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SUR LES VÉGÉTAUX DES FAUSSES MEMBRANES

Il est incontestable pour tout observateur qui y a regardé de près, que les fausses membranes buccales et pharyngiennes renferment des végétaux inférieurs, soit à l’état de tubes ou mycélium, soit à l’état de corps reproducteurs ou spores. Mais on a reconnu que l’abondance de ces végétaux est variable suivant les fausses membranes que l’on examine et que leur présence elle-meme y paraît tantôt habituelle, tantôt exceptionnelle.

Quelles sont les conditions de développement, de propagation ou de transplantation de ces végétaux inférieurs dans les fausses membranes ? Ces végétaux sont-ils l’unique cause de la formation de quelques pseudo-membranes, celles du muguet en particulier, ou n’en constituent-ils qu’un des éléments pour ainsi dire surajouté? Ces végétaux inférieurs sont-ils toujours les mêmes dans des affections déterminées, ne peuvent-ils se produire que dans ces mêmes affections ?

Telles sont les questions importantes que soulève l’étude des végétaux inférieurs que l’on trouve dans les fausses membranes.

EXPÉRIENCES SUR LE DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUX DANS LES FAUSSES MEMBRANES ET LES LIQUIDES EXSUDÉS.

C’est dans le muguet que les végétaux des fausses membranes ont été principalement étudiés. On sait que le muguet a longtemps été confondu sous le nom d ’aphthes avec plusieurs autres maladies pseudo-membraneuses de la cavité buccale et du pharynx. Encore mal connu à l’époque du concours de la Société royale de médecine, le muguet a été plus tard décrit comme une forme de stomatite accompagnée de productions membraniformes. Billard, MM. Véron, Lélut, Trousseau et Delpech, Gubler, Seux, etc., en ont exposé les symptômes avec une rigoureuse fidélité. Valleix, médecin d’un hôpital d’enfants trouvés et placés dans des conditions défavorables,

avait rattaché le muguet à une entérite compliquée d’un érythème spécial, d’ulcérations cutanées et même bue-

Les médecins de toutes les époques ont admis les deux formes légère et grave du muguet; la première forme est heureusement beaucoup plus commune aujourd’hui que la seconde chez les enfants bien nourris. On a distingué également le muguet des enfants, accident ordinairement sans importance, du muguet des adultes qui est presque toujours grave et qui arrive le plus souvent à la période ultime des maladies chroniques.

Tout en reconnaissant la grande différence qui existe entre la fausse membrane du croup, ou d’une séreuse, et les taches blanchâtres ou les grains caséeux du muguet, les auteurs du commencement de notre siècle regardaient ces dernières productions comme constituées par une fausse membrane qui pouvait être enlevée en laissant la

muqueuse intacte sous elle.

Jahn paraît avoir, le premier, aperçu des végétaux inférieurs dans les produits du muguet. MM. Berg (de Stockholm) et Gruby ont pensé, après lui, que les taches blanches et caséeuses étaient formées par des végétaux inférieurs ou par des moisissures développées sur les parois buccales, en d’autres termes par des champignons parasites. Sous l’impulsion donnée en dernier lieu, les faits annoncés à Stockholm et à Paris furent vérifiés, en partie du moins , et plusieurs pathologistes admirent dans leurs écrits les idées nouvelles, tandis que d autres continuèrent à regarder le muguet comme une stomatite avec altération de sécrétion.

J’exposerai ces opinions diverses dans l’Historique, mais j’ai tenu à en dire présentement quelques mois pour expliquer les recherches qui vont être rapportées et qui me sont propres. Ces recherches ont été poursuivies pendant plusieurs années; je les ai variées, je les ai répétées , et quoique plusieurs des questions que j’ai étudiées aient été débattues1, elles offrent encore des points litigieux.

Je vais exposer successivement les expériences que j’ai faites sur les végétaux des fausses membranes et des liquides exsudés.

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