G. —" INFLUENCE DU RAPPORT C/N
Le rapport C/N est un des facteurs qui influencent le plus le mode de décomposition. Grossièrement on peut dire que ce rapport est une autre expression de la teneur en azote puisque, généralement, la teneur en carbone des plantes est de 50 % et qu’elle ne varie que dans de faibles limites, principalement sui-
vant les proportions de cellulose (43-44 % C), à lignine (62- 64 % C).
En pratique, nous avons trouvé que pour les herbes, la teneur en Carbone varie dans une proportion beaucoup plus importante que le raisonnement précédent ne le laissait prévoir (importance des protéines et cendres).
Résumons ce que Waksman écrit sur le rapport C/N, pages 450-451 : Dans l’économie du sol, les fungi décomposent rapidement les hydrates de carbone et causent une diminution du rapport C/N par une libération de CO: Les bactéries s’attaquent en premier aux protéines et plus tard décomposent la matière organique dont le rapport C/N a été rendu favorable par les fungi.
On déduit de ceci que l’ammonisation sera maxima pour des rapports C/N favorables compris entre 12 et 16 (Waksman, 446 et pages suivantes). Nous avons vérifié ce point (dernière expérience). En application de ce que nous avons dit précédemment, afin d'éviter les pertes importantes de NH. cours de la décomposition superficielle, il est donc raisonnable de considérer cette zone de C/N comme une zone peu économique. La dernière expérience qui sera relatée vérifiera que le rendement minimum du cycle de l'azote et l'accumulation maxima de N minéralisé correspondent à cette zone. Le rendement minima du cycle du carbone fut trouvé pour des C/N de 16 à 20. Entre C/N — 22 à 28, les cycles d'azote et de carbone présentent un maximum, tandis que l’ammonisation est minima. Comme les analyses ont été faites sur des sols de la surface desquels les résidus végétaux avaient été retirés (quand il en restait), nous sommes obligés de conclure que cette zone de C/N correspend à un mode de décomposition spécial particulièrement favorable au but cherché : il y a eu incorporation au sol de la plus grande proportion du carbone et de l’azote des engrais verts. I] serait intéressant de savoir quels sont les auteurs de cette transformation économique : fungi proprement dits, actinomyces, photo-oxydation ?
Au-dessus de C/N — 28, on assiste à nouveau à une diminution des cycles de l’azote et du carbone, et à un accroissement de l'azote minéralisé. Nous nous sommes demandé s’il n'y avait pas là le phénomène de corrosion de la lignine par les fungi que M. Waksman signale page 401.
La même expérience (page 196 et suivantes) a montré qu'un rapport C/N inférieur à 12 pouvait également être favorable aux cycles de l’azote et du carbone. L'’ammonisation est
alors importante en poids, mais proportionnellement faible. Quoique cette zone soit moins économique que quand C/N est supérieur à 20, il y a là un caractère favorable pour les Légumineuses à haute teneur d’azote.
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Ïl ressort de la documentation citée qu’un rapport C/N important ne permettra une décomposition rapide que pour un médium neutre. Plus le milieu est acide, plus le rapport C/N doit être petit (c’est-à-dire se rapprocher de 12), ou en d’autres termes plus la teneur en azote doit être élevée. Il ressort de nos expériences que cette généralisation est tendancieuse pour nos herbes et nos sols. La température ambiante très favorable permet évidemment aux microorganismes de se montrer moins sélectifs dans leurs besoins.