INFECTIONS PUTRIDE ET PURULENTE
quelquefois il y a du délire; à celte période d'agitation succède bientôt un calme, interrompu de temps en temps par des mouvements brusques. Les selles sont involontaires, le malade tombe bientôt dans le coUapsus et meurt. En un mot, le décours des accidents dénote un état typhique, qui, pour nous, relève toujours d'une infection générale.
La pyoémie s'annonce, au contraire, par un frisson pins ou moins intense; ce frisson se représente d'une façon irrégulière pendant le cours de la maladie, à toute heure du jour. Ce type intermittent de la fièvre est spécial à cette affection; de là les irrégularités, les exacerbations et les rémissions que la température accuse quand on la prend plusieurs fois dans la journée.
Dès le début, il n'y a pas cette période d'agitation, de délire, que Ton constate généralement dans la septicémie; Tintelligence est intacte. Bientôt les frissons se rapprochent, l'état général s'altère, la fièvre devient continue; les phénomènes de métastases internes s'accentuent de plus en plus; le pouls devient petit, la langue sèche, les selles diarrhéiques, la peau ictérique, et le malade meurt dans le coma.
Mais c'est surtout à l'autopsie que se révèle la difîérence entre ces deux maladies.
Dans un cas de septicémie, on a beau chercher dans tous les organes, il arrive très-souvent de ne trouver aucune altération appréciable.
((C'est en vain, dit Billroth(^), qu'on cherche souvent sur le cadavre la cause de la mort dans la septicémie. »
Si des lésions se rencontrent dans les organes ou les tissus, elles se distinguent par leur tendance gangreneuse. L'examen du sang seul révèle le caractère de la maladie.
Dans la pyoémie, au contraire, on trouve dans tous les organes parenchymateux ou autres des masses d'abcès, les uns formés, les autres en voie de formation. Çà et là des taches ecchymotiques plus ou moins prononcées; le cerveau, les poumons, le foie, la rate, les reins, les articulations peuvent être le siège de ces abcès qu'on a nommés métastatiques , et dont nous expliquerons tout à l'heure la formation.
Et si maintenant on examine le sang dans un cas de ce genre, on n'y trouve plus cette altération spéciale du globule, et on n'y constate pas non plus la présence de ces infusoires que nous avons appris à connaître dans l'étude de la septicémie.
De ce court résumé, il est facile de conclure qu'entre la pyoémie et la septicémie il existe une différence bien marquée au point de vue des symptômes cliniques et au point de vue des altérations anatomiques.
Il nous reste à chercher d'où vient cette diffé rence et ce qui explique dans la pyoémie la formation de ces abcès multiples.
(1) Billroth, Eléments de pathologie chirurgicale générale, trad. par Culmann et Sengcl, 1868, p. 409.