GAINS
a) Azote ammoniacal et nitrique, amené par pluies.
L'expérience de Rothamsted a donné une moyenne, répartie sur 15 ans, de 6 à 10 kgs par Ha. par an.
Nous croyons que le chiffre de Wohlman (Henry, réf. citée, p. 27) s'applique mieux aux tropiques : 50 kgs par an, par Ha.
b) Fixation de l'azote libre, sous l'influence de l'électricité atmosphérique.
Il est assez difficile de séparer ce phénomène du précédent. Ïl a certainement une assez forte importance dans les tropiques en raison de la forte tension atmosphérique. Nous n'avons pu relever, dans notre documentation, aucun chiffre s'appliquant à notre cas.
c) Absorption de vapeurs ammoniacales par la terre. (Idem.)
d) Fixation de l’azote libre par certains organismes inférieurs : bactéries, algues, champignons et mousse.
Un courant d'air continu dans une terre arable de 20 c/m d'épaisseur fixerait, par an, de 600 à 900 kgs d'azote. C’est un des moyens par lesquels les terres ne s’épuisent jamais en azote. La fixation est d’ailleurs dépendante de la quantité de matières hydrocarbonés que renferme le sol. (M. Pizon, p. 190.)
Si on n'oublie pas que la température optima pour les cultures des microorganismes varie entre 30° et 40° C., on supposera aisément l'intensité de leur activité sous les tropiques, tout au moins dans les sols favorables : poreuses, humides et riches en matières décomposables et en minéraux.
L'importance des phosphates, à ce propos, est considérable. Waksman a écrit (page 367) : « Dans le cas du Nitrobacter, il y a une relation nette entre l’azote et le phosphore de la cellule. » Les résultats pratiques enregistrés pour les phosphates se justifient donc théoriquement de tous les points de vue.
Nous n'avons trouvé aucune référence dans la littérature malaise, qui nous permette d’estimer la capacité productive de ces facteurs. Néanmoins, en considération des quantités énoncées d'azote perdues annuellement dans certains cas (voir analyse d’eau de drainage, fin de la première partie) , (plus de 1,5 tonne perdue par un sol sans Légumineuses), nous sommes obligés d'admettre que ce facteur est d’une importance capitale dans certains cas, importance qui fait paraître bien négligeables les apports annuels en azote, d’une culture de Légumineuses non labourée.
Nous avons d’ailleurs l'intention d'étudier de près, dans l'avenir, ce problème capital. Tout ce que nous savons, pour l'instant, provient de nos tableaux d’analyses mensuelles de terres de lysimètres, qui montrent toutes une augmentation en N % importante au début de la saison des pluies de septembreoctobre.
e) Enrichissement d'azote par les débris superficiels de plantes adventices.
Ceci a été traité dans un paragraphe séparé. Il ressort de ce que nous avons écrit sur le sujet, que l’on peut espérer en moyenne et sous bonne couverture, une restitution d’azote égale au quart des retraits.
Sous couverture de Légumineuses à nodules (principalement Légumineuses dressées), ce résultat sera aisément atteint.
Sous couverture de plantes non Légumineuses et f1v00rables, des teneurs sensiblement égales seront probablement obtenues, grâce à l’action favorable sur les organismes fixateurs
d'azote. Cette-action est principalement marquée par la porosité du sol, sa protection et son enrichissement en matières organiques facilement décomposables.
f) Enrichissement d'azote par racines de Légumineuses. Nous avons exposé nos observations qui tendent en général à n'admettre qu’un effet négligeable.