E. — VARIATION DE LA TENEUR EN AZOTE DU SOL
On voit que, d’après nos estimations, le sol devrait tendre vers un appauvrissement rapide en azote, ce qui n’est d’ailleurs le cas que pour les teneurs supérieures à 0,1 % (sol).
Nous estimons que le sol moyen des collines en glaise sablonneuse répond aux analyses suivantes :
CRIGINE ER
Sous forêt...s.es.sel 4,00 10,35 52 Sous Culture non en rapport moyennement couverte (coliine)..h2,00 Sous Culture en , rapoort mal , couverte (coliine),
On peut estimer qu’une fois l’équilibre obtenu, le sol-type choisi perdra 0,070 % d'azote, sur une profondeur de 30 c/m. La densité apparente des sols moyens était de 1,25 l’hectare utile, pèse 3.750 tonnes, et la déperdition totale d’azote par Ha. sera de 2,6 tonnes, à répartir au moins sur 7 ans, soit près de 370 kgs par an.
La conclusion à tirer de tout ceci est que les sols s’appauvrissent en général peu à peu en azote, du fait d’une couverture insuffisante. Le bénéfice apporté par les Légumineuses n'est notable que dans les lieux suffisamment humides, en particulier les lieux plats, où l'azote ne manque pas (teneur en vieilles cultures plates variant de 0,2 à 0 3).
Il nous semble donc prouvé que le problème général à solutionner est beaucoup moins un enrichissement des sols en azote, qu'un maintien de l'azote original. (Comme nous le verrons, dans les paragraphes suivants, l’utilisation des couvertures peu exigeantes en phosphates est un facteur beaucoup plus important.) Ce maintien en N sera tout particulièrement facilité par une amélioration physique et humique du sol, qui peut être obtenue par toutes les plantes favorables, légumineuses ou non légumineuses.
M. Haines (R. R. I., 1931, p. 89), dit à ce sujet, dans un article sur la fumure de l'Hevea :
« Il est tout à fait probable que les nouvelles méthodes « d'économie du sol, qu’on essaie sur les plantations d’'Hevea, « puissent rendre les sources naturelles d'azote amplement « suffisantes pour les Heveas les plus producteurs. »
D'après le reste du paragraphe, il apparaît que l’auteur fait allusion aux méthodes forestières, d’une part, et aux organismes du sol fixant l’azote libre, d’autre part.
En ce qui concerne les vieilles plantations érodées et appauvries, le problème consiste avant tout à renforcer la ferülité du sol, par ameublissement, augmentation de matière humique et augmentation annexe de rétention d’eau.
D lisons dans Tech. Com., N° 28 (Imp. bureau of Dole Sc., 11), l'exposé des expériences de Gorsse qui ont montré de É capacité rétentive en eau de l’humus est huit fois celle du sol.
Nous croyons avoir prouvé que l'engouement pour les Légumineuses a poussé à des excès fâcheux. Le choix restreint de plantes a conduit à n’utiliser que des plantes donnant une couverture Imadéquate. Le bilan s’est trop souvent soldé par une perte massive de la fertilité.
Nota. — Dans l’article de Stephenson et Fowells (Soil Sc. sept. 34) nous lisons que le brûlage fait perdre plusieurs centaines de kilogs d’azote par hectare, qui était retenu au taux de 2 % par l’humus forestier. N'y a-t-il pas là une critique grave de nos méthodes d'ouverture? Est-il judicieux de dépenser des sommes importantes à améliorer la teneur en azote du sol que l’on a ainsi délibérément appauvri en azote et minéraux vite entraînés par les pluies torrentielles ?