H. — INFLUENCE DE LA TENEUR EN LIGNINE
La lignine, ainsi que les produits solubles dans l’éther (qui sont, en général, en proportions beaucoup plus faibles), représentent la fraction des déchets organiques qui est la plus résistante à la décomposition.
D'après Waksman (400, 401), elle disparaîtra plus ou moins soit par l’action de certains fungi parasites qui la corrodent complètement, soit par une décomposition effectuée par quelques organismes spécifiques : certains actinomyces, bactéries, et quelques fungi dont les Basidiomycètes.
Elle occupe une place prépondérante parmi les substances résiduelles qui forment l’humus et les acides humiques (401).
Il a été trouvé que la lignine formait, avec les protéines, des composés assez résistants à la décomposition. Seules les teneurs élevées d’azote permettent leur attaque rapide. (Waksman Soil Sc. Juillet 1933.)
Nos expériences ont montré qu’en effet la vitesse de décomposition dépendait, dans une certaine mesure, de la teneur en lignine, mais que des conclusions basées sur ce seul facteur pourraient souvent être tendancieuses. Nous avons trouvé que
conduit aux mêmes conclu-
azote généralement le rapport — lignine sions que le rapport C/N, qu'il peut donc remplacer dans la sélection chimique. Les rapports 10 à 16 conduiront à des ammonisations trop rapides.
Nos expériences ont également mis en lumière une relation entre la perte au séchage à 100° et la teneur en lignine. Cette perte, que nous appelons « humidité » (en nous conformant à la littérature traitant de ces matières) , semble varier en sens inverse de la teneur en lignine : à l'humidité maxima correspond une teneur en lignine minima.
À notre grande surprise, nous avons même constaté que cette humidité donne souvent des indications plus dignes de foi que la lignine. Il est possible que l'humidité d’une plante donne une approximation de la « fraction soluble ». Nous savons (Waksman, 442, 446, 491) qu’une proportion importante de ces éléments est un caractère très favorable à la décomposition d'un végétal.
Si nos expériences devaient être confirmées, nous serions amenés à proposer la règle pratique suivante : Toutes les plantes à humidité supérieure à 65 % sur poids humide sont favorables quant à la rapidité de décomposition. Toutes les plantes à humidité inférieure à 65 % seront analysées pour N%, et elles ne seront considérées comme favorables que si N atteint ou dépasse