E. — INFLUENCE DE LA TENEUR EN AZOTE
Les fungi assimilent 30 à 50 % du carbone des engrais verts pour la synthèse de leur cellule... Cette dernière contient 3,5 à 8 % d'azote. En d’autres termes, la teneur minima en azote du mycélium du fungus est généralement le double de la teneur en azote de l’engrais vert (245). Le fungus réassimilera donc généralement la presque totalité de l’azote des engrais verts quand leur teneur est, par exemple, trois fois moindre que celle du mycélium. Le fungus pourra même, quand la plante est à faible teneur d’azote, assimiler l’azote disponible du sol (245), même les nitrates (252).
Quand il y a accumulation d’ammoniaque (déchets à haute teneur d'azote), il pourra y avoir perte par évaporation. La quantité d’ammoniaque qu’un sol peut retenir dépend de sa réaction, de la nature des bases absorbées et de l’effet-tampon (6125
Dans nos sols pauvres, une ammonisation trop rapide n’est donc pas souhaitable, à moins que le sol ne soit préalablement enrichi en substances absorbantes.
La perte d'’ammoniaque n'est pas négligeable : les expériences de Rothamsted ont montré qu’au cours des 47 applications annuelles d'engrais, 14 % de l'azote s’est accumulé comme humus, 25 % a été utilisé par les plantes, et 60 % a été perdu probablement à l’état gazeux, puisqu'il y avait très peu
de drainage (629).
Nous déduisons de tout ceci que les plantes à haute teneur d'azote (N supérieur à 3 %), tendront à affaiblir le rendement du cycle de l’azote du sol, à moins que leur azote ne soit d’origine gazeuse (associations symbiotiques). D'autre part, ces pourcentages élevés d’azote seront utiles pour permettre une décomposition rapide des composés ligneux. (Waksman, Soil Sc. juillet 1933.)
En vérification de ces déductions, nos expériences ont montré que le pourcentage d’azote accumulé sous forme minéralisée, dans le sol, baissait très rapidement quand la teneur en azote excédait 2 %.