INFECTIONS PUTRIDE ET PURULENTE
Dans l'infection septique proprement dite, tous les phénomènes qu'on observe sont dus à une altération du sang. La mort arrive par l'impossibilité où est la nutrition de s'exécuter.
Dans la pyoémie, au contraire, tous les accidents tiennent à une altération pour ainsi dire physique de ce même liquide, à la présence dans le sang d'éléments qui y jouent le rôle de corps étrangers, et qui y sont introduits en quelque sorte mécaniquement.
Peu nous importe la manière dont on explique la formation des embolies, qui, pour nous, sont les points de départ des nombreux abcès, dits métastatiques, qu'on observe dans la pyoémie.
Pour les uns, ce sera le pus qui sera absorbé en nature par les orifices béants des vaisseaux ou des lymphatiques, et qui ira directement former les abcès viscéraux.
Pour d'autres, le phénomène primordial sera une phlébite à l'endroit de la plaie, et ce sera le pus sécrété par la veine qui, charrié dans le torrent circulatoire, ira se déposer, çà et là, dans les divers organes.
Pour quelques-uns, la pyoémie est accompagnée toujours de leucémie, et les amas des globules blancs suffiraient à eux seuls pour oblitérer les vaisseaux.
Pour d'autres enfin, le sang se coagule primitivement dans la veine avant toute phlébite; il s'y (orme un thrombus dont l'extrémité libre proémine
dans les vaisseaux encore perméables, et bientôt le ramollissenfient de ce caillot, continuellement battu par le C0(n^ant sanguin, sa fonte donnera lieu à des granulations moléculaires qui deviendront corps étrangers, et provoqueront, dans les organes où ils se déposeront, la formation d'abcès.
Nous adoptons, pour notre part, toutes ces théories, car, en somme, elles aboutissent au même mécanisme; elles peuvent toutes se conibiner dans un cas donné. Mais quel que soit le mode de formation du corps étranger, il n'en est pas moins vrai qu'il existe, et que le sang, dans le cas de pyoémie,. contiendra des embolies qui suffisent à expliquer tous les phénomènes observés.
En effet, cette embolie, que va-t-elle devenir? Prise par le torrent circulatoire, elle va cheminer tant que le calibre des vaisseaux le lui permettra, mais dès qu'elle rencontrera un vaisseau trop étroit pour la laisser passer, elle s'y arrêtera, jouera le rôle de bouchon; le sang, continuant à pousser avec la même force, ne fera que l'enfoncer davantage dans le canal, qu'elle finira par faire éclater; à l'endroit où elle se sera déposée, comme une épine enfoncée dans les tissus, elle provoquera la formation d'un abcès.
Que ces embolies aient été charriées dans le système artériel, on comprendra la multiplicité des abcès dans tous les organes; que ce soient les veines qui s'en soient chargées, les abcès se formeront primitivement dans le poumon et dans le foie, et secon-