‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 25 sur 121 · IV. — CARACTEDES PHYSIOLOGIQUES AMELIORANTS D’'UNE PLANTE · texte numérisé non relu

IV. — CARACTEDES PHYSIOLOGIQUES AMELIORANTS D’'UNE PLANTE

A) Racines. — Les racines pivotantes labourent le sol.

Elles sont donc utiles dans les sols lourds.

Les racines fasciculées, touffues, retardent et même arrêtent

l’aération. Elles ne sont donc utiles qu’en terrains trop poreux.

B) Tiges. — Les tiges dressées permettent les associations; les tiges traçantes sont moins généreuses.

Les tiges dressées sont plus favorables aux fortes évaporations que les traçantes; elles sont donc favorables aux terrains lourds. Les traçantes, par contre, sont favorables aux sols trop poreux.

Les tiges volubiles et les rameaux-vrilles ont leur utilité sur les sols fertiles exposés au soleil, où elles retarderont ou: étoufferont les plantes agressives non désirables.

C) Feuillages. — Les feuilles larges, disposées sur des plans horizontaux parallèles, tamisent la lumière, aident l'évaporation. Si les plans ne sont pas horizontaux, la lumière est moins filtrée et la compétition est plus intense et laisse libre champ à un envahissement de plantes agressives peut-être non désirables.

La couverture traçante à feuilles souvent jointives, ralentit l’aération du sol. Elle correspond à l’évaporation minima. Très utile en sols trop poreux, elle est particulièrement défavorable en sols lourds.

D) Agressivité. — Dans nos observations phytosociologiques, nous avons cru devoir prêter une attention particulière à l’agressivité. En effet, l’économie d’une plantation ne saurait tolérer les plantes agressives que :

1) Si elles sont physiquement favorables au sol.

2) Si leur développement normal, au contrôle économique et facile, ne gêne pas l’exploitation.

3) Si leur agressivité n'exclut pas les plantes les plus désirables.

E) Périodicité. — Les plantations annuelles ou périodiques (époques de sécheresse) , ont une valeur humifiante. Elles ne doivent, néanmoins, être admises qu’en association avec des plantes permanentes afin de ne pas exposer le sol.

F) Capacité d’évaporation. — Il apparaît probable, d’après nos observations, que la capacité d’évaporation est un caractère dont l'importance a été trop négligée dans l’économie des plantations.

D'après les chiffres de M. Hales, cités par M. E. Gain

(page 92), il ressort que le rapport de l’évaporation à la sur-

face de la plante peut varier du simple au triple suivant l'espèce.

Le même auteur déduit des chiffres de M. Lawes et de M. Haberlandt qu'il faut de 166 à 455 kilogrammes d’eau par kilogramme de matière sèche.

Nos expériences en la matière ne font malheureusement que commencer.

Nous avons placé dans des éprouvettes de 500 cc. des quantités égales d’eau de pluie. L’éprouvette était fermée par du coton au travers duquel un syphon et la plante étudiée passaient.

Les quantités d’eau évaporées jusqu’au commencement du flétrissement ont été calculées en cc. d’eau par jour et par gramme de plante.

our et par gramne de;

Plante 7 raÏlchefPlante s%che ge 8 feuille séche

Lycopodium cernuum 0,79 2,41 Gleichenia linearis 2,956 Crotularis anagyroïdes 2 3 Se)

lephrosia candida 2,44 heves brssiliensis € 1,22 Paspalum Comrersonii 1,57 Leucaana rlauca 2902 Melsstons polyanthum 6 1,62 Pteris ensiformis 5 3 2,84 Témoin 1 nil

humidité %

Ces #véporés

ve

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gremmes, ps el = déche

"2lation entre l’évaporation et l’humidité des plantes.

Il ressort du tableau et de la courbe que, dans le cadre de nos expériences :

a) L'’évaporation peut varier du simple au double par gramme de plante fraîche.

b) L'’évaporation peut varier de 1 à 2,5 grammes de plante sèche.

c) L'’évaporation peut varier de 1 à 2,8 par gramme de tiges et feuilles sèches. ;

d) Il semble, qu’en première analyse, on puisse admettre que les plantes à haute teneur d'humidité sont celles qui évaporent le plus d’eau par gramme de plante sèche.

e) Le Pteris, le Gleichenia et le Leucaena semblent évaporer beaucoup plus d’eau que l’hypothèse (d) ne permette de le prévoir. Le Pteris et le Gleichenia, en particulier, semblent, relativement, de gros consommateurs. Le Pteris est le plus gros consommateur par gramme de tige et feuille sèche.

G) Effets toxiques. — Nous n’avons tenu aucun compte de l'effet toxique possible de certaines plantes, car dans tout ce qui a été écrit sur les plantes qui nous intéressent, nous n’avons jamais relevé de faits absolus.

À titre indicatif, citons quelques auteurs :

Rapport annuel du R. KR. I. 1932, page 46 :

« Certaines herbes comme le Lallang (N. de l'A. : Im- « perata) et Catilegrass (N. de l'A. : Paspalum), peuvent « être suspectées d’effets toxiques spécifiques, mais si d’autres « cas existent, ils ne sont pas encore prouvés. »

V'ageler, dans « Tropical Soils », écrit :

« Certaines herbes tropicales, comme le Lallang (Imperata « cylindrica), concourent vigoureusement à la formation de « la pierre de fer ({ron Ortstein) dans les sols acides. Dans « de tels habitats, on peut trouver, sous presque chaque touffe « de Lalang, une formation de pierre de fer miniature, à la- « quelle aucune caractéristique type ne manque. >

Nos observations et analyses ne nous permettent ni de confirmer, ni d’infirmer ces observations.

Il semble néanmoins très probable que certaines plantes utilisées comme couvertures uniques : certaines Légumineuses et certaines Graminées, genre Paspalum, intoxiquent le sol à la longue, par certaines sécrétions. (Voir M. Prof. E. Gain,

page 217).

H) Effeis chimiques. — L'observation simple ne permet guère de se rendre compte de l'effet chimique des plantes pendant leur croissance et leur décomposition. Nous comptons sur les expériences organisées sur les plantations de notre groupe, pour apporter sur ces facteurs une lumière qui manque à l'heure actuelle.

Dans les quatrième et cinquième parties de cette étude, nous nous sommes efforcés de trouver des méthodes de Laboratoire simples et suffisamment précises pour prévoir, a priori, l'effet chimique des plantes sur le sol : solubilisation des éléments insolubles, acidification éventuelle des sols, rendement organique et rendement azoté des déchets, etc.

D) Effets biologiques. — Nous extrayons de l'ouvrage de M. Waksman « Principes of soil microbiology », les lignes suivantes se rapportant aux plantes en croissance :

« Elles sécrètent des substances solubles qui peuvent « offrir un médium favorable pour la croissance des micro- « organismes. Sous conditions stériles, les plantes sécrètent des « acides : formique, oxalique et malique, ainsi que des sucres « réducteurs et non réducteurs. Les racines des plantes sécrètent « aussi des phosphates et stimulent le développement des fungi.

« Elles fournissent les sources d’énergie et d’azote néces- « saires aux microorganismes par leurs résidus : racines mortes, « poils, etc.

« Elles changent la composition de la solution de sol et « modifient l'activité des micro-organismes.

« Elles exsudent du CO? dans le sol... Elles absorbent « l'humidité du sol, ce qui a une influence néfaste sur la crois- « sance des microorganismes. Les racines des plantes modi- « fient la structure du sol et produisent un médium plus favo- « rable au développement des micro-organismes. » (Page 767).

M. Schultz-Lupitz (M. Waksman, page 767), fut le premier à attirer l’attention sur le fait, que certaines plantes laissent le sol dans une condition plus fertile que d’autres, pour la croissance d'espèces différentes.

MM. Lawes, Gilbert et Warington (M. Waksman, page 770), furent parmi les premiers à noter que l’azote des sols non fertilisés, se nitrifie plus difficilement que l’azote de sols ayant produit de larges récoltes.

Une plante poussant de façon permanente sur un sol laisse

Feuille échantillon des herbiers distribués aux plantations

de notre groupe.

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