FRAGMENTS DES HYDATIDES ROMPUES
On a pris pour de fausses membranes exsudées, des fragments irréguliers et membrani formes qu’on rencontre parfois dans les matières expectorées ou vomies, dans les déjections alvines et dans l’urine. Ces fragments, d’une nature toute spéciale , proviennent d’hydatides ou de poches hydatiques rompues. Ils représentent d’une manière plus ou moins complète l’enveloppe propre des hydatides; quand ils sont accompagnés d’hydatides entières, leur origine est très-facile à reconnaître; mais quand on ne trouve que des fragments irréguliers et incomplets, leur nature peut être très-difficile à apprécier.
Les fragments membraniformes des hydatides rompues sont opalins, élastiques et friables, et ils ressemblent beaucoup à du blanc d’œuf cuit, ou en d’autres termes à de l’albumine coagulée en lames. Ils sont parfois colorés en jaune, en verdâtre ou en brun parles matières avec lesquelles ils ont séjourné dans les cavités du corps.
Sur, une de leurs faces (surface interne de i’hydatide) , on peut apercevoir des inégalités ou bien des grains sphériques assez réguliers.
J’ai examiné des fragments d’hydatides expectorés, d’autres qui se trouvaient dans les selles, et une seule fois des fragments qu’un malade avait rendus en urinant. J’ai toujours pu facilement les reconnaître aux caractères suivants fournis par Yexamen microscopique :
La membrane qui les compose est disposée par couches superposées ou par lamelles très-minces et stratifiées, comme les feuillets d’un livre.
La matière propre aux hydatides est formée d’une substance amorphe et homogène, sans fibres, sans cellules dans son intérieur.
On lira avec intérêt l’étude approfondie que mon ami M. Davaine1 vient de publier sur les hydatides, sur l’enveloppe de ces productions parasitaires, sur les écliinocoques et sur le liquide qu’elles contiennent, ainsi que sur les altérations dont elles sont susceptibles. Le kyste dans lequel les hydatides propres sont renfermées dans nos tissus est pour moi entièrement semblable à celui qui se produit autour d’un corps étranger quelconque.