Br. impudica Nordm. Mâle et femelle
(Milne-Edwards, Vol. II, p. 513.) Sur l’Egrefin (Gadus aeglefinus). Branchies.
3. Br. bispinosa Nordm. Femelle. (Milne-Edwards, Vol. II, p. 514.) Sur un Gadoïde ?
4. Br. rostrata Kroyer. Femelle. (Milne-Edwards, Vol. IN, p. 514.) Mâle. (Kroyer, Snyltekrebserne, p. 290, Tab. XVIT, fig. 8.)
Sur les Flétans (Hippoglossus maximus et pinguis). Branchies.
9. Br. Lophii Milne-Edwards. Femelle. (Milne-Edwards, Vol. I, p. 514, pl. 41 fig. 4.) Sur la Baudroie (Lophius piscatorius). Branchies.
6. Br. malleus Rudolphi. Femelle et Mäle. (Nordmann. Mikrographische Beitræge. IE, p. 95.) Sur la Torpille. (Torpedo marmorata.) Bouche.
7. Br. appendiculata Stp. et Lik. Mâle et femelle (Steenstrup et Lütken. 1. c. p. 419. Tab. XV, fig. 35.)
Sur le Stromateus paru. Branchies.
8. Br. pastinacae Van Ben. Femelle. (Van Beneden — Ann. Scienc. natur. 8e série. Vol. XVI, p, 118, PI. 4, fig. 8, 9.) Sur le Trygonu pastinaca. Narines.
Je n’ai pas besoin d’insister à nouveau sur la structure homologue des différents appendices articulés des deux sexes. Toutes les pièces paires se retrouvent, avec cette différence seulement, que chez le mâle les unes portent encore plus manifestement le caractère d’appendices articulés que chez la femelle (notamment les bras) et que chez le mâle, les pièces buccales sont encore plus distancées, tandis que chez la femelle les antennes comme les pattes-mâchoires sont réunies sur un même petit espace et comme
-emboitées les unes dans les autres.
Je me bornerai à deux remarques. Si mon observation de la lèvre supérieure chez le mâle est juste (et je n'ai aucune raison d’en douter, l'ayant vue dans toutes mes préparations), le rostre ne peut ètre un développement de cette lèvre et doit être considéré comme une formation à part. C’est une conséquence logique à laquelle on ne saurait échapper, le mème organe ne pouvant pas être en même temps intact et employé à la construction d’une conformation secondaire. Il serait possible que le rostre fut seulement un développement ultérieur de la tunique pharyngéale interne, poussée en permanence au dehors et auquel la lèvre supérieure si puissante en général chez les Nauplius, vient se souder à la suite; c’est ce que d'autres observations devront élucider. Mais, je le répète, on ne peut plus, après cette observation positive, croire que la lèvre supérieure soit un élément nécessaire et indispensable pour la formation du rostre du Siphonostome. IT y aura donc, à mon avis, quelque chose à retrancher de l'assertion à absolue de M. Claus, qui dit fZeüschr. f. wissensch. Zool. von Siebold u. Kœlliker.
Vol. 25, 1875, p. 335). « On ne peut douter aussi peu du fait, que le rostre allongé des Siphonostomes est résulté d’une réunion des lèvres supérieure et inférieure, qu'on ne peut douter qu'il ya des rostres incomplets et courts constiluës principalement -
dans leur conformation différente par la lèvre supérieure. » Ma seconde remarque a une portée particulière, à mon avis, pour la classification.
Je l’ai déjà dit dans le mémoire précédent : les mâles, étant moins modifiés par le
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parasitisme, doivent surtout être pris en considération lorsqu'il s’agit de déterminer les relations et les affinités des Crustacés parasites. Les femelles ne viennent qu’en
seconde ligne, à cause de leur déformation plus considérable dûe au parasitisme.
Or, nous connaissons un certain nombre de genres, où les mâles sont plus affectés par le parasitisme, où ils vivent fixés sur les femelles et présentent des formes singulières combinées avec une petitesse extrème. Les « mâles pygmées et bossus » sont
devenus familiers aux naturalistes.
Ces mâles présentent donc quelques caractères communs faciles à saisir et indiquant sans doute une certaine parenté.
Mais, en les examinant bien, on finit par trouver des caractères plus intimes, résultant du nombre, de la position et de l’arrangement des appendices articulés, lesquels, à mon avis, doivent être pris en considération pour distinguer deux familles
au moins parmi les Crustacés Siphonostomes à màles pygmées.
Chez les uns, la bouche est antérieure, placée à l'extrémité céphalique du corps. Les antennes, les pattes mâchoires sont excessivement rapprochées et comme emboitées
les unes dans les autres et les antennes de la seconde paire ne sont jamais transformées en organes de préhension.
Je cite ici, parmi les mâles connus, les genres Charopinus, Brachiella, Achtheres, Lernaeopoda, Lernaeonema et Anchorella.
On peut appeler ce groupe la famille des Lernaeopodides.
Un second groupe a la bouche placée en arrière sur la face ventrale, souvent fort éloignée des antennes, qui n’entrent en aucune façon en combinaison avec les pièces
buccales. Ce sont les secondes antennes qui constituent l'organe de fixation.
On connaît dans ce groupe, les mâles des genres Chondracanthus, Blias, Trichthacerus et Medesicaste.
Nous l’appellerons la famille des Chondracanthides et nous nous en occuperons
dans la seconde section de ce mémoire. Ici il ne sera question que de la famille des Lernacopodides.
D'après la conformation des mäles, on peut établir une série descendante dans la famille des Lernacopodides, dans laquelle les Charopinus occupent la place la plus élevée, montrant encore la trace de membres natatoires, tandis que les mâles des Anchorella présentent les modifications rétrogrades les plus considérables. Je place donc ici immédiatement la description des Anchorelles, dont j'ai pu observer une espèce.
DU GENRE ANCHORELLA
(Tab. IV, fig. 2 à 7.)
Nous avons trouvé une espèce de ce genre, établi par Cuvier, en assez grande quantité sur les branchies du Lieu (Gadus pollachius). C’est sans doute l'A. uncinata, connue déjà de 0. F. Müller, et qui se trouve assez communément sur diverses espèces de Gades. Nos exemplaires se rapprochent le plus de la variété, figurée par Nordmann (Mikrogr. Beitr. Heft 2, tab. X, fig. # et 5), et trouvée par lui sur les branchies de l’Egrefin (Gadus aeglefinus). La femelle se fixe non-seulement sur les branchies, mais aussi, et presque de préférence, sur les épines qui garnissent les arcs branchiaux sur leur face interne. Les mâles de notre espèce, ainsi que ceux de différentes autres espèces, ont été décrits et figurés presque par tous les auteurs qui se sont occupés des
Crustacés parasites. Nous pouvons donc être courts dans la description.
DU MALE (Tab. IV, fig. 2 à 4.)
Je ne l'ai trouvé que très-rarement sur les exemplaires recueillis à Roscoff. Il a, comme les mâles des autres espèces, plutôt l’habitude de s’attacher à d’autres parties du corps qu'aux orifices génitaux, où Je l’ai toujours vainement cherché. Le mâle de l'A. uncinata ayant été bien représenté par Nordmann (1 c. pl. X, fig. À et 9), je ne copie que des dessins donnés par Kroyer (Tidskrift, vol. 4, pl. IIT), du mâle de l'A. emarginata (fig. 3 et) de l'A. uncinata (fig. 7), ainsi que des A. emarginata (fig. 6 bis) et À. rugosa (fig. 10), de Van Beneden (Ann. sc. nat., vol. 16, tab. 6).
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Ce qui frappe avant tout dans les mâles des Anchorelles, c’est, outre l'extrême petitesse, la réduction complète de l'abdomen. L’A. uncinata et rugosa n’en montrent aucune trace, tandis que dans l’A. emarginata on voit encore un petit mamelon mou, qui en montre au moins la place. Le corps est globulaire et mème étiré en haut dans l'A. rugosa si toutefois le dessin de van Beneden est exact. Ces mâles ont donc plutôt l'apparence d’un Acarien, comme l’a fait justement remarquer M. Nordmann. Tout en étant placé sur la partie antérieure du corps, le rostre du mâle se trouve très-rapproché de la première paire de pattes ancreuses, comme celle-ci est à son tour presque contiguë à la seconde paire. Les divers appendices qui entourent la bouche sont, malgré ce rapprochement et nonobstant leur réduction, assez espacés et placés les uns derrière
les autres et non en dedans les uns des autres comme chez les Brachiella.
Les antennes de la première paire (c), placées sur le front, mais à la face ventrale (Tab. IV, fig. 4), sont très-courtes, à deux articles et portent à l'extrémité quelques
soies courtes.
Celles de la seconde paire (d) sont bien plus considérables et à trois articles, le der-
nier aussi pourvu de soies courtes.
Immédiatement à la suite de ces deux paires d'antennes se place un appendice trèsgros, massif, biramé au bout, avec un puissant article buccal /b). Les deux branches terminales sont inégales de force, mais semblables de forme et portent quelques fortes soies courbées en crochet. Ces appendices touchent la première paire de pattes ancreuses. [ls doivent correspondre, morphologiquement, aux palpes du Brachiella et à
la troisième paire de membres du Nauplius.
Le rostre (4) est gros, conique et avancé autant que les pattes. Il est entouré de fortes pièces chitineuses, qui se courbent en arrivant sur le bord de manière à simuler des mandibules en crochet. Le pourtour de l’ouverture buccale est garni, comme
d'habitude, par des fines soies raides.
La première paire de pattes ancreuses (i) a un article basal énorme, pyramidal, avec un fort crochet mobile, tourné en arrière, et qui peut se fermer sur un rebord
anguleux.
La seconde paire de pattes ancreuses (k) est plus allongée, cylindrique et porte au
bout des pièces chitineuses petites mais fortes, qui forment une pince très-exiguë P gue,
portée sur une plaque rudimentaire en semelle.
Les deux paires de pattes ancreuses sont soudées ensemble dans la ligne médiane
par leur base.
Je n'ai point fait d'observations sur la structure anatomique des mâles.
DE LA FEMELLE
(Tab. IV, fig. 5-7.)
Le caractère essentiel des Anchorelles consiste dans l’allongement considérable de la partie thoracique (m), appelée ordinairement le cou, entre la première paire de pattes ancreuses, laquelle vient se placer tout près de la bouche, et la seconde paire réduite à un double bouton enchassé dans les tissus de l'appareil branchial du poisson. Cette partie est cylindrique et toute d’une venue sans la moindre trace d’annulation. L’œil a complétement disparu, comme du reste aussi chez le mâle; je n’ai pu voir dans l’intérieur que des traînées de muscles, la matrix de l'enveloppe chitineuse et l'intestin très-dilaté. L’abdomen [n) est large, un peu aplati sur la face ventrale, bombé sur la face dorsale, de forme quadrangulaire à coins arrondis, aussi large que long. On y voit sur la face ventrale deux forts faisceaux musculaires, qui partent des boutons d’attache, se touchent dans la ligne médiane et s’insèrent sur la partie postérieure près de l’anus. Vis-à-vis de ces bandes musculaires et sur la face dorsale se voit l'intestin droit /s), qui se termine au-dessus d’un court appendice caudal fr) médian en forme de bourse élargie et arrondie. L'intérieur de l’abdomen est entièrement rempli par les boyaux ovigères (t) disposés en courts coecums transverses et aboutissant des deux côtés, à deux oviductes [u) courbés, courant le long du bord extérieur de l'abdomen et s’ouvrant aux orifices génitaux (v) entourés d’un fort échafaudage chitineux. C’est à ces orifices que sont attachés les sacs ovigères allongés, cylindriques et rempli d'œufs disposés sans ordre. Dans aucune de mes femelles les œufs n’étaient arrivés à terme, Je n’ai donc pu observer le Nauplius.
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Quant aux appendices qui entourent la bouche, je dois dire que malgré toutes les peines que je me suis données, Je n'ai pu réussir à les débrouiller complétement sur le vivant. Elles étaient toujours collées ensemble par des mucosités peu transparentes, qui ne s’éloignaient ni sous l’action du pinceau ni sous celle d’un jeûne prolongé. J'ai
pu, en revanche, les étudier convenablement sur des préparations faites à la potasse.
J’en donne deux figures, assez grossies, une de profil (fig. 7) et une de la face
ventrale (fig. 6).
Le rostre (q) est assez large, court, conique et fermé, à la face ventrale et sur les côLés, par une membrane chitineuse ferme, garnie de plis saillants. Le cercle n’est pas complété sur la face dorsale, où il existe une large échancrure. Dans l'intérieur du rostre se voient deux pièces chitineuses allongées, articulées en arrière sur une forte charpente, dont les prolongements soutiennent le pourtour du rostre, et portant en avant et sur leur face interne une série de quatre ou cinq dents, ce qui donne à ces
pièces l’aspect d’une scie à manche fo). Sont-ce les #andibules ?
En dehors du rostre et sur les côtés, mais assez rapprochés de la ligne médiane, se voient deux appendices antenniformes (ec, fig. 7), forts petits et très-cachés, qui ne montrent guère d'articulation et ont deux courtes soies au bout. Derrière ces appendices se voient deux autres fb), à trois articles qui deviennent par la potasse trèstransparents et dont le dernier article ne semble pas fermé au bout. Il y avait là, comme J'ai pu m’assurer sur le vivant, quelques courtes baguettes transparentes et probable-
ment sensitives.
En dehors de ces appendices se placent deux membres gros /d), épais, aussi longs et larges que le rostre lui-même, articulés sur quelques pièces chitineuses énormes en forme de poutres, qui se prolongent fort en arrière dans le corps et forment une puissante articulation là où l’appendice se détache du corps. Ils sont à deux articles, le premier presque cylindrique, le second placé un peu obliquement et garni d’un disque incomplet chitineux à éminences mousses. Ces membres ont quelque ressemblance éloignée, quant à la forme du dernier article, avec la seconde paire de pattes ancreuses du mâle. Ils protégent des deux côtés le rostre et peuvent l’enfermer
complètement.
Derrière l'appareil décrit, surgit la première paire de pattes ancreuses (k), courbées, épaisses, soudées à la base et portant un fort crochet acéré au bout.
Comment les organes placés autour du rostre correspondent-ils à ceux du mâle ? On est, à la vérité, embarrassé. Les gros membres /d)J externes étant, si l’on compare les Anchorelles aux Brachielles, les secondes antennes, on doit envisager les petits appendices fc) comme les premières antennes et ceux à trois articles /b) comme les palpes, déjà assez gros chez le mâle. Il y aurait donc homologie avec le mâle, sauf les pièces cachées dans le rostre, que nous n’avons pu constater chez le mâle. Mais il y a dans le rostre du mâle des pièces chitineuses sans dents qui correspondent, par leur position, aux scies à manche de la femelle, et, si l’on retient cette homologie, toutes les
pièces se trouvent également chez les deux sexes.
Les espèces connues d’Anchorella sont très-nombreuses ; il y en a cependant seule-
ment un petit nombre, dont on connaît les mâles.
Milne-Edwards cite dans son troisième volume de l’Histoire naturelle des Crustacés, p. 518 et suivantes, toutes les espèces décrites jusqu’en 1840, parmi lesquelles se trouvent celles observées par Nordmann et par Kroyer dans le Naturhistorik Tidsskrift
Vol. I et I. Ce sont les suivantes :
be
. Anchorella emarginata Kroyer. Femelle.
Sur l’Alose finte (Alosa finta).
. À. ovalis Kroyer. Femelle.
Sur le Grondin (Trigla gurnardus).