‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneusesChapitre 99 sur 115 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Scarlatine avec angine gmltaeée ; végétaux très-

abondants (Leptothrix buccalis).

(Hôpital Sainte-Marguerite, salle Sainte-Geneviève, n° 34, service de

M. Marrotte.)

R...., Pauline , 20 ans, domestique, née à Beaumont (Haute-Saône'), entrée le 5 août 1852, sortie le 29. — Taille petite et constitution peu forte. Bonne santé, bien que la malade n’ait pas ses règles très-périodiquement. Pas de maladies antérieures graves. Elle a été vaccinée pendant son enfance.

La maladie actuelle date de trois jours. Le lundi, 2 août, vers une heure du soir, elle a éprouvé un frisson violent, du malaise, puis elle s’est sentie accablée. Le soir, il y a eu un grand mal de gorge, celle-ci a été rouge au dire des maîtres de Pauline qui l’ont examinée. La malade ne se rappelle point d’avoir vu quelques jours auparavant une personne atteinte de fièvre avec une érup-

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tion à la peau. Le 4, les mains et les pieds avaient enflé, ils étaient douloureux; le cou, le visage et une grande partie du corps étaient devenus rouges.

5 août, visite du soir. La plus grande partie du corps de la malade estrecouverte d’une rougeur presque uniforme ; aux aines et sur le cou, on trouve quelques points rouges plus foncés, donnant l’aspect du granit. Langue rouge a la pointe et sur les bords, recouverte d’un enduit blanchâtre assez épais. Acidité manifeste de la muqueuse buccale au papier bleu de tournesol. Douleur au fond de la gorge. L’arrière-bouche est recouverte de produclions blanchâtres siégeant sur les amygdales tuméfiées.

124 pulsations, 24 respirations. Intelligence peu présente, agitation, anxiété, difficulté de respirer, toux angineuse. Le murmure vésiculaire s’entend dans les deux poumons ; il n’y a pas de dévoiement.

6 aoùt. — 120 pulsations. Nuit mauvaise, cris. L’éruption n’a pas sensiblement pâli. Angine violente, la malade peut difficilement ouvrir la bouche, le fond du pharynx est couvert, surtout sur les amygdales, par des productions blanches et d’aspect pseudo-membraneux. Les ganglions du cou sont douloureux et engorgés.

P. Gomme sucrée 2 pots; gargarisme astringent.

Examen des 'productions blanches de la gorge. Elles sont molles, peu tenaces, assez semblables au muguet et faciles à écraser ou à rayer, ou à séparer par pression avec

le bord mousse de la spatule.

Sous le microscope , divers fragments ont pi esenté comme éléments constitutifs : une matière amorphe très-abon-

dan te; des granulations moléculaires; de la matière grasse; des cellules épithéliales très-nombreuses ayant toutes la forme pavimenteuse, variant de grandeur, mais à noyau petit; des corps granuleux de l’inflammation et des globules du pus assez rares.

J’ai vu, avec beaucoup de netteté, dans quelques préparations, des filaments ou stries étroites à contours peu nettement accusés et que je crois être de la fibrine fibrillaire exsudée. Elle n’existait point partout. J’ai très-nettement vu des tubes droits, minces, des baguettes rigides pareilles à celles du tartre du collet des dents ( algue de la bouche de M. Ch. Robin).

7 août. — 120 pulsations. La journée d’hier et la nuit ont été agitées. La malade s’est plainte continuellement. Elle a l’ouïe dure. La peau est chaude, sèche. Dans l’arrière-bouche, il y a quelques points rougeâtres et noirâtres qui sont formés par des ecchymoses L’enduit de la langue est moins épais. On remarque des papilles rouges, légèrement saillantes.

8 août. — 112 pulsations. Mieux. L’enduit blanchâtre des amygdales et du pharynx a diminué plutôt qu’il ne s’est étendu ou épaissi. L’état général est plus satisfaisant. Il s’est formé sur les mains de la malade, à la racine des doigts, de très-petits points vésiculeux (miliaire), qui n’existent point ailleurs sur le tronc, le cou ou les aisselles.

9 août. — 96 pulsations. La nuit a été plus calme que les précédentes. La miliaire remarquée hier existe aujourd’hui en grand nombre sur diverses parties du corps, sur le thorax, près des aisselles, aux aines, etc. Les vési-

SUR UES AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES. h 69

cules sont tantôt transparentes, tantôt lactescentes et le liquide qu elles renferment a été examiné.

Examen du liquide des vésicules de miliaire. Il renferme des globules purulents montrant des noyaux par l’action de l’acide acétique; des granulations élémentaires et quelques cellules épithéliales qui résistent à l’action de l’acide acétique et n’ont qu’un noyau. Je n’ai pas trouvé de fibrine.

La langue se dépouille de son enduit blanchatie, elle est en quelques points d’un rouge vif, lisse, avec des saillies papillaires. La cavité buccale offre une teinte générale d’un rouge intense.

10 août. • — - 88 pulsations. La malade se tiouve ellemême bien mieux. La langue est d’un rouge presque uniforme. L’éruption a pâli par tout le coips et dispaiu en beaucoup d’endroits.

Bouillon.

11 août. — 92 pulsations. Nuit calme , sommeil paisible. L’arrière-bouche se déterge, il existe quelques points très-superficiellement exulcérés sur les amygdales et un sur le fond du pharynx à droite.

Examen des productions grisâtres de V arrière-bouche : épithélium prédominant ; matière amorphe et granulations moléculaires, globules de pus. Je n’y trouve pas aujourd’hui de fibrilles fibrineuses. Spores évidentes de muguet, de Torula, pas de mycélium; une quantité trèsconsidérable à’ Algue de la bouche; quelques cristaux dont un en prisme droit.

12 août. — Peu de fièvre. La desquamation a coin-

mencé. L’urine, examinée à plusieurs reprises et aujourd’hui même, n’a pas offert d’albumine.

14 août. — Deux épistaxis de quelques gouttes seulement; une portion. A partir de ce jour la malade a été de mieux en mieux. La desquamation s’est faite régulièrement. Les plaques enlevées étaient larges aux doigts des*mains. Point d’anasarque ni d’accident notable pendant la convalescence. Elle sort le 29 août parfaitement guérie.

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