec un caillot décoloré fibrineux dans le ventricule. Orifice mitral trèsrétréci, formant un infundibulum dans la cavité ventriculaire, les bords de la valvule sont épaissis, solides, immobilisés par des dépôts calcaires ; l'ouverture admet à peine l'extrémité du petit doigt. Deux valvules aortiques sont soudées, réunies par un de leurs bords; nodules d'Arantius et bords de toutes les valvules encroûtées de plaques calcaires. Ces valvules ne retiennent pas l'eau versée dans l'aorte. Quelques plaques athéromateuses dans l'aorte pectorale.
Cavité abdojmnale. Quelques anciennes adhérences péritonéales, unissant entre elles des anses d'intestin et la partie supérieure du foie avec la face inférieure du diaphragme. Foie très-volumineux, il est d'un rouge foncé brunâtre et fortement congestionné ainsi que la rate. Organes urinaires et tous les intestins parfaitement sains.
Le cerveau n*apu être examiné.
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