‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneusesChapitre 34 sur 115 · TARTRE STIBIÉ ET LE MERCURE · texte numérisé non relu

TARTRE STIBIÉ ET LE MERCURE

ENDUITS ET EXSUDATIONS RECOUVRANT LA MUQUEUSE OU LES ULCÉRATIONS DIVERSES DE LA CAVITÉ BUCCO-PHARYNGIENNE.

L'enduit gingival ou buccal qu’on observe dans plusieuis maladies fébriles et auquel on a donné le nom de bandelette nacrée quand il occupe le rebord alvéolo-dentaire, est formé par une desquamation épithéliale plus abondante et mélangée de granulations moléculaires. Cet enduit est comparable à celui qui se produit sur la langue après l’abstinence : c’est, un dépôt surabondant de l’épithélium sur la muqueuse.

Je n’ai que peu de chose à dire sur les productions blanchâtres, minces et étalées sur l’isthme du pharynx, qui apparaissent, dans certains cas, pendant les angines inflammatoires ou catarrhales. Ces enduits rappellent ceux de la cavité buccale et des gencives.

On lemarque aussi quelquefois des concrétions blanchâtres occupant les cryptes des amygdales, soit dans les maladies fébriles et générales, soit dans quelques an-

< C. Da VAINE, Cas de gangrène de V amygdale dans la scarlatine (Comptes rendus et Mém. de la Soc. de biologie, 2° série, t. i, p 49 1 8a6 ’ P* ,}

gines tonsillaires proprement dites et localisées. L’épithélium accumulé forme presque entièrement à lui seul les concrétions amygdaliennes ; il s’y joint des matières granuleuses et d’autres de nature grasse. Les enduits les plus consistants m’ont offert parfois des globules de pus (leucocytes à noyaux et granuleux) avec une matière amorphe visqueuse, etc.

Les ulcérations, de quelque nature qu’elles soient, mais n’appartenant pas aux ulcérations herpétiques dont il a été déjà question (p. 123), peuvent offrir une exsudation d’une épaisseur variable. Cette exsudation est anatomiquement la même dans presque tous les cas; elle est à peine modifiée par la nature des ulcérations, soit que celles-ci résultent de l’action, sur la muqueuse, du tartre stibié et de lacantharidine, ou d’autres substances, arsenic, iode, chanvre, etc., auxquelles j’ai jugé inutile de consacrer un article spécial.

Les ulcérations produites sous l’influence de la scrofule ou de la tuberculisation offrent toutes également à leur surface une mince couche pultacée , rappelant par son aspect et sa composition élémentaire celle qui recouvre les ulcérations de la stomatite ulcéro -membraneuse lorsque l’eschare de la muqueuse s’est détachée.

Les ulcérations syphilitiques présentent parfois une forme qu’on a appelée diphthéritique, mais qui est simplement pseudo-membraneuse. Parfois aussi ces ulcérations, recouvertes de pseudo-membranes , sont phagédéniques; elles s’étendent et rongent en surface les tissus. Tous les sypbiliographes ont signalé ces aspects

variables1. Dans son Traité des syphilides, M. Gazenave admet une forme d’angine syphilitique pseudo-membraneuse, « il semble.... quil y ait une pseudo -membrane toujours en forme d’anneaux, à bords larges, à centre sain. Cette éruption, représentée par des disques tout à fait blancs, épais, est surtout répandue sur la muqueuse des joues, des lèvres, mais principalement sur les bords de la langue, quelquefois tout près de sa pointe, etc. 2. » Wml décrivant les ulcérations de l’angine syphilitique signale « une ulcération taillée à pic, à bords plus ou moins dentelés, entourés par un gonflement rouge, œdémateux, ulcération à fond comme tapissé par une fausse membrane jaune, grisâtre 3. »

Dans quelques affections aiguës , dans les fièvres , la fièvre typhoïde4 en particulier, on peut trouver des ulcérations pharyngiennes qui offrent, toujours au point de vue qui nous occupe, une très-mince couche pultacée et grisâtre, composée des éléments déjà signalés.

1 J. Hünter , Œuvres complètes , trad. Richëlot, t. n, p. 557 # __ Chancres phagédéniques, pultacés ou diphthéri tiques, p. 424 ' note* par Ph. Ricord, qui signale leur ressemblance avec certaines formes de la pourriture d’hôpital. M. Ricord a parlé des chancres diphthéritiques d.-iiis son 'Imité prat. des maladies vénériennes , p. 564 4838 et dans ses Lettres sur la syphilis, p. 24 8, 237, 2«éd., 18S6. 1 Fom ’aussfia

thèse de M. Marteluère , De l’angine syphilitique ( thèses de Paris 1834, n»6, p. 22 ; etc., etc.). ans’

- A. Cazenave, Traité des syphilides, p. 437, 1843.

\idal (de Cassis), Traité des maladies vénériennes , p. 403 4 §53 4 P.-C.-A. Louis, Recherches sur la fièvre typhoïde t r’n

2e édition, 4 841. ' * ’ P*

Page 1