III. EXAMEN AVEC LES RÉACTIFS CHIMIQUES
Les fausses membranes récentes et molles déposées sur la plèvre ou sur d’autres séreuses ont été plusieurs fois soumises à l’examen des chimistes1. Elles se rapprochent beaucoup, par leur composition, des fausses membranes diphthériques, cependant elles sont beaucoup moins fibrineuses. On sait que, pendant très-longtemps, on les avait regardées comme formées simplement par de l’albumine.
Dans une analyse faite par Lassaigne2, la matière des fausses membranes amorphes de la plèvre formait les soixante-cinq centièmes de la masse, le reste était fourni par la sérosité.
Veau froide ne dissout pas les fausses membranes molles des séreuses.
Veau bouillante les contracte.
V alcool à froid et à chaud les racornit, il dissout la matière grasse et le chlorure de sodium (Lassaigne).
V acide acétique étendu de trois fois son poids d’eau les
1 Davy, en 1822, analysa la matière des fausses membranes amorphes des séreuses et il en reconnut la nature fibrineuse. — Lassaigne, Recherches chimiques sur la composition des fausses membranes (Journal de chimie médicale, t. i, p. 68, 1825). — Laugier, Examen chimique des fausses membranes recueillies sur la plèvre d’une femme décédée à la suite d’une pleur o-pneumonie. (Journal de chimie médicale, t. ni , p. 44 9, 1837. )
2 Lassaigne, Recherches sur la composition chimique des fausses membranes chez l’homme. (Journal général de médecine, t. xciv, p. 294 et 297^mars 1826. )
gonfle et les rend transparentes; par l’action de la chaleur elles forment alors une masse soluble dans l’eau.
L’action des autres acides étendus est sensiblement analogue a celle qu’ils produisent sur les fausses membranes diphthériques ( Voy . p. 88), mais ces mêmes acides trôsdilués, surtout le chlorhydrique , rendent les fausses membranes pleurales diffluentes, après un séjour prolongé.
acide gallique durcit ces fausses membranes et les rend friables.
Les solutions de potasse, de soude , et V ammoniaque \ liquide , lendent les fausses membranes gélatiniformes et diffluentes, après les avoir beaucoup gonflées. Le liquide J qui les renferme devient filant.
Les solutions de sous-carbonate de potasse et de soude ont une action moins rapide, mais toute pareille à celle des réactifs précédents; elle est plus rapide, quand on fait chauffer les liquides.
Lehmann, dans son Précis de chimie i, distingue soigneusement les transsudations des exsudations. Il y indique (p. 157) la présence de la fibrine comme exceptionnelle dans les transsudations où elle forme alors un coaguluin lâche et gélatineux. La fibrine, en pareil cas, est toujours en moindre quantité dans les sérosités épanchées par transsudation que dans le sérum du sang ( loc . cit., p. 159).
Les exsudations sont différentes des transsudations par le mode d origine, par la manière dont elles prennent naissance aux dépens du sang, et par leurs propriétés
Précis de chimie physiologique animale , trad. française, 1855.
physiques et chimiques (p. 285). Pour produire les premiers, il faut que le sang soit devenu immobile dans les capillaires et qu’il ait subi un changement dans ses propriétés physiques.
Les exsudations renferment beaucoup de fibrine, bien plus d’albumine, des phosphates et des sels de potasse, presque toujours une plus ou moins grande quantité de globules du sang altérés, qui manquent absolument dans les transsudations proprement dites (p. 285-286). Il y a non-seulement dans les exsudations de la fibrine coagulable, mais d’autres éléments solides accusant une tendance à la production des tissus organique. Les phosphates causent la plasticité des exsudations (p. 287).
Simon1 a donné des analyses des liquides exsudés dans les cavités séreuses, à la suite de diverses maladies. J’ai cru inutile de les rapporter.