CONCLUSIONS
tons pas à appeler un phénomène de fermentation et duquel relève la spécificité générale. Nous donnons aussi un commencement de preuve de l'existence de fermentations intra-organiques de variétés différentes, d'où les spécificités spéciales.
Dans cet ordre d'idées, les accidents généraux et locaux des maladies infectieuses s'expliquent trèsaisément :
Les accidents généraux (fièvre, ataxie, adynamique etc.) par l'influence directe, immédiate du sang contaminé sur les centres nerveux; les troubles de sécrétion et d'excrétion (coryza, larmoiement, catarrhes des voies bronchiques et alimentaires, éruptions cutanées et muqueuses) par les modifications des plasmas primitifs qu'entraîne nécessairement à sa suite l'allération du liquide générateur; les altérations organiques accidentelles (congestions passives, hémorrhagies, infarctus, abcès, transsudations séreuses etc.) par les troubles circulatoires dans le domaine capillaire, inhérents à la nouvelle constitution du liquide sanguin.
L'intensité des accidents dépendra du plus ou moins d'activité de l'acte fermentatif et des conditions plus ou moins favorables du terrain organique dans lequel ce dernier se développe. L'infection est donc caractérisée pour nous par un travail de fermentation intra-organique.
La question ainsi envisagée, Ton comprend que nous ne rangions pas d'emblée dans les maladies septiques l'infection purulente, où l'altération du
CONCLUSIONS. 317 sang est bien des fois purement et simplement mécanique, produite : 1° par des substances venues du dehors (globules purulents, débris moléculaires provenant de fonte organique, gangréneuse, cancéreuse ou autre, gaz notamment air atmosphérique); par des matériaux provenant du sang (coagulums sanguins, augmentation excessive des globules blancs, débris épithéliaux des parois vasculaires, précipités mal connus des éléments graisseux).
Dans la pyohémie typique {^), les effets de la viciation du sang se traduisent par des arrêts de circulation, des infarctus dont l'étendue et la gravité sont proportionnelles au nombre, au volume des canaux affectés et au siège des obstrutions.
Dans ces cas, il n'y a pas de trace de travail fermentatif, donc rien de septique; le réactif lapin supporte sans inconvénient l'inoculation.
Loin de nous l'idée de spécialiser ainsi tous les cas d'infection purulente. Nous savons de longue date que s'il y a parfois des altérations du sang purement mécaniques, il arrive au moins aussi souvent que l'on ait à constater des viciations du liquide nourricier essentiellement fermentatives (septicémie pure), témoin notre mémoire actuel et les observations, où la durée de la maladie a amené des lésions organiques analogues à celles de la pyohémie dépendantes des transformations moléculaires des éléments constitutifs du sang modifiés par l'action
(i)Feltz, Etude clinique et expérimentale des embolies capillaires ^ ire édit., 1868, p. 173.