FAUSSES MEMBRANES PRODUITES PAR LE MERCURE
Les malades atteints d’une stomatite mercurielle intense et sur lesquels j’ai pu étudier les productions pseudo-membraneuses buccales1, avaient pris du calomel à dose fractionnée, ou fait des frictions mercurielles réitérées. Une seule fois j’ai vu une stomatite mercurielle très-intense survenir chez une femme qui avait été cautérisée sur le col utérin avec le nitrate acide de mercure.
Les fausses membranes qui accompagnent la stomatite mercurielle sont blanchâtres ou grisâtres, souvent épaisses, à bords déchiquetés, adhérentes ou libres, mais d’une consistance marquée quand elles sont adhérentes.
Muqueuse très-boursouflée , grisâtre, tantôt intacte 2, tantôt excoriée ou même ulcérée ( Obs . XII). Je n’ai point
1 Je n’ai jamais observé d’ulcérations pseudo-membraneuses de la gorge pouvant être rapportées, sans nul doute, à l’action du mercure. Je n’ai pas pncore vu l’angine mercurielle décrite par Dietrich [Die Merkurialkranleheit , p. 267, Leipzig, 4 837), et je partage l’opinion de M. Martellière sur la rareté des accidents mercuriels du pharynx (Thèse de Paris, 1854, n°4 6, p. 64).
2 La membrane muqueuse m’a paru intacte et non excoriée dans certains cas de stomatite mercurielle, au moment où les pseudo-membranes se produisaient. Celles-ci ne se forment pas exclusivement sur des ulcérations. M. le docteur Grapin a signalé cette particularité [J.-B.-A. Grapin, De la stomatite mercurielle (thèses de Paris, 4 846, n°1 19, p. 4 6, 28)]. M. Millard a observé un fait de stomatite mercui ielle, chez une enfant de 4 ans, dans lequel les fausses membranes ne recouvraient pas des ulcérations, la muqueuse était intacte au-dessous ( Bulletins de la Société anatomique de Paris, 2e série, t. ii, p. 371 et 375 4857).
vu de sphacèle très-prononcé, mais plutôt, une ulcération superficielle à bords plus ou moins élevés, à contours livides ou avec un liséré rougeâtre.
U examen microscopique de ces fausses membranes y indique la présence :
1° D’une matière amorphe, parsemée de granulations moléculaires et de matières grasses, et dans laquelle je suis sûr d’avoir vu les filaments caractéristiques de la fibrine ;
2° Des globules de pus et pyoïdes, des corpuscules granuleux de l’inflammation (leucocytes de diverses variétés) ;
3° Des globules rouges du sang très-altérés (hématies).
Je n’ai pas noté la présence d’éléments végétaux ni de Bacterium dans ces fausses membranes. Elles me paraissent être de véritables produits d’exsudation , au moins dans les cas que j’ai examinés, et non point des portions sphacélées de la muqueuse buccale.
III. FAUSSES MEMBRANES DE LA DYSENTERIE; CONCRÉTIONS MUQUEUSES ET GÉLATINIFORMES INTESTINALES.