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DU GENRE BRACHIELLA
Ce genre, établi par Cuvier dans son Règne animal, Vol. 3, est rangé, par Milne- Edwards (Hist. nat. des Crustacés, Vol. 3, p. 492 et 519), dans la famille des Lernéopodiens, caractérisée par les femelles fixées sur leur proie à l’aide d’une paire d’appendices thoraciques brachiformes très-grands et réunis entre eux vers le bout. Les Brachielles appartiennent avec les genres Achtheres, Basanistes, Tracheliastes et Lernaeopoda à la section de cette famille ayant des bras très-longs et se distinguent des Lernéopodes par une tête allongée, tandis qu’elles ont en commun avec ce genre le manque d’appendices à la base des bras et les pattes mâchoires postérieures placées
très-près des antérieures.
M. Nordmann (Wikrographische Beitrâge, Heft IT, p. 90 suiv.) a étudié, très en détail, la Brachielle du Thon (Br. Thynni Cuv.), l'espèce connue par Cuvier, celle de l'Egrefin (Gadus aeglefinus), nommée par lui Br. impudica, une autre très-voisine, Br. bispinosa, provenant aussi probablement d’un Gadoïde, et il a mentionné une quatrième espèce, Br. malleus, trouvée à Rimini, par Rudolphi, dans la bouche d’une Torpille marbrée. Il caractérise cette espèce par la forme de son abdomen sans appendices, qui est étroit en avant et s’élargit en arrière de manière à ressembler à un cône renversé. Les bras longs et réunis au bout portent au devant de l'organe cartilagineux un disque rond, par lequel ils sont réunis. Les épines postérieures des autres espèces manquent, suivant Nordmann. Le mâle, profondément enfoncé dans une
ouverture vaginale, ne pouvait être extrait sans mutilation.
Ce sont là, si je ne me trompe, toutes les données que nous possédons jusqu’à présent sur le Brachiella malleus.
J'ai trouvé, le 25 Juin 1876, un assez grand nombre d'exemplaires de cette espèce dans la cavité buccale d’une grande Torpille marbrée, pêchée à Roscoff et que mon ami, M. de Lacaze-Duthiers, avait mise à ma disposition avec sa complaisance habituelle. Je n’ai pu les conserver en vie que pendant quelques jours, mais j'ai cherché à compléter l'étude par des préparations faites au moyen de la potasse caustique bouillante, qui éclaircit en quelques minutes les corps en détruisant toutes les matières organiques, sauf les organes chitineux. C’est un moyen excellent pour étudier les
appendices des Crustacés inférieurs et qu’on ne devrait jamais négliger.
BRACHIELLA MALLEUS RUDOLPHI
DU MALE
(Tab. II, fig. 1 à 5.)
M. Nordmann a trouvé le premier les mâles des Brachielles impudiques fixés sur les orifices génitaux des femelles, mais quelquefois aussi sur les bras ou sur les sacs ovigères. Je ne les ai jamais rencontrés qu’à l’orifice femelle et n’en ai point vu sur les
femelles jeunes qui ne portaient pas encore des sacs ovigères.
On ne peut indiquer d’une manière exacte la taille du mâle, puisqu'il est toujours courbé plus ou moins en arc de cercle : en s'étendant, il peut arriver à une longueur de deux millimètres. Il ne se détache pas facilement pendant la vie; cependant il ne tient point avec autant de ténacité que les mâles des Chondracanthes qu’on trouve même
attachés encore après une cuisson prolongée dans la potasse.
On peut considérer le corps du mâle comme composé de deux parties; une antérieure plus large et plus grosse indivise, mais qui montre l'indication d’une division
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ee deux segments et une postérieure plus allongée, nettement divisée en deux segments, qui diminuent successivement de largeur. Le dernier segment porte deux appendices
caudaux assez longs et courbés en forme de sabre.
La partie antérieure, que nous nommerons la tête, porte les antennes et l’appareil buccal, les deux anneaux suivants sont munis chacun d’une paire de pattes très-volumineuses et préhensiles, l’avant-dernier segment montre un petit appendice qui porte
l’orifice sexuel et doit être considéré comme pénis.
La tête est plus renflée en arrière, diminuant vers l’extrémité antérieure qui se montre légèrement arrondie lorsqu'on voit le mâle d’en face. Dans la vue de profil (Tab. IE, fig. 4, 2), elle a la forme d’une poire dont le contour dorsal est convexe et présente un léger angle sortant environ au milieu de sa longueur, tandis que le contour ventral montre en arrière un pli rentrant. Une ligne transversale et oblique se porte de l’angle dorsal vers ce pli et sépare ainsi la tète en deux compartiments, dont le
postérieur contient les testicules.
Sur la face ventrale de la tête (Tab. IT, fig. 8, 5) sont placées, dans un enfoncement bordé de lignes chitineuses, les antennes antérieures ou internes (c), formées de trois articles qui diminuent d'épaisseur et dont les deux derniers sont garnis de quelques épines courtes. J'ai compté trois épines placées à l'extrémité et une fixée sur l’extrémité antérieure du second article. En tout l'antenne n’a guère le quart de la longueur totale de la tête.
On remarque, lorsqu’on examine l’animal placé sur le dos, une sorte de chambranle à bord postérieur libre et arrondi entre les racines des deux antennes /.). Est-ce la lèvre supérieure ? On ne peut en douter, lorsqu'on considère que cette lamelle impaire et mobile couvre l'entrée du rostre à l’œsophage et que son pourtour est garni de fins
poils microscopiques.
Immédiatement derrière les antennes est placé le rostre avec deux paires d’appendices latérales.
Le rostre (g) a, dans son état d’extension la plus grande, environ la moitié de la
longueur de la tête. C’est un cylindre creux, attaché sous la lèvre supérieure où l’on voit distinctement, dans les préparations faites à la potasse caustique, le commencement de sa cavité qui est protégée des deux côtés par deux forts bâtonnets chitineux longitudinaux. Il est manifestement composé de deux parties, une supérieure /f), laquelle, vue de profil (Tab. IL, fig. 4), se présente comme une pièce courbée, ayant quelques soies au bout, et une inférieure /f) plus large, creusée en gouttière profonde. Ces deux parties se séparent seulement au dernier tiers de la longueur où se voit une espèce d’articulation, marquée par un sillon circulaire et entourée d’une multitude de petites pièces chitineuses encastrées dans l’enveloppe. L’extrémité de la partie inférieure du rostre est garnie par une fine membrane chitineuse semblable à un voile circulaire et protégée, à la base, par une couronne de poils courts et raides, moins fins que ceux
qui garnissent le bord de la lèvre supérieure.
On voit rentrer et sortir le rostre pendant la vie et on aperçoit aisément des grands faisceaux musculaires partant du diaphragme céphalique mentionné plus haut, qui mettent en mouvement l'appareil dans son ensemble. On peut se convaincre alors qu’en rentrant le rostre s’invagine dans le commencement de l’œsophage qui présente
alors des élargissements contournés, semblables à un pharynx globuleux.
Nous disions que des deux côtés du rostre étaient attachées deux paires d'appen-
dices.
La première de ces paires représente, sans doute, les antennes postérieures ou externes (d) et résulte de la transformation de la seconde paire d’appendices du Nauplius, dont l’article basilaire s’est seul conservé. Ces antennes postérieures ont en effet la forme de deux masses épaisses arrondies, un peu aplaties, soutenues par de fortes côtes chilineuses, et qui portent à leur extrémité libre une sorte de pinces trèscourtes, mais fortes, constituées par deux crochets courbes, dont la pointe est tournée en dehors. Le crochet intérieur, plus long, est simple, le crochet extérieur a une petite saillie à la base. Dans la vue de profil, ces appendices masquent entièrement le rostre,
lorsqu'il n’est pas parfaitement développé.
En arrière de ces grosses masses, se trouvent deux appendices allongés, minces,
à trois articles, ayant une petite branche interne à l'extrémité du second article et
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terminés par deux soies assez fines. Ces appendices sont placés très-profondément, presque sous l’extrémité libre du rostre, auquel ils sont attachés par leur base. Nous
pouvons les appeler les palpes (b), sans préjudice de leur signification.
Je n'ai pas vu, dans l’intérieur du rostre, des pièces chitineuses semblables à celles
que j'ai rencontrées dans le rostre de la femelle des Anchorelles.
Les deux articles suivants, que nous appellerons les segments thoraciques, portent
chacun une paire de pattes ancreuses très-différentes quant à la forme.
La première paire de pattes ancreuses {i) est insérée au bord antérieur de son segment. Soutenue par une tige arrondie, chacune de ces pattes présente un seul article pyriforme, rempli de faisceaux musculaires très-puissants qui se rendent en convergeant vers l’extrémité libre de l’article. Là est articulé un très-fort crochet dont la pointe est tournée en dedans de manière à pouvoir se fermer sur un rebord chitineux interne immobile. Vues de face, ces pattes ancreuses se montrent réunies au milieu par une forte pièce chitineuse transversale, tandis qu’à la base d’autres bâtons chitineux les lient à l’article même. Le jeu de ces pattes est donc très-borné; mais, vu l’extrème solidité de toutes les pièces chitineuses et la forte constitution des parties musculaires, les pinces constituées par les crochets doivent serrer et retenir l’animal avec une force
considérable.
La seconde paire de pattes ancreuses [k) est enccre plus solide. La base enveloppe le segment lout entier et se montre tellement confondue avec lui, que seulement les extrémités paraissent libres. Vues de profil (fig. 1 et 2), chacune de ces pattes semble composée de deux parties parallèles formant un corps antérieur plus épais et arrondi, et une expansion postérieure plus transparente dans laquelle courent des faisceaux musculaires parallèles qui se rattachent à la face dorsale du segment. L'article libre de la patte ressemble, dans cette position, si bien à un peloton globulaire, fortement chitinisé, que je pouvais croire, au premier moment, que les deux pattes fussent réunies ensemble au bout d’une manière semblable aux bras réunis de la femelle. Mais l’examen de la face ventrale (fig. 3) dissipa bientôt cette erreur d'optique. Il est bien vrai que je ne pouvais l'obtenir sur l’animal vivant, qui se couchait toujours sur
le flanc; ce n'est qu'en étayant, par deux lamelles rapprochées, l'animal traité à la
potasse, que je pus obtenir cette position. On voit alors que l’article terminal libre a presque la figure d’une semelle humaine, arrondie en arrière comme un talon, élargie en avant et portant ici une pelite pince, formée par un crochet épais et mobile extérieur et une éminence intérieure en forme de massue. L’échafaudage chitineux de la base de ces pattes est extrèmement fort et on y remarque surtout deux colonnes droites
qui se portent en arrière et arrivent jusqu'au bord postérieur du segment suivant.
Le premier segment abdominal (4), renflé en arrière comme le second segment
thoracique, ne porte point d’appendices.
Le second segment abdominal (5), plus allongé que le premier, est surtout renflé vers sa face abdominale et porte ici un petit appendice en forme de mamelon mou,
qui représente le pénis (g, fig. 1 et 2).
Le troisième segment abdominal (6), très-court, conique, à extrémité arrondie, porte deux appendices fr) mous, en forme de sabre, entre les bases desquels se trouve
l’'orifice anal.
Quant à l’organisation anatomique, j'ai pu très-bien suivre le canal intestinal et le système générateur, et j'ai indiqué, en outre, dans mon dessin (fig. 1), la disposition des principaux faisceaux musculaires. Les autres organes ne se sont pas montré avec assez de netteté et l'étude ne pouvait être poussée plus loin à cause de la prompte mort du petit nombre d'exemplaires que j'avais à ma disposition. Une masse grenue peu transparente, qui se trouvait derrière l'antenne et au-dessus de l’œsophage, contient, sans doute, le système nerveux central, que je n’ai réussi à définir exactement; je puis affirmer seulement que le Brachiella mâle n’a point d'œil et que cet organe, si visible cependant dans les mâles des Chondracanthes, fait ici absolument défaut. Il manque, du reste, non-seulement aux femelles, mais aussi au Nauplius, autant que j'ai pu voir. Je ne sais pas donner une signification à deux cellules associées (e, fig. 1), semblables à des œufs primitifs, que j'ai vues sur le diaphragme céphalique en dessous de l'estomac, ni à une accumulation grenue, opaque et arrondie, qui se trouvait au coin du premier
segment thoracique. Des recherches ultérieures seront nécessaires sur ces points.
On suit, en revanche, très-bien l'intestin (3) qui dans son cours imite la courbure
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générale du corps. Derrière le rostre, on voit la partie élargie de l'œsophage, dans laquelle le rostre peut rentrer et à laquelle fait suite une partie étroite qui s'ouvre dans l'estomac élargi, lequel en diminuant de volume se continue vers la partie postérieure. Les parois de l'estomac, boursoufflées en petits coecums très-courts et mamelonnés, présentent un aspect presque floconneux, dû évidemment au développement des glandes qui tapissent leur face interne. L’intestin contient des substances granuleuses
et exécute les mouvements de pompe habituels aux Copépodes.
Les organes génitaux (t) commencent par deux testicules faisant suite l’un à l’autre, de forme globuleuse et occupant, avec ceux de l’autre côté, toute la partie dorsale du compartiment postérieur de la tête au-dessus de l'intestin. Je n’ai pu suivre avec exactitude les canaux déférents /u) dans le premier segment thoracique; fls étaient évidemment vides et imperceptbles sur lintestin opaque. Mais ils reparaissaient, sur la face ventrale de l'intestin, dans le second segment thoracique sous forme d’un canal droit et s’élargissaient, dans le premier article abdominal, en une ampoule peu considérable /v/, à parois épaisses, et placée sur le côté de l'intestin. De cette ampoule, le canal déférent forme à l'extrémité postérieure du segment un crochet et aboutit, dans le troisième segment abdominal, en une large ampoule {v) réniforme à parois très-épaisses, qui est sans doute le réservoir des spermatophores. Dans mes exemplaires, toutes ces parlies élaient entièrement vides ; le mâle avait évidemment déjà fécondé les œufs et l'aspect grenu des testicules démontrait qu'une nouvelle fournée de zoospermes était en préparation. Le réservoir du côté gauche avançait avec son extrémité arrondie jusqu’au bord du segment, en correspondance avec le pénis déjà mentionné, dont je ne
pouvais voir, du reste, la perforation.
Dans un exemplaire que j'ai dessiné (Tab. IL, fig. 6), le mâle se tenait cramponné à Ja femelle avec les secondes pattes ancreuses entre lesquelles se montrait un spermatophore en forme de tonnelet et entouré de fortes parois chitineuses, qui présentaient une teinte jaune. Je n'ai pu examiner en détail ce spermalophore qui
s'était perdu par les efforts que je faisais pour détacher le mâle de sa femelle.
DE LA FEMELLE (Tab TT fa 6 et 7; Ta I hat)
La femelle est accrochée solidement, par une paire d’appendices réunis en forme de bras, au tissu de la muqueuse buccale, laquelle présente, à l’endroit de fixation, une intumescence blanchâtre. Sa longueur varie considérablement de 5 millim. à 10 millim. en mesurant séparément les deux moitiés repliées sur elles-mêmes. Les sacs ovigères également varient beaucoup; j'en ai trouvé qui mesuraient autant en longueur que l'animal sur lequel ils étaient fixés, tandis que d’autres montraient la forme d’un sac
court et arrondi (fig. 6).
On peut distinguer, dans la femelle, deux parties; la partie antérieure, portant les appendices articulés, y compris les bras, et la partie postérieure, ayant la forme d’une pyramide allongée et aplatie. La partie antérieure est très-mobile dans tous les sens, tandis que la partie postérieure montre à peine quelques faibles contractions. En le meltant sur le porte-objet, l'animal se place invariablement la partie antérieure renversée en arrière, faisant la continuation des bras et se montrant de profil, tandis que la partie postérieure se place de champ, montrant la face dorsale ou ventrale. Les faces dorsale et ventrale étant parfaitement désignées par l'emplacement des appendices, la partie antérieure de l'animal est donc tordue, dans la position où on le voit toujours,
de 90 degrés autour de l'axe.
La partie antérieure est toute d’une venue, cylindrique ou plutôt en massue légèrement renflée en avant. On remarque cependant, en arrière de la première paire de patles ancreuses et correspondant à la base de celles-ci, un faible resserrement indiquant une séparation segmentaire. La tête, abstraction faite du renflement dû aux patles ancreuses, se termine en mamelon arrondi et porte à son extrémité mème
l'appareil buccal avec les appendices qui l'entourent.
J'avoue que je n’aurai pu arriver à démèêler complétement les organes situés autour de la bouche sur l’animal vivant, tellement ces organes sont rapprochés et entassés les
uns sur les autres. Mais, en appelant à mon aide la potasse caustique, j'ai pu me con-
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vaincre qu'il existe une homologie parfaite entre les organes de la femelle et ceux du
mâle.
Ce qui frappe d’abord, ce sont deux appendices très-forts en lames aplaties et arrondies (d, Tab. II, fig. 7; Tab. IV, fig. 1), qui s'appliquent des deux côtés sur le rostre et cachent entièrement les parties, qu'ils protégent. On ne peut mieux les comparer qu'aux abats-jour que l’on met aux chevaux. Leur bord antérieur et presque tranchant, garni d’une forte bordure chitineuse, montre une incision courbe, rappelant la constitution en pince des organes correspondants du mâle. Ils sont articulés, en arrière, sur un article pyramidal très-épais, garni de fortes pièces chitineuses et cette charpente se continue encore en arrière sur les côtés du corps. Lorsqu'on les regarde dans la position où l'animal montre la face ventrale (fig. 7), on aperçoit sur le bord postérieur, mais à la face interne de l’appendice, une courte branche épaisse portant une petite épine.
Par leur position comme par leur forme cependant un peu modifiée, ces appendices correspondent aux anfennes postérieures ou extérieures du mâle. Ils sont plus
aplatis, mais ils conservent encore la tendance de former une pince.
En dedans et un peu en dessus, vers la face dorsale sont placées les antennes antérieures ou internes. (c) Elles sont formées de deux parties distinctes — l’une, supérieure et réunie à la base de l’antenne, présente une lamelle très-transparente en forme de pouce ; placée sur la face dorsale du rostre, elle ne montre aucune trace d'articulation; la branche inférieure de l’antenne est composée de trois articles, dont le dernier porte quelques poils au bout; cette branche se dirige obliquement en bas et se trouve si bien enchassée entre le chambranle de l'antenne extérieure et le rostre, que je ne réussissais, pendant la vie, qu’à voir son extrémité, qui dépassait un peu le bord du chambranle. La potasse en rendant transparente l'antenne exté-
rieure, faisait aussi apercevoir les contours de cette branche.
La lamelle basale transparente manque chez le mâle; l’autre branche à trois articles est plus développée chez ce dernier et la position de l’organe entier est différente. L’antenne interne de la femelle a glissé sur les côtés du rostre et se trouve ainsi en dedans de l’antenne externe, qui la couvre presque entièrement, tandis que chez le
mâle elle est placée en avant et par suite aussi, en dehors de l’antenne externe.
Je n’ai pu apercevoir, chez la femelle, la lèvre supérieure si apparente chez le mâle. Un pli transversal, peu marqué, qui forme un bourrelet entre les lames trans-
parentes, en est peut-être le rudiment.
Le rostre {q) est beaucoup plus court que chez le mâle et toujours dirigé en avant, tandis que chez le mâle il s'applique plutôt sur la face ventrale en arrière. En le voyant de côté, il est presque entièrement couvert par l'antenne externe ; en plaçant l’animal sur Je dos (fig. 7), on voit que son orifice circulaire est entouré sur les trois quarts postérieures de sa circonférence par une lamelle chitineuse à plis rayonnants, lesquels finissent en courts poils raides. Cette lamelle circulaire est incomplète en avant et en haut, — elle est remplacée sur cette partie par un fort bâton chitineux courbé, qui se continue sur les bords du rostre et montre, vers la ligne médiane, comme deux petits crochets qui se rencontrent. On voit par là que les deux parties du rostre, qui se trouvent séparées dans le mâle, sont réunies ici pour former un tube plus complet. Dans la vue de profil, le bâton chitineux supérieur est couvert par un rebord courbé, appliqué dessus et c’est peut être dans cette partie qu’il faut voir la lèvre supérieure, laquelle dans ce cas, serait entrée dans la formation du rostre chez la femelle, sur lequel elle serait appliquée intimement, tandis que chez le mâle, elle ne participe en aucune manière à
cette formation.
Le rostre est entouré, à sa base, par une ceinture de bâtons chitineux courbés et l’échafaudage se continue encore, en arrière, par d’autres pièces, dont les postérieu-
res, droites, sont placées le long de la ligne médiane.
À la base du rostre et très-rapprochés de la ligne médiane, se trouvent les palpes {(b), beaucoup plus développés chez la femelle que chez le mâle. Ils portent à la base une branche qui se dirige en dehors, se termine par deux épines un peu courbées en angle, et porte en avant et sur la face dorsale encore une épine à étages superposés. La branche principale s'applique sur le rostre mème, elle est à deux articles et le dernier article porte plusieurs épines avec une large soie courbée, pour la forme desquelles je renvoie au dessin.
On retrouve donc, sur la bouche de la femelle toutes les pièces, sauf la lèvre supérieure, que nous avons signalées chez le mâle, avec des modifications dans la forme
comme dans la position, mais qui laissent aisément déterminer les homologies.
A PP ET Or TL
LERNAEOPODIDES 55 Il en est de même pour les autres parties.
La première paire (1) de patte sancreuses (k)— est très-allongée et placée près de la bouche. En s'étendant, les crochets dont elle est armée, peuvent atteindre jusqu’à l’orifice du rostre, mais dans la position ordinaire, l'animal porte toujours ces membres repliés et croisés sous le ventre. À la base, ces pattes sont confondues ensemble par un échafaudage chitineux très-considérable, qui se termine par des pièces transverses. De cette partie confondue s’élèvent les premiers articles allongés el articulés, par un ginglyme très-compliqué et sous un angle aigu, avec Particle terminal qui s’amincit graduellement et se termine par un fort crochet courbé, ayant une petite éminence à sa base. La position de ces pattes, ainsi que leur forme laisse clairement voir, que malgré leur allongement considérable, ils correspondent à la seconde paire de pattes ancreuses du
mâle.
Les bras (1), qui résultent sans doute de la transformation de la première paire de pattes ancreuses du mâle et qui dans la larve sont placés en avant de la paire précédente, sont fixés, chez la femelle, bien en arrière sur le sommet de la courbure que présente toujours le corps avec la partie antérieure. Ce sont deux cônes chitineux creux très-allongés, parcourus dans leur intérieur par des forts muscles rétracteurs longitudinaux et munis en outre de muscles circulaires transverses. Ils s’allongent, se courbent, se contractent dans tous les sens. Développés, ils ont à peu près la même longueur que la partie antérieure de l’animal. À leur extrémité amincie ils sont réunis ensemble par un renflement élargi, sur lequel est posé, par un col assez étroit, un godet évasé. Toutes ces parlies sont constituées par des masses chitineuses très-épaisses, qui se clarifient à peine par l’action de la potasse. Le godet est fixé, comme une ventouse, sur le périoste des os qui entourent la cavité buccale, et la membrane muqueuse est serrée autour de la tige du godet, de manière que le disque rougeàtre se présente comme un bouton
placé sur la muqueuse, qui parait un peu injectée et gonflée.
(4) Je les désigne ici et dans les descriptions suivantes comme première paire d’après la position qu’elles occupent dans l'animal adulte. Morphologiquement et suivant les observations de Claus sur Achtheres et de Strenstrup et Lütken sur Lernaeopoda, ee sont les pattes de la seconde paire qui ne gardent leur place larvaire que dans Tracheliastes, mais qui dans les autres genres glissent, pendant la période larvaire, en avant et viennent se placer près de la bouche. Je leur donne du reste, dans les figures, les lettres qui correspondent morphologiquement à celles employées chez le mâle.
La partie abdominale de la femelle a, comme nous l’avons déjà dit, la forme d'une pyramide aplatie dont le sommet tronqué est tourné en avant. On remarque, sur la partie étroite, deux lignes transversales indiquant une séparation en segments, tandis que la moitié élargie en arrière ne présente aucune trace de segmentation et se montre toute d’une venue. C’est dans cette partie non segmentée que sont situés les ovaires {t). À l'extrémité postérieure du corps se voient des deux côtés de l'anus médian, deux courts appendices plats et pointus fr) qui s’appliquent sur les ovisacs et ont probablement échappé, pour cette cause, à l’investigation de M. Nordmann. A la base de ces appendices se trouvent les orifices génitaux, protégés, comme toujours, par un
échafaudage chitineux assez compliqué.
Les ovisacs sont simples, assez larges par rapport à leur longueur, même réniformes chez certaines femelles portant peu d’œufs. Les œufs s’y trouvent entassés, sans ordre
apparent, tandis que, chez d'autres parasites, ils se succèdent dans un ordre déterminé.
Aucune des femelles à ma disposition n’avait des Nauplius parfaitement mûrs et prêts à éclore dans ces ovisacs. Mais il y en avait une, chez laquelle les œufs (Tab. II, fig. 8) étaient assez développés pour pouvoir s'assurer que le corps du Nauplius, rempli du reste par un vitellus grenu, maïs sans grandes vésicules huileuses, était presque rond, seulement un peu allongé dans l’axe longitudinal, qu’il portait les deux paires de membres habituels, la première à une branche et à soies très-longues, l’autre suivante biramée et qu'il avait en outre un court appendice caudal, replié sous le ventre et terminé par deux forts stylets. Ce qui m’a frappé dans ces Nauplius, c’était l’absence total d’un œil. Il se peut qu’il apparaisse encore plus tard, mais il y a lieu d'en douter, si l’on considère que les autres Nauplius montrent l’œil rouge déjà de fort bonne heure et bien avant la phase de développement que présentaient les nôtres. En revanche, on voyait, placées sur les deux côtés du corps et sur le bord antérieur de la masse vitellaire, deux taches brunes irrégulières /l), formées par un pigment grenu dans lequel se remarquaient des petites gouttelettes graisseuses, lesquelles entouraient un espace clair et transparent de manière à simuler des yeux. J’ai rencontré
des taches latérales semblables chez les Nauplius des Anatifes.
Je n’ai pu voir distinctement chez les femelles, des organes intérieurs, que le
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canal intestinal (s) et les ovaires. Le premier, tout d’une venue, à peine un peu élargi dans la partie céphalique se porte directement en suivant la ligne médiane vers l'anus. Les ovaires (t) se trouvent dans la moitié élargie de la partie abdominale; ils sont toujours bourrés d'œufs et sont composés d’un large canal longeant le contour extérieur, sur lequel sont placés en angle droit, des coecums tortueux. Ils sont entourés d’un espace clair dans lequel on voit des contours floconneux dûüs probablement à l'oviducte très-transparent. Je n’ai pu suivre ces oviductes jusque vers les orifices sexuels, des accumulations d’une substance cellulaire ou protoplasmique, qui tapissent du reste toute Ja face interne des enveloppes du corps et sont composées sans doute des cellules hypodermiques, secrétant la chitine, remplissant l’extrémité postérieure
de l’abdomen.
Les espèces connues du genre Brachiella sont les suivantes : (Pour les citations
plus anciennes, voir Milne Edwards Hist. nat. des Crustacés, Vol. IT.)
4. Br. Thynni Cuv. Mâle et femelle. (Milne-Edwards, Vol. II, p. 512. Steenstrup et Lütken : K. danske Vedenskabernes Selskabs Skrifter. Femte Rackke. Femte Bind. p. 420 Tab. XV, fig. 36.) Sur le Thon (Thynnus vulgaris). Branchies.