‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 2 sur 77 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Oe l'auteur de l'fipllre.

De ceux qui portent le nom de laSces dans le Nouveau-

Testament.

On trouve parmi les apôtres deux personnes revêtues du nom de I«<fi*;.

1. ° I«<T*ç Xtfjiuvoç ltr**gieùTK> Judas Jscarioth {fils) de Simon: (Jean VI, 71; XII, 4; XIII, 2. 26); catalogues des apôtres: (Matth. X, 4; Marc III, 19; Luc VI, 16; etc.).

2. ° Iw/ctç ïslkuCv, Jude de Jacques (Luc VI, 16; Act. 1,13; Jean XIV, 22). Dans les catalogues des apôtres, donnés par Matth. (X, 2—4) et Marc (III, 16—19), le nom de Jude ne se trouve pas, il est remplacé chez le premier par Lebbée, surnommé Thaddée, et chez le second par Thaddèe seulement; de sorte que cet apôtre se trouve avoir trois noms: Jude, Lebbée, Thaddée.'

1. Dans les versions françaises on a coutume d'appeler ce \*ia.t Jude, et non Judas, probablement à cause du triste souvenir que rappelle ce dernier.

Parmi les etSlXfot de Jésus -Christ on trouve un troisième Jude (Matth. XIII, 55 et Marc VII, 3) : Sa mère ne s'appellet-elle pas Marie, et sés frères Jacques, Joses, Simon et Jude? Dans l'histoire de Jésus-Christ ii est fait plusieurs fois mention de ces etftWoi.

Enfin dans les Actes ii est parlé d'un quatrième Jude, appelé Barsabas (Bis de Sabas) , prophète jouissant d'une assez grande autorité au concile de Jérusalem. (Act, XV, 22. 27. 32. 33.)

Voilà les quatre IttTfetc les plus célèbres du Nouveau-Testament.

En outre on trouve :

1. ° Un Judas , quatrième fils du patriarche Jacob (Matth. I, 2. 3; Luc III, 33; comparé avec Genèse XXIX, 35; XLIX, 8).

2. ° Un Judas inconnu, que Luc (III, 26) place parmi les ancêtres de Jésus -Christ.

3. ° Un Judas surnommé le Galilèen, qui, à l'époque du dénombrement de Quirinus, excita, de concert avec Sadoc, une sédition en Galilée (Act. V, 37 ; Josèphe, Àntiq. , liv. 1 8 , chap. 1 ; liv. 20, chap. 6).

4. ° Un Judas habitant à Damas, chez qui logea S. Paul immédiatement après sa conversion (Act. IX, 11).

Auquel de ces Jude doit être attribuée Vèpître connue

sous ce nom?

On ne peut voir l'auteur de Pépttre dans aucun des quatre derniers lufttç mentionnés, on ne saurait davantage songer à Judas Iscarioth; le débat reste donc entre Jude de Jacques, Jude «JfApoç de Jésus-Christ, et Jude Barsabas. Mais avant d'aborder la discussion, examinons les opinions de ceux qui attribuent notre épître à un autre Jude qu'à un de ces derniers, ou qu'à un de ceux qui sont cités dans le Nouveau-Testament.

DE LAUTEUR DE L'ÉI'ITHE. 3

Quelle est d'abord la portée de l'assertion de Grotius 1 , qui prétend que l'auteur de notre épitre est un nommé Jude, 15." èvéque de Jérusalem*, qui vivait au temps d'Adrien, vers 117, un peu avant Barchochébas? La première preuve qu'il en donne, c'est que l'auteur a, selon lui, en vue de combattre les erreurs des Carpocratiens, dont la secte ne prit naissance qu'au second siècle.

Mais l'histoire des Carpocratiens est trop obscure pour que l'on puisse affirmer que cette secte existait à l'époque où vivait Jude, 15.° évêque de Jérusalem; et leurs dogmes ne sont pas tellement déterminés, que l'on ait le droit de dire que notre auteur les ait réfutés; parce que son épitre, comme on le verra plus loin, est dirigée non contre des docteurs imbus de fausses doctrines, mais simplement contre des hommes immoraux dans la vie pratique.

• Ensuite, si l'épltre n'avait été réellement rédigée qu'au second siècle, les Pères de cette époque en auraient dit quelque chose; au temps d'Adrien, date de la rédaction de la lettre suivant Grotius, le christianisme comptait déjà des docteurs éclairés. Dans son contenu, du reste, on ne trouve aucun indice d'une époque aussi reculée; bien plus les versets 17 et 18 de l'épltre 3 prouvent le contraire, car ils montrent qu'elle est adressée à des hommes qui avaient vécu du temps des apôtres.

Quant à l'argument que Grotius tire de ce que l'auteur s'appelle seulement cffeAoçI. X^., et non earorroXoç I. X^. , il n'infirme en rien l'idée que l'auteur fut ec7rocroXoç, attendu que S. Paul lui-même ne s'est souvent appelé que A*Xoç. Mais n'anticipons

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