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FAUSSES MEMBRANES DE LA TUNIQUE VAGINALE

Les fausses membranes qu’on rencontre dans la tunique vaginale sont de véritables néo-membranes anciennes, des adhérences celluleuses très-fréquentes sur les sujets dont on fait l’autopsie pour une maladie quelconque; elles résultent d’un froissement, d’un traumatisme léger ou violent, etc.

On sait aussi combien l’hydrocèle légère est fréquente, et cette exhalation de sérosité, parfois sanguinolente dans la tunique vaginale, s’accompagne presque toujours,

* Voij. Robin et Verdeil, Traité de chimie anatomique et physiologique, t. ni, p. 267, 1853, et p. 62, 197 et 233 de cet ouvrage.

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sauf le cas d’hydropisie passive, d’inflammation plastique. Plus le liquide de l’hydrocèle est chargé de fibrine, et plus il peut se déposer de couches épaisses au-dessus de néomembranes déjà organisées. Mais tandis que la succession des néo-membranes a eu lieu par un dépôt de blastème de la séreuse vers la cavité, le dépôt de fa fausse membrane sera fait sur les dernières couches ou meme restera dans l’intérieur sous la forme de grumeaux flottants.

Les fausses membranes or ganisables siègent à leur début sur un des points de la vaginale. Dans le cas où une injection iodée ou vineuse a été faite pour la cure de l’hydrocèle, ou bien quand un corps solide irritant a été laissé à demeure, il se produit une sécrétion plastique sur les deux feuillets dans toute leur étendue , et la cavité disparaît par la soudure intime de ces deux feuillets séreux. L’exsudation est épaisse, gélatiniforme , crémeuse, blanchâtre ou jaunâtre. On rencontre le plus

souvent les adhérences organisées, les néo-membranes *

de tissu lamineux, dans le voisinage du bord externe de l’épididyme où elles se présentent sous forme de bandelettes verticales plus ou moins espacées ; ces adhérences rétrécissent quelquefois la grande ouverture que forme la séreuse pour aller sur la face inférieure de l’épididyme.

Les épaississements partiels de la vaginale par une néo-membrane, déposée anciennement sur elle, s’observent comme dans les autres séreuses; la face externe est libre, polie et lubrifiée; en un mot, toutes ces néo-membranes résultent évidemment d’une inflammation légère

de la moins abritée des membranes séreuses, suivant l’expression de M. le professeur Gosselin l.

Les fausses membranes épaisses en partie organisées , déposées surtout sur le feuillet pariétal de la vaginale, s’observent après les hydrocèles ou les hématocèles. Elles peuvent, mais bien plus rarement et par exception, occuper le feuillet viscéral, c’est-à-dire la séreuse testiculaire. On ne peut, mieux les comparer qu’à une sorte d’écorce épaisse qui revêt le feuillet pariétal. Leur épaisseur varie suivant le nombre des lames superposées qui les composent. De leurs deux faces, l’une adhérente, est appliquée exactement contre la séreuse , l’autre libre , est inégale, rugueuse et chagrinée, en rapport avec l’intérieur de la cavité et le liquide qui la baigne.

La face libre est recouverte de fausses membranes récentes et molles, produites par la néo-membrane sousjacente, ou au contraire couverte de caillots sanguins plus ou moins rouges ou décolorés, bien plus faciles à détacher que la fausse membrane organisable.

Ces fausses membranes, suivant leur épaisseur acquise et leur organisation plus ou moins avancée, offrent une flexibilité complète, ou bien constituent une coque inflexible qui enveloppe le testicule. Leur transformation cartilaginiforme ou chondroïde, les dépôts calcaires extrêmement épais que j’y ai vus, rendent cette enveloppe

tout à fait dure et comme osseuse 2.

1 Voy. ses Recherches sur l’épaississement pseudo-membraneux de la tunique vaginale dans l’hydrocèle et l’hématocèle et sur son traitement, dans les Archives gén. de médecine, 4° série, t. xxvii, 4851 .

2 M. Vulpian a montré à la Société de biologie un exemple de tumeur

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Le liquide renfermé clans des kystes presque toujours généraux ou complets à cause du peu d’étendue de la séreuse vaginale, est constitué tantôt par de la sérosité pure ou sanguinolente, tantôt par du sang nouvellement épanché ou au contraire ayant subi des altérations. Le liquide est alors couleur de chocolat, de lie devin, ou noirâtre ou verdâtre. Les lamelles de cholestérine y .sont abondantes et donnent au liquide un aspect plus ou moins micacé ou pailleté.

M. le professeur Gosselin n’a point négligé Y examen microscopique dans son remarquable travail déjà signalé. Là où l’œil, nu est impuissant pour décider s’il s’agit d’une fausse membrane, d’une néo-membrane ou de la séreuse vaginale, les verres grossissants tranchent nettement la difficulté et ne laissent aucune prise au doute.

Dans les couches superposées ou stratifiées de la tunique vaginale , on trouve une matière amorphe , des fibrilles très-reconnaissables de la fibrine, des globules de pus plus ou moins déformés (leucocytes divers), des globules rouges du sang (hématies), car très-souvent le sang a été épanché dans la séreuse et a provoqué l’exsudation plastique. Quand les productions pseudo-membraneuses sont dures, cartilaginiformes ou ossiformes, il y a des fibres lamineuses tassées, des éléments embryoplastiques et des poussières minérales produisant la calcification du tissu.

fibrineuse intra- scrotale, à parois calcifiées, qu’il a examinée avec M. Béraud , et qui provenait d’une ancienne hématocèle. ( Comptes rendus de la Société de biologie, 3e série, 1. 1, p. 193, 1860.)

La séreuse est toujours reconnaissable, après la décortication des pseudo-membranes, à ses fibres lamineuses disposées en faisceaux, entre-mêlées de quelques fibres dartoïques. Elle offre une plus grande quantité de matières amorphe et granuleuse qu’à l’état normal; elle est hypertrophiée, vascularisée et ses vaisseaux se continuent manifestement avec ceux des fausses membranes placées sur elle. Le microscope ne laisse aucun doute sur ces vaisseaux sanguins qu’on voit à l’œil nu sur des pièces ayant macéré et sur des pièces desséchées. Des vaisseaux lymphatiques existent même dans ces fausses membranes, l’injection l’a démontré.

Dans le liquide récent tantôt séreux, plus souvent sanguinolent, avec des caillots fibrineux, on trouve les éléments de la fibrine et du sang épanché. Dans le liquide très-ancien devenu d’un rouge foncé, brun, couleur de chocolat, noirâtre, verdâtre, etc., le microscope montre les éléments décomposés des globules rouges du sang (hématies), des poussières formées d’hématosine, des cristallisations d’hématoïdine, de la fibrine encore reconnaissable parfois, bien qu’elle soit incrustée de granulations moléculaires, enfin des matières de nature grasse, des lamelles de cholestérine, des éléments pigmentaires, etc.

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