Clean-weeding; traduction litterale : sarclage propre
Au point de vue chimique, ces sols sont en général plus riches que les précédents. Peu d'expériences d'engrais y réussissent. Seules ont donné des résultats, celles qui aidaient à l'établissement d’une couverture à racine pivotante. (Phosphates
de roche.)
c) Latérites. — Les terres de latérite répondent à des analyses extrêmement variables. L'élément latéritique, à proprement parler, est inclus dans des argiles de compositions diverses. C'est, en principe, une formation rocheuse superficielle très uniforme. Elle est composée d’oxydes métalliques insolubles et caractérisées par une absence de silice combinée.
Tous les rocs composés de silice libre (quartz) ou combinée avec des oxydes métalliques (fer, aluminium, magnésium, calcium, potasse, soude) donnent, sous tous les climats par mise en solution des oxydes solubles, un silicate hydraté d’alumine, appelé argile. Dans les pays tropicaux, les conditions climatologiques extrêmes, permettent également le retrait de la silice combinée.
Il reste des oxydes insolubles d'aluminium et de fer, connus sous le nom de latérite. Ceci explique bien que la latéritisation, comme la formation d’argile, est en somme une régression du sol, dont les éléments utiles sont entraînés. En pratique, heureusement, 1l y a aussi formation de composés secondaires à base de silice et plus difficilement décomposables.
M. Dennet signale (M.A.J. 1933, page 354) :
« L'observation locale montre que la latérite peut être « formée par mise en solution de fer et d’alumine du «sol », « avec accumulation subséquente à un niveau inférieur. »
Ïl est, en effet, peu rare de trouver dans les plantations, sous une couche de sol, friable, un horizon de latérite imperméable. L’explication semble difficile.
M. Scrivenor écrit (page 145) :
« Cerlaines carrières de latérite reposent sur du granite, « d’autres sur des phyllites, et d’autres sur des rocs sédimen- « aires altérés. »
Page 158 il remarque que le terme « latérite » ne devrait s'employer au sens propre que quand le dépôt d’oxydes de fer est en surface en opposition avec le terme « podsol ». Il s'étonne, à Juste titre, que ce même terme ne puisse pas s'appliquer aux couches de même formation que l’on rencontre souvent à des horizons inférieurs.
Le département de l'Agriculture (1919, p. 179 et 1933, page 395), tourne la difficulté en appelant ces sols « Raub serie high level ». Ces sols présentent une couche épaisse de latérite à 0,45 à 0,75 m. de profondeur.
La texture « en agglomérés » de ces sols rouges n’est pas défavorable malgré la haute teneur en argile.
D'après le département de l’Agriculture, ils répondent à l'analyse type suivante :
Analyse mécanique
Sable fin | Sable gfossier|Gravier | Pierres | 18 23 8 | 11 1 I4 Ë .
Analyse chimique
BC LUS COS EE EC ELU Î 50 cm. 0.042 | 0:22|0,0308|0.0015 16.6 0.1510.0316 12.1
Tant que l’humus original n’a pas été brûlé par une politique de dévastation trop intense, une partie des sels solubles utiles reste fixée.
Dans les vieilles plantations, où le sarclage propre a été la règle, ce n'est malheureusement pas le cas. Le sol latéritisé semble mort jusqu’au jour où, au cours d’un programme de replantation, il est défoncé et enrichi en matières organiques par une culture de légumineuses dressées.
Limon fin
Profondeur Argile
d) Terres de marais. — (Brun-noir en surface et noir rougeître, en sous-sol. 80 % du sol est organique.)
Le mot « terre organique » serait plus exact car il s’agit d’un amas de débris organiques, plus ou moins en voie de décomposiion. Ces débris, provenant d’une végétation de marais assez spéciale, ont été conservés souvent en parfait état. Ceci démontre les propriétés antiseptiques d’un milieu dont l'acidité atteint parfois un pH de 2,5. Les acides organiques qui se forment dans ces marais, mettent en solution la plus grande partie des minéraux. Ils ne laissent, plus ou moins fixes, que des composés de phosphore et d’azote. La teneur en Potasse, Magnésie, Calcium que l'analyse révèle, varie donc dans des proportions importantes. Ceci dépend beaucoup de la façon dont le drainage a été effectué,
Lorsque la plantation a été rapidement asséchée par un drainage intense, la majorité de ces sels ont été entraînés. Au cours des années qui suivent l’asséchement, on constate un abaissement progressif du niveau du sol. L'activité microorganique intense brûle l'excès de carbone avec grand dégagement de CO*.
Au point de vue physique, ces terres sont trop poreuses. Ïl n’est pas rare de voir les Elæis souffrir de la sécheresse, là où le drainage est trop profond. Assez souvent, heureusement, ce terreau est mélangé à l’argile épaisse du dessous. Ces argiles à haute teneur organique sont alors d’une fertilité extraordinaire. Elles conviennent particulièrement à la culture de l’Elæis (rendements augmentés de 50 %, sur terres d’argiles meubles ordinaires).
L’humus, ayant un pouvoir absorbant de l’eau assez élevé, on est souvent surpris de constater la mauvaise tenue physique de ces terres humiques. Il est bon de noter ici que cet humus. exposé à l’action directe du soleil, présente rapidement un phénomène irréversible. Les débris organiques se couvrent d’une sorte de matière cireuse, qui empêche ultérieurement l’absorption d’eau.
M. Corbet indique (R.R.I. rapport annuel 1930, page 99) l'importance de la présence de cire et de graisses (« waxes and fats >») dans les sols exposés au soleil. Dans une ouverture âgée de 2 ans, 1l a trouvé 0,16 % de produit soluble par le chloroforme. La moitié consistait en acides gras. Le lavage au chloroforme a fait passer le coefficient de fertilité de 11,3 à 14,3. Dans un sol très organique il a trouvé des proportions beaucoup plus élevées (chiffre non indiqué), dont 60 % étaient des acides gras. (Voir aussi Waksman, page 686.)
À titre indicatif, nous donnons ci-joint un relevé d’analyse d'eau de drainage effectué par nos soins, sur une de nos plantations de Selangor. Nous avons comparé deux surfaces plates plantées depuis environ 10 ans. L'une en terre de marais asséchée, heureusement assez riche en argile: l’autre en terre d’argile épaisse. Les méthodes culturales ont été particulièrement soignées pour la surface en terre de marais; légumineuse, etc. De ce fait, le cas est loin d’être extrême. On remarquera néanmoins, qu'en terre de marais, la déperdition en minéraux est beaucoup plus intense. La moitié de l’azote qui s’y trouve est emportée sous forme de nitrates, tandis que dans l'argile épaisse, la nitrification est 34 fois plus faible.
Nous avons indiqué que l’acidité pouvait atteindre un pH de 2,5. Il est bon d'ajouter que ceci est assez exceptionnel, et
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